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Le Hamas ne légitimera pas son pouvoir par la force des armes
publié le jeudi 15 novembre 2007 Al-Ayyam... "A la lumière des événements sanglants qui ont marqué la commémoration du troisième anniversaire du décès du chef historique du mouvement de libération de la Palestine, Yasser Arafat, il apparaît qu’on ne peut plus parler d’une lutte entre le Fatah [parti au pouvoir] et le Hamas [mouvement islamiste qui a pris le contrôle de Gaza le 15 juin]. En réalité, la confrontation oppose désormais les défenseurs du patriotisme palestinien à un groupe de fondamentalistes extrémistes qui bénéficie de soutiens au niveau régional et international nuisibles au peuple palestinien, à leur image et à leur cause", estime le quotidien palestinien Al-Ayyam, édité à Ramallah. Lors du rassemblement de centaines de milliers de Palestiniens qui s’est tenu lundi 12 novembre, les militants du Hamas ont ouvert le feu, faisant 7 morts et 130 blessés. "Les participants au rassemblement d’hier ne pouvaient pas être tous des membres du Fatah ou des partisans d’Arafat. S’ils sont venus nombreux à cette commémoration, c’est pour exprimer leur appartenance à la nation palestinienne. C’est ce sentiment qui l’emportera face à l’islam politique, même si le prix est élevé", poursuit le journal, qui réclame une enquête sur le déroulement des événements pour "désigner les responsables et les traduire devant la justice". [1] [2] [3] Par ailleurs, selon l’Orient le Jour Le Hamas a lancé hier un vaste coup de filet dans les rangs du Fateh à Gaza, où un deuil a été observé au lendemain de la mort de sept personnes tuées par les miliciens islamistes. En outre, des analystes constatent que les méthodes musclées du Hamas et la détérioration de la situation économique suscitent une grogne populaire à l’égard du groupe islamiste au pouvoir à Gaza. La vague d’arrestations du Hamas est intervenue plusieurs heures après la tenue, dans la ville de Gaza, de la plus grande manifestation depuis la création de l’Autorité palestinienne en 1994, organisée à l’occasion du 3e anniversaire de la mort du chef historique Yasser Arafat. Sept Palestiniens ont été tués et 130 blessés, dont des femmes et des enfants, par les tirs du Hamas lors de heurts qui ont éclaté alors que des centaines de milliers de manifestants se dispersaient. Des miliciens en civil ou en uniforme du Hamas ont tiré sur les manifestants, dont certains scandaient des slogans contre le mouvement et lançaient des pierres sur sa police. Selon le porte-parole de la Force exécutive, la police du Hamas, environ 200 personnes ont été arrêtées. « Ceux qui ont été interpellés (...) sont les organisateurs de la manifestation », a affirmé à l’AFP Islam Chahwane. « Ils sont actuellement entre les mains de la Sécurité intérieure et rentreront chez eux probablement ce soir », a-t-il précisé, assurant que ces interpellations avaient été menées pour les besoins d’une « enquête » sur les « émeutes » de lundi. Le Hamas a assuré que ces arrestations n’étaient pas politiques mais dirigées contre ceux qui avaient « troublé l’ordre et la sécurité publique, semé le chaos et poussé aux émeutes ». Un porte-parole du Fateh à Gaza, Hazem Abou Chanab, a fait état de 400 arrestations de « membres et cadres » du parti. Pour le directeur du centre de défense des droits de l’homme Damir, Khalil Abou Chamallah, « les arrestations de dirigeants du Fateh indiquent que le gouvernement du Hamas veut interdire toute activité du parti Fateh qui pourrait montrer sa force dans la rue et influencer la situation à Gaza ». Le chef de l’aile politique radicale du Hamas à Gaza, Mahmoud Zahar, a d’ailleurs appelé son mouvement à « prendre toutes les mesures nécessaires, en coopération avec les services de sécurité officiels, pour éviter que ces troubles ne se répètent ». Le président Mahmoud Abbas a, quant à lui, dénoncé les « crimes horribles commis par une bande de rebelles sous les yeux du monde entier ». La presse palestinienne a stigmatisé le « massacre » commis, selon elle, par le Hamas. Hier, de nombreux magasins et écoles de la bande de Gaza sont restés fermés en signe de deuil. À Ramallah et à Bethléem, en Cisjordanie, environ 3 000 personnes ont manifesté à l’appel du Fateh et dénoncé le Hamas. À la suite de ces événements, plusieurs analystes ont constaté que les méthodes musclées du Hamas et la détérioration de la situation économique suscitent une grogne populaire à l’égard du groupe islamiste, à Gaza. « La grande mobilisation d’hier (lundi) s’explique largement par le fait que les gens commencent à en avoir assez du Hamas », estime Abdelnasser Srour, professeur de sciences politiques à l’université al-Aqsa de Gaza. Affirmant que les voix les plus modérées au sein du Hamas « sont étouffées », il juge que le mouvement islamiste « ne jouit plus de la grande popularité dont il pouvait se targuer auparavant (...). On a l’impression que c’est une machine de peur et de terreur qui contrôle Gaza (...). Cela attise les haines ». Pour le politologue Naji Chourrab, le rassemblement « sans précédent » est une expression populaire « du rejet de la division, de la violence, de la logique de force et du blocus ». « Les gens n’ont pas participé parce qu’ils sont pro-Fateh, même si cela peut refléter une hausse de sa popularité et une baisse de celle du Hamas », ajoute-t-il. Moukhaimar Abou Saada, professeur de sciences politiques à l’université al-Azhar de Gaza, en convient. « C’est un message de colère des masses palestiniennes et des partisans du Fateh face aux divisions et de rejet des agissements des forces du Hamas à Gaza », explique-t-il. Indépendamment des obédiences politiques des uns et des autres, le simple exercice du pouvoir par le Hamas l’expose à la vindicte publique. « Les gens sont confrontés aux difficultés économiques, au gel du versement des salaires et au bouclage. Sans réfléchir, ils imputent cela au Hamas car c’est lui qui est au pouvoir », souligne enfin Walid al-Moudallal, professeur de sciences politiques et d’histoire à l’Université islamique de Gaza. [4] [1] publié parCourrier international http://www.courrierinternational.com/article.asp ?obj_id=79648 [2] voir aussi l’article de Pierre Barbancey dans l’Humanité du 13 novembre : Gaza : l’hommage populaire à Arafat tourne au drame Le Hamas a ouvert le feu faisant plusieurs morts et une centaine de blessés. Les exigences d’Israël minent les efforts de paix en vue de la conférence d’Annapolis. La rupture entre le Hamas et le Fatah semble plus que jamais consommée après ce qui s’est passé hier dans la bande de Gaza. Alors que plusieurs centaines de milliers de personnes se dispersaient après avoir participé à un rassemblement organisé pour commémorer le troisième anniversaire de la mort de Yasser Arafat, des tirs ont éclaté. Au moins six Palestiniens ont été tués et une centaine d’autres ont été blessés. Les responsables du Fatah ont immédiatement imputé la tuerie aux policiers du Hamas alors que ces derniers ont affirmé n’avoir fait que répliquer à des tirs qui les visaient. Ces crimes n’entameront pas notre détermination Quelques minutes auparavant, les manifestants scandaient des slogans anti-Hamas, qualifiant le mouvement de « chiite », allusion au soutien que lui accorde l’Iran. Dans une allocution lue avant les tirs au nom de Mahmoud Abbas, un chef du Fatah à Gaza a dénoncé « les crimes » commis par le mouvement islamiste. « Nous disons au Hamas et à ses milices armées, arrêtez vos crimes. Ces crimes n’entameront pas notre détermination. (…) Nous appelons le Hamas qui a opéré un putsch à faire marche arrière et à cesser ces agissements criminels. » La foule, qui était venue de toutes les villes de la bande de Gaza, brandissait des portraits d’Arafat, des bannières jaunes du Fatah, le parti qu’il a fondé, et des drapeaux palestiniens. Il est vrai que le Hamas a violemment réprimé ces derniers mois des manifestations similaires du Fatah à Gaza, et ne cesse de vilipender Abbas et son équipe dirigeante installée à Ramallah, en Cisjordanie. C’est dans ce contexte de désunion que se prépare la conférence internationale sur le Moyen-Orient, prévue avant la fin de l’année à Annapolis (États-Unis). Mais si, depuis la Turquie, allié militaire d’Israël, où il est en déplacement, le président israélien Shimon Peres (qui doit - c’est une première pour un pays musulman - s’adresser aujourd’hui devant le Parlement turc, en hébreu ce qu’apprécieront les députés kurdes qui, eux, ne peuvent utiliser leur langue) s’est dit optimiste, rien ne pousse vraiment à l’être. Outre les dissensions au sein du mouvement palestinien qui ne présage rien de bon, ce qui vient d’arriver à Ahmed Qoreï, ancien premier ministre palestinien et chef de l’équipe de négociation, est tout un symbole. Alors qu’il se rendait en Israël pour une importante réunion avec son homologue, la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, il a été bloqué près d’une demi-heure à un check-point tenu par l’armée. Résultat : le rendez-vous a été annulé. Tout un symbole parce que les discussions entre Israéliens et Palestiniens sont aussi bloquées par l’intransigeance israélienne. éradiquer les « bases terroristes » Ehud Olmert avait fait déjà savoir qu’il voulait que figure dans tout document soumis à Annapolis la lettre de George W. Bush à Sharon dans laquelle il réfutait les frontières de 1967 et se référait aux « réalités sur le terrain ». D’autre part, Olmert insistait pour qu’y figure la « feuille de route », élaborée par le « quartet » (États-Unis, Russie, Union européenne et ONU) fixant aux deux parties un certain nombre d’obligations graduelles et à appliquer concomitamment. Israël attend de l’Autorité palestinienne qu’elle fasse d’abord sa part, à savoir éradiquer les « bases terroristes » avant de procéder à un gel de la colonisation et au démantèlement des « avant-postes illégaux ». Olmert exige maintenant des Palestiniens qu’ils reconnaissent Israël comme « l’État du peuple juif », une façon de refuser la notion même du droit au retour des réfugiés palestiniens. Dans ces conditions, la majorité des Palestiniens, d’accords pour des négociations de paix (65 %), sont 62 % à prédire maintenant un échec du sommet d’Annapolis, selon un sondage récent. Quant aux 400 prisonniers palestiniens qu’Olmert promet de libérer, ce n’est qu’un petit geste au regard des 10 000 Palestiniens qui croupissent dans les geôles israéliennes, dont de nombreux députés, à commencer par Marwan Barghouti. P. B. http://www.humanite.fr/2007-11-13_International_Gaza-l-hommage-populaire-a-Arafat-tourne-au-drame [3] également, dans el- Watan Nouvelle journée de deuil Venus de tous les coins de la bande de Ghaza, pour ceux qui ont pu passer à travers les points de contrôle de la force exécutive du mouvement islamiste Hamas contrôlant ce territoire depuis la mi-juin 2007, plus d’un demi million de citoyens se sont rassemblés sur la place d’El Katiba, à l’ouest de la ville de Ghaza, à l’appel du mouvement nationaliste du Fatah, dans le but de commémorer la mort du leader Yasser Arafat, il y a trois ans. Cet immense rassemblement de citoyens des deux sexes et de tout âge ne s’était produit qu’à l’occasion du retour en 1994, de Yasser Arafat à Ghaza. Une véritable ambiance de fête régnait sur les lieux. Des milliers de bannières jaunes du Fatah flottaient à côté du drapeau palestinien. Les jeunes et les moins jeunes portaient des keffiehs aux couleurs du célèbre « keffieh d’El Khtiar » de Arafet, surnommé « Le vieux » et qui a une place spéciale dans le cœur de tous les Palestiniens, même ceux qui n’étaient pas en accord avec lui sur certains côtés de sa ligne politique. Les rues de Ghaza ont vécu lundi une véritable kermesse. Malheureusement, ce qui devait être une fête s’est transformée en un cauchemar sanglant. A la fin du rassemblement, au cours duquel plusieurs responsables du mouvement du Fatah ont pris la parole, les milices armées du mouvement Hamas se sont mis à tirer sur les participants en causant la mort de 7 Fathaouis et blessant plus de 130 autres. Des sources hospitalières, préférant garder l’anonymat, nous ont déclaré que l’état d’une dizaine de blessés hospitalisés à l’hôpital El-Shifa, est grave. Une véritable anarchie a régné durant plus d’une heure, avant la totale dispersion de la foule. Certains ont commencé à scander des slogans hostiles au Hamas, alors que d’autres jetaient des pierres contre les hommes armés présents en grand nombre et dans tous les coins. « Nous sommes venus confirmer notre fidélité aux idéaux de notre leader Abou Amar. C’est lui qui a déclenché la résistance armée et c’est lui qui a cherché à obtenir les droits nationaux par le biais des négociations avec l’ennemi. C’était un père et un frère pour tous les Palestiniens. Malheureusement, la haine que portent les hommes et les responsables du mouvement Hamas contre tous ceux qui ne les supportent pas, a transformé notre fête en deuil », nous a dit d’une voix pleine de défi, Oum Firas, une femme de quarante ans venue de Djabalia, au nord de la ville de Ghaza, en compagnie de voisines et de proches afin de participer au rassemblement. Pour Fadi, un jeune de 23 ans, « ils veulent nous faire taire en nous faisant peur, mais ils ne réussiront pas. Nous sommes Fathaouis et nous le resterons ». Ainsi, une nouvelle fois le sang palestinien a coulé. La politique oppressive du mouvement Hamas, qui ne s’atteait pas à un tel déferlement de foule, se poursuit contre tous les citoyens, sans aucun état d’âme. Ce mouvement, qui a perdu énormément de sa popularité, préfère régler ses différends avec ses rivaux par le biais de la force. Malgré cela, le porte-parole du mouvement Hamas Sami Abou Zohri a fait porter la responsabilité du bain de sang au mouvement Fatah. Selon lui, certains de ses partisans ont ouvert le feu, ont jeté des pierres et « ont attaqué la police Ce qui a conduit à une explosion de la situation ». Le président palestinien Mahmoud Abbas a décrété un deuil national pendant trois jours, à la mémoire des victimes de ces violences. Il a, par ailleurs, dénoncé à la télévision palestinienne depuis Ramallah, les « crimes horribles commis par une bande de rebelles (...) sous les yeux du monde entier ». Quant au ministère de l’Education, il a décidé l’arrêt des cours pour la journée d’hier dans toutes les écoles de la bande de Ghaza, en signe de deuil et par mesure de sécurité . Fares Chahine publié par el-Watan, 14 novembre http://www.elwatan.com/spip.php ?page=article&id_article=80513 [4] http://www.lorientlejour.com/page.aspx ?page=article&id=357487 Assemblage d’articles : CL, Afps
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