|
Accueil
>>
Informations
>>
Actualités
>>
« La conférence de paix n’est qu’une chimère »
publié le jeudi 18 octobre 2007 entretien avec Mustafa Barghouti Ancien ministre palestinien de l’Information, Moustapha Al-Barghouthi évoque les carences de la prochaine conférence de paix, qui doit se tenir en novembre, et les possibilités de dialogue entre le Fatah et le Hamas.
Al-Ahram Hebdo : Une conférence internationale sur la paix au Proche-Orient doit se tenir en novembre aux Etats-Unis. Qu’attendent les Palestiniens de cette rencontre dont les contours et les objectifs restent flous ? Moustapha Al-Barghouthi : Les Palestiniens n’attendent pas grand-chose de cette réunion. Car il ne s’agira pas d’une conférence, mais tout juste d’une réunion. On se détourne de l’idée d’une vraie conférence internationale, ayant pour piliers fondamentaux les résolutions des Nations-Unies, la légitimité et le droit international. Malheureusement, il n’est pas encore clair pour nous quels seront les textes de référence qui seront adoptés dans cette réunion et à quoi exactement on veut aboutir par sa tenue. Nous sommes très inquiets des tentatives de détournement du droit international et des résolutions des Nations-Unies concernant la cause palestinienne et nous craignons l’imposition d’un accord à un moment où le côté palestinien est extrêmement affaibli. Tout cela a été pour nous très visible lors des rencontres entre représentants israéliens et palestiniens. Israël est en train d’attiser et de profiter des actuelles divisions pitoyables dans les rangs palestiniens. Et il n’existe aucun indice indiquant que cette réunion peut apporter quoi que ce soit. Or, il existe trois indices montrant qu’Israël a dès maintenant avorté toute possibilité d’aboutir à un dénouement acceptable pendant cette réunion. Il y a, d’abord, les déclarations des responsables israéliens. Le premier ministre Ehud Olmert a déclaré récemment qu’une période de 20 à 30 ans est nécessaire pour parvenir à une solution définitive. Lui et sa ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, répètent à l’envi qu’il faut reporter toute discussion sur les dossiers liés à une solution définitive du problème israélo-palestinien. Ensuite, il y a le fait qu’Israël envahit les territoires palestiniens en moyenne 20 fois par semaine. Enfin, je relève l’annonce israélienne très dangereuse déclarant la bande de Gaza « entité hostile ». Cela veut dire en d’autre termes qu’il y aura un renforcement de la séparation entre la Cisjordanie et la bande de Gaza et, par la suite, la destruction de l’idée même d’un Etat palestinien indépendant. Nous pensons qu’Israël n’est pas un partenaire sérieux pour la réalisation de la paix. Les Israéliens veulent seulement gagner du temps et tromper l’opinion mondiale, alors que sur le terrain, ils ne cessent de renforcer leurs projets d’occupation.
C’est pour contrer ces politiques israéliennes que nous avons demandé à l’Autorité palestinienne de poser trois conditions à sa participation à la réunion de novembre. La première est qu’Israël cesse immédiatement ses travaux de construction de colonies. La deuxième est qu’il arrête la construction du mur raciste de l’Apartheid. La troisième condition est qu’il revienne sur sa décision de traiter la bande de Gaza comme une « entité hostile ».
Mais il faut aussi dire qu’Israël et certaines parties de la communauté internationale exercent des pressions sur l’Autorité palestinienne pour qu’elle ne reprenne pas le dialogue avec les autres factions de l’échiquier politique palestinien, et c’est aussi pour cette raison que nous devons redoubler nos efforts de médiation. J’ai l’impression que lorsque les parties palestiniennes découvriront que la réunion de cet automne n’est qu’une chimère, cela nous aidera à les convaincre de la nécessité d’un retour au dialogue national . Propos recueillis par Randa Achmawi publié par al-Ahram hebdo en français |
ImpressionEnvoyer par mail
|
|
L'AFPS soutient le peuple Palestinien
dans sa lutte pour la réalisation de ses droits nationaux. Elle agit
pour une paix réelle et durable, fondée sur l'application du droit international.
Lire la charte
|
||
|
Dans une volonté d'information large, afin que nos lecteurs puissent
avoir des outils d'analyse de la situation en Palestine et aussi en Israël, l'Afps traduit et publie des auteurs divers.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle de l'Afps.
|
||
|
Site conçu avec le logiciel libre SPIP.
|