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Un engagement collectif
publié le lundi 22 octobre 2007

Supplément Pour la palestine n°55
 
Les trente-trois jours de guerre au Liban de l’été 2006 ont été particulièrement destructeurs. On se rappelle les faits. Au matin du 12 juillet, deux militaires israéliens sont enlevés par des miliciens du Hezbollah libanais dans la zone frontalière entre le Liban et Israël. Dénonçant la poursuite du survol du territoire libanais par l’aviation israélienne depuis 2000 en dépit du retrait de la zone sud jusque là occupée, considérant l’occupation du territoire des fermes de Cheba’a par Israël comme celle d’un territoire libanais, le Hezbollah entend également obtenir la libération de prisonniers libanais toujours détenus par Israël, le cas échéant dans le cadre d’un échange de prisonniers comme ceux qui ont déjà eu lieu (en 1988 et en 2004). Israël riposte aussitôt (dans les deux heures), par une offensive contre le Liban que les chercheurs disent préparée de longue date.

« L’Etat israélien tint en effet pour responsable de cette opération le gouvernement libanais dans son ensemble, arguant de la présence en son sein de deux ministres du Hezbollah. Durant trente-trois jours, l’armée israélienne fit subir à la population libanaise un véritable châtiment collectif, en bombardant de nombreuses infrastructures civiles - routes, ponts, usines, aéroport, ports ou dépôts de carburant. L’aviation s’acharna particulièrement sur les prétendues “places fortes“ du Hezbollah, la banlieue sud de Beyrouth, le sud du Liban et Baalbek. Les civils libanais payèrent un lourd tribut à cette tactique de matraquage aérien : 1183 morts, 4 059 blessés et près d’un million de déplacés. [...] Les roquettes du Hezbollah, s’abattant sur le nord d’Israël, causèrent la mort de quarante et un civils et provoquèrent le déplacement de 250 000 personnes », rappellent Franck Mermet et Elisabeth Picard [1].

Le 6 septembre 2007, Human Rights Watch a rendu public un rapport sur les victimes libanaises de la guerre de cet été 2006 [2]. Human Rights Watch écrit dans un communiqué : « Les attaques aveugles menées par Israël ont causé la plupart des pertes en vies civiles » et précise : « Aucun élément n’indique que le Hezbollah se soit servi de “boucliers“ de façon généralisée ». L’organisation a enquêté sur plus de 500 pertes en vies humaines. Kenneth Roy, directeur exécutif de HWR, assure : « L’Etat d’Israël a agi à tort comme si tous les civils avaient tenu compte de ses mises en garde appelant à évacuer le Sud Liban alors qu’il savait que ce n’était pas les cas. Il s’est ainsi dérobé à son obligation légale de toujours faire la distinction entre les cibles militaires et les civils. Emettre des avertissements ne rend pas légitimes des attaques menées sans discrimination. »

De son côté, le “Collectif national pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens”, constitué dès le début de la deuxième Intifada palestinienne et regroupant divers mouvements, organisations, partis et syndicats, s’est notamment engagé durant tout l’été 2006 contre la poursuite de la guerre. Près d’un an plus tard, et tandis que se poursuit, en toute impunité, l’occupation des territoires palestiniens par Israël, le Collectif national, au-delà de la diversité de ses composantes, a voulu se pencher sur « les recours judiciaires contre les crimes de guerre », en revendiquant singulièrement « l’application du droit international au cas d’Israël ».

Tel était l’objet du colloque qu’il a organisé le samedi 19 mai 2007 à Paris, faisant notamment appel à des juristes, professeur de médecine, responsables d’associations de défense des droits humains... Il s’agissait de mieux connaître et de comprendre la notion de crime de guerre, le droit international comme la nature de certaines armes utilisées par Israël qui posent problème quant aux conditions de leur utilisation, en particulier dans des zones fortement peuplées de civils. Il était important d’interroger aussi les poursuites possibles contre les crimes de guerre, en France et à l’échelle internationale, et de revenir sur le rôle incontournable des sociétés pour y parvenir.

Pour la Palestine publie ici les introductions aux débats (textes écrits, ou transcriptions des enregistrements) des intervenants sollicités par le Collectif national. Que, dans la diversité de leurs approches, qui les engagent, ils en soient tous chaleureusement remerciés. Pour la Palestine, de son côté, poursuivra ce débat et la publication de contributions de spécialistes, notamment du droit international.

 La rédaction


Les dessins d’enfants qui illustrent ce supplément sont extraits de deux ouvrages : Les enfants libanais et la guerre, édité à Beyouth par Seta Manoukian et de Témoignage en couleurs - Dessins des enfants de Tell-el-Zaatar, publié par le Font démocratique de libération de la Palestine. Tous deux datent, probablement, de la fin des années 70. Droits réservés.

[1] Sous la direction de Franck Mermet et Elisabteh Picard : Liban, une guerre de trente-trois jours, La Découverte, Paris, 2007, 256 pages, 18€.

[2] voir http://hrw.org/french/docs/2007/09/06/isrlpa16815.htm et http://hrw.org/reports/2007/lebanon0907 Ce rapport s’appuie sur un premier rapport publié par Human Rights Watch en août 2006 : « Fatal Strikes : Israel’s Indiscriminate Attacks Against Civilians in Lebanon ». Dans le rapport de septembre 2007, HRW a analysé les attaques à la roquette menées délibérément et sans discrimination par le Hezbollah contre des zones civiles d’Israël en violation des lois de la guerre. Dans un prochain document, HRW soulèvera le problème de l’utilisation illégale, par Israël, de bombes à sous-munitions au Liban lors du conflit de 2006.

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