A la fin de la matinée du 30 juin 2025, dans un café du bord de mer à l’ouest de la ville de Gaza, l’aviation israélienne a largué une bombe de 250 kg, semant une énième fois la mort et la dévastation dans les lieux de vie de la société palestinienne.
Le café Al-Baqa, du nom de son propriétaire Saher Al-Baqa, l’une des quarante victimes mortelles de ce nouveau crime de guerre, était depuis des décennies un lieu de rassemblement pour de nombreuses figures intellectuelles de l’enclave palestinienne. Au fil des 20 premiers mois du génocide, les journalistes palestinien·nes s’y retrouvaient pour couvrir les crimes de l’armée israélienne, en grande partie parce que l’établissement disposait d’une bonne connexion wi-fi.
Environ 40 morts ont déjà été recensées, les blessé·es se comptent par centaines. L’armée israélienne a d’abord tenté de maquiller cet odieux crime en disant qu’elle avait ciblé de nombreux leaders du Hamas, avant de dire qu’elle avait réussi à tuer un proche de l’un de ses leaders puis finalement d’en revenir à un mensonge plus sobre : « une enquête est en cours ». Dix jours plus tard, le massacre n’a toujours aucun semblant de justification mis à part la dévastation d’un lieu de vie palestinien et le ciblage régulier des journalistes palestinien·nes que l’armée israélienne pratique et revendique.
Ismail Abu Hatab photographe et photojournaliste est l’une des victimes du bombardement.
Journalist Issam Abu Hatab was killed in an Israeli airstrike on a Gaza coffee shop. 22 other Palestinians were killed with him.
This was not a military site. It was a place of rest—deliberately turned into a mass grave.
Israel is not just killing civilians. It is targeting… pic.twitter.com/60YWDS7cw2— Lema (@Lemapal) June 30, 2025
Quant à Bayan Abu Sultan, elle est l’une des survivant·es de cet odieux massacre. Cette journaliste a déjà survécu à de nombreux bombardements israéliens. Quelques mois plus tôt, son frère avait été tué alors qu’il l’aidait à couvrir la seconde grande attaque contre l’hôpital Al-Shifa.
Journalist Bayan Abu Sultan (@BayanPalestine) was at the location when the attack happened, but luckily survived. Multiple pieces of footage show her with a bloodied face and shirt.
Photos : https://t.co/3deqOxR2x4
Video : https://t.co/iL1smPjAmEhttps://t.co/hu9HY7HE7X pic.twitter.com/P1SIFYD0lM— Anno Nemo (@NemoAnno) June 30, 2025
Parmi les Palestinien·nes assassiné·es ce jour-là, le jeune footballeur Mustafa Abu Amira, défenseur dans le club Al-Hilal de la ville de Gaza et éducateur de football dans un camp de réfugié·es. La jeune boxeuse Malak Musleh âgée de 21 ans, véritable promesse de la boxe palestinienne, a aussi été tuée dans le massacre.
L’artiste plasticienne Frans Amina Al-Salmi a connu le même sort. Elle peignait et sculptait les scènes de mort que connaissait Gaza depuis bien des années. Véritable mémoire vivante du génocide, elle a laissé des dernières créations, d’une similarité perturbante avec les scènes vécues le 30 juin dans le café Al-Baqa.
Al-Baqa n’était qu’une étape de plus dans la guerre génocidaire menée par Israël contre le peuple palestinien dans la Bande de Gaza. Une ligne de plus dans l’ignoble bilan de cette entreprise de dévastation. Six jours plus tard, l’armée israélienne a une nouvelle fois bombardé un café dans la ville de Gaza. Cette fois dans le quartier d’Al-Rimal.
Sources : WAFA / Quds News Network / Times of Gaza / Muhammad Shehada /Anas Al-Sharif / Motassem A.Dalloul / Palestine Chronicle / Bayan Palestine / LemaPal / Anno Nemo / Mosab Abu Toha
Photo : Mosab Abu Toha
Le café Al-Baqa, quelques heures après le bombardement.




