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Réunion d’Annapolis : Abbas fait part au roi Abdallah de son scepticisme
publié le samedi 17 novembre 2007

L’Orient Le Jour et dépêches
 
Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s’est entretenu hier près de Ryad avec le roi saoudien Abdallah et lui a fait part de son scepticisme au sujet de la réunion internationale de paix prévue fin novembre aux États-Unis, selon une source diplomatique.

Au cours de leur conversation, Abbas a souligné que les Palestiniens étaient « mécontents de l’attitude de la partie israélienne, car les Israéliens n’ont rien offert qui serait en mesure d’assurer le succès de la conférence », a affirmé à l’AFP l’ambassadeur palestinien à Ryad, Jamal al-Shobaki. Il a estimé auprès du roi saoudien que les États-Unis devaient « faire pression sur Israël, l’obliger à se conformer (...) à la feuille de route, l’initiative de paix arabe et les résolutions de l’ONU », a ajouté cette source. M. Shobaki a ajouté que le roi Abdallah s’était dit d’accord avec M. Abbas sur le fait qu’Israël n’avait « présenté aucune réponse sérieuse qui puisse contribuer au succès de la conférence » [1].

M. Abbas effectuait une brève visite en Arabie saoudite au moment où négociateurs palestiniens et israéliens tentent d’élaborer une déclaration commune qu’ils espèrent présenter lors de la réunion internationale sur le Proche-Orient, laquelle doit se tenir d’ici à la fin du mois à Annapolis, près de Washington.

L’Arabie saoudite a refusé de confirmer si elle participerait ou non à cette réunion voulue par les États-Unis. Elle réclame que les sujets de fonds du conflit israélo-palestinien figurent à l’ordre du jour [2].

La secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice pourrait effectuer d’ici à la réunion une nouvelle tournée dans la région afin de rapprocher les positions des Israéliens et des Palestiniens sur l’élaboration d’un document commun. Ce texte servirait de base aux futurs pourparlers de paix suivant la réunion d’Annapolis, en vue d’un règlement permanent du conflit israélo-palestinien.

Côté israélien, le Premier ministre Ehud Olmert devrait demander lundi à son cabinet d’approuver la libération de 500 prisonniers palestiniens avant la réunion internationale de paix, a indiqué hier un responsable. « Le gouvernement votera lundi sur la libération de 500 Palestiniens des prisons israéliennes », a déclaré à l’AFP ce responsable parlant sous le couvert de l’anonymat. Ces libérations sont présentées par Israël comme un geste à l’égard du président palestinien Mahmoud Abbas avant la réunion d’Annapolis. Il s’agit surtout de détenus membres du Fateh, le parti de M. Abbas, qui ne sont pas impliqués dans des attaques ayant causé la mort d’Israéliens.

Israël détient plus de 11 000 prisonniers palestiniens et leur libération est l’une des principales revendications de l’Autorité palestinienne dans les négociations en cours. Les Palestiniens demandent un geste plus significatif. Après le vote de lundi, la liste des prisonniers libérables devrait être arrêtée par une commission ministérielle ad hoc. Israël a déjà libéré environ 350 prisonniers, en juillet et octobre.

Bush participera à la réunion d’Annapolis

Enfin, le président américain George W. Bush et la secrétaire d’État Condoleezza Rice participeront à la réunion d’Annapolis, a annoncé hier la Maison-Blanche. Les États-Unis doivent encore fixer officiellement la date de cette réunion, destinée à relancer le processus de paix israélo-palestinien. Des sources diplomatiques américaine, israélienne et européenne s’accordent sur la date du mardi 27 novembre.

[1] Selon Reuters, repris par PNN, Ehud Olmert a énoncé publiquement une nouvelle condition préalable à des pourparlers de paix avec les Palestiniens : que ceux-ci reconnaissent Israël comme "l’Etat du peuple juif".

"Nous n’acceptons aucunement des conditions de ce type", a aussitôt rétorqué Salam Fayyad, Premier ministre du président palestinien Mahmoud Abbas.

Le principal négociateur palestinien, Saëb Erekat, a lui aussi rejeté l’exigence israélienne, qui complique encore les préparatifs de la conférence de paix que les Etats-Unis s’efforcent d’organiser à la fin du mois.

Prévue à Annapolis, dans le Maryland, cette réunion doit donner le coup d’envoi de négociations sur les principaux contentieux : frontières du futur Etat palestinien, statut de Jérusalem et sort des réfugiés palestiniens de 1948.

Olmert a formulé son nouveau préalable lors d’une entrevue avec le chef de la diplomatie européenne, Javier Solana, ont fait savoir les services du Premier ministre israélien.

Il a insisté devant le diplomate espagnol pour que "le fondement des négociations d’après-Annapolis avec les Palestiniens soit la reconnaissance de l’Etat d’Israël comme l’Etat du peuple juif".

Cette controverse a émergé lundi lorsque Saëb Erekat a déclaré que les Palestiniens n’acceptaient pas Israël en tant qu’"Etat juif", définition susceptible de permettre à Israël d’évacuer la question du retour des réfugiés de 1948 dans leurs foyers d’origine.

Israël outrepasse la Feuille de route

La mise au point d’Olmert laisse toutefois une porte entrouverte à des tractations diplomatiques sur cette question dans la mesure où le Premier ministre israélien a utilisé la formule "Etat du peuple juif" plutôt qu’"Etat juif".

Interrogé sur les propos d’Olmert, Erekat a accusé le dirigeant israélien d’exiger des Palestiniens des conditions outrepassant celles figurant dans la "feuille de route" acceptée par les deux parties en 2003.

Ce plan de paix concocté par le Quartet des médiateurs internationaux - USA, Onu, UE, Russie - "nous demande de nous engager de façon non équivoque à reconnaître le droit de l’Etat d’Israël à exister", a-t-il souligné.

"Il ne fait nulle mention de la nature de la religion", a-t-il précisé en ajoutant : "Les Israéliens peuvent s’appeler comme ils veulent, nous, nous avons reconnu l’Etat d’Israël."

Les Palestiniens demandent de leur côté à Israël de remplir ses propres obligations aux termes de la feuille de route, dont le gel des activités de colonisation et le démantèlement des colonies sauvages en Cisjordanie.

De source autorisée israélienne, on assure qu’Israël devrait annoncer bientôt une réduction des activités de colonisation, dont on ignore si elle affectera les principales colonies qu’il entend conserver dans le cadre d’un accord de paix.

On précise de même source que des collaborateurs d’Olmert se trouvent actuellement à Washington pour discuter de cette question et "voir en détail comment interpréter" la clause de la feuille de route sur le gel des colonies.

Si elle est susceptible de braquer un peu plus la droite israélienne contre Olmert, l’annonce de restrictions à la colonisation pourrait en revanche contribuer à convaincre des pays comme l’Arabie saoudite de participer à la conférence d’Annapolis, comme le souhaite Washington. http://french.pnn.ps/index.php ?option=com_content&task=view&id=1601&Itemid=1

[2] Quant à la Syrie, selon Haaretz, repris par Courrier international, "invitée surprise de la conférence d’Annapolis ?" http://www.courrierinternational.com/article.asp ?obj_id=79821

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