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Derrière le mur, 40 ans de colonisation par Israël decryptés
publié le mardi 1er avril 2008 Augustin Scalbert Film inédit du Palestinien Mohammed Alatar, "Le Mur de fer" revient sur les ressorts profonds de l’occupation des territoires par les colons juifs et sur les conséquences de la construction du mur de séparation. (pour voir les vidéos sur Rue89, cliquez sur le lien ci-dessous)
Entre deux sorties le long du mur, les déclarations d’idéologues ou de politiciens israéliens sont confrontées à l’avis des Palestiniens et aux commentaires d’Israéliens -militants, soldats et même colons- très critiques vis-à-vis de cette situation. "Le Mur de fer" est un film coup de poing. D’abord par les images de violence et de détresse qu’il montre. Mais aussi parce qu’il ne se contente pas de relater les nombreuses vexations subies par les Palestiniens à cause de cette lame de béton venue déchirer leur terre. Il les replace dans l’histoire du sionisme et de l’Etat juif, pointe la responsabilité de l’ensemble des gouvernements israéliens depuis 1967 et enfonce le clou : ce mur, officiellement "barrière de sécurité", est là pour figer l’annexion de territoires bien au-delà des limites fixées par l’ONU en 1949. En 1993, avant les accords d’Olso, le nombre de colons s’élevait à 50000. Ils sont dix fois plus nombreux aujourd’hui. Entre-temps, on a entendu Ariel Sharon déclarer, en 1998 : "Tout le monde doit se précipiter [...] parce que ce que nous prenons maintenant, nous le garderons." Pour Mohammed Alatar comme pour de nombreux Palestiniens et militants israéliens, c’est là la vraie justification de la construction du mur. Et pas "la sécurité", comme l’affirme le gouvernement du pays. Le professeur Jeff Halper, du Comité israélien contre les démolitions de maisons, résume ce sentiment (voir la vidéo). Localités encerclées par le mur, oliveraies arrachées, colonies déversant leurs eaux usées sur les champs palestiniens... Le film, qui dure 52 minutes, s’arrête aussi un long moment à Hébron, où vivent, au milieu de 450000 Palestiniens, 450 colons particulièrement fanatiques (voir la vidéo). La particularité du "Mur de fer" est qu’il a été produit par une ONG palestinienne, Palestinian agricultural relief committees, et qu’il est relayé en France par la plateforme des ONG françaises pour la Palestine (Médecins du Monde, Ligue des droits de l’Homme, Secours Catholique...). Le réalisateur étant aux Etats-Unis, un porte-parole de cette plateforme, Maxime Guimberteau, fait le point pour Rue89 sur la construction du mur (voir la vidéo). C’est donc une expression de l’idéologue sioniste de droite Vladimir Jabotinsky qui donne son nom au film, et l’ouvre avec cette citation : "La colonisation sioniste doit soit prendre fin, soit aller de l’avant, sans tenir compte de la population locale. Ce qui signifie qu’elle ne peut progresser et prendre de l’ampleur que sous la protection d’une puissance qui ne dépend pas de la population locale, à l’abri d’un mur de fer que la population locale ne peut franchir." Le concept de "mur de fer" forgé par le penseur sioniste en 1923 désignait une armée juive, dont il souhaitait la création, et pas du tout un vrai mur. Mohammed Alatar montre que soixante ans après la naissance d’Israël, cet Etat a peu à peu appliqué au pied de la lettre les idées de Jabotinsky, inspirateur de l’Irgoun et fondateur d’une organisation de jeunesse radicale, le Betar. ► "Le mur de fer", de Mohammed Alatar. (Du Touquet), publié par rue89 http://rue89.com/2008/03/28/figra-ii-derriere-le-mur-40-ans-de-colonisation-en-israel-decryptes |
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