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Lettre au conseiller du président Sarkozy
publié le mardi 15 juillet 2008

Jean Claude lefort
 
A propos de Salah Hamouri et du deux poids deux mesures de l’Elysée

Monsieur le Conseiller,

Bien que, très étrangement sinon incorrectement, vous ne jugiez pas utile pour l’heure de répondre à mon courriel précédant concernant le cas du jeune Franco-palestinien, Salah Hamouri, frappé d’une peine de prison de 7 ans par un tribunal militaire israélien et pour lequel le Président s’était engagé à intervenir à l’occasion de sa visite récente en Israël, je reviens vers vous toujours sur le même sujet puisque la France reçoit très prochainement, à l’occasion de l’UPM, un très grand nombre de chefs d’Etats ou de gouvernements, parmi lesquels le Président syrien Bachar al-Assad et le Premier ministre israélien Ehud Olmert.

En effet, à l’occasion de la libération heureuse de Madame Ingrid Betancourt, le Président de la République française a affirmé publiquement qu’il profiterait de la présence prochaine en France du Président syrien pour poser fermement la question de la libération du Franco-israélien, le caporal Gilad Shalit, capturé sur son char et en uniforme près de Gaza. Il a dit en faire une question "prioritaire". Bien. Mais au nom de quel principe et de quelle morale ne fait-il pas de déclaration analogue concernant un autre otage français : le jeune Franco-palestinien Salah Hamouri, victime de l’occupation israélienne condamnée par l’ONU et qui, contraint de "plaider coupable" au risque sinon d’encourir une peine de prison supérieure, a été condamné par un tribunal militaire israélien à une peine de prison de 7 ans pour un "délit d’intention" ? Cela fait trois ans déjà qu’il est en prison.

Je fais remarquer que si je ne me désintéresse pas du sort du caporal Shalit - un Français qui participe à des actions militaires d’une force occupante, ce qui n’est pas rien - je n’entends pas que le cas autrement plus clair du jeune Salah Hamouri, qui n’a rien fait de tel et qui n’a jamais porté la moindre arme ou commis d’acte contre un Israélien, soit passé sous silence. Aussi la présence prochaine du Premier ministre Olmert doit-elle fournir l’occasion d’une intervention aussi ferme que celle envisagée vers le Président syrien concernant Gilad Shalit.

Sinon quoi ? Sinon il y aurait des Français "prioritaires" et d’autres qui ne le seraient pas ? Des civils victimes de l’arbitraire qui ne seraient pas retenus dans l’ordre des priorités et des militaires membres d’une armée occupante qui seraient l’objet d’une attention spéciale ?

Je suis pour ma part pour la libération des deux jeunes, Gilad et Salah, et cela à titre humanitaire. Des deux et non pas d’un seul. C’est une question de principe. J’attends donc qu’il soit fait de même pour Salah que pour Shalit. A toutes fins utiles je vous joins photocopie par mail séparé du passeport français du jeune Hamouri. Il est français. Et quand on est français on est pas français et quelque chose...

Je vous prie de croire en mes meilleurs sentiments et en mon bon souvenir.

Jean-Claude Lefort

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