Photo : Vue aérienne de la ville de Gaza, 1er août 2025 © Heidi Levine
Les Palestiniens ont réagi de manière mitigée à la nouvelle de la reconnaissance officielle d’un État palestinien par quatre pays occidentaux, alors qu’Israël continue de pilonner Gaza et que les pays maintiennent leurs ventes d’armes à Tel-Aviv.
Plusieurs membres de la communauté internationale ont salué la décision du Royaume-Uni, du Portugal, de l’Australie et du Canada, mais les Palestiniens de Gaza restent sceptiques, se demandant ce que cette reconnaissance apportera à la population de Gaza, ravagée par la guerre.
Mona Abu Samra, du quartier d’al-Zeitoun, dans l’est de la bande de Gaza, s’interroge sur l’impact pratique de cette reconnaissance officielle.
"Le monde parle de reconnaître un État palestinien, mais je me demande s’il a fallu toute cette destruction et cette mort à Gaza pour que le monde nous reconnaisse", a-t-elle déclaré à The New Arab.
Cette mère de cinq enfants travaillait comme couturière avant que sa maison ne soit détruite par une frappe aérienne israélienne, au cours de laquelle son mari a également été tué.
"Fallait-il que je perde mon mari et que je voie mes enfants souffrir de la faim juste pour qu’ils entendent notre voix ? La reconnaissance est belle dans les conférences et sur les écrans de télévision, mais se traduira-t-elle un jour dans la réalité ? Nos maisons seront-elles reconstruites ? Mes enfants retourneront-ils à l’école ?"
Le fermier Mahmoud al-Za’anin, de Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, partage le même sentiment.
"J’entends parler de pays qui reconnaissent la Palestine et je me demande pourquoi ils ne nous ont pas reconnus avant que nous ayons perdu nos enfants, nos maisons et nos fermes. Fallait-il que nous payions ce prix insupportable pour que le monde admette que nous méritons un État ?" a déclaré M. al-Za’anin à The New Arab.
L’agriculteur possédait un petit lopin de terre où il cultivait des agrumes et des olives avant que l’armée israélienne ne le détruise au bulldozer et ne le bombarde, le laissant sans rien.
"Même s’ils nous reconnaissent, qui reconstruira mes champs ? Qui me rendra la vie simple qui m’a été volée ? La reconnaissance ne suffit pas", a ajouté M. al-Za’anin, exigeant des mesures plus importantes.
Le même pessimisme a été ressenti dans toute l’enclave, où la famine et les maladies ont aggravé les conditions de vie des survivants. Rana Abu Jehl, du camp de réfugiés de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, a demandé instamment que l’on aille au-delà des formalités.
"Les gens nous demandent comment nous voyons la reconnaissance internationale de notre État, et je leur réponds : fallait-il que Gaza soit détruite au-dessus de nos têtes pour que la conscience mondiale s’émeuve ? Fallait-il que nous perdions nos frères et que nous vivions sous des tentes pour qu’ils disent enfin que nous avons le droit d’avoir un État ?" a déclaré Abu Jehl au New Arab.
"Même s’ils nous reconnaissent, quelles sont les garanties que cet État deviendra une réalité ? Reconstruiront-ils nos maisons ? Vont-ils compenser les rêves que nous avons enterrés sous les décombres ?"
Alors que la France s’apprête à rejoindre les pays occidentaux lundi, Israël poursuit sa guerre contre la bande de Gaza, tuant au moins 61 Palestiniens au cours des dernières 24 heures.
Alors qu’il poursuit son offensive sur la ville de Gaza, Israël a fait pression pour annexer rapidement la Cisjordanie occupée, dans le but d’occuper la région. Cette initiative a été accueillie avec une vive réaction internationale.
Traduction : AFPS




