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	<title>Association France Palestine Solidarit&#233;</title>
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<item xml:lang="fr">
		<title>Des colons isra&#233;liens auraient agress&#233; sexuellement un Palestinien dans la vall&#233;e du Jourdain, selon des t&#233;moins</title>
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		<dc:date>2026-04-08T11:54:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Presse</dc:creator>


		<dc:subject>Colonies et colonisation</dc:subject>
		<dc:subject>Chronique de l'occupation</dc:subject>
		<dc:subject>Fin de l'occupation isra&#233;lienne de la Palestine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des t&#233;moins de l'incursion men&#233;e ce week-end dans le village de Khirbet Humsa, &#224; laquelle ont particip&#233; des dizaines de colons, d&#233;crivent un v&#233;ritable cauchemar qui a dur&#233; environ une heure et au cours duquel des jeunes filles ont &#233;t&#233; victimes de violences sous les yeux de leurs parents ligot&#233;s, tandis que du b&#233;tail et des bijoux ont &#233;t&#233; pill&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Photo : R&#233;sident de la communaut&#233; de Khirbet Humsa &#169; Matan Golan/Haaretz &lt;br class='autobr' /&gt;
Selon des t&#233;moins, des colons qui ont men&#233; une incursion &#224; Khirbet (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.france-palestine.org/+-Fin-de-l-occupation-israelienne-de-la-Palestine-+" rel="tag"&gt;Fin de l'occupation isra&#233;lienne de la Palestine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.france-palestine.org/local/cache-vignettes/L150xH82/resident_de_la_communaute_de_khirbet_humsa_c_matan_golan-haaretz-f12e2.jpg?1775649293' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des t&#233;moins de l'incursion men&#233;e ce week-end dans le village de Khirbet Humsa, &#224; laquelle ont particip&#233; des dizaines de colons, d&#233;crivent un v&#233;ritable cauchemar qui a dur&#233; environ une heure et au cours duquel des jeunes filles ont &#233;t&#233; victimes de violences sous les yeux de leurs parents ligot&#233;s, tandis que du b&#233;tail et des bijoux ont &#233;t&#233; pill&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Photo : R&#233;sident de la communaut&#233; de Khirbet Humsa &#169; Matan Golan/Haaretz&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon des t&#233;moins, des colons qui ont men&#233; une incursion &#224; Khirbet Humsa, une communaut&#233; palestinienne du nord de la vall&#233;e du Jourdain, ce week-end, ont gravement agress&#233; sexuellement un homme devant sa famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des t&#233;moignages indiquent que les colons ont &#233;galement frapp&#233; des filles et des adolescentes de la communaut&#233;, et que l'un d'entre eux a menac&#233; de tuer les enfants et de violer les femmes. Quatre hommes de la communaut&#233; et deux militantes des droits humains ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;s pour recevoir des soins m&#233;dicaux. Haaretz a appris que le Shin Bet participait &#224; l'enqu&#234;te sur cet incident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des habitants de Khirbet Humsa qui &#233;taient pr&#233;sents lors de l'attaque, ainsi qu'un militant des droits humains qui les accompagnait, ont d&#233;crit au journal Haaretz ce qu'ils ont qualifi&#233; de grave s&#233;rie d'exactions qui a dur&#233; environ une heure. D'apr&#232;s leurs t&#233;moignages, le raid a commenc&#233; vers 1 heure du matin, lorsque des dizaines de colons masqu&#233;s sont arriv&#233;s. Plusieurs t&#233;moignages indiquent que les colons se sont r&#233;partis en groupes de trois &#224; six assaillants et ont simultan&#233;ment pris d'assaut des habitations dans toute la communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je me suis r&#233;veill&#233;e au son des cris des colons. Ils m'ont gifl&#233;e et nous ont tra&#238;n&#233;s dehors, nous ont ligot&#233;s, m'ont arrach&#233; mon voile et d&#233;chir&#233; certains de mes v&#234;tements &#187;, a t&#233;moign&#233; une femme de la communaut&#233;. &#171; Ils ont fait sortir les filles et les ont battues, m&#234;me les plus petites. Ils se sont moqu&#233;s de nous et ont c&#233;l&#233;br&#233; notre humiliation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre habitant, dont le visage &#233;tait couvert d'ecchymoses r&#233;centes et qui doit d&#233;sormais se d&#233;placer &#224; l'aide d'une canne depuis l'agression, a racont&#233; : &#171; Ils sont venus chez moi, j'ai essay&#233; de m'enfuir, mais ils m'ont rattrap&#233;. Ils m'ont entaill&#233; le poignet avec un couteau et m'ont attach&#233; les mains et les pieds avec un collier de serrage. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de l'entretien, environ 36 heures apr&#232;s l'attaque, il avait encore un bandage de fortune enroul&#233; autour de la main, et les marques des attaches en plastique &#233;taient encore visibles sur sa peau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme a d&#233;clar&#233; qu'un groupe de colons avait commenc&#233; &#224; lib&#233;rer le b&#233;tail de l'enclos tandis qu'un autre groupe attaquait son fr&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils nous ont asperg&#233;s d'eau froide et nous ont jet&#233;s &#224; terre alors que nous &#233;tions ligot&#233;s, puis ils nous ont entass&#233;s les uns sur les autres &#224; l'int&#233;rieur de la structure, hommes, femmes et enfants &#187;, a-t-il d&#233;clar&#233;. &#171; Les femmes &#233;taient ligot&#233;es elles aussi, et les enfants &#233;taient &#224; c&#244;t&#233; de nous. Ils avaient des couteaux et des gourdins. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre habitant a d&#233;clar&#233; que des colons l'avaient frapp&#233; &#224; la t&#234;te et aux jambes, puis l'avaient projet&#233; contre un poteau en fer avant de le tra&#238;ner jusqu'&#224; une tente o&#249; il a &#233;t&#233; ligot&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le doyen de la famille, &#226;g&#233; de 74 ans, a d&#233;crit comment quatre colons sont entr&#233;s dans sa tente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Trois d'entre eux m'ont frapp&#233; violemment &#224; la t&#234;te, aux mains et au ventre. L'autre a d&#233;truit les cam&#233;ras de s&#233;curit&#233;, le routeur et les lumi&#232;res &#187;, a-t-il d&#233;clar&#233;. &#171; J'ai commenc&#233; &#224; perdre connaissance. Ils m'ont asperg&#233; d'eau, et pendant ce temps, un colon m'a vol&#233; ma montre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, a-t-il ajout&#233;, les autres membres de la famille ont &#233;t&#233; tra&#238;n&#233;s jusqu'&#224; la tente, qui est devenue une sorte de centre de d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; J'&#233;tais s&#251;r qu'ils allaient me violer &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, dans une autre tente se trouvaient un r&#233;sident et deux militants des droits de l'homme faisant du b&#233;n&#233;volat en Cisjordanie dans le cadre d'un programme de pr&#233;sence protectrice &#8211; un Am&#233;ricain et un Portugais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un d'eux, un citoyen am&#233;ricain, a t&#233;moign&#233; aupr&#232;s de Haaretz :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je me suis r&#233;veill&#233;e [&#8230;] au son des cris de mon ami qui nous exhortait &#224; nous lever, avant d'&#234;tre imm&#233;diatement encercl&#233;s et pi&#233;g&#233;s dans la tente par environ six colons isra&#233;liens masqu&#233;s, arm&#233;s de lourds b&#226;tons en bois. Ils nous ont imm&#233;diatement jet&#233;s tous les trois &#224; terre, nous fracassant le visage &#224; coups de poing et de matraque. Ils nous ont attach&#233; les mains et les pieds avec des attaches en plastique et hurlaient des choses comme : &#8220;On va vous tuer !&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce moment-l&#224;, a-t-elle d&#233;clar&#233;, elle a &#233;t&#233; t&#233;moin d'une agression sexuelle grave sur l'homme qui se trouvait dans la tente. Il a confirm&#233; les d&#233;tails mais a demand&#233; &#224; ce qu'ils ne soient pas divulgu&#233;s dans leur int&#233;gralit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils ont baiss&#233; le pantalon du Palestinien, l'ont asperg&#233; d'eau et l'ont rou&#233; de coups jusqu'&#224; ce qu'il tombe &#224; terre &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233;. &#171; Il ne pouvait que se recroqueviller en position f&#339;tale et hurler pendant qu'ils le frappaient &#224; coups de matraque. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est l'une des pires choses que j'aie jamais vues &#187;, a-t-elle ajout&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, a racont&#233; la militante, d'autres ont commenc&#233; &#224; fouiller leurs affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D'autres ont fouill&#233; nos sacs, volant nos portefeuilles et nos passeports. L'un d'eux m'a demand&#233; mon t&#233;l&#233;phone, et chaque fois que je lui disais que je ne savais pas o&#249; il &#233;tait &#8211; parce que la tente &#233;tait en d&#233;sordre et que je ne pouvais pas bouger &#8211;, il me frappait au visage. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; un moment donn&#233;, a-t-elle racont&#233;, les colons ont trouv&#233; leurs t&#233;l&#233;phones. Les deux militantes ont alors &#233;t&#233; tra&#238;n&#233;es dehors alors qu'elles &#233;taient encore ligot&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils ont tra&#238;n&#233; mon amie par les chevilles car elle ne pouvait pas se tenir debout avec les attaches en plastique autour des jambes &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233;. &#171; Ils m'ont tir&#233;e vers le haut et m'ont tra&#238;n&#233;e hors de la tente par les cheveux. L'un d'eux n'arr&#234;tait pas de m'attraper l'oreille et de tirer vers le bas comme s'il essayait de me l'arracher. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les colons ont continu&#233; &#224; les frapper &#224; coups de matraque tout en les tra&#238;nant vers le centre de l'enceinte. L&#224;, a-t-elle d&#233;clar&#233;, ils ont pris la mesure de l'ampleur de l'attaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous avons assist&#233; au chaos. Le troupeau de moutons de la famille avait &#233;t&#233; l&#226;ch&#233;, et une trentaine de colons isra&#233;liens ill&#233;gaux couraient dans tous les sens en frappant le reste de la famille palestinienne. On n'entendait que des cris et des hurlements. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a racont&#233; qu'ensuite, les colons l'ont emmen&#233;e, ainsi que ses compagnons, dans une autre tente tout en la frappant &#224; plusieurs reprises aux fesses avec un gourdin, ce qui lui a laiss&#233; un gros bleu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils ont band&#233; les yeux de mon amie et nous ont tous les trois pouss&#233;s &#224; terre dans la tente avec les autres hommes palestiniens. Ils n'ont cess&#233; de nous frapper et de nous donner des coups de pied, mais ce sont les Palestiniens qui recevaient les coups les plus brutaux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tente o&#249; les militants ont &#233;t&#233; emmen&#233;s appartenait au membre &#226;g&#233; de la famille, o&#249; la plupart de ses proches s'&#233;taient rassembl&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis rest&#233;e allong&#233;e l&#224;, tremblante, les mains sur le visage pour me prot&#233;ger &#187;, a-t-elle racont&#233;. &#192; c&#244;t&#233; d'elle se trouvait un membre &#226;g&#233; de la famille. &#171; Il &#233;tait recroquevill&#233; en position f&#339;tale, attach&#233; avec des liens en plastique, une entaille sanglante sur la joue enfl&#233;e. Il semblait inconscient. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les enfants, a-t-elle dit, ont &#233;t&#233; contraints d'assister &#224; la sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; un moment donn&#233;, se souvient-elle, &#171; les colons isra&#233;liens m'ont jet&#233; un tissu sur le visage et n'ont cess&#233; de nous donner des coups de pied et des coups de poing, nous terrorisant &#187;. Elle a ajout&#233; qu'au milieu de cette violence, elle entendait les enfants murmurer des pri&#232;res. &#171; On pouvait entendre les enfants prier &#224; voix basse. C'&#233;tait l'une des rares choses qui m'ont aid&#233;e &#224; surmonter cette horreur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la militante, &#224; un moment donn&#233;, les colons ont remarqu&#233; les bagues qu'elle portait aux doigts, ainsi que celles de son amie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils nous ont cri&#233; d'enlever nos bagues, en disant : &#8220;Je vous casserai les doigts si vous ne les enlevez pas plus vite&#8221;, et ils n'ont cess&#233; de me frapper au visage pendant que je luttais pour retirer la mienne, les mains attach&#233;es par des liens en plastique. De temps &#224; autre, ils nous demandaient nos noms et d'o&#249; nous venions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a racont&#233; que les colons leur avaient ensuite vers&#233; de l'eau dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au d&#233;but, j'ai cru que c'&#233;tait de l'essence, et l'id&#233;e d'&#234;tre br&#251;l&#233;e vive dans la tente avec la famille palestinienne m'a envahie l'esprit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quelqu'un a d&#233;chir&#233; ma veste avec un couteau, en coupant violemment de mon aisselle gauche jusqu'&#224; ma hanche. Un colon a commenc&#233; &#224; tripoter ma ceinture, et j'ai cri&#233; parce que je pensais qu'ils allaient me violer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les enfants ont &#233;t&#233; contraints d'assister &#224; la sc&#232;ne &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les habitants ont livr&#233; &#224; plusieurs reprises &#224; Haaretz des t&#233;moignages concordants, affirmant avoir reconnu un colon dont le visage n'&#233;tait pas couvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il s'est exprim&#233; en arabe et nous a menac&#233;s de partir &#187;, ont-ils d&#233;clar&#233;. &#171; Sinon, ils reviendraient, br&#251;leraient les maisons, tueraient les enfants et violeraient les femmes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont pr&#233;cis&#233; que ces menaces avaient &#233;t&#233; prof&#233;r&#233;es devant les femmes et les jeunes filles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des femmes de la famille a t&#233;moign&#233; que, alors qu'elle &#233;tait ligot&#233;e, &#171; le colon a menac&#233; de revenir le lendemain pour emmener mes filles, et de les faire vivre avec eux, avec les colons. Puis il a attrap&#233; ma fille a&#238;n&#233;e, qui a 14 ans, et l'a gifl&#233;e &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233;. &#171; Je ne pouvais rien faire pour la prot&#233;ger car j'&#233;tais ligot&#233;e et pench&#233;e en avant. Ils prenaient plaisir &#224; nous humilier et &#224; se moquer de notre situation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a ajout&#233; que les colons avaient utilis&#233; un langage obsc&#232;ne et d&#233;gradant, mais a demand&#233; que ces mots ne soient pas r&#233;p&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s les t&#233;moignages, les colons sont repartis au bout d'environ une heure, laissant les habitants ligot&#233;s. &#192; leur d&#233;part, les enclos &#224; moutons &#233;taient vides, la nourriture et le lait avaient &#233;t&#233; renvers&#233;s dans les maisons, et les objets de valeur avaient &#233;t&#233; vol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#232;re a racont&#233; qu'imm&#233;diatement apr&#232;s leur d&#233;part, elle s'&#233;tait pr&#233;cipit&#233;e vers la tente o&#249; sa fille de quatre mois avait &#233;t&#233; laiss&#233;e, recouverte dans son berceau. Elle pense que les colons n'ont jamais remarqu&#233; le b&#233;b&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai soulev&#233; la couverture et elle m'a souri &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233;. &#171; J'ai pouss&#233; un soupir de soulagement et j'ai dit : &#034;C'est gr&#226;ce &#224; Allah.&#034; Pendant tout ce temps, j'avais peur qu'elle se mette &#224; pleurer et que je ne puisse pas l'atteindre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, les hommes les moins gravement bless&#233;s ont commenc&#233; &#224; gravir la colline en direction de l'endroit o&#249; le b&#233;tail vol&#233; avait &#233;t&#233; emmen&#233;, des centaines d'animaux, dont des ch&#232;vres et des agneaux, dans l'espoir de les retrouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand l'arm&#233;e est arriv&#233;e, elle nous a arr&#234;t&#233;s. Cela a donn&#233; le temps aux colons de s'enfuir avec le troupeau &#187;, a d&#233;clar&#233; l'un des hommes. &#171; Environ une heure et demie plus tard, une ambulance est arriv&#233;e. L'arm&#233;e nous a arr&#234;t&#233;s pour que les hommes en bonne sant&#233; ne puissent pas poursuivre les colons. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un militant arriv&#233; apr&#232;s la fuite des colons a d&#233;clar&#233; que les soldats avaient prodigu&#233; les premiers soins aux bless&#233;s jusqu'&#224; l'arriv&#233;e des ambulances. Le Croissant-Rouge a &#233;vacu&#233; six bless&#233;s, les deux militants et quatre hommes, pour qu'ils soient soign&#233;s &#224; Tubas. Tous ont &#233;t&#233; d&#233;crits comme l&#233;g&#232;rement bless&#233;s. Le plus &#226;g&#233; a d&#251; recevoir des points de suture &#224; la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, le militant a accompagn&#233; le commandant des forces sur la colline pour rechercher des preuves. Ils ont trouv&#233; des cam&#233;ras de s&#233;curit&#233; vandalis&#233;es, une lampe torche et de nombreuses traces de pneus de v&#233;hicules menant vers la colonie de Beka'ot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Khirbet Humsa est une communaut&#233; pastorale situ&#233;e dans le nord de la vall&#233;e du Jourdain qui, &#224; l'instar des communaut&#233;s voisines, subit des attaques r&#233;p&#233;t&#233;es de la part de colons. La situation s'est aggrav&#233;e en janvier apr&#232;s que les habitants de la communaut&#233; de Ras al-Ein al-Auja ont fui le sud de la vall&#233;e du Jourdain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'en juillet 2021, les habitants de Khirbet Humsa vivaient sur des terres voisines qu'Isra&#235;l avait d&#233;clar&#233;es zone de tir militaire plusieurs d&#233;cennies auparavant. Apr&#232;s plusieurs expulsions, les forces de s&#233;curit&#233; ont d&#233;truit les habitations de la communaut&#233;, o&#249; vivaient 11 familles, et les habitants ont reconstruit leurs maisons plus loin, pr&#232;s de Khirbet Humsa &#8211; la maison o&#249; l'attaque a eu lieu vendredi est la seule qui se trouve encore dans la zone de tir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, 45 % des terres de la vall&#233;e du Jourdain ont &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;es zone de tir militaire, repoussant les Palestiniens en marge. En cons&#233;quence, leurs zones de p&#226;turage ont consid&#233;rablement diminu&#233; et de nombreuses familles ont &#233;t&#233; contraintes de partir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapport des ONG de gauche Peace Now et Kerem Navot indique que 41 % des terres reprises par les fermes en Cisjordanie se trouvent dans des zones de tir militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours du week-end, la police et les Forces de d&#233;fense isra&#233;liennes ont d&#233;clar&#233; qu'&#171; d&#232;s l'arriv&#233;e des forces, les recherches des suspects ont commenc&#233;, ainsi que la collecte de t&#233;moignages, de preuves et de constatations &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ont ajout&#233; que des enqu&#234;teurs m&#233;dico-l&#233;gaux de la police du district de Jud&#233;e-Samarie avaient &#233;t&#233; appel&#233;s sur les lieux et avaient ouvert une enqu&#234;te pour identifier les personnes impliqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autorit&#233;s ont d&#233;clar&#233; que l'enqu&#234;te &#233;tait en cours et que &#171; la police isra&#233;lienne et les Forces de d&#233;fense isra&#233;liennes condamnent fermement les actes de violence et les crimes et continueront &#224; &#339;uvrer pour maintenir la s&#233;curit&#233; des habitants et l'ordre dans la r&#233;gion &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les affirmations des habitants selon lesquelles des soldats les auraient retenus pour les emp&#234;cher de poursuivre les colons, le service de presse de l'arm&#233;e isra&#233;lienne n'a pas r&#233;pondu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Traduction : AFPS&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par : &lt;a href=&#034;https://www.haaretz.com/middle-east-news/palestinians/2026-03-16/ty-article-magazine/.premium/israeli-settlers-sexually-assaulted-palestinian-man-in-jordan-valley-witnesses-say/0000019c-f58f-d9bb-adbc-ff8ff6e80000&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Haaretz&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le quotidien d'une famille prise dans la tourmente de la &#171; d&#233;palestinisation &#187; de J&#233;rusalem men&#233;e par Isra&#235;l</title>
		<link>https://www.france-palestine.org/Le-quotidien-d-une-famille-prise-dans-la-tourmente-de-la-depalestinisation-de</link>
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		<dc:date>2026-04-03T16:43:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Presse</dc:creator>


		<dc:subject>Les murs en Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Colonies et colonisation</dc:subject>
		<dc:subject>J&#233;rusalem</dc:subject>
		<dc:subject>Fin de l'occupation isra&#233;lienne de la Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>J&#233;rusalem-Est : une capitale &#224; prot&#233;ger</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La famille Hamdia a d&#233;pens&#233; toutes ses &#233;conomies pour se construire une maison, mais les bulldozers isra&#233;liens l'ont d&#233;truite en un seul jour. Elle illustre parfaitement la politique de d&#233;molition de maisons men&#233;e de plus en plus intens&#233;ment par Isra&#235;l en Cisjordanie. &lt;br class='autobr' /&gt; Photo : Les ruines de la maison de la famille Hamdia, d&#233;molie par les autorit&#233;s isra&#233;liennes en mars 2026 &#169; Qassam Muaddi-Mondoweiss &lt;br class='autobr' /&gt;
Le ciel gris jette une lumi&#232;re blafarde sur l'entr&#233;e du village palestinien de Qalandia, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.france-palestine.org/-Temoignages-Opinions-" rel="directory"&gt;T&#233;moignages / Opinions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.france-palestine.org/+-Les-murs-en-Palestine-+" rel="tag"&gt;Les murs en Palestine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.france-palestine.org/+-Colonies-et-colonisation-+" rel="tag"&gt;Colonies et colonisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.france-palestine.org/+-Jerusalem-+" rel="tag"&gt;J&#233;rusalem&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.france-palestine.org/+-Fin-de-l-occupation-israelienne-de-la-Palestine-+" rel="tag"&gt;Fin de l'occupation isra&#233;lienne de la Palestine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.france-palestine.org/+-Jerusalem-Est-une-capitale-a-proteger-201-+" rel="tag"&gt;J&#233;rusalem-Est : une capitale &#224; prot&#233;ger&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.france-palestine.org/local/cache-vignettes/L150xH82/les_ruines_de_la_maison_de_la_famille_hamdia_demolie_par_les_autorites_israeliennes_en_mars_2026_c_qassam_muaddi-mondoweiss-08521.jpg?1775234629' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La famille Hamdia a d&#233;pens&#233; toutes ses &#233;conomies pour se construire une maison, mais les bulldozers isra&#233;liens l'ont d&#233;truite en un seul jour. Elle illustre parfaitement la politique de d&#233;molition de maisons men&#233;e de plus en plus intens&#233;ment par Isra&#235;l en Cisjordanie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Photo : Les ruines de la maison de la famille Hamdia, d&#233;molie par les autorit&#233;s isra&#233;liennes en mars 2026 &#169; Qassam Muaddi-Mondoweiss&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ciel gris jette une lumi&#232;re blafarde sur l'entr&#233;e du village palestinien de Qalandia, au nord de J&#233;rusalem. La rue accident&#233;e au niveau du rond-point ressemble &#224; un site urbain abandonn&#233;, avec une tour de guet isra&#233;lienne au loin et le mur de s&#233;paration isra&#233;lien qui tranche le paysage sur une colline voisine. Quelques voitures se pr&#233;cipitent pour quitter le rond-point en direction de Ramallah, tandis qu'une vieille arche sur un c&#244;t&#233; indique : &#171; Bienvenue &#224; Qalandia &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur du village, le paysage offre un contraste saisissant : des jardins verdoyants, des oliviers et des remorques agricoles gar&#233;es entourent des maisons en pierre, s&#233;par&#233;es par des rues &#233;troites et tranquilles. Un homme se tient devant un tas de gravats, saluant les visiteurs. &#171; Bienvenue dans ce qui &#233;tait autrefois ma maison &#187; dit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samer Hamdia, un ouvrier du b&#226;timent d'&#226;ge m&#251;r, marche sur les vestiges de la maison qu'il a construite avec les &#233;conomies de toute une vie et o&#249;, jusqu'&#224; r&#233;cemment, il vivait avec sa femme et ses six enfants. Les forces isra&#233;liennes l'ont d&#233;molie en d&#233;cembre dernier dans le cadre de la vague de d&#233;molitions de maisons palestiniennes en Cisjordanie men&#233;e par Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le village de Qalandia, adjacent au mur de s&#233;paration isra&#233;lien, est consid&#233;r&#233; par Isra&#235;l comme faisant partie de J&#233;rusalem annex&#233;e. Cela en a fait une cible de d&#233;molition au cours des derni&#232;res ann&#233;es, avec quelque 30 maisons d&#233;molies &#224; Qalandia en une seule nuit en 2016. Depuis lors, Isra&#235;l a r&#233;guli&#232;rement &#233;mis des ordres de d&#233;molition &#224; l'encontre d'autres familles du village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Jamal Jumaa, coordinateur de la campagne populaire &#171; Stop The Wall &#187;, la zone nord de J&#233;rusalem &#171; est un &#233;l&#233;ment crucial des plans de colonisation isra&#233;liens autour de J&#233;rusalem, car elle a d&#233;j&#224; encercl&#233; la ville de tous c&#244;t&#233;s, l'isolant du reste de la Cisjordanie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Qalandia, la seule chose qui s&#233;pare la partie de J&#233;rusalem annex&#233;e par Isra&#235;l de la Cisjordanie est le mur. Mais Isra&#235;l a l'intention de changer cette r&#233;alit&#233;. &#171; Depuis 2009, Isra&#235;l a annonc&#233; son intention de construire une colonie pour les Isra&#233;liens orthodoxes sur les terres de Qalandia, dans la zone qui abritait l'a&#233;roport de J&#233;rusalem avant l'occupation &#187; explique Jumaa. &#171; Pour cela, il faut cr&#233;er une zone tampon, ce qui paralyserait le d&#233;veloppement des communaut&#233;s palestiniennes voisines comme Qalandia. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette politique de d&#233;molition de maisons ne se limite pas au nord de J&#233;rusalem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la mi-f&#233;vrier, le Centre d'Aide Juridique de J&#233;rusalem (JLAC) a signal&#233; qu'Isra&#235;l avait d&#233;moli 300 propri&#233;t&#233;s palestiniennes en Cisjordanie au cours du premier mois et demi de 2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Haaretz a rapport&#233; que la vague de d&#233;molitions isra&#233;liennes &#171; ouvrait la voie &#187; &#224; l'expansion des colonies isra&#233;liennes, tandis que l'ONU mettait en garde contre la &#171; d&#233;-palestinisation &#187; irr&#233;versible de J&#233;rusalem, avertissant que le g&#233;nocide de Gaza pourrait &#171; d&#233;border sur la Cisjordanie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ne d&#233;livrant pas de permis de construire, explique Jumaa, les Palestiniens sont contraints de construire des maisons sans permis, qui sont ensuite d&#233;molies. &#171; Cela bloque tout projet d'avenir pour les Palestiniens de la r&#233;gion, les poussant finalement &#224; partir &#187; ajoute-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le site de sa maison d&#233;molie, Samer est rejoint par son fils, Mahdi. Tous deux se rem&#233;morent ce qu'&#233;tait leur maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ici, nous avions construit deux appartements s&#233;par&#233;s dans un m&#234;me b&#226;timent &#187; explique Samer en d&#233;signant le tas de gravats. &#171; Un pour toute la famille et un pour Mahdi, qui se pr&#233;parait &#224; se marier. &#187; Mahdi sourit mais continue de regarder les gravats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai travaill&#233; &#224; la construction de cette maison avec plus de passion que sur n'importe quel autre chantier &#187; poursuit Samer. &#171; C'est notre maison, apr&#232;s tout. Ma maison. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il rit en se rem&#233;morant sa premi&#232;re nuit dans leur nouvelle maison. &#171; J'ai dormi cette nuit-l&#224; comme je n'avais pas dormi depuis longtemps. C'&#233;tait un sentiment de paix et de satisfaction. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La famille Hamdia a commenc&#233; &#224; construire sa maison en 2020, mais le r&#234;ve d'en devenir propri&#233;taire avait commenc&#233; bien plus t&#244;t. &#171; J'ai commenc&#233; &#224; travailler &#224; 17 ans, il y a bien longtemps &#187; explique Samer. &#171; Depuis, j'&#233;conomise pour construire une maison. Apr&#232;s mon mariage, ma femme et moi vivions chez mes parents, de l'autre c&#244;t&#233; de la ville. &#187; Il pointe du doigt au loin, o&#249; l'on aper&#231;oit plusieurs maisons &#224; Qalandia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2016, Samer a achet&#233; le petit terrain destin&#233; &#224; sa maison. Il a demand&#233; un permis de construire aupr&#232;s des autorit&#233;s militaires isra&#233;liennes &#8212; plut&#244;t qu'aupr&#232;s de l'Autorit&#233; Palestinienne (AP) &#8212; car son terrain se trouve dans la zone C, qui repr&#233;sente environ 60 % de la Cisjordanie et est sous contr&#244;le militaire isra&#233;lien total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 40 % restants du territoire, d&#233;sign&#233;s comme zones A et B en vertu des accords d'Oslo de 1993, rel&#232;vent &#224; des degr&#233;s divers d'une administration partag&#233;e entre l'AP et l'arm&#233;e isra&#233;lienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les permis de construire sont d&#233;livr&#233;s par l'AP dans les zones A et B, les autorit&#233;s isra&#233;liennes en d&#233;livrent rarement pour la zone C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Samer a tout de m&#234;me fait sa demande, dit-il, car il avait plus de chances d'en obtenir un. Il explique que son terrain se trouve &#224; quelques pas de la zone B, ce qui, selon lui, faciliterait l'obtention de l'autorisation. C'est du moins ce qu'il pensait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai fait toutes mes d&#233;marches administratives par l'interm&#233;diaire d'un cabinet d'avocats &#224; Ramallah, mais peu apr&#232;s avoir d&#233;pos&#233; ma demande, l'avocat du cabinet m'a convoqu&#233; dans son bureau &#187; raconte Samer. &#171; Il m'a dit de me pr&#233;parer &#224; d&#233;bourser beaucoup d'argent, car la proc&#233;dure judiciaire allait prendre du temps. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2020, l'affaire &#233;tait toujours en suspens devant les tribunaux et la famille devait emm&#233;nager dans une nouvelle maison. &#171; Ma famille et mes parents &#226;g&#233;s avaient besoin de plus d'espace et les formalit&#233;s pour le permis &#233;taient en cours, alors nous avons pens&#233; commencer &#224; construire la maison &#187; explique-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La demande de permis de construire de Samer est rest&#233;e bloqu&#233;e devant les tribunaux isra&#233;liens pendant 10 ans. Il a d&#233;pens&#233; 10 000 NIS (3 164 $) en frais juridiques et le permis n'a jamais &#233;t&#233; d&#233;livr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la menace qui pesait sur la maison familiale est apparue bien plus t&#244;t. &#171; En 2016, les Isra&#233;liens sont venus distribuer des ordres de d&#233;molition. J'avais d&#233;j&#224; d&#233;pos&#233; ma demande de permis de construire, mais en arrivant le matin, j'ai trouv&#233; un ordre de d&#233;molition livr&#233; sur mon terrain alors que presque rien n'avait encore &#233;t&#233; construit &#187; raconte Samer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'avocat &#233;tait perplexe et m'a dit qu'il devait s'agir d'une erreur, que cela ne me concernait pas. Il m'a dit qu'il allait se renseigner aupr&#232;s du tribunal. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Comme un coup de marteau en plein c&#339;ur &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les Hamdia, construire cette maison ne se r&#233;sumait pas &#224; r&#233;aliser un r&#234;ve ou &#224; gagner de l'espace. Cela symbolisait l'expansion de leur famille &#233;largie et l'enracinement toujours plus profond de celle-ci dans leur village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les villages palestiniens, les familles &#233;largies vivent ensemble dans de petits complexes depuis des si&#232;cles. Commun&#233;ment appel&#233;s &#171; Hosh &#187;, ces complexes sont compos&#233;s de plusieurs maisons individuelles appartenant &#224; des fr&#232;res et s&#339;urs et &#224; leurs familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les petits-enfants se marient et commencent &#224; fonder leur propre famille, ils s'installent s&#233;par&#233;ment et forment leur propre Hosh. &#171; Le mariage de Mahdi et la construction de sa maison, c'&#233;tait la m&#234;me chose &#187; explique Samer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce devait &#234;tre le premier b&#226;timent du Hosh des Samer Hamdia, qui allait accueillir d'autres maisons pour les fr&#232;res de Mahdi lorsqu'ils se marieraient eux aussi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Najla, la femme de Samer, se joint &#224; la conversation avec sa plus jeune fille, Mira, &#226;g&#233;e de 11 ans. Elles se prom&#232;nent parmi les d&#233;combres, observant les d&#233;tails dans chaque recoin. &#171; Je n'&#233;tais pas revenue depuis la d&#233;molition jusqu'&#224; aujourd'hui &#187; dit Najla. &#171; &#199;a me brise le c&#339;ur de voir tout &#231;a en ruines. C'est comme revivre cette perte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Construire cette maison &#233;tait le projet le plus important que nous ayons eu en tant que famille, c'&#233;tait comme l'aboutissement d'une vie &#187; explique-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous avons r&#233;dig&#233; tous ces ch&#232;ques &#224; mon nom pour payer les mat&#233;riaux de construction et je me suis rendue des dizaines de fois &#224; Ramallah pour d&#233;poser de l'argent sur mon compte bancaire, allant m&#234;me jusqu'&#224; mettre en gage mes bijoux de mariage chez un bijoutier. Nous sommes encore endett&#233;s &#224; ce jour. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derni&#232;res semaines avant d'emm&#233;nager, Najla a arr&#234;t&#233; de travailler chez ses beaux-parents et a pass&#233; tout son temps dans la nouvelle maison, r&#233;glant chaque d&#233;tail de la d&#233;coration et de l'ameublement avec ses filles. La famille a emm&#233;nag&#233; dans sa nouvelle maison le 18 janvier 2024, le jour de l'anniversaire de Samer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De janvier 2024 &#224; janvier 2025, j'ai connu la paix chez moi &#187; se souvient Najla. &#171; Je me r&#233;veillais le matin au chant des oiseaux, puis je pr&#233;parais le petit-d&#233;jeuner pour toute la famille et je restais &#224; la maison presque toute la journ&#233;e, m'effor&#231;ant de la rendre aussi belle que possible. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette paix a commenc&#233; &#224; s'estomper d&#233;but 2025, lorsque l'avocat a appel&#233; Samer pour lui dire que les autorit&#233;s isra&#233;liennes ne d&#233;livreraient finalement pas de permis de construire. Il manquait des documents dans la demande, a-t-il expliqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est l&#224; que j'ai senti que le compte &#224; rebours avait commenc&#233;, mais l'avocat a &#233;galement dit que les Isra&#233;liens ne viendraient pas d&#233;molir sans pr&#233;avis &#187; raconte Samer. &#171; Et pourtant, ils l'ont fait. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matin du 16 d&#233;cembre 2025, la famille Hamdia s'est r&#233;veill&#233;e au bruit des moteurs isra&#233;liens. Une jeep de police &#233;tait arriv&#233;e dans la rue o&#249; se trouvait la maison des Hamdia, suivie d'un bulldozer. Samer a imm&#233;diatement compris que c'&#233;tait le moment qu'il redoutait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'officier isra&#233;lien m'a dit sans d&#233;tour qu'ils &#233;taient venus pour ma maison &#187; se souvient Samer. &#171; Il a &#233;galement dit qu'ils avaient envoy&#233; un avis, que je n'ai jamais re&#231;u, puis il a ajout&#233; qu'il allait de l'autre c&#244;t&#233; du village pour remettre un avis de d&#233;molition &#224; une autre famille, avant de revenir superviser la d&#233;molition de ma maison. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Chaque coup de marteau du bulldozer &#233;tait comme un coup de marteau dans mon c&#339;ur. J'avais tant investi de moi-m&#234;me dans cette maison. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une polici&#232;re est entr&#233;e dans la maison et a commenc&#233; &#224; tapoter les murs pour voir de quoi ils &#233;taient faits &#187; raconte Najla. &#171; Elle a ordonn&#233; &#224; mes filles et &#224; moi de sortir. Je lui ai dit : &#8216;C'est ma maison' et je lui ai cri&#233; de partir. Mais elle a alors pos&#233; la main sur son fusil et s'est mise &#224; hurler, alors nous sommes parties en pyjama sans emporter quoi que ce soit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'officier isra&#233;lien est revenu, des centaines d'habitants de Qalandia s'&#233;taient d&#233;j&#224; rassembl&#233;s et avaient commenc&#233; &#224; sortir les meubles et autres effets personnels de la famille. &#171; J'ai &#233;t&#233; surpris par la rapidit&#233; de la r&#233;action des voisins &#187; raconte Samer. &#171; Et lorsque les journalistes sont arriv&#233;s, les policiers ont commenc&#233; &#224; ordonner &#224; tout le monde de se disperser avant de tirer des gaz lacrymog&#232;nes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police isra&#233;lienne a tir&#233; tellement de gaz lacrymog&#232;ne que le reporter d'Al Jazeera, Tharwat Shaqra, s'est mis &#224; pleurer en direct, alors qu'il couvrait la d&#233;molition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samer et ses enfants ont regard&#233; la maison qu'ils avaient construite &#224; la sueur de leur front s'effondrer, mais la sc&#232;ne &#233;tait trop dure &#224; supporter pour Najla.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Chaque coup de marteau du bulldozer &#233;tait comme un coup de marteau dans mon c&#339;ur &#187; se souvient-elle. &#171; J'avais tant investi de moi-m&#234;me dans cette maison et je ne pouvais pas simplement regarder nos meubles &#234;tre jet&#233;s dans la rue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Samer, la d&#233;molition de sa maison revenait &#224; jeter &#171; le fruit de toute une vie de travail &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne sais pas comment nous allons nous en sortir &#187; s'exclame-t-il. &#171; Une chose est s&#251;re : s'ils s'attendent &#224; ce que nous partions, ils r&#234;vent. Nous resterons ici, quel qu'en soit le prix. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Traduction : &lt;a href=&#034;https://www.chroniquepalestine.com/se-retrouver-dans-ligne-de-mire-de-palestinisation-jerusalem/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chronique de Palestine&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par : &lt;a href=&#034;https://mondoweiss.net/2026/03/what-its-like-to-be-a-family-caught-in-the-crosshairs-of-israels-de-palestinization-of-jerusalem/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mondoweiss&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Je repr&#233;sente une Palestinienne incarc&#233;r&#233;e dans une prison isra&#233;lienne. Je n'arrive plus &#224; la joindre</title>
		<link>https://www.france-palestine.org/Je-represente-une-Palestinienne-incarceree-dans-une-prison-israelienne-Je-n</link>
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		<dc:date>2026-03-26T16:19:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Presse</dc:creator>


		<dc:subject>Prisonniers politiques palestiniens</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Isra&#235;l a verrouill&#233; l'acc&#232;s &#224; ses prisons au d&#233;but de la guerre avec l'Iran, interdisant la quasi-totalit&#233; des visites d'avocats et privant ma cliente de toute possibilit&#233; de s'exprimer en dehors de sa cellule. &lt;br class='autobr' /&gt; Photo : &#169; Quds News Network &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques jours avant le d&#233;clenchement de la guerre am&#233;ricano-isra&#233;lienne contre l'Iran, j'avais promis &#224; ma cliente &#8212; une jeune Palestinienne d'une vingtaine d'ann&#233;es incarc&#233;r&#233;e &#224; la prison de Damon, pr&#232;s de Ha&#239;fa &#8212; que je reviendrais la voir en mars. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.france-palestine.org/-Temoignages-Opinions-" rel="directory"&gt;T&#233;moignages / Opinions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.france-palestine.org/+-Prisonniers-politiques-palestiniens-+" rel="tag"&gt;Prisonniers politiques palestiniens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.france-palestine.org/local/cache-vignettes/L150xH82/_c_quds_news_network-3498e.jpg?1774541990' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Isra&#235;l a verrouill&#233; l'acc&#232;s &#224; ses prisons au d&#233;but de la guerre avec l'Iran, interdisant la quasi-totalit&#233; des visites d'avocats et privant ma cliente de toute possibilit&#233; de s'exprimer en dehors de sa cellule.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Photo : &#169; Quds News Network&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours avant le d&#233;clenchement de la guerre am&#233;ricano-isra&#233;lienne contre l'Iran, j'avais promis &#224; ma cliente &#8212; une jeune Palestinienne d'une vingtaine d'ann&#233;es incarc&#233;r&#233;e &#224; la prison de Damon, pr&#232;s de Ha&#239;fa &#8212; que je reviendrais la voir en mars. Cette visite, organis&#233;e au nom du Comit&#233; public isra&#233;lien contre la torture, rev&#234;tait pour elle une importance qui d&#233;passait le cadre de son affaire judiciaire. Coup&#233;e de sa famille et du monde ext&#233;rieur, elle d&#233;crivait ces rencontres comme une source indispensable de lien humain, quelque chose qu'elle attendait avec impatience et espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le 28 f&#233;vrier, d&#232;s le d&#233;but de la guerre, l'Administration p&#233;nitentiaire isra&#233;lienne (IPS) a d&#233;clar&#233; l'&#233;tat d'urgence, suspendant ou restreignant s&#233;v&#232;rement les visites d'avocats. Apr&#232;s m'&#234;tre renseign&#233;e aupr&#232;s des responsables de la prison, on m'a inform&#233;e que toutes les visites avaient &#233;t&#233; suspendues dans l'attente de nouvelles instructions du Commandement du front int&#233;rieur. Je ne pourrais pas voir ma cliente. Mes coll&#232;gues ont signal&#233; que leurs visites pr&#233;vues avaient &#233;galement &#233;t&#233; annul&#233;es ; en effet, les prisons &#233;taient entr&#233;es en confinement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'acc&#232;s a &#233;t&#233; partiellement r&#233;tabli, il s'est limit&#233; aux d&#233;tenus en attente de jugement ou de condamnation et &#224; ceux dont l'audience &#233;tait imminente, excluant ainsi les d&#233;tenus condamn&#233;s comme ma cliente. Du jour au lendemain, le lien sur lequel elle comptait &#8212; et qui me permettait de suivre son &#233;tat &#8212; a &#233;t&#233; rompu. Son cas illustre les mauvais traitements inflig&#233;s aux prisonniers palestiniens dans les prisons isra&#233;liennes, qui sont d&#233;sormais syst&#233;matiques et officiels, et montre pourquoi les visites d'avocats ne sont pas un luxe, mais une n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les autorit&#233;s isra&#233;liennes ont d&#233;clar&#233; l'&#233;tat de guerre le 7 octobre, les prisons ont simultan&#233;ment commenc&#233; &#224; fonctionner en &#233;tat d'urgence. Les visites familiales et celles de la Croix-Rouge aux d&#233;tenus palestiniens ont &#233;t&#233; suspendues. Depuis lors, les visites d'avocats sont devenues encore plus vitales, constituant l'une des seules formes de contr&#244;le externe &#8212; un rare aper&#231;u d'un syst&#232;me o&#249; les abus, les traitements d&#233;gradants et, dans de nombreux cas, des actes s'apparentant &#224; de la torture se produisent &#224; l'abri des regards. Nous, les avocats, apprenons souvent ces mauvais traitements par hasard lors de nos rencontres avec nos clients. Sans ces rencontres, une grande partie de ce qui se passe &#224; l'int&#233;rieur resterait non document&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derni&#232;res mesures d'urgence ont aggrav&#233; le manque de transparence. L'IPS a instaur&#233; une hi&#233;rarchie pour les visites d'avocats : les d&#233;tenus dont l'audience est imminente, suivis des pr&#233;venus en d&#233;tention provisoire, et enfin les d&#233;tenus condamn&#233;s &#8212; dont beaucoup, comme mon client, sont d&#233;sormais pratiquement coup&#233;s du monde ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 mars, le conseiller juridique de l'IPS a prolong&#233; les restrictions suppl&#233;mentaires jusqu'&#224; la mi-avril, limitant les activit&#233;s quotidiennes des d&#233;tenus, y compris leur temps de sortie quotidien. Cette sortie est la seule heure pendant laquelle les d&#233;tenus sont autoris&#233;s &#224; sortir de leur cellule. Elle leur apporte de la lumi&#232;re du soleil, de l'air frais et une occasion n&#233;cessaire d'interaction sociale pour des d&#233;tenus qui, autrement, sont confin&#233;s jusqu'&#224; 23 heures par jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la prison de Damon, o&#249; est d&#233;tenue ma cliente, les d&#233;tenus n'ont m&#234;me pas &#233;t&#233; inform&#233;s de la guerre. En raison de la r&#233;duction du temps pass&#233; dans la cour, les douches, &#233;galement situ&#233;es dans la cour, ont &#233;galement &#233;t&#233; limit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Surveillance au lieu de soins&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux jours seulement avant le d&#233;but de la guerre avec l'Iran, j'avais rendu visite &#224; ma cliente pour la troisi&#232;me fois en un mois. Cette rencontre faisait suite &#224; des semaines d'efforts juridiques visant &#224; contester son placement &#8212; ainsi que celui d'une autre d&#233;tenue &#8212; dans une petite cellule isol&#233;e sous surveillance constante par cam&#233;ra. Les responsables de la prison lui ont justifi&#233; ce transfert, qui a eu lieu d&#233;but janvier, en invoquant une perte de poids. Un m&#233;decin de la prison avait d&#233;termin&#233; que les deux femmes &#233;taient pass&#233;es sous le seuil normal de l'IMC (indice de masse corporelle). Mais cette mesure &#233;tait punitive plut&#244;t que m&#233;dicale et s'av&#233;rait particuli&#232;rement pr&#233;judiciable compte tenu de l'approche du ramadan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'ai examin&#233; son dossier m&#233;dical, avec son consentement, j'ai &#233;t&#233; surprise de d&#233;couvrir qu'elle avait perdu 13 kilos en un an, passant de 55 kg &#224; seulement 42 kg. Malgr&#233; cela, elle n'avait pas consult&#233; de nutritionniste et ne s'&#233;tait pas vu proposer de r&#233;gime alimentaire. Au lieu de s'attaquer &#224; la cause du probl&#232;me, la prison a viol&#233; sa vie priv&#233;e et l'a plac&#233;e sous surveillance 24 heures sur 24.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mesure n'avait pas non plus de fondement juridique clair. En vertu de la loi isra&#233;lienne, une telle surveillance intrusive n'est autoris&#233;e que dans les cas impliquant des menaces imm&#233;diates pour la s&#233;curit&#233; ou lorsqu'un d&#233;tenu pr&#233;sente un risque pour lui-m&#234;me. Une telle surveillance pourrait se justifier pour pr&#233;venir une tentative de suicide, par exemple. M&#234;me dans ce cas, elle doit &#234;tre autoris&#233;e par un professionnel de la sant&#233; mentale qualifi&#233;. Aucune &#233;valuation de ce type n'a eu lieu dans son cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le d&#233;p&#244;t d'une plainte, et &#224; la suite d'une action parall&#232;le men&#233;e par ma coll&#232;gue Nadia Daqqa, qui repr&#233;sente la cod&#233;tenue de ma cliente, la prison a partiellement fait marche arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de ma derni&#232;re visite &#224; ma cliente, le 26 f&#233;vrier, elle m'a inform&#233;e que le premier jour du ramadan, le directeur de la prison avait ordonn&#233; aux gardiens de couvrir les trois cam&#233;ras de surveillance install&#233;es dans les coins de la cellule. Deux autres d&#233;tenues, dont une enfant, ont &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;es dans la cellule, mettant ainsi fin &#224; son isolement. Ma cliente a d&#233;crit un profond sentiment de soulagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les conditions de d&#233;tention sous-jacentes restent inchang&#233;es. Les deux femmes ont rapport&#233; que la nourriture qui leur &#233;tait servie &#233;tait insuffisante sur le plan nutritionnel, manquant de prot&#233;ines, de vitamines et de vari&#233;t&#233;. Les repas se composaient souvent d'&#339;ufs sans assaisonnement et d'une soupe froide et insipide. On ne leur donnait absolument aucun fruit. Il n'est pas &#233;tonnant qu'elles aient perdu du poids en cons&#233;quence directe de ces conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle privation s'inscrit dans des sch&#233;mas plus larges concernant le traitement des prisonniers palestiniens. En juin 2024, la Haute Cour de justice d'Isra&#235;l a examin&#233; une requ&#234;te d&#233;pos&#233;e par deux organisations isra&#233;liennes de d&#233;fense des droits de l'homme en r&#233;ponse &#224; des t&#233;moignages de d&#233;tenus palestiniens affirmant avoir perdu des dizaines de kilos suite &#224; une r&#233;duction drastique des quantit&#233;s de nourriture depuis le 7 octobre, ce qui &#233;quivalait &#224; une privation de nourriture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cour a statu&#233; que l'IPS &#233;tait &#171; tenu de fournir aux prisonniers de s&#233;curit&#233; une nourriture permettant des conditions de vie minimales, conform&#233;ment &#224; la loi &#187;. La d&#233;cision ne pr&#233;cisait toutefois pas le type ni les quantit&#233;s de nourriture, sans parler des m&#233;canismes d'application.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intention &#233;tait de s'assurer que les prisonniers re&#231;oivent effectivement leurs rations alimentaires et que cela fasse l'objet d'une surveillance. Nulle part dans la d&#233;cision il n'&#233;tait indiqu&#233; ou sous-entendu que cette supervision devait &#234;tre assur&#233;e par l'installation de cam&#233;ras de surveillance, comme cela a &#233;t&#233; fait dans le cas de ma cliente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Froid, humidit&#233; et surpopulation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions mat&#233;rielles &#224; l'int&#233;rieur de la cellule ont aggrav&#233; le probl&#232;me. Ma cliente a d&#233;clar&#233; que sa nouvelle cellule &#233;tait nettement plus petite que les autres, ne respectant ni les normes internationales ni les normes isra&#233;liennes en mati&#232;re d'espace de vie minimum par d&#233;tenu. Il n'y a pas de placards ; les effets personnels sont entrepos&#233;s sur l'un des trois lits ou &#224; m&#234;me le sol. La cellule est humide et mal ventil&#233;e, et m&#234;me la petite trappe dans la porte &#8212; par laquelle la nourriture est pass&#233;e et qui facilite la circulation de l'air &#8212; est maintenue ferm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque d&#233;tenue a re&#231;u trois couvertures et un change de v&#234;tements pour la dur&#233;e de sa d&#233;tention. En hiver, elle et sa cod&#233;tenue dormaient souvent par terre, blotties l'une contre l'autre, en superposant leurs six couvertures et en portant leurs vestes de prison pour se r&#233;chauffer. M&#234;me ainsi, elles se r&#233;veillaient parfois avec les mains bleues &#224; cause du froid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de cam&#233;ras de surveillance a &#233;galement affect&#233; la capacit&#233; des d&#233;tenues &#224; respecter les r&#232;gles d'hygi&#232;ne &#233;l&#233;mentaires. Une cam&#233;ra &#233;tait braqu&#233;e sur la salle de bain, qui n'est s&#233;par&#233;e que par un rideau. En cons&#233;quence, les d&#233;tenues &#233;vitaient compl&#232;tement d'utiliser la douche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces conditions, ma cliente a signal&#233; des incidents r&#233;p&#233;t&#233;s de mauvais traitements. Lors d'une descente le mois dernier, des gardiens sont entr&#233;s dans son quartier et ont pulv&#233;ris&#233; un gaz qu'elle n'a pas pu identifier dans l'une des cellules &#224; la suite d'une dispute entre deux d&#233;tenues au cours de laquelle elles avaient &#233;lev&#233; la voix &#8212; une action pr&#233;sentant des risques &#233;vidents pour la sant&#233; dans des espaces confin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'un autre incident, survenu cette fois en janvier, des gardiens ont fouill&#233; la cellule de ma cliente, &#233;parpillant ses effets personnels et laissant les d&#233;tenues dehors dans le froid. La fouille a &#233;t&#233; men&#233;e sur la base de l'affirmation des gardiens selon laquelle les d&#233;tenues avaient &#233;t&#233; film&#233;es par une cam&#233;ra en train de porter un objet tranchant, qui s'est av&#233;r&#233; par la suite &#234;tre une cuill&#232;re en plastique fournie avec leurs repas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La surpopulation a encore aggrav&#233; la tension li&#233;e aux conditions de d&#233;tention. La section de la prison de Damon r&#233;serv&#233;e aux d&#233;tenues palestiniennes pour raisons de s&#233;curit&#233;, selon ma cliente, a une capacit&#233; d'environ 50 prisonni&#232;res, ce qui correspond au nombre de lits qu'elle contient. Lors de ma derni&#232;re visite, elle en comptait 63. Quelques jours apr&#232;s le d&#233;but de la guerre, une d&#233;tenue lib&#233;r&#233;e m'a confi&#233; que ce nombre &#233;tait pass&#233; &#224; environ 70, certaines d&#233;tenues dormant &#224; m&#234;me le sol, et un rapport conjoint de la Commission des affaires des d&#233;tenus et des anciens d&#233;tenus et de l'Association Addameer pour le soutien aux prisonniers et les droits humains a estim&#233; ce chiffre &#224; 72 quelques jours plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble des prisons isra&#233;liennes, le nombre de d&#233;tenus palestiniens class&#233;s comme &#171; prisonniers de s&#233;curit&#233; &#187; est pass&#233; d'environ 3 500 avant le 7 octobre &#224; environ 10 000 aujourd'hui &#8212; dont pr&#232;s de la moiti&#233; sont d&#233;tenus sans inculpation, en tant que &#171; combattants ill&#233;gaux &#187; ou en d&#233;tention administrative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les prisons fonctionnent en &#233;tat d'urgence et imposent des mesures arbitraires et ill&#233;gales, la suspension des visites d'avocats a de graves cons&#233;quences. Pour les d&#233;tenus condamn&#233;s en particulier, comme ma cliente, qui n'ont pas d'acc&#232;s r&#233;gulier aux tribunaux, &#224; leur famille ou &#224; des observateurs ind&#233;pendants, ces visites sont souvent le seul moyen dont ils disposent pour d&#233;poser des plaintes, demander un suivi m&#233;dical ou documenter les abus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si j'ai &#233;t&#233; soulag&#233;e d'apprendre que l'isolement cellulaire et la surveillance de ma cliente avaient pris fin, mon soulagement a fait place &#224; une profonde inqui&#233;tude quant &#224; sa situation. Elle et ses cod&#233;tenues se trouvent d&#233;sormais dans une cellule surpeupl&#233;e et mal ventil&#233;e, avec un acc&#232;s limit&#233; &#224; la lumi&#232;re du jour, dans des conditions qui continuent de se d&#233;t&#233;riorer &#8212; et sans pouvoir voir un avocat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En temps normal, les visites d'avocats sont essentielles. En temps de crise, elles sont indispensables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Traduction : AFPS&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par : &lt;a href=&#034;https://www.972mag.com/palestinian-woman-israeli-prison/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;+ 972 Magazine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Main basse sur la Cisjordanie !</title>
		<link>https://www.france-palestine.org/Main-basse-sur-la-Cisjordanie</link>
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		<dc:date>2026-03-16T09:01:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Presse</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique de l'occupation</dc:subject>
		<dc:subject>J&#233;rusalem-Est : une capitale &#224; prot&#233;ger</dc:subject>
		<dc:subject>J&#233;rusalem</dc:subject>
		<dc:subject>Fin de l'occupation isra&#233;lienne de la Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Colonies et colonisation</dc:subject>
		<dc:subject>Publications de l'AFPS</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De retour apr&#232;s trois mois de mission EAPPI &#224; J&#233;rusalem et en Cisjordanie, j'en reviens avec la conviction qu'il est essentiel d'alerter le plus largement possible sur la volont&#233; de l'occupation coloniale isra&#233;lienne de d&#233;truire la soci&#233;t&#233; palestinienne. &lt;br class='autobr' /&gt; EAPPI : Programme &#339;cum&#233;nique d'accompagnement en Palestine et en Isra&#235;l &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis la mission AFPS que j'avais effectu&#233;e en 2022, la violence sans frein des colons, le contr&#244;le et l'enfermement des Palestiniens se sont consid&#233;rablement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.france-palestine.org/-Temoignages-Opinions-" rel="directory"&gt;T&#233;moignages / Opinions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.france-palestine.org/+-Jerusalem-+" rel="tag"&gt;J&#233;rusalem&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.france-palestine.org/+-Fin-de-l-occupation-israelienne-de-la-Palestine-+" rel="tag"&gt;Fin de l'occupation isra&#233;lienne de la Palestine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.france-palestine.org/+-Colonies-et-colonisation-+" rel="tag"&gt;Colonies et colonisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.france-palestine.org/+-PalSol-+" rel="tag"&gt;Publications de l'AFPS&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.france-palestine.org/local/cache-vignettes/L150xH82/article_palsol_95_p6-page001-e4449.jpg?1773651675' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De retour apr&#232;s trois mois de mission EAPPI &#224; J&#233;rusalem et en Cisjordanie, j'en reviens avec la conviction qu'il est essentiel d'alerter le plus largement possible sur la volont&#233; de l'occupation coloniale isra&#233;lienne de d&#233;truire la soci&#233;t&#233; palestinienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;EAPPI : Programme &#339;cum&#233;nique d'accompagnement en Palestine et en Isra&#235;l&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la mission AFPS que j'avais effectu&#233;e en 2022, la violence sans frein des colons, le contr&#244;le et l'enfermement des Palestiniens se sont consid&#233;rablement syst&#233;matis&#233;s en Cisjordanie. S'ils ne baissent pas les bras et ne cessent de reconstruire ce qui est d&#233;truit, j'ai senti chez nos amis palestiniens une grande incertitude sur l'avenir en l'absence de perspectives politiques. Tous nous ont redit l'importance de venir sur place, de t&#233;moigner, de porter leur voix en France. Dans ce cadre, ma mission a pris tout son sens et conforte mon engagement &#224; l'AFPS m&#234;me si parfois je me suis sentie bien impuissante face &#224; la politique criminelle d'Isra&#235;l de d&#233;placement forc&#233; et de nettoyage ethnique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Yatta comme partout, la politique de la terreur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pleine lune &#233;claire cette nuit de novembre, &#233;clipsant presque les lumi&#232;res de la ville de Yatta, au loin dans les collines du sud d'H&#233;bron. Nous sommes trois accompagnateurs &#224; nous relayer pour des tours de garde afin d'alerter au cas o&#249; les colons viendraient attaquer la ferme de Moussa. Cela fait des mois qu'il veille, jour et nuit, qu'il ne dort quasiment plus. Il a install&#233; un lit de camp dehors sous l'auvent. Allong&#233;, il &#233;pie les bruits de la nuit. Notre pr&#233;sence le rassure un peu et il peut s'endormir mais il reste toujours sur le qui-vive. Cette nuit sera calme ; pas de musique &#224; fond ni de jets de pierres ! Mais il sait que la violence des colons est sans frein : cet &#233;t&#233;, ils lui ont cass&#233; trois c&#244;tes et deux doigts. Une autre fois, ils ont fonc&#233; avec leur jeep, faisant semblant de vouloir &#233;craser sa femme. Constamment ils menacent de lui prendre ses brebis. Pas plus tard que ce matin, ils sont venus lui r&#233;clamer trois d'entre elles qu'ils accusent Moussa de leur avoir vol&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il vit avec Amal, sa femme et sa petite fille dans un mobile home am&#233;lior&#233; au milieu de nulle part avec ses 30 brebis. Pour se prot&#233;ger, il a cl&#244;tur&#233; de barbel&#233;s ses quelques dunnums de terre et install&#233; des cam&#233;ras. La nuit, la petite fille se r&#233;veille et crie en proie &#224; des cauchemars. Leur fils Isma&#235;l, qui depuis le 7 octobre ne pouvait plus travailler dans le b&#226;timent en Isra&#235;l, a voulu y entrer clandestinement et s'est fait prendre. Il a fait de la prison et doit payer une forte amende.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'aube, apr&#232;s avoir fait sortir son troupeau de la bergerie, Moussa se poste &#224; la grille d'entr&#233;e avec ses jumelles et scrute la colline en contrebas. Il ne tarde pas &#224; nous montrer un colon qui fait pa&#238;tre quelques vaches alors que lui-m&#234;me n'a plus le droit de faire p&#226;turer ses b&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la troisi&#232;me fois que les Isra&#233;liens cherchent &#224; les expulser. Originaires de Susiya, ils en ont &#233;t&#233; chass&#233;s quand la colonie s'est install&#233;e dans leur village sous le pr&#233;texte de fouilles arch&#233;ologiques. Ils ont alors trouv&#233; refuge sur une terre, un peu plus loin, qui a bient&#244;t &#233;t&#233; encercl&#233;e par deux nouvelles colonies. Finalement, il y a 10 ans, ils ont achet&#233; ces quelques arpents, en zone B, donc cultivables, o&#249; ils viennent de planter des oliviers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se construire dans une telle ins&#233;curit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur histoire est malheureusement celle de milliers de Palestiniens qui sont habit&#233;s jusque dans leurs pens&#233;es par les colons qui les harc&#232;lent. Car ils savent que rien n'arr&#234;tera leur volont&#233; criminelle de les chasser de leur terre et qu'ils pourront le faire en toute impunit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces trois mois de mission, nous avons visit&#233; r&#233;guli&#232;rement les communaut&#233;s b&#233;douines menac&#233;es. Toutes subissent l'effrayante violence des colons et de l'arm&#233;e qui les prot&#232;ge syst&#233;matiquement, avec l'angoisse, l'ins&#233;curit&#233;, les menaces physiques et psychologiques, le vol des troupeaux, la destruction de leur habitat et des biens publics : &#233;coles, jardin d'enfants, mosqu&#233;es, citernes d'eau&#8230; &#192; ce triste tableau, il faut ajouter leur &#233;conomie d&#233;truite. Comme les colons les emp&#234;chent de faire transhumer leurs troupeaux, elles ne peuvent plus d&#233;gager un revenu d&#233;cent. Les femmes qui auparavant allaient vendre le lait et les fromages sur les march&#233;s de J&#233;rusalem ont d&#233;sormais interdiction de faire rentrer dans la ville des produits alimentaires. Pour elles, c'est double peine : perte de revenu et perte du petit peu d'autonomie qu'elles gagnaient par le produit de leur vente. Dans les villages, c'est le ch&#244;mage de masse qui frappe les habitants depuis le 7 octobre puisque, non seulement ils ne peuvent plus aller travailler en Isra&#235;l, mais qu'on leur interdit aussi de se rendre dans leurs champs qui sont de l'autre c&#244;t&#233; du mur ou en zone C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des colons hors de contr&#244;le&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les colons sont le fer de lance du syst&#232;me colonial. Aujourd'hui, toutes les limites sont franchies. En 2023, avant le 7 octobre, Netanyahou a remis &#224; Smotrich, ministre supr&#233;maciste des finances, la responsabilit&#233; de la gestion de la terre en Cisjordanie, y compris J&#233;rusalem et de l'administration civile des colons. Ceux-ci sont d&#233;sormais r&#233;gis par les lois civiles d'Isra&#235;l alors que les Palestiniens sont sous juridiction militaire, ce qui aggrave le r&#233;gime d'apartheid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s concr&#232;tement, cela signifie que le r&#233;gime colonial isra&#233;lien cr&#233;e et soutient une administration autonome de colons arm&#233;s en Cisjordanie pour acc&#233;l&#233;rer la colonisation. Cela se traduit par la multiplication des avant-postes &#8211; quelques caravanes, des pyl&#244;nes &#233;lectriques &#8211; et le permis donn&#233; &#224; ceux-ci de harceler les populations, de les menacer et de les tuer. Pendant la cueillette des olives, en octobre, ils n'ont pas cess&#233; d'agresser les ol&#233;iculteurs, les internationaux et les Juifs isra&#233;liens solidaires des Palestiniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confiscation de la terre ob&#233;it &#224; un sch&#233;ma global : fragmentation du territoire, cr&#233;ation d'enclaves s&#233;par&#233;es par les routes, les check-points, les portes &#224; l'entr&#233;e des villages, le mur ; annexion des terres occup&#233;es par les B&#233;douins et expulsion de ces derniers. Il faut rajouter les op&#233;rations constantes de l'arm&#233;e qui op&#232;rent la nuit dans les villages et les camps de r&#233;fugi&#233;s, arr&#234;tant nombre de Palestiniens, volant et d&#233;truisant les habitats. Les ordres de d&#233;molition se multiplient. Avec le plan E1 pour J&#233;rusalem, ce sont 10 000 B&#233;douins qui sont menac&#233;s de transfert. Non seulement la Palestine sera divis&#233;e en deux parties, mais J&#233;rusalem sera totalement coup&#233;e de la Cisjordanie, 1 200&#8239;ha de terres accapar&#233;s et les populations expuls&#233;es pour construire de nouvelles colonies.&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; ce terrifiant rouleau compresseur que peuvent faire les Palestiniens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daoud, qui se bat par tous les moyens &#224; sa disposition pour garder sa terre et le projet &#233;ducatif et environnemental de &#171; la Tente des Nations &#187; qu'il a cr&#233;&#233; avec ses fr&#232;res, synth&#233;tise bien les paroles des Palestiniens que nous avons entendues : &#171; &lt;i&gt;Depuis le 7 octobre, notre existence est menac&#233;e par les colons. Notre lutte est plus large que garder notre propri&#233;t&#233;. Il s'agit de cr&#233;er des faits concrets sur le terrain. Nous ne pouvons pas rester avec une mentalit&#233; de victimes. Nous devons d&#233;velopper une vision, &#233;tablir une voie non-violente. Il y a beaucoup de choses que nous ne pouvons pas faire. Mais faisons ce que nous sommes capables de faire ! Notre cause nous l'avons dans nos mains. L'autre aspect essentiel, de notre projet, c'est de s'appuyer sur la solidarit&#233; internationale avec des internationaux qui se relaient en permanence. On interpelle des d&#233;put&#233;s, les m&#233;dias. Nous impliquons les &#233;glises.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui caract&#233;rise les Palestiniens c'est bien de cr&#233;er de l'espoir malgr&#233; la peur et l'incertitude, d'affirmer leur volont&#233; farouche de rester enracin&#233;s &#224; leur terre, de reb&#226;tir sans cesse, de continuer &#224; produire, &#224; am&#233;liorer la vie de leur famille et de leur communaut&#233;. C'est le &lt;i&gt;sumud&lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Monique Etienne&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Programme &#339;cum&#233;nique d'accompagnement en Palestine et en Isra&#235;l&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m&#232;ne des actions de soutien de pr&#233;sence protectrice et de solidarit&#233; avec les victimes des violations des droits de l'Homme et du droit humanitaire en Palestine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les volontaires assurent alors quotidiennement, pendant trois mois, une pr&#233;sence continue d'accompagnateurs et accompagnatrices internationaux, aupr&#232;s des populations civiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont originaires de 21 pays d'Europe du Nord, d'Am&#233;rique du Nord, l'Am&#233;rique latine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque trimestre de 25 &#224; 30 accompagnateurs &#339;cum&#233;niques (ou E.As en anglais) &#233;taient plac&#233;s &#224; J&#233;rusalem-Est, Bethl&#233;em, J&#233;richo et la vall&#233;e du Jourdain, H&#233;bron, les collines du sud d'H&#233;bron, parfois aussi &#224; Turkarem et Yanoun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 07 octobre 2023, les &#233;quipes ne vont plus &#224; H&#233;bron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anim&#233;s par une volont&#233; de porter protection et aide, aux populations, ils ne prennent pas parti dans les situations dramatiques mais ne restent pas neutres dans la protection des droits de la personne humaine, du droit humanitaire et veillent au respect du droit international, droits bafou&#233;s par l'occupation militaire et par l'annexion de facto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils travaillent en &#233;quipe ainsi qu'avec l'&#233;quipe des responsables &#224; J&#233;rusalem qui coordonnent leurs activit&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout comme des milliers d'envoy&#233;s &#339;cum&#233;niques depuis les ann&#233;es 2002 ils t&#233;moignent : &#171; &lt;i&gt;Ce que mes yeux ont vu, je le garde en m&#233;moire. Ce que mes yeux ont vu ma main l'a &#233;crit. Ce que mes yeux ont vu je le partage&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques exemples d'actions : &#233;couter, voir, relater, soutenir, consoler et chaque soir &#233;crire les rapports quotidiens qui iront alimenter des dossiers &#224; l'ONU, et &#224; la Commission europ&#233;enne des Droits de l'Homme et dans des ONG de d&#233;fenses des droits de l'Homme&#8230; documenter toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce qui est essentiel est, qu'&#224; leur retour dans leur propre pays, ils t&#233;moignent publiquement ainsi qu'aupr&#232;s des institutions politiques, parlement, minist&#232;res&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Marilyn Pacouret, &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
membre du &lt;a href=&#034;https://oikoumene.org/fr/what-we-do/eappi&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Programme &#339;cum&#233;nique d'accompagnement en Palestine et en Isra&#235;l&lt;/a&gt; (EAPPI), coordinatrice nationale EAPPI-France. L'EAPPI a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; par le Conseil &#339;cum&#233;nique des &#201;glises en 2002 &#224; la suite de la demande des &#201;glises locales.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Photo : D&#233;molition du centre al-Bustan, dans le quartier de Silwan &#169; ME&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.helloasso.com/associations/association-france-palestine-france-solidarite-afps/paiements/abonnez-vous-a-palestine-solidarite&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;S'abonner &#224; Palestine Solidarit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.france-palestine.org/Palestine-Solidarite-no95&#034;&gt;Lire le sommaire du n&#176;95 de Palestine Solidarit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les femmes disparues de force &#224; Gaza : des familles prisonni&#232;res de l'incertitude et du chagrin</title>
		<link>https://www.france-palestine.org/Les-femmes-disparues-de-force-a-Gaza-des-familles-prisonnieres-de-l-incertitude</link>
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		<dc:date>2026-03-10T17:34:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Presse</dc:creator>


		<dc:subject>Gaza</dc:subject>

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&lt;p&gt;Selon le Centre palestinien pour les personnes disparues et disparues de force, quelques 3 200 femmes et filles sont toujours port&#233;es disparues depuis octobre 2023. &lt;br class='autobr' /&gt; Photo : Des femmes gazaouies effondr&#233;es par les massacres commis par l'arm&#233;e isra&#233;lienne, f&#233;vrier 2024 &#169; Volker T&#252;rk, Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'Homme &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que le monde entier c&#233;l&#232;bre la Journ&#233;e internationale de la femme le 8 mars en mettant &#224; l'honneur les r&#233;alisations des femmes et en soulignant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.france-palestine.org/-Temoignages-Opinions-" rel="directory"&gt;T&#233;moignages / Opinions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.france-palestine.org/+-Gaza-+" rel="tag"&gt;Gaza&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.france-palestine.org/local/cache-vignettes/L150xH83/des_femmes_gazaouies_effondrees_par_les_massacres_commis_par_l_armee_israelienne_fevrier_2024_c_volker_turk_haut-commissariat_des_nations_unies_aux_droits_de_l_homme-7-642ae.jpg?1773164047' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Selon le Centre palestinien pour les personnes disparues et disparues de force, quelques 3 200 femmes et filles sont toujours port&#233;es disparues depuis octobre 2023.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Photo : Des femmes gazaouies effondr&#233;es par les massacres commis par l'arm&#233;e isra&#233;lienne, f&#233;vrier 2024 &#169; Volker T&#252;rk, Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'Homme&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le monde entier c&#233;l&#232;bre la Journ&#233;e internationale de la femme le 8 mars en mettant &#224; l'honneur les r&#233;alisations des femmes et en soulignant leurs luttes &#224; travers le monde, &#224; Gaza, cette journ&#233;e est assombrie par une r&#233;alit&#233; diff&#233;rente, les familles palestiniennes continuant de subir la disparition de leurs filles, &#233;pouses et m&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence de ces femmes a laiss&#233; les foyers vides, les vies boulevers&#233;es et les communaut&#233;s en proie &#224; la peur et &#224; l'incertitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Layla Abu Saleh, 19 ans, a disparu alors qu'elle fuyait la ville de Beit Lahia, dans le nord du pays. Sa famille ignore si elle est vivante, morte ou emprisonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous avons fui les bombardements il y a 18 mois, emportant avec nous tout ce que nous pouvions. Layla &#233;tait avec nous &#224; ce moment-l&#224;, puis elle a disparu &#187;, se souvient Ali Abu Saleh, son p&#232;re, dans une interview accord&#233;e &#224; The New Arab. &#171; Chaque jour, je vais de l'h&#244;pital au refuge, puis au camp de fortune, pour demander si quelqu'un a vu une fille qui pourrait &#234;tre elle... mais &#224; chaque fois, la r&#233;ponse est n&#233;gative. Absolument rien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa m&#232;re, Um Saleh, qui tente de se ressaisir, s'effondre au milieu de sa phrase. &#171; Layla &#233;tait notre a&#238;n&#233;e, notre joie, notre guide. Aujourd'hui, chaque recoin de la maison semble vide &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233; &#224; TNA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La nourriture n'a plus de go&#251;t. Les enfants errent dans les pi&#232;ces comme si les murs eux-m&#234;mes avaient englouti leur s&#339;ur [&#8230;] Je ne sais pas si elle est en vie, si elle a &#233;t&#233; captur&#233;e par l'arm&#233;e ou pire encore. Je ne peux imaginer la douleur qu'elle a d&#251; endurer &#187;, ajoute la m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Parfois, je r&#234;ve qu'elle revient. Je la cherche partout, sous les lits, dans les placards vides, m&#234;me dans mon sommeil, mais elle a disparu. J'ai perdu mon bonheur, car rien ne semble normal sans elle &#187;, a d&#233;clar&#233; la s&#339;ur cadette de Layla, Reem, &#226;g&#233;e de 14 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus au sud, &#224; Khan Younis, une autre famille est prise dans un cauchemar similaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suad al-Sheikh Khalil, 45 ans, m&#232;re de quatre enfants, a disparu lors de la vague de d&#233;placements de janvier 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa famille s'accroche &#224; l'espoir qu'elle soit d&#233;tenue, mais l'incertitude ronge leur quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Elle &#233;tait toujours l&#224;, pour ses enfants, pour ses voisins, pour tous ceux qui avaient besoin d'elle. Et un jour, elle a disparu. Nous n'avons plus aucune nouvelle depuis &#187;, se souvient la m&#232;re de Suad, &#233;voquant l'absence soudaine de sa fille &#224; TNA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nos enfants nous posent sans cesse des questions sur leur m&#232;re. Nous essayons de les rassurer, mais nous n'avons rien &#224; leur dire. Je me suis rendu dans les h&#244;pitaux, les centres d'aide, j'ai m&#234;me contact&#233; la Croix-Rouge, mais en vain. Personne ne peut nous dire o&#249; elle se trouve &#187;, a d&#233;clar&#233; &#224; TNA le mari de Suad, dont les moyens de subsistance ont &#233;t&#233; d&#233;truits par la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous avons v&#233;rifi&#233; tous les camps de d&#233;plac&#233;s, parl&#233; &#224; toutes les personnes susceptibles de l'avoir vue. Toutes les portes auxquelles nous avons frapp&#233; nous ont valu le silence. Nous vivons constamment dans cette anxi&#233;t&#233;. Ce n'est pas seulement de la peur, c'est le vide de ne pas savoir &#187;, a-t-il ajout&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le camp de r&#233;fugi&#233;s de Jabalia, la famille de Fatima, une femme &#226;g&#233;e, vit une autre forme d'incertitude. On pense qu'elle est morte lors d'une incursion de l'arm&#233;e isra&#233;lienne, mais aucune trace d'elle n'a &#233;t&#233; trouv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa fille a&#238;n&#233;e, Safaa, a d&#233;clar&#233; &#224; TNA : &#171; Nous n'avons que le silence, que le vide. Nous avons fouill&#233; les d&#233;combres, nous sommes all&#233;s dans les h&#244;pitaux, nous avons essay&#233; la Croix-Rouge [...] rien. Chaque jour, la douleur se r&#233;p&#232;te. Nous l'appelons partout, nous publions ses photos en ligne, nous interrogeons les voisins, nous frappons aux portes, mais toujours rien. Notre vie a &#233;t&#233; compl&#232;tement boulevers&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tentatives de la famille pour obtenir justice aupr&#232;s des instances internationales sont rest&#233;es sans r&#233;ponse. &#171; Nous sommes laiss&#233;s dans le vide &#187;, a d&#233;clar&#233; Safaa. &#171; Pas de droits, pas de r&#233;ponses, juste des souvenirs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ampleur de ces disparitions est stup&#233;fiante. Selon le Centre palestinien pour les personnes disparues et victimes de disparitions forc&#233;es, quelque 3 200 femmes et filles sont toujours port&#233;es disparues depuis octobre 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart sont probablement ensevelies sous les d&#233;combres de leurs maisons ; d'autres sont peut-&#234;tre d&#233;tenues dans des centres de d&#233;tention isra&#233;liens, o&#249; elles sont priv&#233;es de leurs droits, n&#233;glig&#233;es et victimes de violations de leurs droits l&#233;gaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le centre a averti que la r&#233;tention d'informations constituait une violation grave du droit international et des droits humains, et que la crainte des familles de voir leurs proches dispara&#238;tre de force dans les prisons &#233;tait justifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;quipes de la protection civile continuent de lutter pour acc&#233;der aux zones d&#233;vast&#233;es, retardant ainsi la recherche des personnes disparues. Chaque jour qui passe sans certitude aggrave la souffrance de ceux qui restent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion de la Journ&#233;e internationale des droits des femmes, cette angoisse devient particuli&#232;rement poignante. Les familles ne pleurent pas seulement la disparition des femmes ; elles se voient &#233;galement priv&#233;es de conna&#238;tre leur sort, de leur offrir une s&#233;pulture digne ou d'obtenir justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des histoires comme celles de Layla, Suad et Fatima nous rappellent que les chiffres que nous voyons dans les rapports ne sont que la partie visible de l'iceberg. Derri&#232;re eux se cachent des milliers de familles qui attendent en silence, vivent dans l'angoisse quotidienne et endurent un traumatisme que personne ne peut mesurer &#187;, a d&#233;clar&#233; Lamia Al-Amsi, militante des droits humains bas&#233;e &#224; Gaza, &#224; TNA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a une diff&#233;rence entre perdre quelqu'un dont le d&#233;c&#232;s est document&#233; et perdre quelqu'un sans conna&#238;tre son sort. Les femmes dont on ne sait rien infligent une double souffrance. Les enfants grandissent sans m&#232;re ni s&#339;ur, les parents &#226;g&#233;s endurent un traumatisme prolong&#233; et des familles enti&#232;res sont prises au pi&#232;ge dans un cycle sans fin de peur et d'incertitude &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la d&#233;vastation, les femmes de Gaza continuent de survivre, soutenant leurs familles au milieu des ruines. Chaque jour d'attente t&#233;moigne de leur r&#233;silience, mais aussi de l'urgence d'une intervention internationale pour d&#233;couvrir le sort des disparus, garantir une protection juridique et mettre fin &#224; l'ambigu&#239;t&#233; qui laisse des milliers de familles suspendues entre l'espoir et le d&#233;sespoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines familles se sont tourn&#233;es vers les r&#233;seaux sociaux en d&#233;sespoir de cause, publiant des photos, des noms et des descriptions de leurs proches disparus, dans l'espoir que quelqu'un, quelque part, puisse leur apporter des r&#233;ponses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Gaza, les disparitions forc&#233;es ne se r&#233;sument pas &#224; la perte d'individus ; elles constituent une atteinte &#224; la paix, &#224; la s&#233;curit&#233; et &#224; la dignit&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque photographie, chaque souvenir, chaque espoir de retour est un appel silencieux, un t&#233;moignage des vies boulevers&#233;es par la guerre et un appel au monde pour qu'il ne d&#233;tourne pas le regard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Traduction : AFPS&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par : &lt;a href=&#034;https://www.newarab.com/news/gazas-forcibly-disappeared-women-families-trapped-grief&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The New Arab&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Qui br&#251;lerait sa propre maison ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Presse</dc:creator>


		<dc:subject>Colonies et colonisation</dc:subject>
		<dc:subject>Chronique de l'occupation</dc:subject>
		<dc:subject>Fin de l'occupation isra&#233;lienne de la Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Soutien &#224; la r&#233;sistance populaire palestinienne</dc:subject>

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&lt;p&gt;D&#233;p&#234;che depuis un pogrom en Cisjordanie. &lt;br class='autobr' /&gt; Je vais commencer par le moment o&#249; nous avons re&#231;u un appel des habitants d'Al-Fakhit et de Halawe, deux villages voisins situ&#233;s dans la r&#233;gion de Masafer Yatta, en Cisjordanie. C'&#233;tait dans la soir&#233;e du 27 janvier. Au t&#233;l&#233;phone, les habitants nous ont dit qu'une attaque de colons et un raid de l'arm&#233;e avaient lieu simultan&#233;ment dans les deux villages. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons raccroch&#233; et avons imm&#233;diatement saut&#233; dans une voiture. Nous &#233;tions plus de dix, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.france-palestine.org/-Temoignages-Opinions-" rel="directory"&gt;T&#233;moignages / Opinions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.france-palestine.org/+-Colonies-et-colonisation-+" rel="tag"&gt;Colonies et colonisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.france-palestine.org/+-Chronique-de-l-occupation-+" rel="tag"&gt;Chronique de l'occupation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.france-palestine.org/+-Fin-de-l-occupation-israelienne-de-la-Palestine-+" rel="tag"&gt;Fin de l'occupation isra&#233;lienne de la Palestine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.france-palestine.org/+-Soutien-a-la-resistance-populaire-palestinienne-+" rel="tag"&gt;Soutien &#224; la r&#233;sistance populaire palestinienne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.france-palestine.org/local/cache-vignettes/L150xH82/eb0cda141271e29398fb861188aa7b-13fcd.jpg?1772721936' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#233;p&#234;che depuis un pogrom en Cisjordanie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je vais commencer par le moment o&#249; nous avons re&#231;u un appel des habitants d'Al-Fakhit et de Halawe, deux villages voisins situ&#233;s dans la r&#233;gion de Masafer Yatta, en Cisjordanie. C'&#233;tait dans la soir&#233;e du 27 janvier. Au t&#233;l&#233;phone, les habitants nous ont dit qu'une attaque de colons et un raid de l'arm&#233;e avaient lieu simultan&#233;ment dans les deux villages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons raccroch&#233; et avons imm&#233;diatement saut&#233; dans une voiture. Nous &#233;tions plus de dix, dont six dans le coffre. Le plan &#233;tait de rouler depuis notre domicile dans le village de Tuwani jusqu'&#224; Al-Fakhit, puis jusqu'&#224; Halawe, un trajet qui prend au total plus d'une demi-heure. &#192; ce moment-l&#224;, nous ne savions pas que nous allions &#234;tre t&#233;moins de 99 % des attaques simultan&#233;es et coordonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; nous avons approch&#233; Al-Fakhit, nous avons &#233;t&#233; confront&#233;s &#224; des colons qui bloquaient la route. Nous avions peur de ce qui pourrait arriver s'ils jetaient des pierres sur notre voiture, d'autant plus que nous &#233;tions serr&#233;s les uns contre les autres, nos visages coll&#233;s aux vitres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons r&#233;ussi &#224; franchir ce barrage des colons et &#224; atteindre le village d'Al-Fakhit. Nous avons regard&#233; les montagnes et c'&#233;tait comme dans un film sur les Vikings : sur cette montagne, il y avait du feu, sur celle-l&#224;, de la fum&#233;e. La propri&#233;t&#233; d'un des habitants du village avait &#233;t&#233; compl&#232;tement br&#251;l&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veille, les forces isra&#233;liennes avaient d&#233;moli deux citernes d'eau &#224; Al-Fakhit. Mais pour les colons, il ne suffit pas que nos biens soient d&#233;molis : ils doivent les r&#233;duire en cendres. L'incendie criminel est devenu leur technique pr&#233;f&#233;r&#233;e contre nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai film&#233; l'incendie avec mon t&#233;l&#233;phone. Quand j'ai regard&#233; &#224; ma droite, j'ai vu une voiture militaire et une voiture de police de l'autre c&#244;t&#233; de la montagne, observant les flammes qui se d&#233;cha&#238;naient et l'attaque qui se d&#233;roulait. Les habitants d'Al-Fakhit nous ont ensuite inform&#233;s que la police avait d&#233;clar&#233; qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves que les colons avaient d&#233;clench&#233; l'incendie. Mais qui br&#251;lerait sa propre maison ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, je pensais qu'il n'y avait pas d'autres soldats ni policiers dans les environs, mais peu apr&#232;s, nous avons re&#231;u un autre appel de Halawe, nous informant que plusieurs soldats &#233;taient pr&#233;sents sur place, aidant les colons dans leur attaque et les aidant &#233;galement &#224; voler les moutons des habitants. Les habitants de Halawe ont d&#233;crit des blessures graves et nous ont demand&#233; d'appeler une ambulance de toute urgence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque nous sommes arriv&#233;s &#224; Halawe, nous avons vu un homme, nomm&#233; Abu Ayoub, allong&#233; sur le sol, battu par les colons. Nous avons vu deux femmes qui tentaient de prot&#233;ger leurs enfants, leur famille, leur maison, pour &#233;viter qu'ils ne soient br&#251;l&#233;s, battus ou tu&#233;s &#8211; leurs filles, leurs fils, ou n'importe qui d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les colons ont rapidement attaqu&#233; les deux femmes &#233;galement. Elles sont rest&#233;es allong&#233;es sur le sol jusqu'&#224; ce qu'un groupe de soldats s'approche. Au lieu d'arr&#234;ter ou d'inculper les colons responsables de l'attaque, les soldats ont d&#233;cid&#233; d'arr&#234;ter les deux femmes. Ils les ont aid&#233;es &#224; se relever pour les emmener dans des jeeps militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons alors d&#233;cid&#233; de nous d&#233;placer entre les villages pour v&#233;rifier si quelque chose d'autre se passait. Les soldats et les colons &#233;taient toujours dans la zone. Un colon s'est approch&#233; de notre voiture, pointant son arme sur nous, &#233;quip&#233;e d'un laser vert. Nous avons imm&#233;diatement reconnu, &#224; son visage, le colon qui avait tir&#233; sur Cheikh Sa&#239;d dans la jambe dans le village voisin de Rakeez en avril dernier. C'&#233;tait lui qui avait caus&#233; la perte de la jambe de Cheikh Sa&#239;d. J'ai imagin&#233; qu'il tirait sur l'un d'entre nous, alors j'ai essay&#233; de m'allonger &#224; l'int&#233;rieur de la voiture, sous la fen&#234;tre, afin qu'il y ait au moins une sorte de protection si quelque chose arrivait &#8211; mais bien s&#251;r, ce n'est pas vraiment une protection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'aurais jamais imagin&#233; vivre des nuits comme celle-ci lorsque j'ai commenc&#233; &#224; prendre des photos : ce fut l'une des pires nuits que ma communaut&#233; de Masafer Yatta ait connues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, ce n'est pas quelque chose d'inhabituel : l'autre jour, dans le village voisin de Susiya, plus de 30 colons arm&#233;s ont commis un autre incendie criminel &#224; grande &#233;chelle, lan&#231;ant des explosifs sur une maison o&#249; se trouvaient des enfants et d&#233;truisant les cam&#233;ras de s&#233;curit&#233; &#224; coups de pierres afin de dissimuler leur crime. Un camion, trois maisons et deux voitures ont &#233;t&#233; incendi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne devrions pas avoir &#224; nous y habituer, et ce n'est pas le cas, mais nous infliger ce type de violence est devenu monnaie courante pour les forces isra&#233;liennes et les colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mesures s&#233;rieuses doivent &#234;tre prises contre cette violence. Mais &#224; qui adresser ces demandes ? Dans cette histoire, les soldats et la police ont assist&#233; &#224; la sc&#232;ne. Ces attaques ont eu lieu sous les yeux de l'arm&#233;e et de la police. Pendant ce temps, les colons n'ont subi aucun dommage lors des deux attaques. Les Palestiniens ont perdu leurs biens, leurs moutons, leurs voitures, tout. Ils ont &#233;t&#233; attaqu&#233;s par les colons, arr&#234;t&#233;s par les soldats, puis rel&#226;ch&#233;s 24 heures plus tard. Les colons n'ont subi aucun dommage : ils ont lanc&#233; l'attaque, puis sont partis. Ils sont retourn&#233;s librement &#224; leurs avant-postes, comme s'ils n'avaient rien fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mohammad Hesham Huraini est un journaliste ind&#233;pendant et militant originaire de Masafer Yatta, en Cisjordanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction : AFPS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Le moment o&#249; les colons se sont d&#233;cha&#238;n&#233;s contre ma communaut&#233;, Masafer Yatta &#169; Mohammad Hesham/X&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par : &lt;a href=&#034;https://www.vashtimedia.com/who-would-burn-their-own-house-down/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vashti&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Pour Leila Chahid</title>
		<link>https://www.france-palestine.org/Pour-Leila-Chahid</link>
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		<dc:creator>Presse</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'annonce de la disparition brutale de Leila Chahid la semaine derni&#232;re, le Bureau national de l'AFPS a sollicit&#233; la contribution de notre amie journaliste Isabelle Avran pour lui rendre l'hommage d&#251; &#224; son immense personnalit&#233;. C'est le t&#233;moignage d'une amie, plus encore, d'une s&#339;ur de lutte que nous offre en partage Isabelle et que nous faisons n&#244;tre au nom de tous les adh&#233;rent&#183;es de l'AFPS. Le bureau national de l'AFPS &lt;br class='autobr' /&gt; Ch&#232;re Leila, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La lucidit&#233; est la blessure la plus rapproch&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.france-palestine.org/-Temoignages-Opinions-" rel="directory"&gt;T&#233;moignages / Opinions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.france-palestine.org/local/cache-vignettes/L150xH82/leila_shahid_c_hala_abou-hassira-a2e5a.jpg?1772118399' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'annonce de la disparition brutale de Leila Chahid la semaine derni&#232;re, le Bureau national de l'AFPS a sollicit&#233; la contribution de notre amie journaliste Isabelle Avran pour lui rendre l'hommage d&#251; &#224; son immense personnalit&#233;. C'est le t&#233;moignage d'une amie, plus encore, d'une s&#339;ur de lutte que nous offre en partage Isabelle et que nous faisons n&#244;tre au nom de tous les adh&#233;rent&#183;es de l'AFPS. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Le bureau national de l'AFPS&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ch&#232;re Leila,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La lucidit&#233; est la blessure la plus rapproch&#233;e du soleil&lt;/i&gt; &#187;, nous apprenait Ren&#233; Char. Peut-&#234;tre cette lucidit&#233; a-t-elle pr&#233;cipit&#233; le d&#233;part trop pr&#233;coce de Leila Chahid. Celle de l'effondrement de promesses de justice, de droit, de libert&#233;, dont Gaza et toute la Palestine auront &#233;t&#233; une fois encore l'&#233;picentre dans le fracas des bombes et la banale r&#233;&#233;dition de l'indiff&#233;rence ou de la complicit&#233; polic&#233;e des puissances. Et en d&#233;pit de l'inimaginable capacit&#233; de r&#233;sistance des femmes et des hommes de Palestine &#224; l'an&#233;antissement m&#233;thodique par les chars isra&#233;liens de leurs conditions de survivre sur leur terre comme &#224; la volont&#233; des colonisateurs d'y effacer leur pr&#233;sence, leur histoire, leur culture, leur m&#233;moire. En d&#233;pit aussi de la pers&#233;v&#233;rance des solidarit&#233;s citoyennes dans le monde. Leila Chahid nous a quitt&#233;s ce 18 f&#233;vrier et notre peine est immense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes et tous, ici et l&#224;-bas, Leila Chahid restera la voix de la Palestine, ce pays, dont elle aura &#233;t&#233; arrach&#233;e avant m&#234;me sa naissance au Liban, par l'exil forc&#233; impos&#233; par les armes &#224; tout un peuple d&#232;s 1947. D&#233;l&#233;gu&#233;e g&#233;n&#233;rale ou ambassadrice de l'Organisation de lib&#233;ration de la Palestine et de l'&#201;tat de Palestine occup&#233; dans plusieurs pays europ&#233;ens et singuli&#232;rement en France, nourrie par une histoire familiale ancr&#233;e dans la lutte contre l'oppression et l'injustice coloniales que sa m&#232;re, J&#233;rusal&#233;mite, a racont&#233;e dans ses m&#233;moires, Leila Chahid aura su plaider aupr&#232;s des chancelleries le respect des droits des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes, le droit du peuple palestinien &#224; l'auto-d&#233;termination et &#224; l'ind&#233;pendance. &#171; &lt;i&gt;Il est rare, dans l'Histoire, que la victime de la colonisation propose &#224; son agresseur de partager avec lui sa patrie d'origine. C'est exactement ce qu'a fait l'OLP, puisqu'elle revendique une partie de sa patrie, la bande de Gaza, la Cisjordanie et J&#233;rusalem-Est et reconna&#238;t Isra&#235;l dans les fronti&#232;res de l'accord d'armistice de 1949&lt;/i&gt; &#187; rappelait-elle alors que les fait accomplis unilat&#233;raux de la colonisation isra&#233;lienne visaient d&#233;j&#224; &#224; rendre caducs toute n&#233;gociation fond&#233;e sur le droit et l'horizon d'un &#201;tat palestinien ind&#233;pendant. Leila Chahid aura su aussi faire r&#233;sonner le sens m&#234;me de l'acte d'Intifada dont elle rappelait qu'il s'agissait de se redresser et de relever la t&#234;te, et su accompagner avec g&#233;n&#233;rosit&#233; les militants et les militantes comme une boussole chaleureuse, celle du droit et de son universalit&#233;, de l'&#233;galit&#233; des droits, du respect de la d&#233;mocratie, du refus des enfermements pr&#233;tendument identitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faisant visiter en 2015 au Mucem &#224; Marseille l'exposition sur les &#171; &lt;i&gt;Lieux Saints partag&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, elle disait l'histoire plurielle d'une terre. Et t&#233;moignait de la n&#233;cessaire solidarit&#233; avec Paolo Dall'Oglio, ce pr&#234;tre italien port&#233; disparu en 2013 en Syrie sous le r&#233;gime honni de Bachar al-Assad, et avec le peuple syrien. Car l'aspiration &#224; la libert&#233; ne se divise pas et se d&#233;fend sans compromis. Dix ans plus t&#244;t, c'est avec Michel Warschawski et Dominique Vidal, un militant anticolonialiste isra&#233;lien et un journaliste fran&#231;ais, qu'elle parcourait les banlieues fran&#231;aises pour d&#233;battre avec les jeunes, dans le respect de leur propre histoire et de leurs interrogations. &#171; &lt;i&gt;Qu'un Isra&#233;lien et une Palestinienne s'adressent &#224; eux contribue &#224; cette d&#233;marche humaine qui les rassure sur le fait que leur commune humanit&#233; triomphe sur leur appartenance &#224; deux soci&#233;t&#233;s en guerre&lt;/i&gt; &#187;, soulignait-elle alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La destruction syst&#233;matique de Gaza ces deux derni&#232;res ann&#233;es, l'explosion de ses maisons, de ses quartiers, de ses h&#244;pitaux, de ses &#233;coles, de ses universit&#233;s, de son syst&#232;me d'eau potable, de ses &#233;glises et de ses mosqu&#233;es, de ses cimeti&#232;res, de l'enfance des enfants, condamnant tout un peuple &#224; la r&#233;p&#233;tition des tentes incendi&#233;es, de la boue, des inondations, de la famine, des corps sans linceuls prisonniers des d&#233;combres, de l'obsc&#233;nit&#233; des projets de &#171; &lt;i&gt;riviera&lt;/i&gt; &#187; lucrative sur les d&#233;pouilles sans s&#233;pultures des dizaines de milliers d'assassin&#233;s, les pogroms en Cisjordanie&#8230; auront &#233;t&#233; l'effroyable loupe grossissante de la Nakba, la r&#233;actualisation quotidienne du martyre des camps de r&#233;fugi&#233;s de Sabra et Chatila en septembre 1982 dont elle avait d&#233;couvert toute l'horreur au c&#244;t&#233; de son ami Jean Genet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il faut r&#234;ver longtemps pour agir avec grandeur, et le r&#234;ve se cultive dans les t&#233;n&#232;bres&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crivait Jean Genet. Leila Chahid a cultiv&#233; le r&#234;ve comme Mahmoud Darwich a cultiv&#233; l'espoir. Dans les mots. Dans les actes. Dans l'amiti&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier acte de Leila Chahid nous oblige. Il nous oblige, malgr&#233; la peine qui nous envahit, &#224; rester fid&#232;les aux valeurs qui ont guid&#233; son combat, pour le poursuivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si r&#233;ellement tu meurs, Leila, nous trouverons, comme le demandait le po&#232;te gazaoui Refaat Alareer assassin&#233; en d&#233;cembre 2023 &#171; &lt;i&gt;Une toile et des ficelles&lt;/i&gt; &#187;, ferons &#171; &lt;i&gt;en sorte qu'elle soit bien blanche/Avec une longue tra&#238;ne/Afin qu'un enfant quelque part &#224; Gaza/Fixant le paradis dans les yeux (&#8230;) Puisse voir ce cerf-volant (&#8230;) Et que l'enfant puisse un instant penser/Qu'il s'agit l&#224; d'un ange/Revenu lui apporter de l'amour&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Isabelle Avran, pour l'AFPS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Photo : Leila Shahid &#169; Hala Abou-Hassira sur X&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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		<title>Une saison sanglante : la r&#233;colte des olives en Cisjordanie [Partie 2]</title>
		<link>https://www.france-palestine.org/Une-saison-sanglante-la-recolte-des-olives-en-Cisjordanie-Partie-2</link>
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		<dc:date>2026-02-10T12:18:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Presse</dc:creator>


		<dc:subject>Fin de l'occupation isra&#233;lienne de la Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Soutien &#224; la r&#233;sistance populaire palestinienne</dc:subject>
		<dc:subject>Colonies et colonisation</dc:subject>
		<dc:subject>Chronique de l'occupation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les journalistes Rafaela Cortez et Ricardo Esteves Ribeiro ont accompagn&#233; les Palestiniens pendant la r&#233;colte des olives de 2025 en Cisjordanie. Ils ont &#233;t&#233; t&#233;moins de violences et d'oppression terribles, notamment le meurtre d'un gar&#231;on de 13 ans, mais aussi d'une r&#233;sistance inspirante. &lt;br class='autobr' /&gt; Photo : Destruction des oliviers &#224; Al Mughayyir, Cisjordanie, 25 ao&#251;t 2025 &#169; Anne Paq/Activestills &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire la partie 1 &lt;br class='autobr' /&gt;
Mercredi 15 octobre &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le cinqui&#232;me jour de la campagne de r&#233;colte des olives &#8211; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.france-palestine.org/+-Soutien-a-la-resistance-populaire-palestinienne-+" rel="tag"&gt;Soutien &#224; la r&#233;sistance populaire palestinienne&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.france-palestine.org/+-Chronique-de-l-occupation-+" rel="tag"&gt;Chronique de l'occupation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.france-palestine.org/local/cache-vignettes/L150xH82/destruction_des_oliviers_a_al_mughayyir_cisjordanie_25_aout_2025_c_anne_paq-activestills-3-d1ca5.jpg?1770725946' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les journalistes Rafaela Cortez et Ricardo Esteves Ribeiro ont accompagn&#233; les Palestiniens pendant la r&#233;colte des olives de 2025 en Cisjordanie. Ils ont &#233;t&#233; t&#233;moins de violences et d'oppression terribles, notamment le meurtre d'un gar&#231;on de 13 ans, mais aussi d'une r&#233;sistance inspirante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Photo : Destruction des oliviers &#224; Al Mughayyir, Cisjordanie, 25 ao&#251;t 2025 &#169; Anne Paq/Activestills&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.france-palestine.org/Une-saison-sanglante-la-recolte-des-olives-en-Cisjordanie' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lire la partie 1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mercredi 15 octobre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cinqui&#232;me jour de la campagne de r&#233;colte des olives &#8211; ou plut&#244;t le sixi&#232;me, si l'on compte hier. Seulement, nous n'y sommes jamais arriv&#233;s. Nous devions nous rendre &#224; Tusmyus Ayya, un village palestinien au nord de Ramallah. Mais d'apr&#232;s ce qu'on nous a dit, le Shabak, l'agence de s&#233;curit&#233; isra&#233;lienne, a menac&#233; le maire du village. Quelque chose du genre &#171; si tous ces gens y vont, il y aura des morts &#187;. Donc, hier, c'&#233;tait annul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, nous allons ailleurs &#8211; &#224; al-Nazla al-Sharkyia, pr&#232;s de Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie. La journ&#233;e commence comme beaucoup d'autres &#8211; en &#233;coutant Fairuz, en prenant un caf&#233;, en faisant du covoiturage avec Munther Amira. Mais cette fois-ci, Abeer Alkhateeb se joint &#224; nous. C'est elle qui chante avec Fairuz &#224; la radio. Abeer n'est pas &#233;trang&#232;re &#224; tout cela. Avant de la rencontrer, nous avions d&#233;j&#224; vu des vid&#233;os d'elle : une femme aux lunettes de soleil surdimensionn&#233;es, criant sur des soldats en tenue de combat, les mettant au d&#233;fi de d&#233;poser leurs armes et de lui faire face. Elle d&#233;gage une &#233;nergie f&#233;roce. Mais ces derni&#232;res ann&#233;es ont laiss&#233; des traces. Elle rit et nous dit qu'elle a tr&#232;s peur : &#171; Apr&#232;s la mort de mon mari, apr&#232;s le 7 octobre, la situation est devenue tr&#232;s dangereuse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, elle a peur, mais elle dit : &#171; Je suis forte pour &#234;tre ici. Je me battrai pour &#234;tre ici. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le chemin qui m&#232;ne &#224; l'oliveraie, nous croisons des familles dispers&#233;es d&#233;j&#224; au travail et des jeeps militaires stationn&#233;es sur la route devant nous. Elles semblent nous attendre. Et bien s&#251;r, d&#232;s que nous atteignons les arbres, sans avoir cueilli une seule olive, nous sommes accueillis par des gaz lacrymog&#232;nes. Nous essayons de compter les grenades tir&#233;es, mais c'est un exercice futile. D&#232;s les premiers instants, les gaz lacrymog&#232;nes se sont abattus sur nous, sans rel&#226;che, m&#234;me lorsque nous avons battu en retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux heures de route pour &#234;tre expuls&#233;s en moins de dix minutes. Alors que nous partons, les ambulanciers s'occupent d'une femme qui est tomb&#233;e en fuyant les gaz lacrymog&#232;nes. Ils pensent qu'elle s'est peut-&#234;tre cass&#233; la jambe. De petits incendies se d&#233;clarent l&#224; o&#249; de nombreuses grenades ont atterri, et les gens se pr&#233;cipitent pour les &#233;teindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; la mairie, les gens distribuent de l'eau, du caf&#233; et un assortiment de manakeesh, remerciant tout le monde d'&#234;tre venu. Un Palestinien se fraye un chemin &#224; travers la foule, glissant de petits concombres dans les poches des gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons cess&#233; de parler de violence, mais ici, les Palestiniens transforment m&#234;me les jours les plus sombres en actes de communaut&#233; et de solidarit&#233;. Des gens sont venus de partout : il y a des ambulanciers, des personnes qui distribuent de la nourriture et des boissons, d'autres qui transportent des b&#226;ches, des &#233;chelles et des outils. Munther et Abeer continuent d'appeler cette fa&#231;on de faire &#171; fauda &#187;, ou chaos. Mais pour nous, cela ressemble davantage &#224; une routine bien rod&#233;e o&#249; les gens interviennent et prennent soin les uns des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En regardant autour de nous, l'ambiance est loin d'&#234;tre morose. Il y a des rires et des conversations anim&#233;es, comme si nous n'avions pas &#233;t&#233; gaz&#233;s il y a dix minutes. Personne ici ne semble particuli&#232;rement surpris par le r&#233;sultat. En fait, c'est une exp&#233;rience courante. Contrairement &#224; nous, qui attendons toujours en nous demandant &#171; L'arm&#233;e va-t-elle appara&#238;tre ? Y aura-t-il des colons ? &#187;, les Palestiniens savent tr&#232;s bien ce qui les attend. Et pourtant, ils continuent. &#192; chaque fois. Nous le verrons &#224; nouveau le lendemain matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 16 octobre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est t&#244;t le matin &#224; Kofr Rae, un village de la r&#233;gion de J&#233;nine, et nous attendons dans le b&#226;timent municipal, un caf&#233; &#224; la main, que le reste du groupe nous rejoigne. Pour passer le temps, nous discutons avec Yasser, un ing&#233;nieur qui travaille &#224; la municipalit&#233;. Lui aussi vient pour la r&#233;colte des olives. Quand nous lui demandons ce qu'il pense qu'il va se passer aujourd'hui, il rit. &#171; Ils vont nous frapper &#187;, dit-il. Nous pensons la m&#234;me chose : nous allons arriver, ils vont nous attendre, et les gaz lacrymog&#232;nes vont suivre. Yasser acquiesce, toujours en riant. &#171; Oui, oui, oui. Tout. Vous le savez bien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque nous sommes pr&#234;ts &#224; partir, nous montons dans la remorque d'un vieux tracteur appartenant &#224; l'un des agriculteurs, en compagnie de deux Palestiniens. Nous commen&#231;ons &#224; remonter un chemin de terre, suivis par une immense caravane de dizaines de voitures, avan&#231;ant lentement &#224; travers d'immenses oliveraies de chaque c&#244;t&#233;. Nos compagnons de voyage nous montrent les collines, nous indiquant les noms des colonies et des avant-postes de la r&#233;gion. Quelques minutes plus tard, nous arrivons. L'arm&#233;e est d&#233;j&#224; l&#224;, comme l'avait pr&#233;dit Yasser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre soldats se trouvent sur la route, dont l'un est couvert d'un masque noir. Il devient vite &#233;vident qu'il s'agit d'un tireur d'&#233;lite. Comme la veille, ils commencent &#224; lancer des grenades lacrymog&#232;nes d&#232;s que nous atteignons l'oliveraie. Mais cette fois-ci, les grenades sont lanc&#233;es &#224; ras du sol, au niveau des jambes, plut&#244;t que dans les airs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que nous nous dirigeons vers une autre oliveraie, nous apercevons Manal Tamimi, une organisatrice communautaire de la ville de Nabi Saleh, une autre ville devenue c&#233;l&#232;bre pour ses manifestations du vendredi. Elle nous dit que c'est la premi&#232;re fois depuis le 7 octobre qu'ils ont pu atteindre ces arbres : &#171; Je pense que c'est pour cela qu'ils sont si intenses et que les colons sont devenus plus violents &#187;, dit-elle. Mais tout ce qu'ils veulent, c'est r&#233;colter leurs olives. &#171; Ce n'est pas comme si nous attaquions ou faisions quelque chose d'ill&#233;gal &#187;, ajoute-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manal nous dit que nous n'allons pas cueillir d'olives aujourd'hui, et elle a raison. Les soldats continuent &#224; lancer des gaz lacrymog&#232;nes, et tr&#232;s vite, le groupe d&#233;cide de battre en retraite vers les voitures, les yeux et la gorge en feu. Puis, une situation d&#233;j&#224; d&#233;sagr&#233;able empire. Un groupe de colons se pr&#233;cipite vers nous en lan&#231;ant des pierres. La panique se r&#233;pand. Tout autour de nous, des pierres volent, les gens crient et tous les conducteurs klaxonnent. Six, sept, huit personnes essaient de se serrer dans des voitures pr&#233;vues pour cinq. Tout le monde se bouscule pour s'enfuir, mais la route de terre est &#233;troite et la file de voitures et de bus peine &#224; avancer. Certaines personnes lancent des pierres en retour pour ralentir l'avance des colons. Plus loin sur la route, nous finissons par nous entasser dans un bus, dont les si&#232;ges arri&#232;re sont jonch&#233;s d'&#233;clats de verre provenant des vitres bris&#233;es par les colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exp&#233;rience laisse un go&#251;t amer. Le lendemain matin, c'est ce que nous recherchons : une strat&#233;gie de sortie. Nous ne trouverons pas beaucoup de r&#233;confort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vendredi 17 octobre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est 8 h 43 du matin. Nous sommes &#224; Silwad, un village situ&#233; juste &#224; l'ext&#233;rieur de Ramallah, et il nous reste 3 km &#224; parcourir &#224; travers les collines qui nous s&#233;parent des oliveraies. On nous a pr&#233;venus que la journ&#233;e risquait d'&#234;tre difficile : &#171; Ils font des raids dans la r&#233;gion &#187;, nous dit un volontaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous descendons et remontons les collines escarp&#233;es qui se dressent devant nous. L'un des militants nous explique que le plan de sortie consiste &#224; revenir par le m&#234;me chemin que nous avons emprunt&#233;. Cela ne nous enchante pas particuli&#232;rement, mais quelle autre solution avons-nous ? Descendre en rampant le ravin jusqu'&#224; l'autoroute ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le long de la route, des dizaines et des dizaines d'oliviers br&#251;l&#233;s, une voiture br&#251;l&#233;e renvers&#233;e et trois autres &#224; c&#244;t&#233; de b&#226;timents inachev&#233;s. Tout semble tr&#232;s inqui&#233;tant. Plus tard, Munther Amira nous explique que la construction a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e apr&#232;s le 7 octobre. Il est devenu dangereux de venir ici, surtout apr&#232;s que les colons ont construit l'avant-poste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s que le groupe ait commenc&#233; &#224; cueillir des olives, nous voyons des ch&#232;vres s'approcher. Un Palestinien nous dit qu'elles ont &#233;t&#233; vol&#233;es aux agriculteurs. Derri&#232;re elles, un colon solitaire, peut-&#234;tre le voleur de ch&#232;vres, parle au t&#233;l&#233;phone, se d&#233;pla&#231;ant avec l'aisance et l'assurance d'un propri&#233;taire foncier. Sauf que ce n'est pas sa terre. Il va et vient et la r&#233;colte continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des branches bris&#233;es jonchent le sol. Certains arbres n'ont plus que leur tronc. L'un des agriculteurs contemple la destruction, le c&#339;ur bris&#233; : &#171; Pourquoi font-ils cela s'ils pensent qu'Abraham leur a dit que cette terre leur appartenait ? &#187;, demande-t-il. Il dit que ces arbres &#233;taient comme ses enfants, tout comme la grand-m&#232;re de 95 ans de Beita. C'est comme s'il avait perdu des membres de sa famille, dit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s, d'autres colons arrivent, pour la plupart des adolescents. Ils insistent, dans un m&#233;lange d'anglais et d'arabe, pour que nous partions. Le groupe finit par d&#233;cider que cela ne vaut pas la peine de s'emb&#234;ter, range ses affaires et commence &#224; partir. Mais les colons emp&#234;chent les voitures palestiniennes de partir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s, l'arm&#233;e arrive, accompagn&#233;e d'autres colons, cette fois-ci arm&#233;s. Les soldats reprennent les propos des adolescents colons. Nous devons partir. &#171; C'est une zone militaire ferm&#233;e &#187;, affirme l'un des soldats. Nous demandons si les colons doivent &#233;galement partir. &#171; Ils partiront quand... &#187;, commence-t-il, mais il se reprend imm&#233;diatement : &#171; C'est leur territoire. &#187; Il nous dit qu'il ne souhaite pas recourir &#224; la force, mais que nous interf&#233;rons avec l'arm&#233;e et, insiste-t-il, nous devons partir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les colons continuent de bloquer les voitures des Palestiniens. Pendant les quinze minutes qui suivent, ils empilent des pierres sur la route pour leur barrer la route et se perchent sur les capots des voitures. L'un d'eux va m&#234;me jusqu'&#224; faire une mise en sc&#232;ne dramatique, pr&#233;tendant que la voiture est en train de l'&#233;craser. Pendant tout ce temps, nous continuons &#224; demander pourquoi les colons sont autoris&#233;s &#224; rester. Finalement, alors que la voiture parvient &#224; s'&#233;chapper et que nous repartons enfin, le soldat nous crie une r&#233;ponse : &#171; Ils y sont autoris&#233;s par la loi &#187;, dit-il. Il ne prend pas la peine de pr&#233;ciser quelle loi, et, franchement, il n'a pas besoin de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samedi 18 octobre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions cens&#233;s retourner &#224; Beita aujourd'hui. Mais nous d&#233;couvrons rapidement que cela ne sera pas possible. Le village est compl&#232;tement ferm&#233; : personne ne peut entrer ni sortir. Alors, lorsque nous partons enfin, nous nous rendons &#224; Madama, un village proche de Burin, au nord de la Cisjordanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jours commencent &#224; se confondre. R&#233;veils t&#244;t le matin, nuits tardives, longs trajets en voiture, menace constante de violence. Nous sommes tous assez fatigu&#233;s, et Munther Amira ne fait pas exception. Nous lui demandons pourquoi il ne prend pas un jour de cong&#233;. &#171; Je veux cueillir des olives. C'est ce que je veux faire &#187;, r&#233;pond-il. Curieusement, c'est exactement ce qui se passe le huiti&#232;me jour de la r&#233;colte des olives. Des dizaines de personnes parviennent &#224; cueillir des olives du matin jusqu'en milieu d'apr&#232;s-midi, avec deux familles diff&#233;rentes. Nous prenons un copieux d&#233;jeuner : du riz avec du poulet, de la salade, du labneh et des piments marin&#233;s. Presque, presque comme au bon vieux temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Faire le th&#233; sur le feu, prendre notre repas ici, cuisiner du kallayt bandora, des tomates sur le feu, manger du dukkawzeit, vous savez, je pense que m&#234;me ces petites choses, nous les avons perdues &#187;, dit Munther. Comme nous le disaient les agriculteurs de Beita. Ce n'est pas seulement cueillir des olives, ajoute-t-il, &#171; c'est &#234;tre ensemble, chanter ensemble, manger ensemble &#187;. Il appelle cela la saison du bonheur. &#171; C'est &#231;a le bonheur, &#234;tre ensemble. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que r&#233;fugi&#233;, Munther Amira ne poss&#232;de pas d'oliveraie. C'&#233;tait son r&#234;ve : r&#233;colter les olives avec sa famille. Mais ils ne peuvent pas le faire ; leurs terres ont &#233;t&#233; confisqu&#233;es en 1948. Munther a donc commenc&#233; &#224; participer &#224; la r&#233;colte des olives avec d'autres familles pendant ses &#233;tudes universitaires, en tant que b&#233;n&#233;vole. Finalement, il a mis en place une sorte de patrouille avec Abeer Alkhateeb, pr&#233;curseur de la campagne Zaytoun 2025. Seulement, &#224; l'&#233;poque, il n'y avait aucun programme. Juste &lt;i&gt;fauda&lt;/i&gt;, le chaos. &#171; Si vous avez besoin d'aide, appelez-nous &#187;, disaient-ils. Et c'&#233;tait tout. Ils parcouraient les zones les plus dangereuses en voiture, disant aux gens d'appeler s'ils avaient des probl&#232;mes. Munther, Abeer et peut-&#234;tre une dizaine d'autres personnes parcouraient la Cisjordanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambiance aujourd'hui est tr&#232;s diff&#233;rente de celle des derniers jours. Et ce n'est pas parce que Madama est plus facile d'acc&#232;s. Non seulement nous sommes dans la zone C, mais nous sommes apparemment dans une zone militaire ferm&#233;e. L'arm&#233;e a m&#234;me arr&#234;t&#233; la voiture d'un des militants t&#244;t ce matin, &#224; un poste de contr&#244;le &#224; l'entr&#233;e du village. Mais nous avons r&#233;ussi &#224; nous faufiler. Et nous voil&#224;, en train de cueillir des olives, assis ensemble pour le d&#233;jeuner, buvant plusieurs tasses de caf&#233;, du jus de fruits et mangeant du g&#226;teau. Il y a m&#234;me de la musique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, aujourd'hui &#233;tait une bonne journ&#233;e, le genre de journ&#233;e qui donne l'impression d'avoir le pouvoir de faire pencher la balance. Mais les jours en Palestine occup&#233;e ne s'encha&#238;nent pas ainsi, proprement, les uns apr&#232;s les autres. Il n'y a aucune garantie de continuit&#233;, aucune trajectoire continue allant du bien vers le mieux. Une bonne journ&#233;e n'est pas n&#233;cessairement suivie d'une autre. Et le lendemain matin l'a prouv&#233; : ce n'&#233;tait pas une bonne journ&#233;e du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dimanche 19 octobre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes en route pour Farkha, un village de la r&#233;gion de Ramallah. Nous venons &#224; peine d'arriver sur la place du village que les premi&#232;res nouvelles commencent &#224; filtrer : quelque chose de grave s'est produit &#224; Turmus Aya, un village voisin. Des colons ont attaqu&#233; la r&#233;colte et Afaf Abu Alia, une femme de 52 ans, a &#233;t&#233; frapp&#233;e &#224; la t&#234;te par un colon masqu&#233; et transport&#233;e d'urgence aux soins intensifs pour une h&#233;morragie interne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Farkha, la journ&#233;e se d&#233;roule comme d'habitude : des dizaines de personnes se joignent &#224; nous, la r&#233;colte commence, et nous sommes rapidement confront&#233;s &#224; un groupe de soldats et de colons. Nous demandons &#224; plusieurs reprises pourquoi on demande aux gens de partir. Personne ne daigne r&#233;pondre. &#192; un moment donn&#233;, un soldat &#8211; ou un colon ? &#8211; a pris les cl&#233;s de voiture d'Abdallah Abu Rahma, l'un des organisateurs de la campagne Zaytoun 2025. Pendant un certain temps, nous sommes dans une impasse : eux insistent pour que nous partions, le groupe refuse de partir sans les cl&#233;s de voiture.&lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement, les cl&#233;s sont rendues et tout le monde remonte la colline d'o&#249; nous sommes venus. &#171; C'est &#231;a, l'occupation &#187;, dit Abdallah. &#171; Ils ne veulent pas voir de Palestiniens ici. &#187; &#192; un moment donn&#233;, l'un des soldats lui dit que c'est une zone isra&#233;lienne. &#171; Vous m'entendez &#187;, r&#233;pond-il. &#171; Cet olivier, c'est mon arri&#232;re-arri&#232;re-arri&#232;re-grand-p&#232;re qui l'a plant&#233; avant m&#234;me que l'&#201;tat d'Isra&#235;l n'existe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lundi 20 octobre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cha&#238;ne isra&#233;lienne Channel 4 diffuse un reportage qualifiant Munther Amira, Abdallah Abu Rahma et Mu'ayyad Sha'aban, le chef de la Commission de r&#233;sistance au mur et aux colonies de l'Autorit&#233; palestinienne, de &#171; terroristes &#187;. Le reportage pr&#233;cise que ces trois hommes ont tous purg&#233; des peines de prison dans le pass&#233; et sont d&#233;sormais les suppos&#233;s &#171; cerveaux &#187; de la campagne Zaytoun 2025. Selon le reportage, cette initiative n'a jamais eu pour but de r&#233;colter des olives, mais de provoquer les colons pacifiques vivant &#224; proximit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble de l'&#233;mission insiste lourdement sur le fait que la Knesset &#8211; le parlement isra&#233;lien &#8211; devrait intervenir avant que tout cela ne d&#233;g&#233;n&#232;re en un &#171; autre 7 octobre &#187;. Quelques instants plus tard, nous recevons un message de Munther Amira : &#171; Je pense que nous ne bougerons pas demain &#187;, dit-il. &#171; &#192; cause des incitations &#224; la haine contre moi, Mu'ayyad et Abdallah. &#187; Les routes autour de Bethl&#233;em sont encombr&#233;es de postes de contr&#244;le, et qui sait ce qui pourrait arriver s'il &#233;tait arr&#234;t&#233; &#224; l'un d'entre eux. Il reste donc chez lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes jamais all&#233;s &#224; la r&#233;colte des olives le lendemain. Quelques jours plus tard, nous avons pris l'avion pour rentrer au Portugal. Mais la campagne sanglante, comme Munther l'avait pr&#233;dit, s'est poursuivie. Et lui, bien s&#251;r, est retourn&#233; dans les champs. Selon les Nations unies, entre le 1er octobre et le 10 novembre, il y a eu plus de 160 attaques de colons dans pr&#232;s de 100 villes et villages. Plus de 150 Palestiniens ont &#233;t&#233; bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, Munther d&#233;crit cette campagne comme un succ&#232;s. Non pas en raison du nombre de familles qui ont &#233;t&#233; aid&#233;es, ni m&#234;me du nombre d'olives qui ont &#233;t&#233; cueillies. Comme il l'a expliqu&#233; pr&#233;c&#233;demment, il ne s'agissait pas seulement de cela. Il s'agissait de briser cette barri&#232;re invisible mais violente qui, depuis au moins deux ans, s&#233;parait les gens de leurs terres. Il s'agissait de briser cette peur. &lt;i&gt;Sumud&lt;/i&gt;, disent-ils, en arabe. La pers&#233;v&#233;rance. Ne pas quitter la terre. Rester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ils sont rest&#233;s. M&#234;me pendant l'ann&#233;e o&#249; le nombre d'attaques a &#233;t&#233; le plus &#233;lev&#233;, m&#234;me au milieu des menaces, de la violence, des nuits blanches et des corps endoloris, chaque jour, les agriculteurs palestiniens et plusieurs dizaines de b&#233;n&#233;voles se levaient aux premi&#232;res heures du matin pour se rendre, avec une grande obstination, sur leurs terres. Et m&#234;me lorsqu'ils &#233;taient repouss&#233;s, jour apr&#232;s jour, chass&#233;s et attaqu&#233;s, ils ne pensaient qu'&#224; une chose : y retourner. Lorsque nous avons demand&#233; aux gens pourquoi ils continuaient, ils nous ont simplement r&#233;pondu : &#171; C'est notre terre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; al-Nazla al-Sharkyia, un agriculteur nous a rattrap&#233;s apr&#232;s avoir &#233;chapp&#233; &#224; des dizaines de grenades lacrymog&#232;nes &#8211; expuls&#233; de sa propre terre. Il n'avait pas pu atteindre ses terres depuis le 7 octobre en raison de l'intensification de la violence de l'&#201;tat et des colons, et la situation ne faisait qu'empirer. &#171; Nous sommes fatigu&#233;s de cette vie &#187;, nous a-t-il dit. Mais d&#232;s que nous lui avons demand&#233; s'il allait bient&#244;t r&#233;essayer, alors qu'il respirait encore difficilement, un &#339;il riv&#233; sur le drone au-dessus de lui, il a r&#233;sum&#233; la situation : &#171; Je vais essayer tout le temps. Je vais essayer tout le temps d'atteindre ma terre. Je suis toujours l&#224;, je suis toujours l&#224;, je suis toujours l&#224;. Je ne quitte pas ma terre. Je ne pars pas. C'est ma terre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Traduction : AFPS&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par : &lt;a href=&#034;https://mondoweiss.net/2026/01/a-bloody-season-the-olive-harvest-in-the-west-bank/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mondoweiss&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au c&#339;ur d'un pogrom coordonn&#233; men&#233; par des colons et des soldats dans plusieurs villages de Masafer Yatta</title>
		<link>https://www.france-palestine.org/Au-coeur-d-un-pogrom-coordonne-mene-par-des-colons-et-des-soldats-dans</link>
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		<dc:date>2026-02-04T13:42:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Presse</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique de l'occupation</dc:subject>
		<dc:subject>Fin de l'occupation isra&#233;lienne de la Palestine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors que les colons incendiaient des maisons et pillaient le b&#233;tail dans trois villages pendant plus de cinq heures, les soldats isra&#233;liens ont bloqu&#233; les ambulances, arr&#234;t&#233; les victimes et m&#234;me particip&#233; aux passages &#224; tabac. Voici comment les &#233;v&#233;nements se sont d&#233;roul&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Photo : Le moment o&#249; les colons se sont d&#233;cha&#238;n&#233;s contre ma communaut&#233;, Masafer Yatta &#169; Mohammad Hesham/X &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la soir&#233;e du 27 janvier, des colons isra&#233;liens ont lanc&#233; l'un des pogroms les plus d&#233;vastateurs de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.france-palestine.org/local/cache-vignettes/L150xH82/ffe82c1c662b6fc8514804f5f952d0-b2925.jpg?1770212727' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que les colons incendiaient des maisons et pillaient le b&#233;tail dans trois villages pendant plus de cinq heures, les soldats isra&#233;liens ont bloqu&#233; les ambulances, arr&#234;t&#233; les victimes et m&#234;me particip&#233; aux passages &#224; tabac. Voici comment les &#233;v&#233;nements se sont d&#233;roul&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Photo : Le moment o&#249; les colons se sont d&#233;cha&#238;n&#233;s contre ma communaut&#233;, Masafer Yatta &#169; Mohammad Hesham/X&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la soir&#233;e du 27 janvier, des colons isra&#233;liens ont lanc&#233; l'un des pogroms les plus d&#233;vastateurs de l'histoire r&#233;cente contre les communaut&#233;s palestiniennes de Masafer Yatta, attaquant simultan&#233;ment trois villages dans ce qui semblait &#234;tre une coordination sans pr&#233;c&#233;dent avec l'arm&#233;e isra&#233;lienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir re&#231;u des messages d'urgence sur WhatsApp de la part d'habitant&#183;es d'Al-Fakheit, d'Al-Tuban et d'Al-Halawa, faisant &#233;tat de colons se d&#233;pla&#231;ant d'un village &#224; l'autre, volant des moutons, attaquant des familles et allumant des incendies, je me suis rendu sur place avec un groupe d'une vingtaine de militant&#183;es palestinien&#183;es, isra&#233;lien&#183;ne&#183;s et internationaux&#183;les. Un v&#233;hicule appartenant &#224; un colon nous a bloqu&#233; le passage, retardant ainsi pendant plusieurs minutes cruciales l'arriv&#233;e des pompiers volontaires du village voisin d'At-Tuwani, qui tentaient de se rendre sur les lieux avec un petit r&#233;servoir d'eau fix&#233; sur un v&#233;hicule &#224; quatre roues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque nous sommes enfin arriv&#233;&#183;es &#224; Al-Tuban, nous sommes all&#233;&#183;es aider Samir Hamamda, 42 ans, et sa famille, qui vivent dans un hangar depuis que les forces isra&#233;liennes ont d&#233;moli leur maison en novembre. Des colons se sont approch&#233;s de la structure peu avant notre arriv&#233;e ; incapables de forcer la porte solidement verrouill&#233;e, ils ont rassembl&#233; du bois et de la paille devant l'entr&#233;e et y ont mis le feu avant de partir. Nous avons r&#233;ussi &#224; &#233;teindre les flammes, mais l'&#233;paisse fum&#233;e a provoqu&#233; une crise d'asthme chez l'un des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout autour de nous, nous avons vu des incendies faire rage dans les villages voisins, et rien d'autre que des v&#233;hicules de colons sur les routes environnantes. C'est alors que l'ampleur de l'attaque nous est apparue clairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Al-Tuban, des habitant&#183;es nous ont rapport&#233; qu'&#224; Al-Fakheit, tout pr&#232;s, Mohammad Abu Sabha, 49 ans, avait &#233;t&#233; bless&#233; et avait besoin d'une assistance m&#233;dicale urgente. Nous nous sommes rendu&#183;es directement &#224; son domicile, o&#249; nous l'avons trouv&#233; allong&#233; sur le sol, couvert de sang, vomissant, inconscient, entour&#233; des membres de sa famille. Selon ses proches, Mohammad s'appr&#234;tait &#224; se pr&#233;cipiter au secours des habitant&#183;es d'Al-Halawa qui avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; attaqu&#233;&#183;es, lorsque des colons l'ont pris en embuscade et agress&#233; pr&#232;s de sa maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les images d'une cam&#233;ra de surveillance install&#233;e dans la maison de la famille Abu Sabha montrent un groupe de colons masqu&#233;s arm&#233;s de gourdins attaquant Mohammad alors qu'il se trouve &#224; l'ext&#233;rieur. Une fois qu'il est tomb&#233; &#224; terre, les colons se sont retourn&#233;s contre sa famille, frappant sa fille de 16 ans, Naghm, &#224; la main avant qu'elle ne parvienne &#224; s'enfuir &#224; l'int&#233;rieur avec ses jeunes fr&#232;res et s&#339;urs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#232;re &#226;g&#233;e de Mohammad, Duha, n'a pas pu rejoindre la maison &#224; temps. Les colons l'ont frapp&#233;e &#224; la t&#234;te, lui ont cass&#233; le bras et fractur&#233; une c&#244;te. Ils ont ensuite bris&#233; la fen&#234;tre de la pi&#232;ce o&#249; la famille s'&#233;tait r&#233;fugi&#233;e, pulv&#233;ris&#233; du gaz lacrymog&#232;ne &#224; l'int&#233;rieur et bris&#233; les vitres du v&#233;hicule familial avant de quitter les lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ambulanciers h&#233;sitant &#224; p&#233;n&#233;trer dans la zone sous le feu des attaques et ne disposant pas d'une protection suffisante, Mohammad est rest&#233; environ une heure sur le sol, en sang, avant de recevoir des soins. Sa m&#232;re et lui ont finalement &#233;t&#233; transport&#233;s ensemble dans la m&#234;me ambulance &#224; l'h&#244;pital Al-Ahli de H&#233;bron. Mohammad est toujours hospitalis&#233; pour une h&#233;morragie cr&#226;nienne et de multiples contusions, tandis que sa m&#232;re est &#233;galement soign&#233;e pour ses blessures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce moment-l&#224;, nous avons fait demi-tour pour escorter deux ambulances qui s'&#233;taient perdues &#224; deux reprises en t&#226;chant de se frayer un chemin entre les villages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons pris la direction d'Al-Halawa avec l'une des ambulances, o&#249; nous avons re&#231;u des informations faisant &#233;tat d'une autre attaque. Environ cinq v&#233;hicules nous accompagnaient, tandis qu'un v&#233;hicule de l'administration civile isra&#233;lienne nous talonnait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de l'entr&#233;e du village, un colon a bloqu&#233; la route avec son v&#233;hicule, sous la surveillance d'au moins deux v&#233;hicules militaires stationn&#233;s &#224; proximit&#233;. Le colon a cri&#233; en h&#233;breu aux soldats : &#171; Arr&#234;tez-les, [ce sont] des Arabes ! &#187; Un soldat est alors sorti du v&#233;hicule, a charg&#233; son arme, l'a point&#233;e directement sur nous et nous a ordonn&#233; de nous arr&#234;ter, avant de confisquer la cl&#233; d'un des v&#233;hicules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ambulanciers et deux jeunes hommes sont sortis de l'ambulance et ont couru vers le village. Lorsque nous avons tent&#233; de les suivre, les soldats nous ont arr&#234;t&#233;&#183;es sous la menace de leurs armes. &#192; ce moment-l&#224;, de plus en plus de colons arm&#233;s &#8211; portant des armes &#224; feu et des matraques, certains le visage couvert &#8211; ont commenc&#233; &#224; affluer depuis les avant-postes voisins de Mitzpe Yair et Avigayil. La situation est rapidement devenue effrayante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part, les soldats semblaient autoriser l'ambulance &#224; passer, puis les colons se sont plac&#233;s sur la route avec leurs armes et l'ont bloqu&#233;e. Les soldats ont alors &#233;galement arr&#234;t&#233; l'ambulance, l'emp&#234;chant d'entrer dans Al-Halawa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes rest&#233;s bloqu&#233;&#183;es sur place pendant au moins une demi-heure. Lorsque les soldats ont finalement rendu la cl&#233; saisie, nous avons d&#233;cid&#233; de faire demi-tour vers Al-Fakheit, car l'acc&#232;s &#224; Al-Halawa restait boucl&#233;. Trois militants isra&#233;liens qui nous accompagnaient sont mont&#233;s dans l'ambulance aux c&#244;t&#233;s du chauffeur, qui s'&#233;tait retrouv&#233; seul, avant que les colons n'ouvrent la porte de l'ambulance et ne tentent de les attaquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un colon a frapp&#233; la vitre d'un v&#233;hicule voisin avec son arme, tandis qu'un soldat s'emparait du t&#233;l&#233;phone de Nidal Abu Aram, pr&#233;sident du Conseil de Masafer Yatta, pour l'emp&#234;cher de filmer. Au bout d'un certain temps, le soldat a jet&#233; le t&#233;l&#233;phone dans notre voiture. Pendant ce temps, des colons masqu&#233;s se d&#233;pla&#231;aient librement entre nos v&#233;hicules, sous le regard des soldats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes retourn&#233;&#183;es &#224; Al-Fakheit jusqu'&#224; ce que la coordination soit finalement assur&#233;e avec le Bureau de coordination du district de l'arm&#233;e, ce qui a permis &#224; l'ambulance d'entrer &#224; Al-Halawa sous escorte de l'administration civile et de la police. Ce n'est que plus tard que nous avons appris ce qui s'&#233;tait pass&#233; &#224; Al-Halawa, o&#249; l'attaque de ce jour-l&#224; avait commenc&#233; et pris fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une attaque savamment orchestr&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 17 h 20, un colon est entr&#233; &#224; Al-Halawa avec son b&#233;tail et a commenc&#233; &#224; tourner autour des maisons des habitant&#183;es, une tactique couramment utilis&#233;e pour provoquer des affrontements et s'emparer de terres. Lorsqu'un jeune habitant s'est approch&#233; pour filmer l'incident, le colon lui a arrach&#233; son t&#233;l&#233;phone, lui a frapp&#233; la main et a commenc&#233; &#224; appeler d'autres colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s, un tracteur transportant cinq colons est arriv&#233; &#224; la bergerie de Hajj Ahmad Abu Aram, &#226;g&#233; de 73 ans. Abu Aram se tenait devant l'enclos, qui &#233;tait s&#233;curis&#233; par une cha&#238;ne m&#233;tallique et un cadenas. Les colons lui ont demand&#233; de l'ouvrir ; lorsqu'il a refus&#233;, ils l'ont frapp&#233; &#224; coups de b&#226;ton sur les jambes jusqu'&#224; ce qu'il tombe &#224; terre, puis ont continu&#233; &#224; le frapper avant de le laisser l&#224;, gri&#232;vement bless&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les colons se sont alors d&#233;plac&#233;s vers une tente voisine o&#249; se trouvaient des ch&#232;vres qui venaient de mettre bas, et ont attendu &#224; cet endroit. Quatre soldats sont rapidement arriv&#233;s, que les habitant&#183;es ont pris pour des colons de la r&#233;gion en raison de leur apparence. D'autres colons ont continu&#233; &#224; arriver dans des camionnettes, des jeeps et des tracteurs, accompagn&#233;s d'autres soldats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les colons ont alors tent&#233; de s'emparer des ch&#232;vres de Hajj Ahmad Abu Aram. Sa fille, Widad Abu Aram, 53 ans, a tent&#233; de les en emp&#234;cher. Les soldats l'ont ma&#238;tris&#233;e tandis que les colons la frappaient, et d'autres ont proc&#233;d&#233; au vol des animaux. Widad a poursuivi les colons sur environ 300 m&#232;tres pour tenter d'emp&#234;cher le vol, mais ils lui ont pulv&#233;ris&#233; du gaz lacrymog&#232;ne dans les yeux, la faisant tomber &#224; terre. Les soldats et les colons se sont ensuite dirig&#233;s vers une famille voisine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Widad est rentr&#233;e chez elle et est rest&#233;e aupr&#232;s de son p&#232;re bless&#233;, s'effor&#231;ant de prodiguer les premier soins &#224; tous les deux. Environ une heure plus tard, cinq soldats sont entr&#233;s dans la maison, ont menott&#233; Widad et l'ont arr&#234;t&#233;e, tandis que les colons continuaient &#224; voler le b&#233;tail du village et &#224; le transporter vers les avant-postes voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, dans une autre maison, une soldate a agress&#233; Fatima Abu Aram, 37 ans. Les soldats ont menott&#233; Fatima, qui venait d'accoucher, et l'ont arr&#234;t&#233;e pendant que les colons volaient le b&#233;tail dans la bergerie de son p&#232;re, Fadel Abu Aram.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs dans le village, Khalil Younis Abu Aram a d&#233;clar&#233; que les soldats l'avaient arr&#234;t&#233;, ainsi que son fr&#232;re et leurs fils, soit sept personnes au total, pr&#232;s de leur maison. Un colon arm&#233; se tenait aux c&#244;t&#233;s des soldats tandis qu'ils les frappaient &#224; coups de poing et de pied dans les jambes, leur ass&#233;nant que cette violence &#233;tait une punition pour avoir pr&#233;tendument agress&#233; un colon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Widad et Fatima Abu Aram ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;es plus tard dans la nuit sans caution ni conditions, bien que les forces isra&#233;liennes les aient accus&#233;es d'avoir agress&#233; des soldats et publi&#233; une vid&#233;o de leur arrestation. &#192; 23 heures, Hajj Ahmad Abu Aram est finalement &#233;vacu&#233; vers l'h&#244;pital apr&#232;s avoir souffert de douleurs intenses dans sa chambre pendant pr&#232;s de cinq heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, des dizaines de colons arm&#233;s ont pris d'assaut Al-Halawa ce soir-l&#224; et y sont rest&#233;s jusqu'&#224; la tomb&#233;e de la nuit, accompagn&#233;s par les forces arm&#233;es isra&#233;liennes, la police et l'administration civile. Pendant ces quelques heures, les colons ont vol&#233; environ 300 moutons appartenant &#224; 11 familles, les soldats ont arr&#234;t&#233; Widad et Fatima Abu Aram, et aussi bien les colons que les soldats ont agress&#233; des hommes et des femmes dans tout le village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si son ampleur et sa gravit&#233; sont inhabituelles, l'attaque contre Masafer Yatta n'est pas un cas isol&#233;. La veille m&#234;me de l'attaque, des colons ont men&#233; un raid &#224; Wadi Al-Rakhim, abattant environ 500 oliviers appartenant &#224; la famille Rumi et taguant des slogans qualifiant cet acte de &#171; vengeance &#187; pour Karm Susya, un vignoble de colons plant&#233; sur des terres appartenant &#224; la famille Nawajah. Apr&#232;s des ann&#233;es de proc&#233;dures judiciaires, un tribunal a ordonn&#233; la destruction du vignoble au motif qu'il avait &#233;t&#233; &#233;tabli ill&#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le des soldats isra&#233;liens dans l'assaut hautement coordonn&#233; de mardi soir est ind&#233;niable. Tout au long de la soir&#233;e, ils ont mis en place des points de contr&#244;le mobiles, emp&#234;ch&#233; les habitant&#183;es d'atteindre les villages, bloqu&#233; les ambulances et permis aux colons de mener des attaques et des vols &#224; grande &#233;chelle sans intervenir, tout en arr&#234;tant arbitrairement les victimes palestiniennes. Dans au moins un cas, les soldats ont eux-m&#234;mes particip&#233; aux passages &#224; tabac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse aux questions de +972, un porte-parole de l'arm&#233;e isra&#233;lienne a d&#233;clar&#233; que le 27 janvier, les forces isra&#233;liennes avaient &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;es dans la r&#233;gion d'Al-Fakheit et d'Al-Halawa &#171; &#224; la suite d'informations faisant &#233;tat d'une attaque contre une personne isra&#233;lienne et de tensions &#187;. L'arm&#233;e a reconnu qu'une ambulance avait &#233;t&#233; retard&#233;e &#171; de quelques minutes &#187; et a affirm&#233; qu'elle examinait les all&#233;gations selon lesquelles des soldats seraient rest&#233;s les bras crois&#233;s pendant le vol de b&#233;tail. Elle a ajout&#233; qu'une femme officier avait &#233;t&#233; &#171; agress&#233;e par une Palestinienne et avait subi des blessures au visage &#187;, et qu'elle n'avait connaissance d'aucun cas o&#249; des soldats auraient particip&#233; &#224; des violences entre Isra&#233;liens et Palestiniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Traduction : &lt;a href=&#034;https://agencemediapalestine.fr/blog/2026/02/03/au-coeur-dun-pogrom-orchestre-par-des-colons-soldats-dans-plusieurs-villages-de-masafer-yatta/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Agence M&#233;dia Palestine&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par : &lt;a href=&#034;https://www.972mag.com/settler-soldier-pogrom-masafer-yatta/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;+972 Magazine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une saison sanglante : la r&#233;colte des olives en Cisjordanie [Partie 1]</title>
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		<dc:date>2026-02-03T15:47:57Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Presse</dc:creator>


		<dc:subject>Colonies et colonisation</dc:subject>
		<dc:subject>Chronique de l'occupation</dc:subject>
		<dc:subject>Fin de l'occupation isra&#233;lienne de la Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Soutien &#224; la r&#233;sistance populaire palestinienne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les journalistes Rafaela Cortez et Ricardo Esteves Ribeiro ont accompagn&#233; les Palestiniens pendant la r&#233;colte des olives de 2025 en Cisjordanie. Ils ont &#233;t&#233; t&#233;moins de violences et d'oppression terribles, notamment le meurtre d'un gar&#231;on de 13 ans, mais aussi d'une r&#233;sistance inspirante. &lt;br class='autobr' /&gt; Photo : Destruction des oliviers &#224; Al Mughayyir, Cisjordanie, 25 ao&#251;t 2025 &#169; Anne Paq/Activestills &lt;br class='autobr' /&gt;
Vendredi 10 octobre 2025 &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est un peu plus de huit heures du matin. Nous venons d'arriver &#224; Beita, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.france-palestine.org/+-Colonies-et-colonisation-+" rel="tag"&gt;Colonies et colonisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.france-palestine.org/+-Chronique-de-l-occupation-+" rel="tag"&gt;Chronique de l'occupation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.france-palestine.org/+-Fin-de-l-occupation-israelienne-de-la-Palestine-+" rel="tag"&gt;Fin de l'occupation isra&#233;lienne de la Palestine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.france-palestine.org/+-Soutien-a-la-resistance-populaire-palestinienne-+" rel="tag"&gt;Soutien &#224; la r&#233;sistance populaire palestinienne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.france-palestine.org/local/cache-vignettes/L150xH82/destruction_des_oliviers_a_al_mughayyir_cisjordanie_25_aout_2025_c_anne_paq-activestills-2-05ec4.jpg?1770133685' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les journalistes Rafaela Cortez et Ricardo Esteves Ribeiro ont accompagn&#233; les Palestiniens pendant la r&#233;colte des olives de 2025 en Cisjordanie. Ils ont &#233;t&#233; t&#233;moins de violences et d'oppression terribles, notamment le meurtre d'un gar&#231;on de 13 ans, mais aussi d'une r&#233;sistance inspirante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Photo : Destruction des oliviers &#224; Al Mughayyir, Cisjordanie, 25 ao&#251;t 2025 &#169; Anne Paq/Activestills&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vendredi 10 octobre 2025&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est un peu plus de huit heures du matin. Nous venons d'arriver &#224; Beita, un village situ&#233; au nord de la Cisjordanie. La lumi&#232;re est encore douce, se refl&#233;tant dans la poussi&#232;re qui flotte sur la route tandis que les gens garent leurs voitures. Tout le monde se rassemble ici pour la saison annuelle de la r&#233;colte des olives. Mais il ne s'agit pas d'une r&#233;colte d'olives comme les autres. Ici, en Palestine occup&#233;e, la cueillette des olives comporte des risques : blessures, arrestation, voire mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des colons tentent d'emp&#234;cher les agriculteurs de r&#233;colter leurs olives, alors nous venons les aider &#187;, nous explique Munther Amira. Munther est un organisateur communautaire palestinien originaire de Deir Aban, un village palestinien victime d'un nettoyage ethnique en 1948. Il a grandi dans le camp de r&#233;fugi&#233;s d'Aida, &#224; Bethl&#233;em, o&#249; il vit toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui marque le premier jour de Zaytoun 2025, une campagne pour la saison de la r&#233;colte des olives organis&#233;e par plusieurs collectifs palestiniens afin de soutenir les agriculteurs vivant &#224; la p&#233;riph&#233;rie des colonies isra&#233;liennes. Munther Amira a pass&#233; des mois &#224; coordonner cette campagne : il a fait venir des militants et des journalistes, planifi&#233; les itin&#233;raires, g&#233;r&#233; la logistique et organis&#233; des formations. Maintenant que la saison a commenc&#233;, tout devient soudainement r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un grand bonheur d'avoir tous ces gens ici &#187;, dit-il en regardant autour de lui. Nous sommes des dizaines, pour la plupart des Palestiniens, mais aussi des militants internationaux venus du monde entier pour manifester leur solidarit&#233;. &#171; Nous ne le faisons pas parce que nous pensons que les agriculteurs sont pauvres et faibles &#187;, nous a expliqu&#233; Munther. &#171; Nous le faisons pour leur dire &#034;merci d'&#234;tre en premi&#232;re ligne&#034; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les oliveraies ne sont pas ce que la plupart des gens imaginent lorsqu'ils entendent le mot &#171; premi&#232;re ligne &#187;, mais ces derni&#232;res ann&#233;es, alors que les colonies et les avant-postes continuent de se multiplier, les lignes de front de la r&#233;sistance palestinienne au colonialisme isra&#233;lien se sont d&#233;plac&#233;es et &#233;tendues &#224; travers la Cisjordanie. Et les parcelles de terre auxquelles les agriculteurs pouvaient autrefois acc&#233;der sont progressivement coup&#233;es par l'occupation envahissante et la menace de la violence. Munther Amira parle d'un autre type de g&#233;nocide, d'un nettoyage ethnique. &#171; Les gens doivent voir ce qui se passe ici &#187;, ajoute-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas notre premi&#232;re fois en Palestine. Nous couvrons ce sujet, principalement en portugais, depuis 2017. Mais bien que nous passions du temps ici chaque ann&#233;e depuis quelques ann&#233;es, nous n'avons jamais assist&#233; &#224; la r&#233;colte des olives auparavant et nous ne savons donc pas trop &#224; quoi nous attendre. Nous n'avons pas encore pleinement pris conscience de l'importance de l'&#233;v&#233;nement. Pour l'instant, nous sommes de bonne humeur, l&#233;g&#232;rement excit&#233;s par la caf&#233;ine, impressionn&#233;s par ce grand groupe de personnes qui gravit progressivement les pentes escarp&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Munther nous montre un nouvel avant-poste au sommet de la colline, Mevaser Shalom, qui signifie &#171; celui qui apporte la paix &#187; en h&#233;breu. Ce matin, avant notre arriv&#233;e, des colons avaient d&#233;j&#224; attaqu&#233; une famille palestinienne de trois personnes, qui ont &#233;t&#233; transport&#233;es &#224; l'h&#244;pital. En marchant, nous voyons leur sang sur le sol, &#224; c&#244;t&#233; de deux bombes lacrymog&#232;nes vides. Les bombes lacrymog&#232;nes ont &#233;t&#233; lanc&#233;es par des soldats de l'arm&#233;e isra&#233;lienne, qui assurent la protection des colons 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens se rassemblent pour commencer la r&#233;colte &#8211; des b&#226;ches sous les oliviers, leurs branches frapp&#233;es selon un rythme transmis de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration. Moins de cinq minutes plus tard, six soldats isra&#233;liens arrivent en jeep. Il y a quelques instants de calme pendant que les soldats observent le groupe. Mais soudain, la r&#233;colte commence &#224; se d&#233;rouler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est m&#234;me pas 10 heures du matin lorsque les premi&#232;res grenades assourdissantes et les premi&#232;res grenades lacrymog&#232;nes commencent &#224; tomber autour de nous. Un groupe de quinze colons traverse les oliveraies en courant, et un autre groupe se d&#233;place pour les arr&#234;ter, mais les soldats les prot&#232;gent rapidement. Wahaj Bani Moufleh, photojournaliste palestinien et habitant de Beita, est touch&#233; &#224; bout portant au pied par une grenade lacrymog&#232;ne, dans ce qui semble &#234;tre une attaque d&#233;lib&#233;r&#233;e et cibl&#233;e. Il porte un gilet bleu avec le mot &#171; presse &#187; inscrit dessus. Alors que les gens le transportent vers une ambulance, les soldats tirent davantage de gaz lacrymog&#232;ne dans leur direction. L'air s'emplit d'une fum&#233;e &#226;cre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des colons semblent &#234;tre des enfants. Des adolescents non arm&#233;s prot&#233;g&#233;s par des soldats lourdement arm&#233;s, et d&#233;sormais &#233;galement par la police des fronti&#232;res isra&#233;lienne. La police des fronti&#232;res arrive et dirige imm&#233;diatement les agriculteurs et les militants vers une parcelle de terre sp&#233;cifique. &#171; De ce c&#244;t&#233;, vous pouvez le faire &#187;, disent-ils (ils font r&#233;f&#233;rence &#224; la cueillette des olives). &#171; De l'autre c&#244;t&#233;, c'est interdit &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;colte se poursuit en arri&#232;re-plan tandis que les agriculteurs et les propri&#233;taires fonciers palestiniens se disputent avec les autorit&#233;s isra&#233;liennes, insistant sur le fait qu'ils devraient pouvoir cueillir des olives partout &#8211; apr&#232;s tout, c'est leur terre. Munther Amira, &#224; nouveau : &#171; Ils veulent tout contr&#244;ler pour montrer qu'ils ont le pouvoir ici. Et nous essayons de montrer que nous avons le pouvoir ici. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette impasse dure quelques minutes. Mais, comme on le verra, les violences pr&#233;c&#233;dentes n'&#233;taient qu'un pr&#233;lude &#224; ce qui allait suivre. Un groupe de colons masqu&#233;s descend de la colline, jetant des pierres sur une famille palestinienne dans une pente voisine et incendiant une voiture. Les gens se pr&#233;cipitent, jetant des poign&#233;es de terre sur les flammes dans l'espoir d'&#233;teindre le feu. Leurs efforts sont accueillis par une pluie de pierres lanc&#233;es par les colons et des nuages de gaz lacrymog&#232;ne tir&#233;s par les militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, les colons attaquent &#224; nouveau depuis la pente que nous venons de quitter. Partout o&#249; nous regardons, c'est le chaos total. Les soldats continuent &#224; lancer des grenades assourdissantes et des gaz lacrymog&#232;nes dans notre direction. Les gens crient, hurlent, esquivent les pierres que les colons continuent &#224; lancer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des gens courent vers les voitures. Quelques-uns restent derri&#232;re, de l'autre c&#244;t&#233; de la colline, avec pour seules armes quelques pierres. Nous ne savons pas quoi faire. Continuons-nous &#224; documenter ce que nous voyons ? Essayons-nous d'interviewer les gens ? Fuyons-nous ? Restons-nous sur place ? Finalement, nous rejoignons le groupe qui repart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les nuages de gaz lacrymog&#232;ne qui flottent encore au loin, nous commen&#231;ons &#224; faire le bilan de ce qui vient de se passer. Cependant, ce n'est que le lendemain que nous aurons une vue d'ensemble de la situation. Au moins 10 personnes ont &#233;t&#233; bless&#233;es, 8 voitures ont &#233;t&#233; incendi&#233;es, dont une ambulance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour aux voitures, nous rejoignons Munther Amira. Il reprend encore son souffle apr&#232;s sa fuite, mais il rit quand m&#234;me. Il nous explique ce &#224; quoi nous devons nous attendre pour la r&#233;colte de cette ann&#233;e : &#171; Une saison sanglante. Il semble, d&#232;s le premier jour. &#187; Et le temps lui donnerait raison. Ce que nous avons vu ce premier jour, &#224; Beita, finirait par &#234;tre une sorte de microcosme de tout ce &#224; quoi nous pouvions nous attendre pour les jours &#224; venir : des nuages de gaz lacrymog&#232;ne, des colons violents, une arm&#233;e apparemment d&#233;di&#233;e &#224; les prot&#233;ger tout en harcelant et en attaquant &#224; la fois les Palestiniens et les militants solidaires, dans une terre assi&#233;g&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de la saison, &#224; la mi-novembre, on comptait plus de 160 attaques de colons, qui ont fait plus de 150 bless&#233;s parmi les Palestiniens, d&#233;truit pr&#232;s de 6 000 arbres, endommag&#233; d'innombrables v&#233;hicules et caus&#233; la mort d'un martyr, un enfant de 13 ans que nous avons rencontr&#233; pendant la r&#233;colte, Ayssam Jihad Ma'ala. Nous ne connaissions pas son nom &#224; l'&#233;poque, mais nous l'avons appris tr&#232;s vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons particip&#233; &#224; la campagne de r&#233;colte des olives de cette ann&#233;e pendant 10 jours. Voici le r&#233;cit de ce dont nous avons &#233;t&#233; t&#233;moins : une histoire d'une violence et d'une oppression incroyables, mais surtout une histoire de communaut&#233; et de r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samedi 11 octobre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est un peu plus de huit heures du matin. Nous sommes de retour &#224; Beita, cette fois-ci en groupe beaucoup plus restreint. L'un des agriculteurs nous invite &#224; prendre le th&#233;, le caf&#233; et des biscuits non facultatifs dans l'abri qu'il a construit dans le cadre de ses efforts pour d&#233;fendre ses terres. Ces terres appartenaient &#224; son grand-p&#232;re avant lui. Elles lui appartiennent d&#233;sormais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes rassembl&#233;s ici parce que les oliveraies o&#249; nous avions pr&#233;vu de nous rendre, les m&#234;mes qu'hier, sont apparemment interdites d'acc&#232;s. C'est ce que nous ont appris les quatre soldats qui bloquaient notre chemin avec leurs jeeps militaires &#224; notre arriv&#233;e. M&#234;me si la famille avait obtenu l'autorisation de l'arm&#233;e pour r&#233;colter ses terres aujourd'hui, celle-ci a d&#233;sormais d&#233;clar&#233; la zone comme zone militaire ferm&#233;e. Ils ne se sont pas donn&#233; la peine de nous montrer la moindre preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; propos de ces soi-disant &#171; accords &#187;. La veille, les Palestiniens et l'arm&#233;e ont men&#233; de nombreuses n&#233;gociations pour d&#233;terminer o&#249; les gens pouvaient ou ne pouvaient pas r&#233;colter les olives. Une oliveraie &#233;tait autoris&#233;e, l'autre non. Un c&#244;t&#233; de la route &#233;tait autoris&#233;, l'autre non. Ils appellent cela la coordination de la s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que toutes ces terres appartiennent aux Palestiniens. M&#234;me dans le cadre du droit international, elles appartiennent toutes aux Palestiniens. Nous sommes dans la zone B de la Cisjordanie, selon les accords d'Oslo de 1993. Mais m&#234;me ici, ces derni&#232;res ann&#233;es, l'arm&#233;e isra&#233;lienne emp&#234;che de plus en plus les Palestiniens de travailler leurs terres sans avoir pr&#233;alablement coordonn&#233; leur action avec l'arm&#233;e. Cela signifie que les forces d'occupation ont leur mot &#224; dire sur le moment et la mani&#232;re dont les Palestiniens peuvent r&#233;colter. Tout cela pour des raisons dites &#171; de s&#233;curit&#233; &#187;. Bien s&#251;r, la v&#233;ritable source de cette ins&#233;curit&#233; semble assez claire : la colonie de plus en plus importante, avec ses colons et ses avant-postes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la reconstruction de l'avant-poste de colons Evyatar en 2021, Beita est devenu l'un des fronts de la Cisjordanie. Depuis lors, les habitants de Beita et les militants solidaires organisent r&#233;guli&#232;rement des manifestations contre l'avant-poste. Et pour cela, le village a pay&#233; un lourd tribut : grenades lacrymog&#232;nes, bombes assourdissantes, balles r&#233;elles, restrictions de mouvement et bouclages, ainsi que des perquisitions domiciliaires et des arrestations arbitraires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout dans les collines de Cisjordanie, les colons continuent de construire de nouveaux avant-postes. Autrefois marginaux, les leaders colons tels que le ministre des Finances Bezalel Smotrich et le ministre de la S&#233;curit&#233; nationale Itamar Ben-Gvir occupent d&#233;sormais les plus hautes fonctions du gouvernement isra&#233;lien et utilisent leur pouvoir pour poursuivre l'expansion violente de la colonisation en Cisjordanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La saison des r&#233;coltes n'est plus le rituel communautaire qu'elle &#233;tait autrefois, comme l'explique plus tard un agriculteur palestinien. Toute la famille se r&#233;unissait autour du feu pour pr&#233;parer des repas traditionnels palestiniens, dit-il. &#171; Chaque ann&#233;e, nous organisions des activit&#233;s. Nous nous amusions. &#187; Mais pas cette ann&#233;e. Cette ann&#233;e, le feu a disparu, remplac&#233; par des provisions cuisin&#233;es et emball&#233;es &#224; l'avance, le genre de d&#233;jeuner destin&#233; &#224; &#234;tre mang&#233; sur le pouce, au cas o&#249; une attaque surviendrait et que tout le monde devrait fuir. Comme si &#171; ils &#233;taient les propri&#233;taires terriens &#187;, dit-il, en parlant des colons et des soldats, et &#171; nous les voleurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre agriculteur s'avance. Il nous raconte que sa grand-m&#232;re a 95 ans et qu'elle a &#233;lev&#233; ces arbres devant nous comme s'ils &#233;taient ses enfants. Elle leur apportait de l'eau &#224; dos d'&#226;ne, avant qu'il n'y ait de routes, pour s'assurer qu'ils aient tous &#224; boire. &#171; Quand ils nous ont attaqu&#233;s hier, ma grand-m&#232;re a pleur&#233; &#187;, dit-il. C'est comme s'ils attaquaient ses enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe r&#233;colte des olives pendant un moment. Mais la paix ne dure pas longtemps. Nous voyons un agriculteur palestinien marcher sur la m&#234;me route dont nous avons &#233;t&#233; expuls&#233;s, sur la pente devant nous. Quelques secondes plus tard, des soldats apparaissent derri&#232;re lui. Une minute plus tard, des gaz lacrymog&#232;nes. Une douleur aigu&#235;, d&#233;sormais famili&#232;re, nous remplit les yeux de larmes. Tout le monde se met &#224; tousser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils continuent &#224; tirer pendant que nous battons en retraite, et un homme &#226;g&#233; tombe, suffoquant &#224; cause des gaz lacrymog&#232;nes. Les soldats crient dans un m&#233;gaphone. &#171; Vous attaquez la s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat &#187;, traduit un volontaire. &#171; Vous devez partir. &#187; Nous remontons la route, nous &#233;loignant de l'arm&#233;e, pour rejoindre d'autres familles rassembl&#233;es au sommet. Un enfant est allong&#233; sur le sol et a des convulsions. Les gens commencent &#224; crier aux soldats de laisser passer une ambulance, mais celle-ci n'arrive que quelques minutes plus tard. L'enfant est rapidement transport&#233; &#224; l'int&#233;rieur et imm&#233;diatement emmen&#233; &#224; l'h&#244;pital. Il n'a que treize ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons quelques minutes pour reprendre nos esprits. Les Palestiniens autour de nous n'ont pas besoin de temps pour s'adapter : c'est leur r&#233;alit&#233;. Ainsi, d&#232;s que la poussi&#232;re retombe, ils veulent retourner &#224; leurs activit&#233;s et reprendre la r&#233;colte. Nous sommes beaucoup plus nerveux : un drone vole au-dessus de nos t&#234;tes et les soldats pourraient revenir &#224; tout moment. Mais le drone, nous disent-ils, est toujours l&#224;. Nous continuons donc &#224; travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, en repensant &#224; cette journ&#233;e, nous dirons souvent que c'&#233;tait une journ&#233;e calme. Une bonne journ&#233;e, m&#234;me. Au total, &#224; la fin de la journ&#233;e, le groupe a r&#233;colt&#233; 400 kg d'olives (environ 880 livres). Nous avons pris un d&#233;licieux d&#233;jeuner &#224; l'ombre : houmous, moutabal, lentilles, pain plat, cornichons, olives, zaatar. Nous avons pu faire quelques interviews, discuter entre nous, plaisanter et prendre quelques pauses caf&#233; pour nous rafra&#238;chir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, ce n'est pas ainsi que nous nous souvenons de cette journ&#233;e aujourd'hui. Car comme nous l'avons d&#233;couvert exactement un mois plus tard, Ayssam Jihad Ma'ala, l'enfant de treize ans qui s'&#233;tait effondr&#233; devant nous ce jour-l&#224;, ne s'est jamais remis. Il est tomb&#233; dans le coma peu apr&#232;s en raison d'un manque d'oxyg&#232;ne dans son cerveau, cons&#233;quence des gaz lacrymog&#232;nes, et est d&#233;c&#233;d&#233; le 11 novembre. Un gar&#231;on de treize ans a &#233;t&#233; martyris&#233;, tout cela parce qu'il voulait aller &#224; la r&#233;colte des olives avec sa famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dimanche 12 octobre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est 10 h 40. Plus d'une centaine de personnes se sont rassembl&#233;es &#224; Idna, une ville palestinienne du sud de la Cisjordanie, pr&#232;s d'al-Khalil (H&#233;bron). Techniquement, il s'agit de la zone A de la Cisjordanie, cens&#233;e &#234;tre sous le contr&#244;le total de l'Autorit&#233; palestinienne. Mais sans surprise, nous avons d&#233;j&#224; des invit&#233;s ind&#233;sirables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux colons arm&#233;s remontent la pente pour venir &#224; notre rencontre, suivis de ce qui semble &#234;tre des soldats. Nous avions entendu de nombreux r&#233;cits faisant &#233;tat de colons arm&#233;s en uniforme militaire, mais c'est la premi&#232;re fois que nous ne savons pas trop ce que nous voyons &#8211; la premi&#232;re d'une longue s&#233;rie. La fronti&#232;re devient de plus en plus floue chaque ann&#233;e, et ce n'est pas un hasard. L'&#201;tat les arme, les &#233;quipe et les soutient &#224; tous les niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des jours suivants, nous nous surprenons &#224; nous demander &#171; soldat ou colon ? &#187;, comme si nous jouions &#224; un jeu sinistre consistant &#224; rep&#233;rer les diff&#233;rences. Portent-ils des casques ? Ont-ils des insignes ? Leurs pantalons sont-ils de la bonne couleur ? Mais au bout d'un certain temps, cet exercice commence &#224; ressembler &#224; une question technique, &#224; un probl&#232;me s&#233;mantique plut&#244;t que pratique. &#192; partir de quand cessons-nous d'appeler ces colons paramilitaires des civils ? Et lorsque les vrais soldats s'associent aux colons lors de leurs attaques, quelle est la diff&#233;rence, apr&#232;s tout ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les colons et les soldats commencent &#224; nous renvoyer. Nous demandons &#224; Munther ce qu'ils disent : &#171; Ils... il est interdit de faire quoi que ce soit &#187;, nous r&#233;pond-il. D'autres colons arrivent, nous encerclant comme un essaim. Ils dictent ce que les gens peuvent ou ne peuvent pas faire. Ils filment les b&#233;n&#233;voles et les journalistes, tentent de voler des b&#226;ches et des t&#233;l&#233;phones, et se prom&#232;nent comme s'ils &#233;taient chez eux. Mais malgr&#233; le harc&#232;lement, les gens tiennent bon. La foule se met &#224; chanter des chansons palestiniennes populaires. &#171; Colons, dehors, dehors &#187;, scandent-ils. Les colons, quant &#224; eux, r&#233;p&#232;tent sans cesse &#171; chut, chut, chut &#187; &#8211; les sons utilis&#233;s pour rassembler les moutons et les ch&#232;vres &#8211; et nous font signe de partir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des colons, v&#234;tu d'un uniforme militaire, commence &#224; attraper les journalistes et &#224; essayer de les &#233;carter. Nous lui demandons pourquoi il essaie d'emmener les gens. &#171; Parce que c'est ma terre &#187;, r&#233;pond-il. Un autre colon se joint &#224; lui et parle en h&#233;breu. Nous lui disons que nous ne comprenons pas sa langue. Il r&#233;pond : &#171; Je ne veux pas que vous me compreniez. Si je le veux, je vous emm&#232;ne. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement, un groupe d'environ 13 soldats et colons nous forcent &#224; retourner &#224; la place de la ville o&#249; la journ&#233;e a commenc&#233;. Une centaine, peut-&#234;tre deux cents Palestiniens et militants solidaires refusent d'aller plus loin. Ils s'assoient sur des chaises en plastique blanc, se passent du caf&#233;, des concombres et des fruits. Trois enfants palestiniens, totalement indiff&#233;rents &#224; la pr&#233;sence des soldats et des colons juste derri&#232;re eux, gloussent et prennent la pose pour la cam&#233;ra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lundi 13 octobre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s pr&#232;s de deux heures de route, nous arrivons enfin &#224; Qafr Qadum. &#171; C'est l'un des endroits c&#233;l&#232;bres ici o&#249; se d&#233;roulent les manifestations du vendredi &#187;, nous explique Munther. &#171; Ils continuent parfois &#224; le faire. &#187; Depuis des ann&#233;es, Qafr Qaddum est la cible de l'expansion des colons isra&#233;liens. Munther Amira explique que cet endroit est c&#233;l&#232;bre parce que ses habitants organisent des manifestations hebdomadaires depuis plus de dix ans pour r&#233;sister &#224; l'expropriation de centaines d'hectares de leurs terres. La foule est encore plus nombreuse aujourd'hui : une flotte de bus et de voitures a amen&#233; des centaines de personnes depuis Ramallah et d'autres endroits de Palestine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En haut de la colline, nous apercevons ce qui semble &#234;tre le d&#233;but d'une colonie. &#192; c&#244;t&#233;, une structure de fortune semblable &#224; une tour militaire est entour&#233;e de drapeaux isra&#233;liens et d'une quinzaine de colons qui ne semblent jamais d&#233;tourner le regard. Nous commen&#231;ons &#224; gravir la colline en direction des oliviers les plus proches de la premi&#232;re structure de l'avant-poste, &#224; environ 20 m&#232;tres. Et puis, la r&#233;colte commence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des colons crie &#224; un Palestinien &#224; c&#244;t&#233; de nous. Nous demandons &#224; l'un des b&#233;n&#233;voles ce qu'il dit : &#171; Il dit que vous &#234;tes tous des terroristes &#187;, r&#233;pond-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre-temps, l'arm&#233;e nous rejoint, appel&#233;e par les colons. Quelques minutes plus tard, l'un des colons, un adolescent &#224; premi&#232;re vue, enfile un masque et pose un couteau sur son pantalon. Un autre colon se tourne vers un journaliste palestinien : &#171; Votre gilet &#187; &#8211; il fait r&#233;f&#233;rence au gilet de presse &#8211; &#171; n'arr&#234;tera pas les balles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a maintenant environ 15 soldats et colons, dont la moiti&#233; portent des tenues de style militaire. Un colon porte &#224; la fois un appareil photo professionnel et une arme semi-automatique. C'est comme si l'avant-poste avait son propre photojournaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le colon masqu&#233; commence &#224; bousculer les volontaires, en les insultant en arabe. &#171; Pute &#187;, crie-t-il &#224; une femme. La tension monte et, pendant un instant, la situation semble sur le point de d&#233;g&#233;n&#233;rer. Mais heureusement, ce n'est pas le cas. Les volontaires continuent &#224; cueillir quelques olives en chantant &#171; Bella Ciao &#187;. Les arbres sont clairsem&#233;s et le groupe finit par descendre la colline. En bas, les soldats et les colons commencent &#224; demander les papiers d'identit&#233; des gens, en particulier des internationaux. Nous demandons pourquoi on demande aux gens de partir. &#171; C'est ill&#233;gal &#187;, r&#233;pond l'un d'eux. &#171; C'est une zone militaire &#187;, ajoute un autre. Ils pr&#233;tendent qu'il est dangereux pour nous d'&#234;tre l&#224; : &#171; Je m'inqui&#232;te pour vous. C'est pour &#231;a que je vous aime. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fermer une zone &#8211; la d&#233;clarer &#171; zone militaire ferm&#233;e &#187; o&#249; seules les personnes autoris&#233;es peuvent se trouver &#8211; est une pratique courante pendant la r&#233;colte des olives et pendant une grande partie de l'ann&#233;e. Les soldats le font tout le temps. Ils le font pour emp&#234;cher les manifestations, pour prot&#233;ger les colons et les colonies, et pour emp&#234;cher l'acc&#232;s non seulement aux Palestiniens, mais aussi aux militants solidaires et aux journalistes qui tentent d'atteindre les terres agricoles. Rien qu'en 2022, ils ont d&#233;clar&#233; plus de 800 zones militaires ferm&#233;es &#8211; et l'arm&#233;e elle-m&#234;me a qualifi&#233; ces donn&#233;es de tr&#232;s incompl&#232;tes.&lt;br class='autobr' /&gt;
La mise en place d'une zone militaire temporairement ferm&#233;e 24 heures sur 24 est si simple qu'ils avaient l'habitude de transporter une imprimante dans leurs jeeps, nous raconte un militant. Aujourd'hui, avec les smartphones, ils n'en ont m&#234;me plus besoin. C'est tellement facile &#224; mettre en place qu'ils n'ont m&#234;me pas besoin de mentir &#224; ce sujet. Et pourtant, au cours des jours qui ont suivi, nous n'avons jamais vu un seul document, une seule preuve de l'existence de ces soi-disant zones militaires ferm&#233;es utilis&#233;es pour nous chasser. Mais ce n'est pas qu'ils en aient r&#233;ellement besoin. Jour apr&#232;s jour, il &#233;tait clair que, avec ou sans v&#233;ritable ordre militaire, les soldats et les colons pouvaient faire ce qu'ils voulaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;a href='https://www.france-palestine.org/Une-saison-sanglante-la-recolte-des-olives-en-Cisjordanie-Partie-2' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lire la suite dans la partie 2&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Traduction : AFPS&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par : &lt;a href=&#034;https://mondoweiss.net/2026/01/a-bloody-season-the-olive-harvest-in-the-west-bank/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mondoweiss&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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