Que penser de la situation à Gaza ?
Mustafa Barghouti : Comme médecin et président du PMRS (Palestinian Medical Relief Society) je sais qu’il y a urgence à Gaza ; le PMRS a triplé ses employé.es. Nos équipes et celles de l’OMS, font un travail héroïque malgré les deuils familiaux ; la clinique de toile à Jabaliya a été bombardée trois fois ; la famine est partout. En Cisjordanie aussi, où 144 hameaux ont été anéantis par Israël ; les premiers secours sont indispensables et le PMRS apporte son aide à plus de 3 millions de personnes. L’UE et le monde ont une énorme responsabilité dans cette situation provoquée sciemment par Israël.
Et la situation ?
M. B. : Elle est très dangereuse, Netanyahou affirme ouvertement vouloir « achever le travail de 1948 ». Infanterie, chars, aviation sont mobilisés pour perpétrer de nouveaux massacres, chasser les habitants vers Rafah, dont Israël veut faire un camp de concentration. Et qui l’en empêche ?
Quels sont vos objectifs politiques ?
M. B. : Agir résolument contre la déportation des Palestiniens, le but d’Israël ! Notre rôle n’est pas que médical, nous voulons affirmer l’unité nationale palestinienne. Nous sommes en colère, l’AP se tait depuis 19 mois, alors que nous avons eu un excellent accord à Pékin , accepté de tous. Si Gaza est séparé de la Palestine, il n’y a plus de Palestine ! Nous voulons l’organisation d’élections ; nous avons le droit de choisir nos leaders.
Et la reconnaissance de l’État de Palestine ne prendra tout son sens qu’avec l’autodétermination et le retrait de TOUS les colons israéliens. L’ouverture d’une perspective de révision du Conseil d’association UE-Israël est cruciale. Le gouvernement français et d’autres sont paresseux (sic) et ceci a pour conséquences la famine, le nettoyage ethnique et le blocage de l’aide humanitaire. La fin des réserves alimentaire et médicale à Gaza est prévisible. J’espère que l’AFPS avec d’autres continuera à faire pression sur ces sujets.
De quoi a besoin le peuple palestinien ?
M. B. : D’une présence plus forte dans les médias !
Propos recueillis par Jacques Fröchen




