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Le « faucon » Shaoul Mofaz à la conquête des Israéliens
publié le samedi 9 août 2008 Serge Dumont Israël : L’actuel vice-premier ministre effectue une percée remarquée dans la course pour succéder à Ehoud Olmert [1].
« Si je remplace Ehoud Olmert à la tête du gouvernement il n’y aura pas d’élections législatives anticipées dans les prochains mois. Les partis de la droite nationaliste m’ont déjà donné leur accord pour constituer une coalition avec moi. » Candidat à la présidence de Kadima (la plus grande formation israélienne) et, de ce fait, à la fonction de premier ministre, le « faucon » Shaoul Mofaz (60 ans) effectue depuis quelques jours une percée spectaculaire dans les sondages. Il talonne sa collègue des Affaires étrangères que l’on disait « imbattable » et il risque de la coiffer au poteau à l’occasion des primaires organisées le 17 septembre prochain au sein de son parti. Modifier son image D’ici là, conseillé par l’expert électoral américain Arthur Finkelstein - un consultant qui a contribué au succès de Benyamin Netanyahou en 1999 -, il multiplie les réunions de terrain. Il tente de modifier son image d’homme austère, froid, et peu charismatique. Des « défauts » qui ne semblent pas déranger les nombreux Israéliens de la rue qui se précipitent à sa rencontre parce qu’ils le considèrent comme « un homme sérieux susceptible de garantir notre sécurité nationale ». « Est-ce que vous raserez l’Iran si ce pays se dote de l’arme nucléaire ? » lui demandait jeudi soir un enseignant de Rishon Le Tzion (grande banlieue de Tel-Aviv) où Shaoul Mofaz était en visite électorale. « Vous connaissez mon passé militaire. J’ai commandé une unité d’élite, j’ai été promu chef de l’Etat-major (ndlr : en 2002) puis ministre de la Défense dans le gouvernement d’Ariel Sharon. Vous pouvez donc me faire confiance, avec moi le pays sera en de bonnes mains. Je saurai faire ce qu’il faut le moment venu », lui a répondu le candidat. Pour l’heure, Shaoul Mofaz est vice-premier ministre et ministre des Transports chargé de la sécurité routière. Mais ses performances en la matière n’intéressent personne. Pas plus que ses orientations dans le domaine économique et social. « Bien sûr, Tzipi Livni et les autres candidats à la présidence de Kadima sont respectables. Mais qu’est-ce qu’ils y connaissent en matière de défense ? » lâche Avi Feldman, un employé dans une entreprise d’import-export. « Au Proche-Orient, on vous écrase si vous n’étalez pas votre force et votre détermination à l’utiliser. En ces matières, Shaoul Mofaz est exactement l’homme de la situation. » « En finir avec le Hezbollah » Lorsqu’il s’exprime, l’ex-général parle sur un ton monocorde. Mais son public n’en a cure, il est en admiration. « La trêve dans la bande de Gaza ne durera sans doute pas longtemps et, un jour ou l’autre, nous devrons en finir avec le Hezbollah qui réarme », affirme Irina Rodosvky, une podologue formée à Moscou. « Comme homme, il n’est pas mal du tout ce candidat, dommage qu’il ne sourie pas souvent et qu’il ne mette pas plus de chaleur dans ses propos ». « On se fiche de voir son dentier », s’emporte aussitôt Vladimir, son époux. « Ce qui compte, c’est qu’il sache ce qu’il faut faire au moment adéquat et que l’on ne se retrouve plus avec une catastrophe comme la dernière guerre du Liban. Le prochain conflit, il faudra la gagner dans les premières heures comme en 1967. » Généralement fort en gueule, bon nombre d’Israéliens sont impressionnés par le parcours militaire de l’ex-chef de l’Etat-major. Et par le fait qu’il ait fuit l’Iran avec sa famille à l’âge de 9 ans. « Les ayatollahs, il sait comment les traiter », dit Ouriel, un ingénieur en informatique. « Il me fait le même effet qu’Ariel Sharon, avec lui, je me sens rassuré. » Pourtant, ces dernières semaines, les propos martiaux de Shaoul Mofaz ont provoqué deux envolées successives du prix du baril de pétrole et donné à l’Iran une occasion de procéder à des tests de nouveaux missiles. « Ces réactions ne vous inquiètent pas ? » lui a demandé un élu municipal présent à la réunion de jeudi. « Ce qui me préoccupe c’est la sécurité d’Israël », a rétorqué le candidat à la présidence de Kadima sous les applaudissements d’un public conquis. [1] voir l’Orient le Jour Soupçonné de corruption, Olmert subit un cinquième interrogatoire de la police des fraudes Le Premier ministre israélien démissionnaire, Ehud Olmert, a été soumis hier à un cinquième interrogatoire policier sur son implication présumée dans une série d’affaires de corruption. Cet interrogatoire a été mené comme les précédents par la police des fraudes à la résidence officielle du chef du gouvernement à Jérusalem-Ouest. Il a duré plus de trois heures, selon des sources policières. Selon l’une d’entre elles, M. Olmert a été interrogé sur « l’ensemble des dossiers » qui font l’objet d’une enquête. La police soupçonne M. Olmert d’avoir reçu d’importantes sommes d’argent en liquide d’un homme d’affaires juif américain, Morris Talansky, alors qu’il était maire de Jérusalem entre 1993 et 2003, puis ministre de l’Industrie et du Commerce entre 2003 et janvier 2006. Il est aussi soupçonné de fraude dans une affaire de double facturation de billets d’avion, ainsi que l’achat d’une maison à Jérusalem-Ouest qu’il aurait acquise à un prix inférieur aux cours pratiqués. En outre, la police enquête sur un trafic présumé d’influence pratiqué par le Premier ministre alors qu’il était ministre de l’Industrie et du Commerce. Ce dernier interrogatoire est intervenu après l’interpellation et l’assignation à domicile, jeudi, pour 24 heures, d’un ancien conseiller de M. Olmert au ministère du Commerce. Cet ex-conseiller, Eldad Rothman, est soupçonné d’implication dans l’affaire de trafic d’influence. Son témoignage pourrait incriminer M. Olmert, soupçonné d’avoir nommé des proches politiques à la tête d’une institution relevant du ministère. La police pourrait demander au ministère public d’inculper M. Olmert pour ces affaires, vu la gravité des indices recueillis. Le Premier ministre avait annoncé le 30 juillet qu’il renoncerait à ses fonctions en septembre après l’élection d’un nouveau leader de son parti centriste, le Kadima. Les deux principaux candidats en lice sont la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, et le ministre des Transports, l’ancien ministre de la Défense Shaul Mofaz. La chef de la diplomatie israélienne a reçu jeudi un soutien de poids en la personne d’un ministre proche d’Ehud Olmert, dans sa course à la tête du parti Kadima et éventuellement à la présidence du Conseil. « Je soutiendrai la vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères dans sa candidature à la tête du Kadima et du prochain gouvernement », a déclaré le ministre des Finances, Roni Bar-On, membre important du Kadima. M. Mofaz, qui avait longtemps tergiversé à quitter le Likoud (droite) et rejoindre le Kadima au moment de sa formation fin 2005, passe pour un « faucon » bien qu’il se présente comme un « centriste ». Il dispose du soutien d’une grande partie de l’appareil de cette formation, qui déclare avoir plus de 70 000 membres. Selon la législation israélienne, il revient au président Shimon Peres de demander au prochain chef du Kadima de constituer un gouvernement. Ce dernier disposera de 42 jours pour réunir une majorité parlementaire. En cas d’échec, le président peut éventuellement désigner un autre député pour mener à bien cette mission, ou proposer au Parlement de voter une loi de dissolution de la Chambre. La législature actuelle s’achève normalement en novembre 2010. |
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