Le 11 janvier 2026, après une décennie de harcèlement de la part des troupes israéliennes, mais aussi et surtout après des mois de violence extrême et d’intimidations de la part de colons armés venus implanter des avant-postes autour de leurs foyers, les membres de la communauté bédouine de Ras Aïn Al-Auja ont finalement été contraints de fuir leur village au nord de Jéricho, au cœur de la Vallée du Jourdain.
26 Palestinian families—124 people, including 59 children—from the Shalal al-‘Auja Bedouin community north of Jericho were forced to dismantle their homes and structures following repeated and escalating attacks by Israeli settler terrorist groups. pic.twitter.com/o8BaTO7FO7
— Ihab Hassan (@IhabHassane) January 10, 2026
Le dimanche 11 janvier, ce sont donc 33 familles qui ont dû abandonner leur village et leurs terres pour fuir la violence, les vols et le harcèlement continu des groupes de colons armés. Les plus de 1000 habitant·es de Ras Aïn Al-Auja connaissent à leur tour le déplacement forcé.
Les tribus d’Al-Auja constituent la plus grande communauté bédouine de berger·es en Cisjordanie occupée. C’est ce qui a permis à Al-Auja de résister plus longtemps que l’immense majorité des communautés bédouines de Palestine. À Al-Auja, toutes les tribus ont déjà connu le déplacement forcé. La plupart se sont installées autour de cette source d’eau durant les événements dramatiques de la Nakba en 1948.
Depuis dix ans, le nombre d’attaques de colons lourdement armés est incalculable. Les auteurs de ces crimes n’ont jamais été mis en cause. La base principale de ces attaques se trouve dans l’avant-poste extrémiste de Kochav HaShahar, mais de nombreuses autres colonies ont participé au déplacement forcé des habitant·es, spécifiquement depuis la fin de l’année 2022.
In Ras Ein Al Auja, dozens of settlers armed with weapons and clubs robbed about 1,000 sheep over the weekend. This incident is part of a coordinated campaign that has been unfolding across the West Bank over the past year to expel shepherd communities. A Thread >> pic.twitter.com/suZu2fq6wx
— Naboth's Vineyard (@nabothVin) March 11, 2025
Les autorités israéliennes utilisent en effet tout l’arsenal juridique de l’occupation pour s’emparer de cet emplacement crucial dans le contrôle de la vallée du Jourdain. Quasi quotidiennement, les habitant·es se voient empêché·es d’accéder à leurs champs ou à leurs zones de pâturage. La source d’eau de Ras Aïn Al-Auja est très régulièrement bétonnée par les colons et/ou les soldats.
Ras Aïn Al-Auja est la 79e communauté expulsée en Cisjordanie occupée au cours des 4 dernières années. Depuis la fin de l’année 2022, les déplacements forcés de communautés bédouines en Cisjordanie, autour de Jérusalem-Est occupée et à l’intérieur du territoire israélien, ont atteint des volumes et une intensité inédite au XXIe siècle. La première moitié de l’année 2024 laisse présager d’une énième aggravation à venir, tant les attaques militaires et/ou menées par des colons armés contre les communautés se multiplient.
Sources : Al Baydar / WAFA / Kerem Navot / Oren Ziv / Mistaclim / Rabet / Ihab Hassane / Breaking The Silence / Quds News Network
Photo : Kerem Navot / Oren Ziv
Départ des communautés bédouines d’Al Auja le 11 janvier 2026




