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Accueil > Mobilisation > Echos du National > AG Carrefour : des militant-es dénoncent les activités du Groupe dans le territoire palestinien illégalement occupé par Israël et les liens financiers de Carrefour avec le gouvernement israélien
Echos du National
dimanche 24 mai 2026
Communiqué de presse commun AFPS, BDS France et Ekō

AG Carrefour : des militant-es dénoncent les activités du Groupe dans le territoire palestinien illégalement occupé par Israël et les liens financiers de Carrefour avec le gouvernement israélien

Carrefour a signé un accord de franchise en 2022 avec des sociétés israéliennes opérant dans le territoire palestinien illégalement occupé par Israël.

Huit magasins franchisés, dont deux sous enseigne Carrefour, opèrent dans sept colonies illégales israéliennes. Cette année, Carrefour a également ouvert ses premiers hypermarchés en Israël.

Le franchisé du Groupe français a officialisé un partenariat avec le gouvernement israélien avec à la clé une subvention étatique de plus de 50 millions de shekels (environs 15 millions d’euros).

A l’occasion de l’AG de Carrefour, des militant.e.s et actionnaires ont demandé au groupe de mettre fin à son partenariat avec des entreprises impliquées dans le maintien et le développement de la colonisation illégale israélienne de la Palestine.

Une pétition internationale lancée par l’ONG Ekō a rassemblé plus de 86.000 signatures demandant à Carrefour d’arrêter de profiter des crimes d’Israël contre les Palestinien.ne.s


Paris, 22/05/2026 - Lors de l’Assemblée Générale de Carrefour à Massy, à l’appel de BDS France, l’AFPS, Attac, l’UJFP et l’Union syndical Solidaires, des militant.e.s ont demandé des comptes à Carrefour sur son contrat de franchise avec des entreprises impliquées dans l’occupation illégale israélienne du territoire palestinien, son système d’apartheid et son entreprise de colonisation mais aussi sur ses liens financiers avec le gouvernement génocidaire israélien.

De récents rapports publiés par l’ONU [1], Who Profits [2]., DBIO [3] et une coalition d’organisations de la société civile et de syndicats, dont l’AFPS et Solidaires [4], documentent l’expansion continue du Groupe Carrefour sur les terres palestiniennes illégalement occupées, y compris des franchisés dans Jérusalem occupée, ainsi qu’en Israël.

Contrairement aux déclarations répétées du PDG du Groupe [5] qu’ «  il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais de magasins Carrefour dans un territoire [palestinien] occupé [par Israël] », deux des huit magasins franchisés en Cisjordanie occupée sont passés sous enseigne Carrefour en novembre 2024 et janvier 2025. Une plateforme de vente en ligne de la chaîne franchisée Yenot Bitan dans la colonie d’Atarot à Jérusalem-Est illégalement annexée dessert toutes les colonies de Cisjordanie centrale, de Modi’in-Illit à Jérusalem-Est et Ma’ale Adumin.

Alors que le génocide se poursuit à Gaza, que l’apartheid israélien se renforce à l’encontre du peuple palestinien et que le nettoyage ethnique s’accélère en Cisjordanie occupée, Carrefour inaugure en grande pompe ses premiers hypermarchés, affichant ainsi son soutien à la politique criminelle de l’État d’Israël [6].

De plus, depuis le 15 avril 2026, le nouveau partenariat de Carrefour Israël avec une initiative du ministère israélien de l’Économie appelée “panier bon marché israélien” qui vise à offrir des réductions sur des produits spécifiques, contre une subvention gouvernementale israélienne de 50 millions de shekels (environ 15 millions d’euros) à Carrefour [7]. Cette initiative, accompagnée d’une campagne de promotion massive financée par l’État israélien, intègre davantage Carrefour dans la politique gouvernementale officielle d’Israël dont l’actuel premier ministre est l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour une multitude de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Depuis le début du génocide israélien contre 2,3 millions de Palestiniens à Gaza, le soutien de Carrefour Israël s’est intensifié : de la distribution de colis aux soldat.e.s israélien.ne.s en 2023 à la fourniture directe de nourriture et de boissons aux institutions étatiques israéliennes, y compris le ministère de la guerre en 2024, la complicité de Carrefour ne cesse de s’accroître [8].

Des militant-es de différentes organisations de la société civile aux côtés de représentant.e.s syndicaux de Solidaires ainsi que Hella Kribi, coordinatrice nationale du parti Générations et Thomas Portes, député LFI, se sont rassemblés ce matin afin de mener une action symbolique pour dénoncer la complicité de Carrefour. Des slogans tels que "Israël Apartheid, Carrefour Complice !", "Pas de profits sur les crimes israéliens" et "Boycott Carrefour jusqu’à la fin de l’apartheid" ont été scandés, soulignant la volonté de maintenir la pression sur le groupe.

Anne Tuaillon, présidente de l’AFPS déclare : « La colonisation israélienne relève du crime de guerre. La Cour intetnationale de Justice l’a rappelé en juillet 2024 [9] et appelle les États à cesser d’apporter aide ou soutien à l’occupation illégale israélienne, tandis que les entreprises doivent cesser leurs opérations dans le territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris les colonies israéliennes. L’Assemblée générale de l’ONU a demandé [10]. aux États de prendre des mesures contre les entreprises qui contribuent à la perpétration de ces situations illégales. Puisque Carrefour persiste dans sa complicité de crime de guerre, la France doit prendre des mesures pour le contraindre à cesser sans plus attendre. C’est une obligation, pas un choix politique. »

Une pétition [11] internationale lancée par l’ONG Ekō qui s’associe à cette campagne a rassemblé plus de 86.000 signatures pour demander au groupe d’arrêter de profiter des crimes d’Israël contre le peuple palestinien.

Leyla Larbi, Directrice de campagnes chez Ekō rajoute : « À Gaza, près d’un demi-million de personnes sont en situation de famine et la mortalité infantile atteint des niveaux catastrophiques [12]. Malgré ce contexte, Carrefour perçoit une subvention de 15 millions d’euros du gouvernement israélien pour accroître son développement, y compris dans les colonies illégales, et approvisionne son armée qui commet un génocide. Si la chute du bénéfice net du groupe de 56 % en 2025 s’explique avant tout par les difficultés structurelles du secteur [13], des analystes financiers soulignent aussi les risques réputationnels et les inquiétudes des investisseurs liées à la région, qui ont mené le groupe à abandonner de nombreux projets de franchise dans la région dû à de vives réactions négatives des consommateurs [14]. Aujourd’hui, 86 000 signataires nous demandent d’amplifier cette pression. Nous le ferons. »

Imen Habib, de la campagne BDS France conclut : «  Le coût de cette complicité est de plus en plus visible. La campagne #BoycottCarrefour, lancée en 2022 par le mouvement palestinien Boycott, Désinvestissement et Sanctions, a conduit à des succès significatifs avec la rupture des relations du groupe Majid Al Futtaim en Jordanie, Oman, Bahreïn et Koweït[13] ainsi que de faibles performances commerciales au Maroc, tandis que des militants de nombreux pays, de la France au Ghana, de l’Espagne au Brésil et du Sénégal à la République Dominicaine continue à exercer des pressions sur le groupe Carrefour tant que l’entreprise profitera des crimes israéliens à l’encontre du peuple palestinien [15]. »

[1] En juin-juillet 2025, le rapport de l’ONU “d’une économie d’occupation à une économie de génocide” présenté au Conseil des Droits Humains de l’ONU, souligne le rôle des chaînes de supermarchés qui opèrent directement dans les colonies illégales israéliennes, soutiennent leur économie et leur expansion.

[2] En janvier 2025, le centre de recherche indépendant Who Profits publie un article sur Carrefour Israel, détaillant les différents liens de complicité de la franchise israélienne du Groupe Carrefour

[3] En novembre 2025, la coalition européenne Don’t Buy Into Occupation cite Carrefour dans son dernier rapport portant sur les acteurs privés derrière l’économie d’occupation et de génocide.

[4] En avril 2026, une coalition composée d’organisations de la société civile et de syndicats français publie un rapport soulignantl’intensification de la complicité de Carrefour avec les colonies israéliennes.

[5] En avril 2026, une coalition composée d’organisations de la société civile et de syndicats français publie un rapport soulignantl’intensification de la complicité de Carrefour avec les colonies israéliennes.

[6] En avril 2026, une coalition composée d’organisations de la société civile et de syndicats français publie un rapport soulignantl’intensification de la complicité de Carrefour avec les colonies israéliennes.

[7] Le 15 avril 2026, un nouveau programme entre en vigueur dans certains supermarchés de Carrefour Israël, permettant des réductions de 30% sur 100 produits, grâce à une subvention étatique à hauteur d’environ 15 millions d’euros.

[8] En octobre 2023, Carrefour Israël a publiquement communiqué sur son réseau social Instagram avoir fourni “des colis de soutien” à l’armée israélienne pendant l’offensive à Gaza. En 2024, des recherches ont découvert que Carrefour Israël a fournit de la nourriture et des boissons à l’unité de coordination militaire israélienne dans le territoire occupé palestinien.

[9] Le 19 juillet 2024, la Cour internationale de Justice (CIJ) a rendu un avis consultatif concernant les conséquences juridiques des politiques et pratiques d’Israël dans les territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est. La CIJ a conclu que l’occupation prolongée d’Israël est illégale et a des conséquences juridiques pour les États tiers.

[10] Le 18 septembre 2024, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution exigeant qu’Israël mette fin à son occupation illégale des territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est, dans un délai de 12 mois

[11] Pétition de l’ONG Ekō, Dites à Carrefour : arrêtez de soutenir l’occupation illégale israélienne.

[12] Le 20 mai 2025, UNICEF publie une mise à jour soulignant la vulnérabilité des enfants face à la famine provoquée par Israël à Gaza, avec un enfant sur cinq à Gaza souffrant de malnutrition sévère, et MSF recense une hausse alarmante de naissances prématurées en raison de cette famine.

[13] Rapport financier 2025 du Groupe Carrefour.

[14] Majid Al Futtaim, le groupe qui exploite la franchise Carrefour au Moyen-Orient, a fermé les supermarchés de la marque en Jordanie, à Oman, au Koweït et à Bahreïn.

[15] Un appel à une semaine d’action globale a été lancé par le mouvement Palestinien Boycott, Désinvestissement, Sanctions.

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