Photo : Avec un accès minimal à l’eau propre dans la bande de Gaza et la chaleur estivale qui continue, il y a un risque d’épidémie et de déshydratation, 6 juin 2024 © UNRWA
L’Autorité palestinienne de l’eau et l’Autorité de la qualité environnementale de Gaza ont mis en garde dimanche contre une catastrophe sans précédent touchant l’approvisionnement en eau et l’environnement dans l’enclave, invoquant les destructions massives causées par la guerre menée par Israël entre octobre 2023 et octobre 2025.
Dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, l’Autorité a déclaré : « La réalité à Gaza reflète un dur paradoxe, car les femmes et les filles endurent quotidiennement des charges de six à huit heures pour s’approvisionner en eau, ce qui les prive d’éducation, de sécurité et d’intimité en matière de santé, et renforce les formes graves de discrimination ».
Elle a ajouté que « le secteur de l’eau et de l’assainissement a vu environ 85 % de ses installations détruites, la plupart des puits et des usines de dessalement étant hors service ».
Selon l’autorité, la production d’eau est passée d’environ 300 000 mètres cubes par jour avant la guerre à moins de 120 000 mètres cubes par jour au début de cette année, ce qui représente un déficit de plus de 60 %.
Les données citées dans la déclaration montrent que les habitants de Gaza reçoivent actuellement entre 3 et 15 litres d’eau par jour, dont la majeure partie est impropre à la consommation.
La disponibilité en eau potable ne dépasse pas deux litres par personne et par jour, ce qui est bien en deçà du minimum requis dans les situations d’urgence et des normes internationales.
L’autorité a également averti que la destruction de 80 % du réseau d’assainissement a entraîné le déversement des eaux usées dans l’environnement, avec plus de 25 000 fosses d’infiltration non réglementées constituant une menace sérieuse pour la nappe phréatique et augmentant les risques de pollution et de maladies.
Des rapports techniques récents estiment le coût de la remise en état des infrastructures d’eau et d’assainissement à environ 800 millions de dollars.
L’autorité a appelé la communauté internationale à prendre des mesures immédiates pour venir en aide à plus de 2,3 millions de Palestiniens à Gaza, notamment en garantissant l’entrée de carburant et de générateurs électriques et en redémarrant la seule centrale électrique de l’enclave.
Elle a également insisté pour que soient autorisés l’entrée de désinfectants, de pièces de rechange et d’équipements nécessaires à la réparation des réseaux endommagés, et a appelé à la mise en place de solutions d’urgence telles que des usines de dessalement mobiles à proximité des populations déplacées.
L’autorité a en outre demandé que Gaza soit déclarée « zone sinistrée sur le plan hydrique » et a souligné que l’eau est « un droit humain, et que la privation continue de la population de Gaza, en particulier des femmes et des enfants, constitue un crime contre l’humanité qui nécessite une action urgente ».
Traduction : AFPS




