Je m’appelle Nicola, j’ai 23 ans et je suis né à Pau, en Béarn. Depuis mon enfance, je suis attentif à la situation en Palestine. Les images et les récits venus de Gaza et des territoires palestiniens occupés ont profondément marqué ma conscience. Ces dernières années, face à l’intensification des violences, au génocide en cours auquel nous assistons en direct tous les jours sur les réseaux sociaux, cette attention s’est transformée en nécessité d’agir.
Je me suis engagé très activement pour la cause palestinienne au moment où le génocide s’est imposé comme une réalité impossible à ignorer. Comme beaucoup de jeunes, j’ai ressenti une responsabilité : celle de ne pas détourner le regard, de refuser l’indifférence, et de participer, à mon échelle, à la mobilisation.
Avant même de rejoindre un cadre structuré, j’ai pris part à des manifestations, des rassemblements et des actions de sensibilisation. Ces premières expériences m’ont permis de transformer une émotion individuelle en engagement collectif, et de comprendre que la solidarité est avant tout une pratique.
En 2024, j’ai fait le choix d’adhérer à l’Association France-Palestine Solidarité. J’ai inscrit mon engagement dans une démarche organisée. À mes yeux, la justice sociale et écologiste, et l’autodétermination sont profondément liées. Il ne peut y avoir de justice écologique sans justice sociale, et aucune justice réelle sans le respect du droit international, et droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. L’autodétermination est un principe fondamental : elle conditionne la dignité, la souveraineté et la possibilité pour les peuples de faire société et de construire leur avenir.
Dans le cas de la Palestine, cela implique plusieurs exigences fondamentales : la fin immédiate des violences, l’arrêt du génocide et la reconnaissance pleine et entière des droits du peuple palestinien. Cela passe aussi par des mesures de justice et de réparation : le droit au retour des réfugié·es palestinien·nes, la restitution des terres, et la fin de l’occupation. Ce sont des conditions nécessaires, demandées par les Palestinien·nes pour construire une paix juste et durable.
C’est dans cette continuité que je me suis engagé aujourd’hui dans la flottille de la Campagne française Flottille de la Liberté pour Gaza. Partie de Marseille depuis l’Estaque, cette initiative vise à briser le blocus imposé à Gaza par Israël et à montrer qu’il est possible d’agir concrètement face à l’injustice. Cette flottille est à la fois une mission politique et une mission de solidarité. Elle porte un message clair : celui du refus de l’enfermement, du refus du silence, et de la volonté de rendre visible une réalité que certains préfèrent invisibiliser.
Elle s’inscrit aussi dans une critique plus large des rapports de domination à l’échelle internationale. À mes yeux, la situation en Palestine ne peut être dissociée des logiques impérialistes qui structurent encore le monde aujourd’hui. Le soutien des États-Unis à la politique israélienne en est une illustration. Face à cela, il est essentiel de construire des formes de solidarité internationale capables de s’y opposer.
Même lorsque l’attention médiatique diminue, même lorsque des cessez-le-feu sont annoncés, la réalité sur le terrain reste marquée par la violence. Ces moments ne doivent pas être des prétextes à l’oubli. Au contraire, ils doivent renforcer notre vigilance et notre détermination.
C’est pour cela que la flottille se dirige aujourd’hui vers Gaza : pour affirmer que la solidarité ne s’interrompt pas, que la lutte continue, et que chaque initiative compte pour briser l’isolement imposé au peuple palestinien.
Mon engagement s’inscrit dans cette conviction simple : aucun peuple ne devrait être massacré et privé de ses droits fondamentaux. Et face à l’injustice, nous avons toutes et tous un rôle à jouer.
Nicola Lopez, militant de l’AFPS Pau à bord de la Flottille de la Liberté pour Gaza
Photo : Charlie Delboy




