Photo : Rassemblement le 22 mai 2026 lors de l’Assemblée Générale de Carrefour à Massy en France à l’appel de plusieurs organisations dont l’AFPS. Crédit : AFPS - JV.
Carrefour accélère son expansion en Israël, allant au-delà de la simple vente au détail pour s’engager dans l’approvisionnement direct du ministère de la Sécurité, alors que la pression internationale s’intensifie et que des actions en justice sont engagées contre la complicité des entreprises dans l’occupation israélienne et la guerre contre Gaza.
L’entreprise française a récemment remporté un appel d’offres du ministère israélien de la Sécurité pour fournir des denrées alimentaires d’une valeur d’environ 35 millions de shekels israéliens ( 10 millions de dollars) par an aux salons du ministère, selon le journal israélien Calcalist.
Le journal a rapporté que Global Retail, la société qui exploite Carrefour en Israël, avait signé un accord en vue d’acquérir 70 % de la société israélienne Free Market pour 19 millions de shekels (5,4 millions de dollars).
Free Market étant spécialisée dans la distribution et la commercialisation sur le marché de gros aux entreprises, cette expansion des activités devrait permettre à Carrefour de vendre ses produits à des points de vente alimentaires situés dans les kibboutzim (communautés coopératives), les moshavim (communautés rurales gérées par des agriculteurs colons), les maisons de retraite, les bureaux, les cafés et d’autres entreprises.
Cible du BDS
Selon le mouvement « Boycott, désinvestissement et sanctions » (BDS), le groupe multinational Carrefour, dont le siège social est situé en France, a signé en mars 2022 un accord de franchise avec Electra Consumer Products et sa filiale Yeinot Bitan, deux entreprises israéliennes dont les activités desservent les colonies israéliennes.
En juillet 2024, la Cour internationale de justice a statué que la présence même d’Israël dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, ainsi que les colonies qu’il construit sur des terres palestiniennes confisquées, étaient illégales, et qu’il était interdit d’apporter un quelconque soutien à cette situation ou de la reconnaître.
En décembre 2022, le Comité national palestinien pour le boycott d’Israël a appelé au boycott du groupe Carrefour jusqu’à ce que celui-ci résilie le contrat de franchise conclu avec les entreprises israéliennes et cesse de vendre tous les produits provenant des colonies israéliennes dans les milliers d’hypermarchés et de supermarchés qu’il exploite à travers le monde.
Le mouvement BDS a souligné que pendant le génocide à Gaza, un magasin Carrefour situé à Jérusalem occupée avait organisé une campagne de collecte de fonds pour soutenir les soldats israéliens participant à ce génocide.
Bien que le groupe français ait assuré à ses actionnaires qu’il n’avait pas ouvert de magasins portant son nom dans les territoires occupés en 1967, le mouvement BDS affirme que des éléments indiquent l’existence d’au moins une succursale à Modi’in–Maccabim–Re’ut, une colonie que les Nations unies et l’Union européenne classent comme étant partiellement située dans les territoires palestiniens occupés.
Traduction : AFPS




