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La situation des Droits Humains dans les Territoires Palestiniens Occupés par Israël
publié le dimanche 7 novembre 2004

Communiqué de presse des Nations-unies
 
Déclaration de M. John Dugard Rapporteur Spécial sur la Situation des Droits Humains dans les Territoires Palestiniens Occupés par Israël depuis 1967

Il y a des similitudes et des différences entre l’apartheid sud-africain et la situation dans les territoires palestiniens occupés.

Mais une des similitudes est évidente. Le comportement d’Israël dans les territoires occupés pose le même type de défi à la crédibilité des droits humains internationaux que l’apartheid avait posé dans les années 1970 et 1980.

Il y a des violations globales, flagrantes et systématiques des droits humains et de la loi humanitaire internationale dans les territoires palestiniens occupés, commises non pas par des milices indisciplinées et incontrôlées mais par une des armées les plus disciplinées et sophistiquées du monde moderne, armée dirigée par un gouvernement stable et discipliné.

Dans ma déclaration, je traiterai seulement de deux problèmes : premièrement, les conséquences du Mur qu’Israël est en train de construire dans les territoires occupés et, deuxièmement, les assauts sur Gaza.

En juillet 2004, la Cour internationale de Justice a déclaré que le Mur était illégal et a demandé à Israël de le démanteler. Mais Israël n’a ni démantelé le Mur ni arrêté de le construire. Tout au contraire,il continue à le construire. De plus, malheureusement, les assauts sur Gaza ont fait oublier le refus d’Israël de se conformer à l’Opinion Consultative de la Cour Internationale de Justice.

Les graves conséquences du Mur

Premièrement, il consolide et encourage les colonies israéliennes illégales en incluant la plupart des colonies dans une « zone fermée » -la zone entre le Mur et la Ligne Verte qui constitue la frontière entre la Palestine et Israël.

Les colonies poussent rapidement. La population de colons a augmenté de 5.3% la dernière année à comparer avec l’augmentation de la population de 1.4% en Israël même. En août, le gouvernement israélien a délivré 2.167 permis pour la construction d’appartements en Palestine pour des colons israéliens. Inévitablement, cette approbation vis-à-vis des colonies a eu pour conséquence une augmentation de la violence de colons envers les Palestiniens. Une violence dont l’état d’Israël est responsable.

Deuxièmement, la Mur a pour conséquence des saisies de terre palestinienne. Les régions de Tulkarem et Qalqilya ont déjà subi la confiscation des meilleures terres agricoles de la Palestine et de ses ressources d’eau.

Israël est maintenant en train de saisir Jérusalem Est en construisant un Mur autour du Grand Jérusalem afin d’y inclure des colonies et des parties palestiniennes de Jérusalem Est. Quelques 60.000 Palestiniens, vivant dans les faubourgs externes de Jérusalem, du côté cisjordanien du Mur, n’auront plus accès aux écoles, aux hôpitaux et à l’emploi. Le Mur va séparer les familles.

Troisièmement, le Mur gêne la liberté de mouvement. Les Palestiniens qui vivent du côté cisjordanien du Mur n’auront pas accès à leurs terres situées de l’autre côté du Mur c’est-à-dire dans la « zone fermée », sans permis.

Les permis sont souvent différés (refusés) en particulier aux jeunes hommes qui devraient cultiver la terre mais qui sont considérés comme une menace sécuritaire. De plus, les portes qui donnent accès à la zone fermée sont administrées de façon arbitraire et restent souvent fermées aux heures d’ouverture prévues. Le système de permis peut être comparé aux « loi du pass » de l’apartheid, mais contrairement au système de l’apartheid (qui été administré de façon brutale mais uniforme) le régime du Mur est caractérisé par son côté arbitraire et son manque de logique.

Le Mur n’a pas seulement pour but la sécurité. Ce but pourrait être atteint en construisant le Mur le long de la Ligne verte ou dans le territoire israélien. Mais il semble plutôt être conçu dans le but de saisir des terres pour les colons présents et futurs, c’est-à-dire pour l’état d’Israël. Il semble aussi être conçu pour provoquer un exode de Palestiniens des zones adjacentes au Mur. N’ayant plus d’accès à leurs terres, leur vie devenant misérable à cause de la présence militaire israélienne, ils ont déjà commencé à émigrer dans ce qui reste de la Palestine.

Les attaques contre Gaza

Cette dernière année, Israël s’est engagé dans une politique de terre brûlée à Gaza. Rafah, Beit Hanoun et Jabalya ont tous subi la force de l’armée israélienne.

Au mois de mai, 298 bâtiments dans lesquels logeaient 710 familles ont été détruites et plus de 50 personnes tuées à Rafah. Ces quatre dernières années, suite aux violences de l’armée israélienne, 16.000 personnes sont devenues des sans-abri à Gaza c’est-à-dire 10% de la population de la ville.

En octobre, 130 personnes ont été tuées, plus de 400 blessées et environ 90 maisons ont été détruites par l’armée israélienne à Jabalya. De grandes parties de Rafah, Jabalya et Beit Hanoun ainsi que d’autres zones de Gaza ont été détruites d’une manière injustifiée et inutile. Des bulldozers ont arraché sauvagement avec un étalage de force brutale, le revêtement des routes ainsi que les réseaux d’électricité, d’eau et d’égouts.

La force utilisée était disproportionnée et excessive avec un manque total de prise en compte des personnes touchées. La plupart des tués et des blessés étaient des civils. De jeunes enfants ont reçu des balles alors qu’ils étaient en classe. Une de ces enfants, Iman al-Hams, a été exécutée brutalement alors qu’elle marchait innocemment vers son école.

Gaza est une prison et tous ces habitants sont les prisonniers d’Israël. Quand (et si) Israël retire ses colonies de Gaza, cette dernière restera néanmoins sous contrôle israélien. Il est donc important que la communauté internationale fasse comprendre à Israël que celui-ci sera toujours assujetti aux obligations contenues dans la Quatrième Convention de Genève en ce qui concerne Gaza.

Israël a des soucis de sécurité réels et légitimes. Mais Israël a profité de la paranoïa du terrorisme non étatique dans certains pays pour s’embarquer dans un règne de terrorisme d’état dans les territoires palestiniens occupés. Dans ce processus, tout le système de la Charte basé sur l’interdiction de l’utilisation de la force, l’autodétermination, les droits humains et le respect des règles de loi, est méprisé.

New York, 28 octobre 2004

United Nations (texte intégral) : http://www.un.org/News/Press/docs/2004/gashc3794.doc.htm

59ième session de l’Assemblée Générale (GA/SHC/3794) Troisième Comité, Article 105 (c)

traduction Ana Cleja

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