Le mardi 10 février 2026, les troupes et la police israéliennes ont mené une invasion de grande ampleur contre le quartier d’Al-Bustan à Silwan, au sud de Jérusalem-Est occupée. Les autorités israéliennes ont ciblé une centaine de bâtiments, maisons, immeubles et magasins, blessé plusieurs habitant·es et arrêté deux habitants, eux-mêmes ciblés par des ordres de démolition.
Le quartier d'Al-Bustan à Silwan, sud de Jérusalem-Est occupée, subit actuellement une invasion de grande ampleur. L'objectif d'Israël aujourd'hui est la démolition d'une centaine de bâtiments (maisons et magasins). L'armée israélienne a aussi procédé à des arrestations de masse. pic.twitter.com/LhngdtLsTW
— Association France Palestine Solidarité (@AFPSOfficiel) February 10, 2026
Les équipes de la municipalité de l’occupation israélienne ont poursuivi une vaste opération de démolition dans ce quartier vivant sous les menaces de l’occupation et de la colonisation avec une intensité inouïe, accompagnées d’engins lourds et sous une forte protection des troupes et des policiers israéliens.
עיריית ירושלים הוציאה לאחרונה צווי הריסה לכל הבתים בשכונת אל בוסתאן שבסילוואן. המטרה להקים פארק לאומי שיצור רצף טריטוריאלי של התישבות יהודית בסילוואן. לאחר שפונו כבר מספר משפחות, התושבים נפגשו עם נציגי העירייה כדי למצוא פתרון שימנע מהם להיות חסרי בית. למרות זאת
כוחות של העירייה… pic.twitter.com/jxIfqVTnrK— מסתכלים לכיבוש בעיניים (@Mistaclim) February 12, 2026
Cette opération a visé des entrepôts appartenant au citoyen Mohammed Owdeh, situés dans un magasin de vente de matériaux de construction, ainsi que des abris agricoles et des garages de véhicules dans les cours de maisons appartenant à la famille Owdeh.
Elle a également touché des entrepôts appartenant à la famille Abu Diab, qui contenaient des effets personnels et du mobilier provenant de maisons précédemment démolies dans le quartier. Ces deux familles font partie des principales cibles des démolitions dans le quartier depuis des mois. Les familles Owdeh, Abu Diab et Shweiki incarnent la résistance populaire et pacifique à Silwan. Leur persécution n’a donc rien d’anodin.
Massive destruction caused by Israeli occupation bulldozers after demolishing Jerusalemite Mohammed Odeh’s construction materials workshop in Al-Bustan neighborhood, Silwan, this morning.#Israel pic.twitter.com/L0DL79cuFH
— Al-Jarmaq News (@Aljarmaqnetnews) February 10, 2026
Les démolitions se sont accompagnées d’agressions directes contre les habitant·es et de l’empêchement des ambulances d’accéder au site.
Les autorités d’occupation n’ont accordé aux résident·es qu’un délai d’environ vingt minutes pour déposer une objection, à titre purement formel. Malgré l’obtention d’une décision judiciaire émanant de la Cour centrale israélienne à Jérusalem, les forces d’occupation ont poursuivi les démolitions, bouclé le périmètre de la zone et pris position sur les toits des habitations afin de renforcer le siège imposé au quartier.
Les agressions ont fait quatre blessés parmi les habitants à la suite des violences exercées par les forces d’occupation, tandis qu’une ambulance a été empêchée pendant plusieurs heures d’entrer dans le quartier, avant que l’équipe médicale ne parvienne ultérieurement à évacuer les blessé·es et à leur prodiguer des soins sur place.
Par ailleurs, les forces d’occupation ont arrêté les deux jeunes Yazan Owdeh et Yasser Dweik lors de l’incursion dans le quartier, et les ont maltraités au moment de leur arrestation.
Silwan est une localité palestinienne de 60 000 habitants, située au pied des murailles sud de la Vieille Ville, près de la mosquée Al-Aqsa. Depuis l’occupation de Jérusalem-Est en 1967, le quartier est la cible d’une politique systématique de colonisation et de démolition menée par les autorités israéliennes et les organisations de colons telles que Elad, responsable du parc archéologique de la « Cité de David ». Ces opérations visent à renforcer la présence juive autour du soi-disant « Bassin sacré », au nom d’une interprétation religieuse et historique des lieux.
Depuis 2001, l’association Ateret Cohanim a progressivement pris le contrôle de plusieurs habitations, ouvrant en 2018 un centre culturel pour les Juifs yéménites dans des bâtiments confisqués à des familles palestiniennes. Environ 700 habitant·es de Batten al-Hawa sont aujourd’hui menacé·es du même sort. Déjà en 2018, la Cour suprême israélienne avait rejeté le recours de 104 familles contre une décision de 2002 prévoyant leur expulsion, en faveur de cette même organisation coloniale.
Les familles palestiniennes contestent ces décisions, affirmant que les terres concernées relèvent d’un waqf (une autorité politique et spirituelle) datant de l’époque ottomane, et que les bâtiments évoqués par les colons n’existent plus depuis longtemps. Malgré des erreurs reconnues dans l’analyse juridique du dossier, la Cour israélienne a maintenu les ordres d’expulsion, ouvrant la voie à une nouvelle vague de déplacements forcés à Silwan.
Aujourd’hui, la communauté internationale reconnaît que Jérusalem-Est, y compris Silwan et Sheikh Jarrah, constitue un territoire occupé. Les pratiques israéliennes d’annexion, d’éviction et de transfert de population y représentent de graves violations du droit international humanitaire et des droits humains, équivalant à des crimes de guerre selon les conventions internationales.
Sources : Coalition civique pour les droits des palestiniens à Jérusalem/ Silwanic / Eye on Palestine / Mistaclim / Quds News Network / WAFA / Ir Amin / Peace now / Palestine Online / Sources Locales
Photo : Les troupes israéliennes empêchant les habitant-es de circuler pendant leur raid de grande ampleur à Silwan © Sources Locales







