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Accueil > Informations > Actualités > Flottille : « Les terroristes ne font pas des chèques de 10 € »
Actualités
samedi 16 juillet 2011
Par Marie Kostrz Rue89

Flottille : « Les terroristes ne font pas des chèques de 10 € »

Après avoir collecté 650 000 €, la myriade d’organisations derrière « Un bateau français pour Gaza » a dû apprendre à se coordonner.

C’est l’un des QG de l’opération Un bateau français pour Gaza. Un bureau désordonné avec des ordinateurs, des étagères en bois où s’amassent des piles de dossiers et une bouteille de crème de cassis coincée entre deux porte-documents. Et où règne la bonne humeur.

Elsa Putelat et Maxime Guimberteau travaillent dans ce bureau à la Plateforme française des ONG pour la Palestine. Avec le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, c’est le groupe qui fédère les organisations françaises qui soutiennent la flottille internationale de la liberté, partie briser le blocus de Gaza.

Associations nationales, locales, partis politiques : en tout elles sont plus de 60 à apporter leur soutien à l’opération, lancée en juillet dernier par les six organisations qui avaient mis sur pied la flottille du Mavi Marmara l’an passé.

Les deux trentenaires − blagueurs et sérieux à la fois − font aussi partie du comité de coordination chargé de faire le lien avec le Louise-Michel et le Dignité Al-Kamara, les deux bateaux français de la flottille de la liberté. Il se réunit tous les deux jours au siège d’une des organisations membres.
L’organisation décentralisée : une volonté

Depuis septembre, ce petit groupe d’une quinzaine de personnes gère les aléas que les passagers des deux bateaux rencontrent en Grèce. Ce comité moteur était nécessaire, les organisations participantes étant nombreuses et diverses, explique Elsa Putelat :

« Les secteurs associatifs, syndicaux et politiques sont représentés. C’est la première fois qu’on arrive à les faire travailler ensemble sur une action commune de grande ampleur. »

Julien Rivoire, membre du NPA et du comité de coordination, entre à son tour dans le bureau, souriant. Il a fait un temps partie de l’équipage du Dignité Al-Kamara, à présent bloqué en Grèce par les autorités.

Le militant affirme que certains membres de l’opération ont été un moteur, comme l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) ou la Plateforme française des ONG pour la Palestine, mais que le collectif l’a emporté :

« Au moment où la Grèce a bloqué les bateaux, certaines décisions n’ont pas été prises en temps et en heure. Les porte-parole étaient aussi éparpillés sur les deux bateaux, ce qui n’était pas facile à gérer. »

90% de l’argent récolté a été donné par des particuliers

Le trio grimace quand on aborde ces petits problèmes d’organisation, déjà relevés. Car ce qui importe pour eux, c’est le nombre de citoyens réceptifs à l’opération. Elsa Putelat, qui fait partie de la « commission finances » du comité, affirme que c’est ce qui fait la force du mouvement :

« 90 % des dons récoltés viennent de particuliers et 80% de cette somme est constituée de dons de 50 euros maximum. »

Enthousiastes, les trois jeunes ont tous un bon souvenir du Bateau Gaza Tour qui a lancé la campagne de dons, ils s’en coupent presque la parole. Maxime Guimberteau se souvient de l’étape d’Avion, petite ville du Pas-de-Calais :

« En trois heures, on a récolté 300 euros ! Partout, les gens ont donné très facilement, des billets ou même des pièces. Beaucoup avait entendu parler du blocus de Gaza. »

Selon Elsa Putelat, le plus gros don donné par un particulier est de 1 000 euros. Au final, environ 650 000 euros ont été récoltés depuis que l’opération a été lancée en février. C’est plus que ce qui était espéré.
Pour financer l’opération, de petits événements locaux

C’est avant tout les événements – concerts, ventes, débats – organisés par les bureaux locaux des organisations qui ont permis de récolter l’argent nécessaire à l’achat d’un bateau, puis d’un deuxième.

A La Rochelle, Abeed Mahmoud, président de l’Association des Palestiniens en France, raconte avoir organisé une vente d’huile d’olive qui a permis de récolter 1 000 euros. Rien de plus facile selon lui, qui a l’habitude d’organiser ce genre d’événement.

Les partis politiques, comme le PCF ou Europe Ecologie Les Verts (EELV) ont eux aussi pris part à la campagne de dons. Jérôme Gleizes, membre du bureau exécutif d’EELV précise qu’une levée de fonds a en plus été organisée au sein du parti, ce qui a permis de récolter 2 000 euros supplémentaires.

Au total, il ne sait pas trop combien les militants ont donné : certains ont directement envoyé des chèques au Mouvement contre le racisme et pour l’égalité entre les peuples (Mrap), qui fédère les donations. Sept municipalités et un conseil régional – de Bretagne – ont aussi promis des dons, entre 100 et 2 000 euros.

Le gros donateur d’un pays du Golfe ? « Une rumeur »

Selon Jérôme Glaizes, un pays du Golfe aurait proposé une grosse somme – en millions, cette fois – à l’opération, qui l’aurait catégoriquement refusée. Claude Leostic, vice-présidente de l’AFPS et porte-parole d’Un bateau français pour Gaza, parle d’elle d’une « rumeur ».

La responsable est formelle : la commission finance fait très attention à la provenance des dons. Dès qu’une somme de plus de 100 euros est virée, l’opération vérifie l’identité du donneur. Dans le bureau, les trois jeunes raillent :

« Ce ne sont pas des terroristes qui envoient des chèques de 10 ou 20 euros ! »

Les deux bateaux français sont toujours retenus par les autorités grecques, mais le comité ne regrette pas son implication :

« On a réussi à attirer l’attention sur la flottille, mais aussi sur le blocus de Gaza et l’influence d’Israël sur la Grèce et le reste de l’Union européenne. C’est ce qu’on voulait. »

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Mots clés

  • Un bateau pour Gaza

Source

http://www.rue89.com/2011/07/16/flo...

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