|
Accueil
>>
Informations
>>
Brèves
>>
Jeux Olympiques : les Palestiniens à rude épreuve
publié le mardi 22 avril 2008 Zadok Yehezkeli Les sportifs qui représenteront la Palestine lors des prochains Jeux ne veulent pas être simplement des instruments politiques. Et ils regrettent cruellement l’absence de tout soutien pour se préparer aux épreuves.
Gadir Garouf, 17 ans, est une athlète de l’équipe olympique palestinienne et représente, pour beaucoup, le talent le plus prometteur de la sélection s’apprêtant à partir pour Pékin. Pourtant, elle s’entraîne avec sa vieille paire de baskets, car elle n’a pas les moyens de s’acheter ne serait-ce qu’une paire de chaussures de sport. Il y a trois ans, son entraîneur, Yusuf Hamed, avait réussi à mettre de côté une petite somme pour lui en acheter une nouvelle paire, mais la sportive les garde précieusement dans un placard en attendant le grand jour, refusant de risquer de les abîmer avant l’heure. "Je vois déjà la médaille, murmure-t-elle. Je sais que c’est impossible, mais j’ai le droit de rêver, non ?" L’équipe olympique représentant la Palestine mérite d’ailleurs bien le surnom de "dream team", "équipe de rêve", car ce sont bien leurs rêves qui font tenir ces sportifs dans un pays qui ne cesse ne les négliger, face à un gouvernement qui refuse de les financer. Le budget olympique de l’Autorité palestinienne ne permet même pas de couvrir les compléments vitaminés des athlètes, qui coûtent pas moins de 75 dollars par tête. La nageuse de la sélection, Zakiya Nassar, est dans une situation moins rose encore. Elle est la seule candidate aux Jeux à n’avoir accès à une piscine qu’une fois par mois – dans le meilleur des cas. Elle pleure beaucoup ces derniers temps, terrifiée à l’idée de se faire honte à elle-même et de faire honte à ses compatriotes : "Je devrais être heureuse et je vis un cauchemar, raconte Zakiya Nassar. Je refuse de réaliser une performance catastrophique et d’arriver dernière, et que tout le monde dise que j’ai manqué de me noyer." "Ça me ronge. Vous savez comment je verrai la piscine, à Pékin, après avoir nagé dans un bassin minuscule une fois par mois ? Comme un océan. Et l’Autorité palestinienne s’en moque complètement, tant que je suis là-bas pour représenter la Palestine. Ils ne veulent même pas m’obtenir les autorisations spéciales auprès des Israéliens pour que je puisse aller de Jénine à Jérusalem et m’entraîner dans une grande piscine, on dirait que c’est un problème qui ne concerne que moi." Coincé à Gaza Son entraîneur, Ibrahim Tahwil, qui accompagnait aussi l’équipe palestinienne aux Jeux d’Athènes, ressent la même douleur que sa nageuse. Depuis Atlanta, en 1996, premiers Jeux auxquels les Palestiniens furent autorisés à participer, les autorités profitent du financement du voyage par le Comité international olympique pour envoyer quatre athlètes à la manifestation, sans se préoccuper des critères sportifs. Ainsi, le plus rapide des coureurs de fond palestiniens, Nader Masri, affiche un record personnel sur 5 000 mètres de 14’24", soit près d’une minute de plus que le temps de qualification pour les JO. Mais la tribune politique gratuite que constitue l’envoi des sportifs, qui défilent avec le drapeau palestinien pendant la cérémonie d’ouverture, est un atout inestimable aux yeux de l’Autorité palestinienne. Reste que, pour Ibrahim Tahwil, les athlètes ne doivent pas être traités en simples porte-étendards. "Une fois, du temps d’Arafat, se souvient l’entraîneur, je suis allé le voir et il a donné des ordres pour que des fonds soient débloqués pour moi. Il comprenait que le sport pouvait être source d’honneurs pour les Palestiniens. Abbas, lui, ne fait rien pour nous aider." Le coureur Nader Masri demande désespérément de l’aide, lui aussi, même s’il aurait plus particulièrement besoin du soutien des Israéliens patrouillant aux frontières. Pour s’entraîner pour le 5 000 mètres, il court tous les jours dans son quartier, espérant envers et contre tout obtenir l’autorisation de quitter Gaza pour Jéricho, où il pourrait s’entraîner avec Yusuf Hamed. Nader Masri a tenté à de nombreuses reprises de passer les barrages : "Je les supplie de me laisser sortir. Je leur dis : ’Ne brisez pas mon rêve olympique : j’ai 28 ans, et je cours depuis dix ans dans ce but. Cela n’a rien à voir avec la politique. Je vous en prie.’" Responsable au ministère palestinien des Sports, Mohammed Sbeihat assure avoir déposé une demande d’autorisation pour Nader Masri en janvier, et envoyé par la suite des rappels soulignant l’urgence de l’affaire. Shadi Yassin, porte-parole de l’armée israélienne, confirme que la demande a bien été reçue mais qu’elle était présentée sans préciser qu’il s’agissait d’une préparation en vue des Jeux olympiques ; selon le porte-parole, les autorités israéliennes mettent actuellement tout en œuvre pour que cette autorisation soit délivrée. Yediot Aharonot (Tel-Aviv), publié en français par Courrier international http://www.courrierinternational.com/gabarits/html/default_online.asp |
ImpressionEnvoyer par mail
|
|
L'AFPS soutient le peuple Palestinien
dans sa lutte pour la réalisation de ses droits nationaux. Elle agit
pour une paix réelle et durable, fondée sur l'application du droit international.
Lire la charte
|
||
|
Dans une volonté d'information large, afin que nos lecteurs puissent
avoir des outils d'analyse de la situation en Palestine et aussi en Israël, l'Afps traduit et publie des auteurs divers.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle de l'Afps.
|
||
|
Site conçu avec le logiciel libre SPIP.
|