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Pour Damas, pas d’avancée avec Livni
publié le jeudi 25 septembre 2008 L’Orient le Jour ; l’Humanité Des officiels syriens estiment que Tzipi Livni va freiner les négociations indirectes entre Israël et la Syrie en vue d’un accord de paix entre les deux pays, selon le quotidien syrien Techrine.
Pour la deuxième fois depuis la victoire de Livni aux primaires de Kadima, le journal officiel syrien, sous la plume de son éditorialiste Issam Dari, s’en prend contre l’ex-ministre des Affaires étrangères, pour affirmer que les premiers signes « venant du Premier ministre désignée ne sont pas encourageants ». Revenant sur le passé familial et personnel de Tzipi Livni, le quotidien syrien affirme que ses parents étaient membres de l’Irgoun, alors qu’elle était un agent du Mossad. « Pouvons-nous espérer quelque chose de positif d’une personne dont la profession est le meurtre et dont la famille a éliminé (des Palestiniens) ? » se demande l’éditorialiste syrien qui donne enfin son avis sur la société israélienne « qui ne désire pas la paix ». [1] Quant à P. Barbancey, dans l’Humanité du 19 septembre, il évoquait L’ombre de Golda Meir sur la politique israélienne : Tzipi Livni a été propulsée de justesse à la tête de Kadima. Ex-agent du Mossad, elle est loin d’être une colombe. Elle va composer avec les autres partis pour tenter de devenir premier ministre. C’est donc un ancien agent du Mossad (en tant que conseillère juridique selon certains, en traquant des activistes palestiniens à l’étranger, selon d’autres), les services secrets israéliens de sinistre réputation, qui a été élue à la tête du parti Kadima. Tzipi Livni, déjà numéro 2 dans le gouvernement d’Ehoud Olmert en tant que ministre des Affaires étrangères, devient numéro 1 mais sa victoire a été obtenue d’une courte tête. Alors que les sondages sortis des urnes lui donnaient 10 à 12 points d’avance, Livni l’emporte avec un peu plus d’un point de marge sur son principal rival, le ministre des Transports, Shaul Mofaz, et n’a récolté que 20 000 voix. La favorite des Américains Le résultat final est donc un soulagement pour elle, qui avait revendiqué sa victoire quelques heures plus tôt devant ses partisans. Pour certains, d’ailleurs, la carrière de Tzipi Livni est l’aboutissement d’une machine politique bien huilée qui fonctionne grâce aux collaborateurs de son mari, l’homme d’affaires Naftali Spitzer, et ils se demandent dans quelle mesure elle pourra être vecteur de véritables changements en Israël. Les commentateurs politiques n’ont pas manqué d’ironiser sur le score remporté par cette politicienne dont on dit qu’elle a les faveurs de la secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice. Dans le quotidien Haaretz, Yossi Verter fait ainsi remarquer que la lauréate du concours télévisé Une étoile est née avait eu besoin de dix fois plus de suffrages pour l’emporter ! Légèrement plus sérieux, dans les mêmes pages, Amir Oren explique que « si elle dirigeait un groupe de rock on pourrait l’appeler "Tzipi and the Expectations" (Tzipi et les Attentes-NDLR). On l’attend pour former un gouvernement assez agile pour être stable, suffisamment large pour éviter des élections anticipées à la Knesset, assez compétent pour travailler et mettre en oeuvre une politique ». Le problème est assez bien résumé, en tout cas dans sa forme politicienne. « Je vais commencer dès demain (jeudi 18) à rencontrer les représentants des autres formations de la Knesset pour former au plus vite une nouvelle coalition stable face aux graves défis » auxquels Israël fait face, a immédiatement déclaré Livni. Kadima ne disposant que d’un quart des sièges à la Knesset, elle devra composer avec le Parti travailliste d’Ehoud Barak sur sa gauche et les partis religieux sur sa droite pour former un nouveau gouvernement et prendre le poste laissé vacant par Ehoud Olmert éclaboussé par des soupçons de corruption. Parmi les défis figurent « les menaces extérieures » sur la sécurité d’Israël, la nécessité d’« exploiter les chances » de faire avancer le processus de paix avec les Palestiniens et les « incertitudes économiques », dues aux retombées de la crise mondiale. Mais Livni n’est pas encore premier ministre. Si Olmert a annoncé son intention de démissionner, il restera en place jusqu’à la nomination de son successeur, ce qui prendra plusieurs semaines, voire plusieurs mois. De plus, Eli Yishaï, actuel vice-premier ministre et chef du parti ultra-orthodoxe Shass, dont dépend le sort de la future coalition, a déjà posé des conditions à la participation de son parti à un gouvernement Livni. Il a exigé qu’un tel gouvernement « écarte toute négociation sur l’avenir de Jérusalem ». Le statut futur de la partie orientale de la ville, annexée par Israël après sa conquête en juin 1967, constitue, avec le droit au retour des réfugiés, une des principales pierres d’achoppement dans les pourparlers avec les Palestiniens. Il a aussi exigé une hausse des allocations familiales (les juifs orthodoxes ont de très nombreux enfants). Aucune espérance pour l’avenir Autant de raisons qui font dire à de nombreux observateurs que Tzipi Livni aura bien du mal à éviter l’organisation d’élections anticipées, sauf à céder aux volontés des uns et des autres. Elle-même n’étant pas vraiment une colombe (elle dirige les négociations avec les Palestiniens, sans avancées réelles), c’est peu dire, dans ces conditions, que l’élection d’une nouvelle dirigeante à la tête de Kadima et peut-être du pays ne permet pas d’espérer une quelconque embellie sur le front de l’occupation pas plus que dans la perspective de création d’un État palestinien. Les références à Golda Meir, première femme israélienne premier ministre, ne sont pas non plus pour rassurer ! [2] |
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