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Babel-sur-Loire en Palestine : une passerelle entre deux civilisations
publié le vendredi 25 juillet 2008 Mourad Guichard "L’accueil en Palestine fut au-delà de toutes espérances. Chacun s’est fait une joie de nous accueillir."
Les messagers orléanais de la mission « dessine moi une passerelle » [1] réunis sous la bannière Babel-sur-Loire sont effectivement arrivés à Battir, la ville palestinienne située à quelques encablures de Bethléem. À l’aéroport, deux des missionnaires aux "faciès douteux" ont été longuement interrogés. « Ils ont été interrogés pendant plus de deux heures sur les raisons de leur présence en Israël », raconte l’un des membres. « Ça a fini par passer, Mais il y a clairement des contrôles à la tête du client. Certaines personnes sont renvoyées directement ». Bonjour rudesse. Une fois cette barrière franchie, les six acolytes ont goûté les joies de l’accueil palestinien. À leurs dires, leurs hôtes furent curieux et chaleureux. « L’accueil en Palestine fut au-delà de toutes espérances. Chacun s’est fait une joie de nous accueillir. Il fallait, et il faut toujours se battre pour refuser de manger huit fois par jour ou pour faire la vaisselle… ». Après leur installation, Fred et ses amis ont visité Jérusalem et Bethléem. Ils en sont ressortis confortés dans leurs appréhensions de départ. « Jérusalem est interdite à une grande majorité de Palestiniens, notamment à tous ceux qui ont fait de la prison, c’est à dire beaucoup d’hommes », rapportent-ils. « Il y a des restrictions telles que ceux qui nous hébergent n’y ont pas mis les pieds depuis dix ans ». D’autres tracasseries matérielles sont au rendez-vous, comme l’approvisionnement en eau. « Ici, l’eau, acheminée par Israël, est coupée depuis deux jours. Chaque famille dispose d’un système de récupération de l’eau de pluie relié au système domestique. Après traitement, elle remplace l’eau courante ». Fort heureusement, côté projet, les choses avancent positivement. L’équipe a même reçu le soutien de la communauté de Battir pour son projet de centre de loisirs. « On n’hésite pas a nous prêter des outils, du matériel et même à proposer de gérer des ateliers », se réjouissent les militants associatifs. « Nous alternons les pratiques et les modes de fonctionnement : peinture, théâtre, musique, jeux, décoration du centre, récupération de matériaux dans le village. On essaie, quand cela est possible, de leur laisser le choix des ateliers, encore que certains jours, on leur impose un roulement pour qu’ils profitent également des ateliers vers lesquels ils ne seraient pas forcement allés ». Ainsi va la vie à Battir. Et les échanges culturels semblent également aller bon train. « L’échange prend forme grâce a l’alternance entre contes palestiniens et contes français. Le premier conte choisi est le Petit chaperon rouge, commun aux deux cultures ("Leila et le loup", ici), et nous répartissons les enfants en trois groupes : mime, théâtre et décors, accessoires et déguisements et musique. Puis nous les réunissons a la fin de la journée pour une représentation ». Si la langue constitue toujours un barrage, ce dernier tend à s’estomper. « Nous avons eu quelques difficultés à cause du langage, mais le soutien de personnes, ici, nous a permis de nous faire comprendre. Maintenant, nous avons un contact beaucoup plus intuitif avec les enfants, que l’on commence a connaître, et les activités que nous leur proposons suffisent à la compréhension ». [1] voir LibéOrléans du 11 juillet 2008 : Babel-sur-Loire en Palestine : une passerelle entre deux civilisations Les enfants palestiniens de la ville de Battir, située à quelques encablures de Bethléem, ont-ils matière à échanger avec leurs camarades orléanais de l’école Maxime Perrard ? Pour les six porteurs du projet culturel « dessine moi une passerelle » réunis au sein de l’association Babel-sur-Loire, la réponse ne fait aucun doute. Ils viennent d’atterrir en Palestine pour mener à bien ce projet mêlant graphisme, vidéo, urbanisme et jeux. « Nous souhaitons que les enfants palestiniens puissent donner leur propre point de vue sur leurs conditions d’existence », expliquent, de concert, Fred, Walid, Sina, Sandrine, Zach et Benaouda. Ils sont musicien, cadreur, monteur, animateur et voient, aujourd’hui, aboutir un projet né en décembre 2007. « En France, les enfants ont une conscience virtuelle et dégradée de la guerre », insiste Fred. « Ils ont la télé, les Dvd, la playstation », poursuit Sandrine. « Nous voulons les mettre face à une autre réalité de vie ». Passées les quelques tracasseries administratives liées au franchissement des check points et la difficulté, en France, de « faire comprendre aux potentiels bailleurs de fonds, le côté apolitique du projet », les voici plonger dans les travaux pratiques pour une durée de cinq semaines. Chaque vendredi, LibéOrléans, en duplex avec Battir, se fera l’écho de l’avancée du projet avec des témoignages, des instantanées et des vidéos captées par les animateurs de Babel-sur-Loire. Mourad Guichard Publié par Libération Orléans |
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