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Le Proche-Orient est passé près de la guerre en 2007
publié le vendredi 15 février 2008 A. Ba. Des diplomates et spécialistes du renseignement lèvent le voile sur le bombardement par Israël d’un centre clandestin de production de plutonium le 6 septembre 2007.
Est-on passé tout près d’une conflagration majeure au Proche-Orient, le 6 septembre 2007 ? C’est ce que croient savoir des diplomates et spécialistes du renseignement, qui lèvent le voile sur le bombardement par Israël, ce jour-là, d’un centre clandestin de production de plutonium mis en œuvre par la Syrie avec l’aide de la Corée du Nord. La construction de ce site, dans une région agricole de l’est de la Syrie, aurait commencé en 2001. Surmonté d’un toit à l’allure anodine, le bâtiment est longtemps passé inaperçu avant d’être détecté par les Israéliens qui y ont dépêché un commando en reconnaissance, puis y ont envoyé quatre chasseurs bombardiers pour le détruire. Le lendemain, 7 septembre, Tsahal était en alerte dans l’attente d’une éventuelle riposte de missiles syriens. Les mires israéliennes étaient réglées sur le palais présidentiel de Damas. Les Syriens n’ont finalement pas bougé, recouvrant de sable le site bombardé comme le montrent les photos satellites. Dans le magazine américain New Yorker, le journaliste Seymour Hersh, qui vient de consacrer un long article à cette affaire, souligne que, durant son enquête, de nombreux officiels lui ont confirmé ne pas disposer de preuves selon lesquelles la Syrie conduirait un programme nucléaire militaire. Selon le chef de l’AIEA, Mohammed ElBaradei, « il est peu probable que le bâtiment (détruit par les Israéliens) était un site nucléaire ». En revanche, écrit Seymour Hersh, « il est évident que ce raid contre la Syrie était aussi un avertissement et un modèle dans la perspective d’une attaque contre l’Iran ». En dépit du flou qui persiste autour de cette mystérieuse affaire, celle-ci est invoquée par les Occidentaux pour souligner le sérieux de la menace iranienne. À Paris, on souligne que le site en Syrie n’a pas été repéré, pendant plusieurs années, ni par l’AIEA, ni par les Américains, ni par les Israéliens. « Rien ne prouve que l’usine de Natanz, dans le sud-ouest de l’Iran, soit la seule installation où Téhéran procède à l’enrichissement », souligne-t-on. |
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