Photo : Shawan Jabarin © Al-Haq
Al-Haq engage une nouvelle action en justice contre le ministère français de l’Intérieur pour son refus persistant d’accorder un visa à son directeur général
Nous exprimons notre profonde déception et notre indignation face au fait que le ministère français de l’Intérieur ait une nouvelle fois refusé d’accorder un visa à M. Shawan Jabarin, directeur général d’Al-Haq. Cette décision est en contradiction directe avec l’ordonnance n° 2607793 du tribunal administratif de Nantes, rendue le 30 avril 2026.
En réponse à ce mépris flagrant de l’autorité judiciaire, Al-Haq engage une nouvelle action en justice devant les tribunaux français. La décision du ministère constitue un acte de censure ciblé qui viole de manière flagrante le droit français et le droit international. Ce refus porte directement atteinte aux libertés fondamentales et constitue un exemple typique d’abus de pouvoir. En prononçant exactement le même refus immédiatement après une décision de justice, l’administration a fait preuve d’un profond mépris envers le pouvoir judiciaire, privant de fait M. Jabarin de ses droits.
Cette décision à motivation politique illustre une fois de plus la capacité du gouvernement français à contourner les décisions prises par des juges indépendants et fondées sur une application correcte de la loi, au mépris de la valeur constitutionnelle de la séparation des pouvoirs en France.
En empêchant M. Jabarin de s’adresser à un organe législatif souverain auquel il avait été officiellement invité, la France viole activement sa liberté d’expression dans le but de réduire au silence la défense de la cause palestinienne. Cette ingérence va encore plus loin, violant sa liberté fondamentale de circulation et son droit au travail, étant donné que le dialogue avec les législateurs et les diplomates est une responsabilité professionnelle fondamentale de son rôle de directeur général.
Cette décision est particulièrement préoccupante lorsqu’on la replace dans le contexte plus large de la répression des défenseurs des droits humains en France qui militent pour les droits des Palestiniens. Elle s’inscrit dans une campagne mondiale coordonnée visant à réduire Al-Haq au silence, notamment par le biais de sanctions arbitraires américaines, précisément en raison de notre travail essentiel consistant à documenter les violations israéliennes et à collaborer avec la Cour pénale internationale.
Au lieu de cibler les défenseurs des droits humains et de leur refuser un espace de plaidoyer, la France et ses autorités doivent agir conformément à leurs obligations internationales, y compris celles découlant de l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice sur la Palestine. Elles devraient demander des comptes à tout citoyen français qui aurait pu se rendre complice de violations du droit international dans les territoires palestiniens occupés et prendre des mesures pour imposer des sanctions à Israël, un État accusé de génocide contre le peuple palestinien.
Il est temps que les dirigeants politiques fassent respecter l’État de droit plutôt que de le contourner au profit des allégeances israéliennes. Rien ne justifie l’incapacité de la France à défendre les droits du peuple palestinien, ni le fait de réduire au silence les voix palestiniennes.
Traduction : AFPS




