Photo : Des membres de la défense civile interviennent immédiatement après un bombardement israélien dans le quartier de Sheikh Radwan, au nord de la ville de Gaza, le 23 octobre 2023. Crédit : Mohammed Zaanoun - Activestills.
"Sauvez-moi ! Je me sens faible et je ne tiendrai pas longtemps." Tels ont été les derniers mots de Hala Arafat, 35 ans, filmée alors qu’elle était coincée sous les décombres de sa maison familiale dans le nord de Gaza la semaine dernière, après qu’elle ait été touchée par une frappe aérienne israélienne. Mais l’armée israélienne s’est assurée que personne ne puisse la sauver, tirant avec des drones sur toute personne qui s’approchait de la zone pendant huit heures après le bombardement initial. Peu après que la vidéo ait été prise, Hala est décédée, rejoignant les 13 autres membres de sa famille tués dans le bombardement, dont sept enfants.
Une enquête menée par +972 Magazine et Local Call - basée sur des entretiens avec cinq sources israéliennes issues des services de sécurité, des déclarations de témoins oculaires et de membres des équipes de secours palestiniens, ainsi que sur l’examen de dizaines de cas similaires à celui de la famille Arafat - révèle que l’armée a adopté la pratique connue sous le nom de "double frappe" comme procédure standard à Gaza. Afin d’augmenter les chances de mort de la cible, l’armée mène systématiquement des attaques supplémentaires dans la zone du bombardement initial, tuant parfois intentionnellement des ambulanciers et d’autres personnes participant aux opérations de sauvetage.
Selon certaines sources, la procédure de double frappe est généralement utilisée lors de frappes aériennes "imprécises", lorsque l’armée n’est pas certaine d’avoir touché la cible visée ou que celle-ci était bien présente. De plus, empêcher le sauvetage des blessés sous les décombres signifie que la cible, si elle est présente, mourra probablement de toute façon, soit de ses blessures, soit par asphyxie due aux gaz toxiques, soit de faim et de soif.
Une source présente dans des salles de coordination des attaques, appelées "cellules de frappe", du commandement sud de l’armée israélienne, et qui a été témoin de double frappes, a déclaré à +972 et Local Call que l’armée sait que cette pratique condamne à mort des dizaines, voire des centaines, de civils blessés piégés sous les décombres, ainsi que leurs sauveteurs potentiels.
"Si une frappe est lancée contre un haut commandant, une autre sera effectuée par la suite pour s’assurer qu’aucune opération de sauvetage n’ait lieu" a-t-il expliqué. "Les premiers intervenants, les équipes de sauvetage... ils les tuent. Ils frappent à nouveau, sur eux."
Selon cette source, les frappes secondaires dont il a été témoin ont été menées par l’armée de l’air à l’aide de drones, sans savoir qui étaient les victimes : il pouvait s’agir des "équipes de secours du Hamas" venues aider la cible de haut rang, mais aussi du personnel de la défense civile, des ambulanciers du Croissant-Rouge ou de parents et voisins qui tentaient simplement de sauver leurs proches.
Une deuxième source a participé à une double frappe qui a tué le commandant du Hamas Ahmed Ghandour dans un complexe souterrain au nord de Gaza en novembre 2023 (qui a également tué par asphyxie trois otages israéliens détenus avec lui). La source a déclaré qu’après le bombardement initial, l’armée a ciblé "les personnes qui se trouvaient dans la zone et qui sont sorties d’une maison voisine" parce qu’elles tentaient de secourir les blessés.
Selon cette source, il n’y avait "aucune preuve" que ces personnes étaient affiliées au Hamas. Il a ajouté que, comme l’ont révélé +972 et Local Call dans une enquête précédente, le bombardement des tunnels souterrains libère des gaz toxiques qui mettent du temps à se propager et tuent toute personne se trouvant à des centaines de mètres à la ronde. L’armée a donc considéré qu’il était stratégique d’empêcher les opérations de sauvetage : sans aide, la cible mourrait lentement intoxiquée par les fumées.
Mais la pratique de la double frappe est également répandue au dessus du sol, et pas seulement dans les cas impliquant des personnalités du Hamas. Une troisième source de la sécurité a décrit comment l’armée a empêché les ambulances d’atteindre un site de frappe où des enfants avaient été gravement brûlés.
"Je me souviens d’une femme qui pleurait et criait - le corps de sa fille était brûlé" a déclaré la source, qui a observé les suites de la frappe. "Sa fille était encore en vie, elle suppliait quelqu’un de venir la sauver. On pouvait entendre les ambulances qui essayaient d’entrer, mais on ne les laissait pas passer."
"Empêcher les gens de s’approcher"
La technique des doubles frappes est largement considérée comme illégale au regard du droit international, non seulement parce qu’elle vise délibérément les premiers intervenants tels que les journalistes, les secouristes et les médecins, mais aussi parce qu’elle vise à dissuader toute tentative de sauvetage et à causer davantage de pertes civils.
Un rapport publié en 2007 par le département américain de la Sécurité intérieure qualifiait les doubles frappes "tactique favorite du Hamas". Mais les États-Unis y ont également eu recours : le Bureau du journalisme d’investigation a révélé que les doubles frappes menées par des drones de la CIA avaient tué au moins 50 civils au Pakistan entre 2009 et 2012 alors qu’ils tentaient de secourir des victimes.
La Russie a également mené des doubles frappes en Syrie, notamment lors d’une attaque en 2019 contre un marché à Idlib qui a tué 39 personnes ; et l’Arabie saoudite a utilisé cette tactique au Yémen, comme lors de l’attaque de 2016 contre des funérailles à Sanaa, menée avec des munitions fournies par les États-Unis et qui a tué 155 personnes.
Cependant, alors que d’autres armées n’ont jamais publiquement admis avoir recours à des frappes doubles, des sources militaires israéliennes ont déclaré aux médias israéliens qu’elles avaient frappé plusieurs fois le même endroit afin d’empêcher les équipes de secours d’arriver pendant l’assassinat de Mohammed Deif en juillet 2024.
L’armée de l’air aurait largué au moins cinq bombes sur le camp de déplacés d’Al-Mawasi dans le but de tuer le commandant militaire du Hamas, tuant 90 personnes et en blessant environ 300 autres. Des sources militaires ont reconnu que des frappes supplémentaires avaient été menées spécifiquement pour empêcher les secouristes d’atteindre le site.
"La première frappe a touché la partie du bâtiment où se trouvait [Deif]", indique un rapport d’Itamar Eichner pour le site d’information israélien Ynet. "La deuxième frappe était un missile qui a détruit tout le bâtiment. La troisième frappe a créé une ceinture de feu autour de la zone pour empêcher les secours d’arriver et de lui porter assistance."
Une enquête visuelle menée par le New York Times, basée sur des images vidéo, a montré qu’après la frappe initiale, l’armée a frappé à nouveau, cette fois-ci sur des véhicules appartenant aux premiers secours. L’un des sauveteurs présents sur les lieux, le Dr Mohammed Al-Mourir, responsable de la chaîne d’approvisionnement de la défense civile, a raconté les événements à +972 et Local Call.
Au moment où ils sont arrivés sur place, a déclaré Al-Mourir, un missile tiré par un drone de l’armée de l’air a frappé l’ambulance derrière lui, tuant quatre secouristes. Il a décrit comment il est resté debout, sous le choc et impuissant, tandis que son ami était englouti par les flammes : "Nous l’avons regardé brûler vif jusqu’à ce qu’il meure. Le feu l’a consumé, et nous sommes restés là, à quelques mètres de distance, incapables de faire quoi que ce soit."
Mais Al-Mourir a dû se ressaisir immédiatement. La foule autour de lui implorait son aide pour rechercher les membres de leur famille. Les blessés gémissaient de douleur sous les décombres. Il a couru vers le champ de bataille, se retrouvant rapidement à rassembler des morceaux de corps afin de pouvoir identifier les morts.
Il a déclaré avoir pleuré, incapable de cesser de penser à ses collègues brûlés et à la réaction de leurs familles. "Notre travail est humanitaire" a-t-il déclaré, "mais dès le premier jour, nous savions que nous pouvions mourir à tout moment, n’importe où".
En mai, l’armée israélienne a assassiné Mohammed Sinwar, alors commandant de la branche militaire du Hamas, lors d’une série de frappes aériennes près de l’hôpital européen de Khan Younis. Des sources militaires ont rapporté que l’armée de l’air avait mené des frappes supplémentaires dans la zone afin "d’empêcher les gens de s’approcher". Le lendemain, probablement à la suite de l’une de ces frappes, trois personnes ont été tuées alors qu’elles se rendaient à l’hôpital.
Selon un modèle correspondant à la technique de la double frappe utilisée dans les frappes imprécises, une source de la sécurité israélienne a déclaré à Ynet qu’il n’était pas certain que Sinwar soit mort sur le coup, mais que "ceux qui n’étaient pas morts sous les frappes avaient suffoqué à cause des gaz toxiques".
"Ils ont frappé à nouveau alors que les gens étaient encore en vie"
Les doubles frappes sont devenues particulièrement courantes ces derniers mois, lorsque Israël bombarde des écoles à Gaza, où les résidents déplacés ont cherché refuge. En mai, après une attaque contre une école de filles à Jabalia, des habitants ont rapporté que l’armée avait frappé à nouveau au même endroit pour empêcher les secours de sauver les enfants brûlés.
"Il était 1h30 du matin et un missile a frappé l’école en face de chez nous" a déclaré un témoin oculaire aux médias locaux. "Toutes les salles de classe étaient en feu. Nous sommes descendus pour secourir les gens. Alors que nous voyions les corps brûler et qu’il y avait des blessés que nous aurions pu emmener à l’ambulance, l’armée a appelé [l’un des sauveteurs par téléphone] et nous a dit : "Quittez l’école, car nous allons la bombarder à nouveau"" a poursuivi le témoin oculaire. "Nous n’avons pas pu récupérer les enfants brûlés et blessés. Ils ont frappé à nouveau, [alors qu’il] y avait encore des personnes en vie. Après le deuxième bombardement, elles étaient mortes."
En avril, Israël a bombardé l’école Dar Al-Arqam, ensevelissant des dizaines de Palestiniens sous les décombres. Une trentaine de personnes ont été tuées, dont de nombreux enfants et une femme enceinte de neuf mois de jumeaux.
Peu après leur arrivée sur les lieux, les secouristes ont reçu un appel téléphonique de l’armée leur ordonnant de quitter les lieux, car ceux-ci allaient être bombardés à nouveau. Sur les images tournées sur place, on peut voir l’un des sauveteurs, Nooh Al-Shagnobi, membre de la défense civile, insister courageusement pour rester afin de sortir un survivant des décombres, lui sauvant ainsi la vie. "Depuis le début de la guerre, des milliers de situations comme celle-ci se sont produites, mais personne ne les a filmées" a-t-il déclaré par la suite.
Une source interrogée dans le cadre de cette enquête a récemment été informée de frappes contre des écoles. Elle a déclaré que l’armée avait mis en place une cellule spéciale chargée d’identifier systématiquement les écoles qualifiées de "centres de gravité" afin de les bombarder, affirmant que des membres du Hamas se cachaient parmi les centaines de civils.
Mais dans de nombreux cas de double frappe, il ne semble y avoir aucune cible ou objectif militaire. L’un des cas les plus poignants documentés a été filmé par une journaliste palestinienne, Wafaa Thaher, depuis sa fenêtre dans le camp de réfugiés de Jabalia en octobre 2024.
Dans la vidéo, on voit Mohammed Salem, 13 ans, blessé dans la rue après un raid aérien, incapable de bouger, criant et agitant les mains en l’air pour appeler à l’aide. "Mon Dieu, il est en morceaux" a déclaré la journaliste à son père, qui se trouvait à ses côtés pendant qu’elle filmait. Les habitants du quartier ont commencé à se rassembler autour de l’enfant, mais au moment où ils le soulevaient, ils ont été touchés par un deuxième missile.
Salem a été tué avec un deuxième garçon, âgé de 14 ans. L’armée a refusé de commenter l’incident, qui s’est produit alors qu’elle mettait en œuvre le plan des généraux visant à nettoyer ethniquement les districts du nord de Gaza.
"Ils sont allés sauver les femmes et ils ont été martyrisés"
En janvier, un porte-parole de la défense civile de Gaza a déclaré lors d’une conférence de presse que 99 membres du personnel de l’organisation avaient été tués depuis le début de la guerre. Al Mourir a déclaré à +972 qu’environ la moitié de leurs équipes avaient été prises pour cible. Un rapport récent de l’Organisation mondiale de la santé a recensé 180 attaques contre des ambulances à Gaza depuis le début de la guerre jusqu’au mois de mai.
Ali Khawas, chef du département de communication de la défense civile, a déclaré à +972 que les attaques contre les sauveteurs ont souvent lieu quelques minutes seulement après leur arrivée sur les lieux des bombardements. Le 22 avril, l’armée israélienne a bombardé la maison de la famille Al-Matouk à Jabalia. Selon Khawas, "10 minutes après l’arrivée de l’équipe, celle-ci a été prise pour cible par un missile tiré par un drone".
Le 13 mai, une autre équipe de la défense civile a tenté de secourir la famille Al-Afghani, ensevelie sous les décombres à Khan Younis. "Les blessés auraient pu être sauvés, mais les frappes répétées sur le site ont causé la mort de toutes les personnes présentes dans la maison" a expliqué Khawas. "Ce n’est qu’après cinq heures que le feu s’est éteint et que nous avons pu récupérer les corps."
Parfois, cependant, les frappes suivantes surviennent plusieurs jours après la première. En novembre 2023, l’armée a détruit un immeuble de six étages sur ses occupants à Gaza. Parmi les morts figurait Maisara Al-Rayyes, un médecin de 30 ans qui était revenu à Gaza après avoir étudié au Royaume-Uni, ainsi que sa femme enceinte et ses parents. Les seuls survivants de sa famille étaient ses deux frères qui n’étaient pas à la maison au moment du bombardement.
Deux jours plus tard, alors que les frères survivants fouillaient les décombres à mains nues à la recherche de restes humains, ils ont été frappés et tués par un deuxième missile, selon des témoins oculaires cités par le Times.
Le même mois, l’armée a bombardé plusieurs maisons appartenant à la famille Shaheibar dans le quartier de Zeitoun au cours d’une journée, tuant environ 50 personnes, selon EuroMed Monitor. Le lendemain, alors que des proches tentaient de secourir les survivants, ils ont été touchés par deux frappes de drones qui ont tué 20 personnes supplémentaires.
L’armée israélienne n’a pas commencé à utiliser les doubles frappes le 7 octobre : en 2014, lors de l’assaut israélien sur Gaza connu sous le nom d’"opération Bordure protectrice", les équipes médicales de la bande de Gaza avaient déjà décrit cette pratique. Le personnel du Croissant-Rouge avait alors témoigné que cette pratique était l’une des principales causes de décès et de blessures parmi les travailleurs médicaux.
Cependant, depuis le début de la guerre actuelle, cette politique semble être devenue une pratique courante. L’organisation Airwars, qui surveille les dommages causés aux civils, a publié une étude approfondie basée sur un échantillon de plus de 600 frappes aériennes israéliennes à Gaza au cours du premier mois de la guerre. Elle a identifié quatre cas décrits comme des attaques à double frappes par des sources basées à Gaza, qui ont tué entre 80 et 92 civils. Elle a également recensé 12 autres cas dans lesquels une deuxième frappe a eu lieu à moins de 300 mètres de la première et qui, selon l’organisation, "pourraient être considérés comme "double frappe"".
Dans l’un de ces cas, l’armée a bombardé une maison familiale à Beit Lahiya, tuant 16 personnes. Selon les témoignages recueillis par Airwars, l’armée a frappé à nouveau pendant les opérations de sauvetage, blessant les secouristes qui étaient arrivés sur les lieux. Neuf des victimes de l’attaque étaient des enfants, dont un enfant de 5 ans et un enfant de 2 ans. La plus jeune victime était un bébé de deux mois.
Les armes utilisées dans ces attaques varient : les témoignages suggèrent que l’armée mène également ce qui semble être des doubles frappes à l’aide de drones qui larguent des explosifs. Cette méthode d’attaque a été révélée dans une autre enquête récente de +972 et Local Call, qui a découvert que l’armée fixait des lance-grenades à des drones commerciaux bon marché afin d’attaquer des civils dans les zones qu’elle cherche à dépeupler.
En juillet, l’armée a bombardé la maison de la famille Sabbagh dans le quartier d’Al-Tuffah à Gaza, tuant au moins un enfant. Salem, un parent de la victime (qui a demandé à ce que son nom complet ne soit pas divulgué), a déclaré à +972 que d’autres membres de la famille étaient ensevelis sous les décombres, mais que lorsque les voisins ont tenté de les secourir, ils ont été pris pour cible. "Un quadricoptère a immédiatement largué une bombe sur eux et ils ont été blessés" a déclaré Salem.
Dans une autre affaire datant de juin 2024, l’armée israélienne a tué au moins 25 personnes lors de frappes aériennes sur des tentes dans un camp de personnes déplacées près d’Al-Mawasi, selon le personnel médical de Gaza. Mais Hassan Al-Najjar a déclaré à l’Associated Press que ses enfants avaient été tués alors qu’ils venaient en aide aux victimes de la première frappe.
"Mes deux fils sont allés [aider] après avoir entendu les cris des femmes et des enfants" a-t-il déclaré depuis l’hôpital. "Ils sont allés sauver les femmes, et [l’armée] a frappé avec un deuxième projectile, et mes fils ont été tués. Ils ont frappé deux fois le même endroit."
Le dernier incident de double frappe connu par +972 et Local Call s’est produit le 21 juillet, lorsque Israël aurait bombardé une usine de dessalement d’eau dans le quartier d’Al-Rimal à Gaza, puis frappé à nouveau alors que des personnes tentaient de secourir les blessés, tuant au moins cinq personnes au total. Dans une vidéo filmée à proximité, on peut entendre un homme crier : "Ils ont bombardé l’endroit à nouveau. Des gens sont venus pour secourir les blessés, et ils les ont bombardés."
Après la publication de cet article, le porte-parole de l’armée israélienne a envoyé une réponse qui ne répondait pas aux questions spécifiques de +972 et Local Call, notamment concernant les lieux et les dates exacts des attaques mentionnées ici. La réponse indiquait que "les allégations selon lesquelles l’armée israélienne agirait délibérément pour nuire au personnel de secours et médical sont fausses et dénuées de tout fondement. Les allégations qui surgissent dans ce contexte sont examinées de manière approfondie par les mécanismes autorisés de l’armée israélienne qui veillent au respect de la loi."
Yuval Abraham est un journaliste et cinéaste basé à Jérusalem.
Traduction : AFPS




