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La maladie d’Israël
publié le samedi 20 septembre 2008

Le Monde
 
Depuis 1992, aucune législature n’est parvenue à son terme en Israël. L’affaiblissement continu des deux grands partis qui avaient dominé la vie politique depuis 1948 - le Parti travailliste et le Likoud - a profité à une myriade de formations catégorielles, communautaristes, grandement aidées par le système électoral proportionnel, prêtes à marchander l’appoint de leurs voix contre des rétributions budgétaires.

Il est des victoires au goût amer. Le succès étriqué et laborieux de Tzipi Livni pour la direction du parti centriste Kadima illustre une bonne partie des maux qui corrodent le système politique et la démocratie en Israël. La faible mobilisation, pour un scrutin pourtant crucial, et le poids

La ministre des affaires étrangères, Tzipi Livni, n’a pris la tête de Kadima qu’avec une courte avance, de 0,5 %, sur son rival Shaul Mofaz, lors des primaires organisées mercredi 17 septembre.

Quelle sera sa légitimité face à ses troupes, dont une solide minorité a préféré soutenir Shaul Mofaz, qu’on serait bien en peine de distinguer du Likoud ? Quel sera son poids face aux formations dont elle aura besoin pour bâtir une coalition, mais qui ont tout à gagner d’élections anticipées qui réduiraient certainement à la portion congrue l’actuel premier parti de la Knesset ?

Depuis 1992, aucune législature n’est parvenue à son terme en Israël. L’affaiblissement continu des deux grands partis qui avaient dominé la vie politique depuis 1948 - le Parti travailliste et le Likoud - a profité à une myriade de formations catégorielles, communautaristes, grandement aidées par le système électoral proportionnel, prêtes à marchander l’appoint de leurs voix contre des rétributions budgétaires. Ni le relèvement du seuil minimum pour obtenir des élus ni l’élection directe (entre 1999 et 2001) du premier ministre n’ont permis de réduire la fracture croissante entre l’opinion et ses représentants.

Au contraire, cette faille s’est élargie au rythme des "affaires" impliquant les premiers ministres successifs, de Benyamin Nétanyahou à Ehoud Olmert en passant par Ariel Sharon, sans parler des dizaines de députés et de ministres frappés par l’opprobre. Le parcours d’Olmert, cette somme stupéfiante de petits arrangements avec la morale et la loi, risque plus que jamais de détourner les Israéliens de la chose publique.

La démocratie israélienne est malade. Pour son malheur, ce mal ne touche pas un pays malmené par des questions banales de déficits publics ou de financement des retraites, mais une nation sommée de trouver le chemin de la paix et les compromis douloureux qu’il implique. Cela suppose une stabilité, une clarté et une légitimité qui, aujourd’hui, font cruellement défaut.

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