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Mis en cause pour corruption, Ehoud Olmert refuse de démissionner s’il n’est pas inculpé
publié le vendredi 9 mai 2008

Alastair Macdonald , reuters
 
L’avenir politique du Premier ministre israélien Ehud Olmert est suspendu à un point d’interrogation jeudi après la divulgation par la police d’une enquête le visant pour des pots-de-vin se chiffrant à plusieurs centaines de milliers de dollars.

En pleine célébration du 60e anniversaire de la création de l’État d’Israël, la police a levé un embargo imposé aux médias depuis une semaine sur cette affaire explosive et dévoilé les détails de ses accusations.

Le Premier ministre a réagi dans la soirée en reconnaissant publiquement avoir reçu des dons pour ses campagnes électorales de la part d’un homme d’affaires américain, mais il a refusé de démissionner tant qu’il ne ferait pas l’objet d’une inculpation.

"Je le dis à chacun dans les yeux : je n’ai jamais pris de pots-de-vin, je n’ai jamais empoché un centime pour moi-même", a-t-il déclaré devant les caméras de télévision.

Alors que ses alliés soupçonnent une campagne de l’extrême droite pour saboter le précaire processus de négociation israélo-palestinien enclenché à la conférence d’Annapolis en novembre dernier, Olmert s’appuie sur une fragile coalition dont on ignore encore si elle le soutiendra.

Déjà au centre de plusieurs affaires de corruption dans lesquelles il nie toute malversation, celui qui se qualifiait l’an dernier d’"indestructible" a été interrogé vendredi dernier sur ces nouvelles accusations.

Jeudi, il a expliqué que tout l’argent liquide qu’il a reçu - chiffré à plusieurs centaines de milliers de dollars par une source judiciaire - avait été versé par l’homme d’affaires new-yorkais Morris Talansky pour financer plusieurs campagnes électorales s’étalant sur une dizaine d’années depuis 1993.

"J’ai été élu par vous, citoyens d’Israël, pour être Premier ministre. Je n’entends pas fuir cette responsabilité", a-t-il dit. "Cependant, même si la loi ne m’y oblige pas, si le procureur général décide de m’inculper, je démissionnerai."

Le chef du gouvernement, qui est âgé de 62 ans, a toutefois affirmé qu’il jugeait cette inculpation peu probable.

Le "blanchisseur"

Dans une brève allocution de six minutes, Olmert a expliqué que Talansky avait financé ses deux campagnes réussies pour la mairie de Jérusalem en 1993 et 1998, une tentative manquée de s’imposer à la tête du Likoud en 1999 et campagne pour une élection interne au Likoud en 2002. Il a ajouté que l’homme d’affaires l’avait aidé à "couvrir ses déficits" après ces élections.

Selon la police, "l’enquête porte sur des soupçons selon lesquels le Premier ministre a reçu d’importantes sommes d’argent de la part d’un étranger ou d’un certain nombre d’individus étrangers sur une période de temps étendue".

Talansky a été désigné par les enquêteurs comme un témoin clé avec Shula Zaken, secrétaire d’Olmert depuis de longues années, aujourd’hui assigné à résidence, et l’avocat Uri Messer, un proche du Premier ministre.

Une source policière précise que les enquêteurs ont déchiffré des notes codées prises par Shula Zaken qui seraient des reçus des sommes versées par Talansky, baptisé parfois le "blanchisseur".

En cas de démission, Olmert serait remplacé par son adjointe à la tête du parti centriste Kadima, la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, qui est étroitement impliquée dans le processus de paix avec Washington et les négociateurs palestiniens.

Kadima a été fondé par l’ancien Premier ministre Ariel Sharon et Ehud Olmert à leur départ du Likoud. Ronit Tirosh, une députée du parti centriste, a admis qu’elle était "peu à l’aise" face à ce nouveau scandale, mais elle a estimé qu’Olmert était toujours en capacité de continuer à diriger le pays.

Organisation caritative

Gideon Sahar, un proche du chef du Likoud Benjamin Netanyahu, a en revanche souhaité la démission d’un Premier ministre "indigne" en dénonçant un parti Kadima "noyé jusqu’au cou dans la corruption".

Ni Livni, ni le ministre de la Défense Ehud Barak, chef du Parti travailliste qui appuie Olmert, ne se sont encore exprimés sur la question.

Barak est pressé par des membres de son parti d’abandonner l’accord de coalition mais d’autres craignent des élections anticipées que Netanyahu pourrait remporter facilement.

Talansky, qui se trouve à Jérusalem, a indiqué qu’il avait livré des éléments à la police lors d’une visite en Israël le mois dernier, pour rendre visite à ses proches à l’occasion de la Pâque juive.

"Je n’ai jamais été impliqué en politique", a affirmé l’homme d’affaires, souriant et blaguant avec les journalistes israéliens. "Tout est OK. Je ne vois pas pourquoi on en fait tout un foin."

Les documents officiels montrent que Talansky était le trésorier d’une organisation caritative créée par Olmert en 1999, la Fondation pour un nouveau Jérusalem.

Cette institution a déclaré au fisc américain plus de 855.000 dollars de dons entre 1999 et 2002.

La Maison blanche a fait savoir qu’elle maintenait la visite de George Bush la semaine prochaine en Israël.

Reuters

Version française Jean-Stéphane Brosse relayé par Yahoo

titre : CL, Afps

http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080509/tts-israel-olmert-972e905.html

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