Ce rapport examine les mécanismes corporatifs qui soutiennent le projet colonialiste israélien visant à déplacer et à remplacer les Palestiniens dans les territoires occupés. Alors que les dirigeants politiques et les gouvernements se dérobent à leurs obligations, beaucoup trop d’entreprises ont tiré profit de l’économie israélienne fondée sur l’occupation illégale, l’apartheid et, aujourd’hui, le génocide. La complicité révélée par ce rapport n’est que la partie émergée de l’iceberg ; il ne sera pas possible d’y mettre fin sans demander des comptes au secteur privé, y compris à ses dirigeants. Le droit international reconnaît différents degrés de responsabilité, chacun nécessitant un examen minutieux et une obligation de rendre des comptes, en particulier dans ce cas où l’autodétermination et l’existence même d’un peuple sont en jeu. Il s’agit d’une étape nécessaire pour mettre fin au génocide et démanteler le système mondial qui l’a rendu possible.
>> Lire le rapport « De l’économie de l’occupation à l’économie du génocide » (en anglais)
Les entreprises coloniales et les génocides qui y sont associés ont toujours été encouragés et facilités par le secteur privé. Les intérêts commerciaux ont contribué à la spoliation des peuples autochtones et de leurs terres – un mode de domination connu sous le nom de « capitalisme racial colonial ». Il en va de même pour la colonisation israélienne des terres palestiniennes, son expansion dans les territoires palestiniens occupés et l’institutionnalisation d’un régime d’apartheid colonialiste. Après avoir nié pendant des décennies le droit des Palestiniens à l’autodétermination, Israël met aujourd’hui en péril l’existence même du peuple palestinien en Palestine.
Le rôle des entreprises dans le maintien de l’occupation illégale d’Israël et de la campagne génocidaire en cours à Gaza fait l’objet de cette enquête, qui se concentre sur la manière dont les intérêts des entreprises sous-tendent la double logique de déplacement et de remplacement des colons israéliens visant à déposséder et à effacer les Palestiniens de leurs terres. Elle examine les entreprises de divers secteurs : fabricants d’armes, entreprises technologiques, entreprises de bâtiment et de construction, industries extractives et de services, banques, fonds de pension, assureurs, universités et organisations caritatives. Ces entités permettent le déni de l’autodétermination et d’autres violations structurelles dans les territoires palestiniens occupés, notamment l’occupation, l’annexion et les crimes d’apartheid et de génocide, ainsi qu’une longue liste de crimes accessoires et de violations des droits humains, allant de la discrimination, la destruction gratuite, le déplacement forcé et le pillage, aux exécutions extrajudiciaires et à la famine.
Si une diligence raisonnable en matière de droits humains avait été exercée, les entreprises se seraient depuis longtemps désengagées de l’occupation israélienne. Au lieu de cela, après octobre 2023, les acteurs économiques ont contribué à l’accélération du processus de déplacement-remplacement tout au long de la campagne militaire qui a pulvérisé Gaza et déplacé le plus grand nombre de Palestiniens en Cisjordanie depuis 1967.
Bien qu’il soit impossible de saisir pleinement l’ampleur et l’étendue de la complicité des entreprises dans l’exploitation du territoire palestinien occupé depuis des décennies, ce rapport expose l’intégration des économies de l’occupation coloniale et du génocide. Il appelle à la responsabilisation des entreprises et de leurs dirigeants aux niveaux national et international : les activités commerciales qui permettent et tirent profit de la destruction de la vie d’innocents doivent cesser. Les entreprises doivent refuser d’être complices de violations des droits humains et de crimes internationaux, sous peine d’être tenues pour responsables.
>> Lire le rapport « De l’économie de l’occupation à l’économie du génocide » (en anglais)
Photo : © Conseil des droits de l’Homme des Nations unies




