Depuis le mois d’octobre 2023, 86 prisonniers palestiniens ont été tués dans les prisons israéliennes. Plus de 50 parmi eux étaient originaires de Gaza. Ce nombre n’inclut pas celles et ceux qui ont été tué·es dans les camps militaires.
Ces 86 Palestiniens morts ne constituent que les personnes dont la mort a été communiquée par l’armée israélienne et dont l’identité est connue. Depuis 1967, 323 prisonniers sont morts dans les geôles israéliennes. Les deux dernières années constituent de très loin, la pire et la plus meurtrière des périodes pour le mouvement des prisonniers.
En décembre 2025, en l’espace de 4 jours, deux jeunes prisonniers, tous deux originaires de Hisan, dans le gouvernorat de Bethléem sont morts.
Abdul Rahman Al-Sabateen âgé de 21 ans est décédé le 9 décembre dans l’hôpital Shaare Tzedek, à Jérusalem. Il avait été arrêté le 24/06/2025. Lors de sa comparution devant la cour le 25 novembre à l’issue de laquelle sa détention avait été reconduite, il ne semblait pas être malade.
Sakhr Ahmad Khalil Zaoul, âgé de e 26 ans est décédé le 13 décembre dans la prison israélienne d’Ofer. Il était détenu administrativement depuis le 11 juin 2025 et avait un frère également emprisonné.
Dans le même temps, Les autorités israéliennes ont annoncé la mort en 2024 de 3 prisonniers de Gaza
Khamis Shukri Mar’i Ashour avait 44 ans et est décédé le 8 février, le lendemain de son arrestation. Il avait 6 enfants.
Khalil Ahmed Khalil Haniyeh avait 35 ans et est décédé le 25 décembre, environ un 1 an après son arrestation. Il avait 4 enfants.
Tayseer Saeed Al-Abd Sababa avait 60 ans et est décédé le 31 décembre, 2 mois après son arrestation. Il avait 9 enfants.
Ces morts sont le résultat d’une politique systémique, des conditions de détention inhumaines, extrêmement répressives avec des passages à tabac, des fouilles brutales, des punitions collectives, l’absence d’hygiène, de nourriture, de vêtements appropriés. Les tortures physiques et mentales sont généralisées.
Cette politique vise également les familles, par l’absence de nouvelles, y compris parfois par la non information de la mort du détenu. Mais également par le fait de ne pas rendre le corps du prisonnier décédé.
Parmi ces 86 prisonniers tués depuis le 7 octobre, 84 corps sont encore détenus par Israël. Ce qui porte à 93 le nombre de corps de prisonners qui n’ont pas été encore rendus.
À ce jour, plus de 9 300 Palestinien·nes identifié·es sont détenu·es dans les prisons israéliennes dont 51 femmes et plus de 350 enfants.
Seul·es 1254 parmi elles et eux ont été condamné·es. Les autres sont placés soit le régime de la détention administrative ou des combattants illégaux - sans charges, ni pièces communiquées et sans procès- (plus de 4 600), soit en attente du procès.
Sources : commission et club des prisonniers ; Hamoked ; Addameer
Photo : montage AFPS (sources locales)




