Photo : Des soldates israéliennes prennent un selfie devant les ruines de Gaza détruite, 21 février 2024 © Quds News Network
L’armée israélienne a publié pour la première fois des données officielles détaillant le nombre de ses soldats qui possèdent une nationalité étrangère en plus de la nationalité israélienne, révélant une forte présence de personnel à double nationalité dans ses rangs.
Les chiffres obtenus par Declassified grâce à une demande d’accès à l’information déposée en mars 2025 par l’ONG Hatzlacha montrent que 50 632 soldats en service possèdent au moins une autre nationalité.
Les personnes détenant un passeport américain, français, russe, allemand, britannique ou ukrainien constituent les groupes les plus importants, représentant la majeure partie du total.
Les données indiquent que 12 135 soldats ont la nationalité américaine, ce qui fait des Américains la catégorie la plus importante.
Plus de 6 100 soldats ont la nationalité française, tandis que plus de 5 000 ont la citoyenneté russe. Les chiffres identifient également au moins 2 069 soldats qui ont la nationalité britannique.
Jusqu’à présent, le débat en Grande-Bretagne s’est largement concentré sur un petit nombre de « soldats isolés », des volontaires sans citoyenneté israélienne, dont le nombre était auparavant estimé à environ 54 personnes.
Les données récemment publiées élargissent considérablement l’ampleur connue de l’implication britannique.
Des milliers d’autres soldats répertoriés dans les chiffres détiennent des passeports roumains, polonais, éthiopiens, canadiens, hongrois, italiens et de plusieurs pays d’Amérique latine.
Les données montrent également qu’un nombre plus restreint de personnes détiennent la citoyenneté de pays arabes, notamment le Yémen, la Tunisie, le Liban, la Syrie et l’Algérie.
Le rapport indique que 4 440 soldats possèdent deux nationalités étrangères en plus de la nationalité israélienne, tandis que 162 soldats possèdent trois passeports étrangers ou plus.
Soldats accusés de crimes de guerre
Depuis le début du génocide perpétré par Israël à Gaza le 7 octobre 2023, les forces israéliennes ont fait appel à des dizaines de milliers de soldats à double ou multiple nationalité pour mener des opérations militaires dans l’enclave assiégée.
L’ampleur de la participation étrangère a suscité une attention juridique internationale croissante en vertu du principe de compétence universelle, qui permet aux tribunaux nationaux de poursuivre les personnes accusées de crimes de guerre, quel que soit le lieu où les actes ont été commis.
Les principales organisations de défense des droits humains, notamment Human Rights Watch et Amnesty International, ont appelé à la mise en place d’enquêtes indépendantes et ont exhorté les gouvernements à examiner le comportement de leurs ressortissants servant dans l’armée israélienne.
Des initiatives juridiques ont déjà été lancées dans plusieurs pays. Les autorités canadiennes auraient ouvert des enquêtes sur des crimes de guerre présumés impliquant des réservistes ayant la double nationalité, tandis que des groupes de défense des droits humains en Belgique et au Royaume-Uni ont déposé plainte auprès d’instances juridiques internationales et nationales contre des centaines de personnes ayant la citoyenneté européenne.
Selon des experts juridiques, certains ressortissants étrangers, dont des Britanniques, pourraient être poursuivis en vertu de la législation nationale, qui restreint la participation à des forces militaires étrangères dans certaines circonstances.
L’avertissement lancé en janvier 2024 par la Cour internationale de justice concernant un risque plausible de génocide à Gaza a intensifié les appels lancés aux États pour qu’ils enquêtent sur la participation éventuelle de leurs citoyens à des violations du droit international.
Le génocide perpétré par Israël à Gaza, qui dure depuis deux ans, a fait plus de 72 000 morts et plus de 171 000 blessés parmi les Palestiniens, tandis que les bombardements et les attaques terrestres israéliens ont détruit environ 90 % des infrastructures civiles sur l’ensemble du territoire.
Traduction : AFPS




