Photo : Israël a bombardé 200 tentes de palestiniens déplacés le 29 juin 2026 à Al Mawasi à Gaza. Eye on Palestine.
L’armée israélienne a lancé de nouvelles frappes sur Gaza lundi soir, incendiant environ 200 tentes de personnes déplacées, dans la région d’al-Mawasi, près de Khan Younis, et laissant des milliers de personnes sans abri, une fois de plus.
Des résidants ont déclaré à The New Arab qu’ils avaient eu moins de 10 minutes pour évacuer avant que des avions de combat israéliens ne frappent des terres agricoles voisines, où des familles avaient trouvé refuge après avoir été déplacées de multiples fois pendant la guerre.
Au petit matin, le camp de déplacés n’était plus qu’un amas de structures métalliques noircies, d’effets personnels calcinés et de cendres, tandis que les survivants cherchaient leurs papiers d’identité, leurs vêtements et les objets de leur maison enfouis sous les décombres.
Mahmoud Bassal, porte-parole de la défense civile de Gaza, a confirmé dans une déclaration à The New Arab, que la frappe israélienne avait détruit et incendié plus de 200 tentes, qui servaient de logement à des milliers de Palestiniens déplacés.
Il a expliqué que le feu s’était propagé rapidement car ces abris de fortune étaient construits à partir de tissu, de bâches en plastique et d’autres matériaux hautement inflammables.
« Les équipes de la défense civile ont rencontré d’énormes difficultés pour accéder à la zone et éteindre les incendies en raison des attaques incessantes et du grave manque d’équipement » a déclaré Bassal.
Il a ajouté que des centaines de familles se retrouvaient une nouvelle fois sans abri, dans un contexte de pénurie de tentes et de fournitures humanitaires dans toute la bande de Gaza, en raison des restrictions imposées par Israël sur l’entrée de ces articles dans l’enclave.
« La plupart des personnes touchées ont déjà été déplacées à plusieurs reprises depuis le début de la guerre » a-t-il expliqué.
Reconstruire à partir de cendres
Tôt mardi matin, des familles sont retournées au camp dans l’espoir de récupérer tout ce qui aurait pu échapper aux flammes.
Parmi elles se trouvait Abu Mohammed al-Aqqad, qui a fui Rafah quelques mois plus tôt et qui est retourné au camp pour rassembler des couvertures brulées et des bâches en plastique déchirées, dans l’espoir de construire un nouvel abri de fortune.
« Nous étions assis dans nos tentes en train de dîner lorsque l’ordre d’évacuation est arrivé » a-t-il déclaré à The New Arab. « Nous étions sous le choc, car il s’agissait de terres agricoles où ne vivaient que des personnes déplacées. »
« Nous nous sommes enfuis immédiatement. Après avoir parcouru environ 200 mètres, les bombardements ont commencé. »
Il a décrit une destruction quasi totale à travers tout le camp.
« … Il ne restait plus un seul abri debout. Les sanitaires avaient brûlé. Même les barils d’eau avaient été détruits. Tout avait été réduit en cendres », a-t-il ajouté.
Comme de nombreuses familles d’Al-Mawasi, la famille al-Aqqad a subi des déplacements répétés depuis le début de la guerre contre Gaza en octobre 2023.
« Les gens ici viennent de partout : Rafah, Khuza’a, Abasan, l’est de Khan Younis et le nord de Gaza » a-t-il déclaré. « À chaque fois que nous sommes déplacés, nous perdons le peu que nous avions réussi à reconstruire. »
« Tout le monde ne cesse de parler d’un cessez-le-feu, mais ce que nous voyons chaque jour, c’est plus de bombardements. »
Non loin de là, Umm Suleiman fouillait parmi des bâches en plastique déchirées qu’elle espérait transformer en une nouvelle tente de fortune.
Chassée de son domicile à Khan Younis après que celui-ci soit devenu inhabitable, elle a expliqué qu’avec l’abri détruit par l’incendie c’était tout ce que sa famille possédait qui avait disparu.
« Nous avons fui notre maison parce que nous ne pouvions plus y vivre » a-t-elle déclaré. « La tente était tout ce qui nous restait. Aujourd’hui, elle a brûlé elle aussi, et mes enfants n’ont plus nulle part où dormir. »
Elle a expliqué que sa famille avait passé la nuit à la belle étoile après l’attaque.
« Mes enfants n’arrêtent pas de me demander où nous allons vivre maintenant, et je n’ai pas de réponse à leur donner » a-t-elle expliqué. « Nous voulons simplement un endroit qui puisse nous protéger de la chaleur, du froid et des bombardements. »
Une mère et son nourrisson tués
Lors d’une autre attaque israélienne contre la ville de Khan Younis, l’armée israélienne a tué une femme et son enfant.
Selon des sources médicales locales, Diana Mohammed Salem Abu Daraz, âgée de 23 ans, et sa fille d’un an, Suwar Thaer Abu Daraz, ont été tuées lorsqu’un drone israélien a frappé des tentes abritant des familles déplacées à Al-Mawasi. Plusieurs autres Palestiniens ont été blessés.
Cette dernière attaque s’inscrit dans un contexte d’escalade des attaques israéliennes dans tout le sud de la bande de Gaza. L’artillerie israélienne a bombardé des zones au nord-ouest de Rafah, tandis que les troupes ont ouvert le feu à l’est de Khan Younis et démoli des immeubles résidentiels au nord-est de la ville, selon des sources locales.
Le Hamas « déterminé » à instaurer un cessez-le-feu durable
Ces attaques se poursuivent malgré les efforts régionaux en cours visant à garantir un cessez-le-feu durable.
Mardi, le Hamas a annoncé qu’une délégation dirigée par Zaher Jabarin, haut responsable du mouvement pour la Cisjordanie occupée, était arrivée au Caire pour s’entretenir avec des responsables égyptiens et d’autres médiateurs.
Taher al-Nunu, conseiller en communication du chef du bureau politique du Hamas, a déclaré que les réunions porteraient principalement sur ce qu’il a qualifié comme l’« escalade des violations israéliennes dans la bande de Gaza et les meurtres et assassinats quotidiens » ainsi que sur les efforts visant à garantir l’acheminement de l’aide humanitaire et des matériaux de reconstruction nécessaires aux hôpitaux, aux boulangeries et aux infrastructures endommagées.
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Il a ajouté que les discussions porteraient également sur la mise en œuvre de la deuxième phase de l’accord, notamment le retrait total d’Israël de Gaza, la mise en place d’un comité administratif et le déploiement de mécanismes de protection internationaux.
Al-Nunu a déclaré que le Hamas restait déterminé à parvenir à un accord qui mettrait fin à la guerre et soulagerait les souffrances des Palestiniens à Gaza.
Cependant, les dispositions clés de l’accord de cessez-le-feu restent au point mort alors que les opérations militaires israéliennes se poursuivent dans toute l’enclave, aggravant la crise humanitaire et contraignant des milliers de Palestiniens supplémentaires à des déplacements répétés.
Selon le ministère de la Santé de Gaza, Israël a tué plus de 73 000 Palestiniens depuis le 7 octobre 2023.
Traduction : AFPS




