le CICR est extrêmement préoccupé par le nombre élevé de victimes civiles

CICR, mardi 11 mars 2008

L’intensification du conflit ces der­nières semaines a aggravé une situation huma­ni­taire qui était déjà pré­caire. Pendant plu­sieurs heures par jour, Gaza continue de subir des cou­pures de courant, que les hôpitaux pal­lient en faisant marcher leurs générateurs.

Un tiers des per­sonnes tuées sont des femmes et des enfants, parmi les­quels neuf étaient âgés de moins de douze ans. Les villes israé­liennes situées aux alen­tours de Gaza conti­nuent d’être la cible de roquettes lancées depuis la bande de Gaza. Le CICR main­tient un contact régulier avec le Magen David Adom en Israël, qui aide à soigner et à évacuer les blessés.

L’intensification du conflit ces der­nières semaines a aggravé une situation huma­ni­taire qui était déjà pré­caire. Pendant plu­sieurs heures par jour, Gaza continue de subir des cou­pures de courant, que les hôpitaux pal­lient en faisant marcher leurs géné­ra­teurs. À l’intérieur de la bande de Gaza, il est dif­ficile, depuis quelques semaines, d’approvisionner en car­burant les hôpitaux et de constituer des stocks pour ali­menter leurs générateurs.

Santé : travailler sous pression

L’évacuation de cer­tains patients gra­vement blessés vers l’Égypte, par le poste-​​frontière de Rafah, a fait baisser la pression exercée sur les hôpitaux de Gaza, mais les prin­cipaux hôpitaux chi­rur­gicaux, notamment dans le nord de Gaza, conti­nuent de s’occuper de nom­breux blessés.

L’unité de soins intensifs de l’hôpital Shifa, situé dans la ville de Gaza, a pu res­tituer neuf lits qu’elle avait empruntés aux ser­vices de soins coro­na­riens, d’obstétrique et de gyné­co­logie, et à l’unité des brûlés pour faire face à l’afflux de blessés de guerre.

« Les struc­tures de santé à Gaza se trou­vaient déjà dans une situation cri­tique avant ces der­niers affron­te­ments », relève Eileen Daly, coor­don­na­trice sani­taire du CICR pour Israël et les ter­ri­toires occupés. « Les opé­ra­tions qui n’étaient pas urgentes ont été annulées, et la plupart des hôpitaux n’ont pu opérer que les cas les plus graves. Nous avons été en mesure de les aider dans cette crise, mais les pro­blèmes de fond demeurent. »

Le CICR continue de sur­veiller les stocks de médi­ca­ments et de matériel médical des hôpitaux et de les réap­pro­vi­sionner selon les besoins. La semaine der­nière, il a fourni des pan­se­ments, des sutures, des anes­thé­siants, des médi­ca­ments anti­douleur, du plasma, des draps de lit, des attelles et des ins­tru­ments de chi­rurgie aux prin­cipaux hôpitaux chi­rur­gicaux traitant les blessés. Le ministère pales­tinien de la Santé à Ramallah a organisé une col­lecte de sang en Cis­jor­danie, et le CICR se tient prêt à assurer l’acheminement du sang à Gaza.

Protection du personnel, des véhicules et des structures sanitaires

Le droit inter­na­tional huma­ni­taire précise que les struc­tures, les véhi­cules et le per­sonnel sani­taires doivent être res­pectés et protégés.

Der­niè­rement, lorsque les combats se sont inten­sifiés, l’évacuation des blessés s’est avérée dif­ficile et souvent dan­ge­reuse pour les équipes d’ambulanciers et de secou­ristes, qui dans cer­tains cas n’ont pas pu accéder pendant plu­sieurs heures aux zones tou­chées. Le CICR aide les équipes d’intervention d’urgence du Croissant-​​Rouge pales­tinien à Jabaliya à réin­tégrer leurs locaux et à réins­taller le système d’appel d’urgence. Durant les combats, le per­sonnel avait dû être évacué vers des lieux plus sûrs, à l’hôpital Al-​​Awda situé à proximité. En outre, une roquette tirée depuis Gaza a atterri dans l’enceinte d’un hôpital de la ville israé­lienne d’Ashkelon.

« La pos­si­bilité pour le per­sonnel médical de tra­vailler en sécurité en période de conflit, et pour les blessés de se faire soigner rapi­dement - qui qu’ils soient - est d’une impor­tance pri­mor­diale. C’est au coeur même de l’action du Mou­vement inter­na­tional de la Croix-​​Rouge et du Croissant-​​Rouge et de l’objectif du droit inter­na­tional huma­ni­taire », ajoute Eileen Daly.

Assistance aux familles

Les familles dont le foyer a été entiè­rement ou par­tiel­lement détruit pendant les combats sont actuel­lement hébergées par des parents ou des orga­ni­sa­tions locales.

Les col­la­bo­ra­teurs du CICR et les volon­taires du Croissant-​​Rouge pales­tinien ont déjà dis­tribué des colis de vivres, des matelas et des secours à plus de 200 personnes.

« Avec la pénurie de maté­riaux de construction dans la bande de Gaza, de nom­breuses familles auront beaucoup de mal à recons­truire leur maison. Pour cer­taines, ce sera peut-​​être même impos­sible », explique Karl Buehlmann, délégué du CICR chargé de la sécurité écono­mique dans la bande de Gaza. « Depuis juin dernier, le prix du sac de ciment est monté en flèche ; en effet, les stocks fluc­tuent à cause des res­tric­tions à la frontière. »