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Le cas de Salah Hamouri : l’universalité du droit prend fin là où commence Israël ?
publié le jeudi 8 mai 2008

AFPS
 
Alors que le président sarkozy, qui s’est engagé à apporter son concours à la libération de tous les Français soumis à d’injustes détentions dans le monde et à "les chercher où qu’ils se trouvent", reçoit, après la famille Bétancourt, ou celle du caporal Shalit, la famille d’une Française emprisonnée au Mexique, toujours rien pour la famille de Salah Hamouri...

Nicolas Sarkozy avait fait de la « rupture » la clé de voûte, la marque distinctive de sa politique lors de la campagne électorale. En matière de politique étrangère il avait clairement promis de faire de la défense des droits de l’Homme la dominante de l’action extérieure de la France.

Devenu Président de la République qu’en est-il exactement tandis qu’il a nommé une ministre dont la mission est de se consacrer totalement et uniquement à cette seule question ?

En tant qu’association dont l’objet est de militer pour la paix au Proche-Orient et de lutter, en conséquence, contre l’occupation israélienne dont est victime le peuple palestinien depuis 60 ans, nous pourrions relever avec précision une foule d’éléments qui contredisent le propos qui l’engageait.

Nous voudrions aujourd’hui ne retenir qu’un seul fait qui parle de lui même : la situation d’un jeune Français de 23 ans, en prison depuis trois ans dans les geôles israéliennes et qui vient d’être condamné par un tribunal militaire à 7 ans de prison ferme pour « délit d’intention » : le jeune Salah Hamouri.

Les interventions n’ont pas manqué pour exiger que la France demande sa libération. Rien n’y a fait. Les parents ont écrit au Président. Aucune réponse. Et pourtant la liste est longue des personnes pour lesquelles des interventions ont été faites vers l’étranger et qui ont reçu une attention toute particulière du Chef de l’Etat. Depuis le douloureux cas de Ingrid Bétancourt en passant par la libération demandée pour le caporal franco-israélien Gilad Shalit jusqu’à la grâce plaidée pour les membres de « L’Arche de Zoé » - tous ont reçu soutien et prise de position exigeante de la France. De même on apprenait tout récemment qu’une jeune Française, condamnée à près de 100 ans de prison au Mexique, verra sa famille reçue mercredi prochain par le Président en personne.

Tous ont reçu attention et ont fait l’objet d’actions du Chef de l’Etat, quelque soit l’origine de leur situation différente, tous sauf un : le jeune Salah Hamouri ! Les parents ont écrit au Président : pas de réponse. Encore moins la moindre invitation par le Chef de l’Etat. La secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme est interpellée suite à une lettre faite d’ignorances : pas de réponse non plus. Le ministre des Affaires étrangères de passage à Jérusalem en février dernier consacre tout juste trois minutes de rencontre à Madame Denise Hamouri, la maman.

Pourquoi donc cette situation ? Poser la question c’est y répondre. Toujours ce même et lancinant « deux poids, deux mesures » quand il s’agit de la Palestine et d’Israël. Insupportable.

L’Association France Palestine Solidarité (AFPS) tient à protester solennellement contre cette situation que rien ne justifie et ne peut justifier. Elle appelle solennellement les autorités françaises – spécialement le Président et le ministre des Affaires étrangères – à accorder toute leur personnelle attention à la situation du jeune Salah Hamouri. Elle demande que le même soin soit accordé à ce cas que celui qui est accordé aux autres. En particulier, alors que ce jeune a déjà fait 3 ans de prison pour rien dès lors qu’aucun délit ne lui est reproché par la puissance occupante dont nous mettons en cause le droit de procéder à cette parodie de justice, elle demande que la France demande instamment et urgemment aux autorités israéliennes la libération de Salah Hamouri.

3 ans cela suffit ! Libération de Salah Hamouri ! Voilà le message que le ministre des Affaires étrangères qui sera fin mai à Jérusalem doit faire passer après avoir reçu dignement la famille de Salah et c’est sans attendre sa visite de fin juin en Israël que le Président doit formuler à qui de droit cette même exigence.

AFPS, Paris, 7 mai 2008
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