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Ce qui est écrit
publié le dimanche 11 mai 2008

Kristen Ess, PNN
 
“Ce qui est écrit, c’est ce dont je me souviens des événements qui se sont produits à Tel Asafi, le jour où nous sommes partis, le jour où Israël s’en est emparé. ... C’était le premier jour du Ramadan, le jeudi 17 avril 1948. Ils avaient des armes lourdes, nous n’avions pas le choix. Mais ils ont dit que c’était pour une semaine."

De nombreux réfugiés de Tel Asafi ont tout d’abord pris la fuite vers le camp de Fawwar au sud d’Hébron en 1948, croyant qu’ils partaient pour une semaine seulement. Finalement ils ont passé une vie entière dans les camps de Bethléem. Abu Yasser vit parmi les blocs de ciment de l’un d’entre eux. Il a plus de 80 ans.

Sur la porte de son bureau il a écrit la date exacte où il a été chasse de son village de Tel Asafi. C’était un jeudi, le premier jour du Ramadan. “Ce qui est écrit, c’est ce dont je me souviens des événements qui se sont produits à Tel Asafi, le jour où nous sommes partis, le jour où Israël s’en est emparé. J’ai écrit le17 juin1948. Nous sommes partis sans rien prendre. Nous avons échoué à Bethléem où nous vivons encore à ce jour, et nous attendons de rentrer à Tel Asafi. C’était le premier jour du Ramadan, le jeudi 17 avril 1948. Ils avaient des armes lourdes, nous n’avions pas le choix. Mais ils ont dit que c’était pour une semaine.

Sans doute, tout le monde sait que nous voulons rentrer chez nous, que nous voulons tous retourner. Et pourquoi pas ? Nous sommes fatigués de l’injustice. C’est mal. Les êtres humains veulent vivre libres, ils veulent la liberté. Mais ce mot, cette idée, ne prennent aucune réalité. Pourtant nous gardons espoir.

“J’avais 22 ans quand nous avons fui. Ici aussi il y a du soleil, mais vous savez, le soleil chez moi, dans ma ville, il est plus beau. Le soleil à Tel Asafi est spécial. On dormait, on se reposait, on était heureux. J’étais avec mes amis, mes chers amis, et il reste aujourd’hui des amis et de la famille là bas. Mais ce soleil- ci, à Bethléem, il est pour Bethléem. J’attends de rentrer chez moi, je ne veux rien, seulement ça. Je veux vivre là bas et alors je serai pleinement heureux. Je me rappelle les choses comme un enfant maintenant. Sigmund Freud disait qu’après 70 ans on retourne à l’enfance. Maintenant j’ai 83 ans, et je me sens comme un enfant. Je rêve de ma maison.”

Makbula Asaar, une Palestinienne, est l’une de ceux qui vivent dans ce qui est actuellement Israël. C’est une photographe qui a documenté les destructions, il y a 60 ans, de plus de 400 villages palestiniens.

“Je m’appelle Makbula Asaar. Pendant 5- 6 ans, j’ai photographié les villages palestiniens détruits, les villes prises. Les photos sont sur Internet et le monde entier peut les voir. Comme ça, il est possible pour les réfugiés de ces villages de revoir leurs maisons, l’endroit d’où ils viennent et ce qui s’est passé.

“Dans cette exposition que j’ai commencée il y a deux ans, j’ai essayé de représenter les villages palestiniens exactement comme ils sont aujourd’hui. Ils viennent dans les camps, ici, les réfugiés, et aussi au Liban. Mon idée était simplement de leur montrer leurs maisons, où se trouvent maintenant leurs villages. Où ils se trouvaient, comment c’était. C’est, c’était la Palestine, et pourtant des Palestiniens ne peuvent pas aller voir leurs maisons. Alors j’ai essayé par les photos. Et j’ai essayé d’aller dans le plus de villages possible, de village en village, afin de tout montrer. Après je peux les mettre en ligne. C’est parfois la seule manière pour un réfugié de visualiser".

Ca fait 60 ans. Les Israéliens célèbrent ça. Bush va se joindre à eux. [1].

[1] de même que le président français et bien d’autres qui ferment résolument les yeux sur l’autre volet de l’histoire, le nettoyage ethnique qu’ils savent si bien dénoncer ailleurs.

publié par PNN

http://english.pnn.ps/index.php ?option=com_content&task=view&id=2753&Itemid=5

traduction et note : C. Léostic, Afps

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