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Une issue possible ?
publié le mardi 16 octobre 2007

Isabelle Avran - Pour la Palestine n°55
 
Après les affrontements sanglants de juin, la crise politique semble bel et bien consommée et la division territoriale persiste en Palestine sous occupation. Alors que le siège israélien de la bande de Gaza se poursuit et que l’isolement du territoire s’intensifie, un éventuel dialogue inter-palestinien, lui, ne semble guère à l’ordre du jour. Un retour vers les électeurs, moins de deux ans après les législatives de janvier 2006, permettrait-il d’envisager une issue ? Pas si sûr...

« Tous coupables d’avoir assassiné le peuple et la patrie ». Le verdict est celui que propose Saïd Souirki, l’auteur d’une pièce de théâtre, « La Patrie », jouée en août 2007 au centre culturel Chawa de Gaza devant de nombreux spectateurs. La pièce se veut jugement, celui des responsables du Hamas et du Fatah, aussi implacable que le symbole du numéro de dossier qu’elle prétend instruire : « 48.67.2007 ». Trois dates, comme celles, d’abord, des deux catastrophes de l’histoire palestinienne contemporaine, la Naqba et le début de l’occupation puis, dès lors exposée sur le même registre tragique, celle des affrontements armés dont le Hamas est sorti vainqueur en juin dernier dans la bande de Gaza. Certes, il ne s’agit que d’une mise en scène fictionnelle, portée par la vision de son auteur. Il ne s’agit ni d’un travail d’historien, ni de celui d’un véritable tribunal, ni même du fruit d’un quelconque sondage en Palestine sur la perception de ce qui s’est joué en juin dernier, des responsabilités respectives des uns et des autres, des raisons de cet évènement, de sa portée, de ses conséquences. Cependant, elle témoigne du regard qu’y portent certains observateurs qui, plus que de simples témoins, vivent au coeur de cette réalité, celle d’affrontements fratricides sanglants qui ont abouti à la prise du pouvoir par le Hamas dans la bande de Gaza, à la dissolution du gouvernement d’union nationale et à la mise en place d’un gouvernement d’urgence par Mahmoud Abbas, ainsi qu’à une véritable division politique et territoriale en Palestine. Le regard de Palestiniens qui considèrent ce qui vient de se jouer comme une tragédie historique.

Est-il aujourd’hui possible de sortir de cette crise inédite ? De restaurer une unité nationale porteuse d’une perspective d’indépendance contre l’occupation  ? Alors même que l’hypothèse de dialogue national semble plus que compromise, le projet d’élections anticipées permettrait-il d’envisager une issue ?

Bande de Gaza : l’ordre qui règne

Le siège imposé à la bande de Gaza n’est pas nouveau. Le redéploiement israélien de l’été 2005 avait converti le petit territoire surpeuplé, occupé et quadrillé par l’armée, en prison régulièrement bombardée. La bande de Gaza est aujourd’hui coupée du monde, assiégée (voir Gaza sous écrou de Françoise Feugas), comme si sa population devait payer à la fois le prix des élections de janvier 2006 et celui des affrontements de juin par une asphyxie économique qui s’intensifie - et admettre que la citoyenneté soit muée en assistanat. Les bailleurs potentiels, pourtant instruits par l’histoire récente, imaginent ils à nouveau que placer la population sous pression et dans l’absence de toute perspective politique contribuerait davantage à isoler le mouvement islamique qu’à redoubler les exaspérations ?

A l’issue de sa victoire armée éclair, le Hamas est quoi qu’il en soit soumis à de nouveaux défis. Notamment d’image et de respectabilité, alors qu’un conflit de légitimité et de pouvoir s’est réglé par la force, faisant couler le sang entre Palestiniens. Faire régner l’ordre dans la bande de Gaza apparaît comme une priorité après plusieurs années de gestion du pouvoir par des cadres du Fatah accusés de corruption et de népotisme, mais aussi des années de militarisation de la rue.

La libération du journaliste britannique Alan Johnston obtenue par le Hamas se voulait de ce point de vue un message fort, de même que la remise au pas, du moins apparente, mais hautement médiatisée, de clans maffieux surarmés [1]. Nombre de Gazaouis se disent aujourd’hui davantage en sécurité. Mais l’ordre qui règne à Gaza est aussi politique et social, souvent au mépris des droits. Cibles principales : les militants ou proches du Fatah, notamment ceux qui exercent ou ont exercé des responsabilités. Ainsi de l’interpellation du procureur Ahmed al-Mghani (proche du Fatah et fidèle au Président Mahmoud Abbas), accusé de vouloir soustraire des documents compromettants, qui s’est vu interdire de reprendre ses fonctions et de quitter le territoire. D’autres fonctionnaires ou ex-fonctionnaires eux aussi fidèles à la présidence ont été inquiétés.

A l’hôpital al-Shifa de Gaza, le limogeage du directeur puis du responsable des relations publiques a suscité une grève de deux heures quotidiennes pour leur réintégration, le respect des professionnels de santé, et pour exiger le départ de l’hôpital des miliciens en armes.

Le Hamas exige avant toute manifestation ou assemblée l’obtention d’une autorisation préalable. Le centre de santé mentale de Gaza, notamment, a vivement protesté contre ces nouvelles mesures. Des défenseurs des droits humains dénoncent des formes de contrôle par la force. Début août, les invités d’un mariage près de Beit Hanoun en ont fait les frais, subissant l’intervention des forces du mouvement islamique après avoir entonné des chants patriotiques populaires à la gloire du Fatah. Signe de vitalité de la société palestinienne : quelque 150 personnes manifestaient le lendemain devant les bureaux du Hamas [2]. La Force exécutive n’hésite pas à s’en prendre aux manifestations et aux manifestants avec des interpellations peu amènes, des tirs, des vols de caméras et d’enregistrements, y compris à l’intérieur même des locaux de la chaîne al-Arabyia [3]. Des chaînes de radio et de télévision ont été fermées. Le contrôle de la vie sociale apparaît plus ambigu. La bande de Gaza n’a pas attendu l’arrivée au pouvoir du mouvement islamique ni les évènements de juin pour bannir l’alcool des lieux publics, par exemple, au nom d’une morale rigoriste d’autant plus respectée que l’occupation puis le siège nourrissent une volonté de résistance par une certaine fidélité à la tradition ou supposée telle. Et lorsque des plages privées et inaccessibles aux plus pauvres, c’est-à-dire au plus grand nombre, deviennent soudain abordables, peu s’indigneront, pour des raisons analogues, que les femmes n’aient pas le même accès que les hommes à la baignade.

Mais l’isolement et l’enfermement de la bande de Gaza, son étouffement, l’absence de fait d’administration et la carence de système judiciaire, peuventils laisser espérer une amélioration de cette situation ?

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© Patrick Chapatte in Le Temps

Etat d’urgence : inquiétudes

Accusant les forces du Hamas des évènements de juin, le président palestinien a accepté le 18 août la proposition du chef du gouvernement, Salam Fayyad, de limoger les fonctionnaires de l’Autorité palestinienne relevant du Hamas et nommés après les accords de La Mecque, tant que le mouvement islamique assumerait par la force le contrôle de la bande de Gaza [4].

En Cisjordanie qui demeure occupée, morcelée, étranglée en dépit de la distillation d’une aide internationale soumise à critères politiques, la répression frappe cette fois des militants du Hamas [5], entre arrestations et interdictions de manifestations. L’état d’urgence inquiète les défenseurs des droits humains. L’association al-Haq, par exemple, rappelle que l’état d’urgence -civil- relève du chapitre sept de la Loi fondamentale mais s’inquiète d’une transformation de la situation en état d’urgence militaire, du risque d’Etat policier, menaçant les droits et les libertés civiles, l’état de droit et l’indépendance judiciaire [6]. Le 27 août, le gouvernement de Salam Fayyad annonçait avoir ordonné la fermeture de 103 associations (sur quelque 2 400) en Cisjordanie et dans la bande de Gaza (dont des associations humanitaires), arguant de la violation des lois régissant les organisations civiles mais précisant que le gouvernement subviendrait aux besoins des Palestiniens que la dissolution de ces associations lèserait du point de vue humanitaire [7].

Un dialogue plus que compromis

Aussi, le retour à un dialogue inter-palestinien, quelques mois à peine après l’accord de La Mecque, semble-t-il plus que compromis. Outre la répression, l’anathème, entre Fatah et Hamas, prend la forme d’une véritable campagne médiatique, qui ajoute à l’ostracisme politique. De son côté, le Hamas se défend d’avoir souhaité prendre le pouvoir et évoque une action préventive contre la préparation d’un « coup » par des éléments du Fatah ambitionnant de le léser de sa victoire électorale et de faire échouer l’accord de La Mecque. Le Fatah, pour sa part, dénonce à l’inverse un coup d’Etat illégitime mené, dans le cadre d’un plan prémédité dont certains avancent même qu’il serait soutenu par Téhéran, par des meurtriers qui montreraient leur véritable visage [8].

Dans son discours devant le Conseil central palestinien à Ramallah, le président Mahmoud Abbas, quant à lui, a évoqué un crime majeur du Hamas contre la patrie et le peuple palestiniens [9]. Attendant des excuses du mouvement islamique auprès du peuple palestinien, le président considère qu’un éventuel dialogue suppose notamment que les forces du Hamas mettent un terme à « ce coup », qu’ils respectent la loi, qu’ils acceptent l’OLP comme représentante légitime du peuple palestinien. Mahmoud Abbas précise cependant que le mouvement islamique fait partie intégrante du peuple palestinien. « J’appelle le Hamas à revenir sur ses erreurs et à changer ses positions, j’appelle au retour de l’unité du peuple et du sol pour donner un espoir aux Palestiniens quant à l’avenir », a déclaré Mahmoud Abbas lors d’une conférence de presse avec le ministre des Affaires étrangères japonais Taro Aso mi-août [10], ajoutant : « S’ils ne le font pas maintenant, je suis sûr qu’ils arriveront à cette conclusion bientôt ».

La situation bloquée apparaît comme totalement bloquée, enracinement d’une division territoriale de fait. Et cette bipolarité dans l’affrontement marginalise d’autres expressions et forces politiques de la société. Dans un tel contexte, si les objectifs assignés au treizième gouvernement palestinien sont clairs [11], les moyens politiques pour les défendre semblent donc cruellement manquer. Sur le fond, il s’agit de mettre un terme à l’occupation israélienne, de fonder un Etat palestinien indépendant dans les frontières de 1967 et avec Jérusalem pour capitale, conformément aux principes et à la lettre de la déclaration d’indépendance du Conseil national palestinien (c’est-à dire de l’OLP) de 1988, avec une solution juste et acceptée (« just and agreed ») à la question des réfugiés, fondée sur la résolution 194. Il s’agit aussi de « restaurer dans la bande de Gaza le contrôle effectif de l’Autorité légitime », et l’unité de la patrie. Un plan humanitaire pour la population de Gaza figure parmi les grands dossiers au programme du gouvernement. Mais se pose une question essentielle : celle du rapport de forces pour y parvenir.

La politique palestinienne à l’aune des intérêts régionaux

Les pressions en tout cas se multiplient quant à la stratégie à adopter. D’un côté, Washington poursuit son objectif d’isolement du Hamas, au mépris de la vie de toute une population et au risque d’une radicalisation des positions et d’une exacerbation des tensions internes. Un risque très calculé et un objectif de division visant entre autres à affaiblir davantage la partie palestinienne dans l’éventualité d’une négociation (voir l’article de Bernard Ravenel, Conférence de paix ou conférence de guerre), tandis qu’Israël se félicite d’une division territoriale de la Palestine, obstacle de taille à l’édification de l’Etat indépendant.

Mais de l’autre, les Etats arabes alliés de Washington apparaissent plus circonspects [12]. L’Egypte, qui craint l’influence des Frères musulmans, semble prête à un contrôle -policier- énergique de la population mais ne renonce pas à une réconciliation entre les mouvements palestiniens, susceptible de prévenir l’influence de l’aile la plus radicale du Hamas. Avec une grande part de sa population palestinienne, la Jordanie n’a guère plus d’intérêt à voir se développer les tensions en Palestine aux répercussions prévisibles. Quant à l’Arabie saoudite, elle demeure préoccupée par les ondes de choc régionales de la guerre et de l’occupation de l’Irak qui l’avaient conduite à favoriser la conclusion de l’accord de La Mecque.

Cet accord, comme la proposition de paix globale arabe réitérée à Riyad, ouvraient à nouveau une véritable perspective, rejetée en tant que telle par les dirigeants israéliens. Pas plus l’UE que Washington n’a voulu contribuer à ma mise en oeuvre.

Après les évènements de juin, le président Abbas attend une évolution significative du Hamas pour reprendre langue. Mais il défend le principe d’unité nationale. Pour sa part, le Hamas plaide pour le dialogue tout en dénonçant un gouvernement d’urgence dont il ne reconnaît pas la légitimité et en multipliant les invectives. En tout état de cause, bien au-delà des seuls Fatah et Hamas aujourd’hui en conflit ouvert, c’est à un dialogue politique et stratégique entre toutes les forces de la société qu’appellent d’autres acteurs, comme le fait en substance Khalida Jarrar, députée (FPLP) au conseil législatif [13].

Des élections anticipées pour sortir de la crise ?

Des élections pour sortir de la crise ? Mi-juillet, le conseil central de l’OLP (CCOLP) a demandé à Mahmoud Abbas d’organiser des élections anticipées. Le président a mené en tout cas des discussions avec les organisations de l’OLP sur l’hypothèse d’un tel scrutin dans toute la Palestine et sur un projet de loi électorale. Parmi les principes avancés, celui, d’abord, d’une proportionnelle intégrale pour les législatives, alors que le mode de scrutin repose actuellement sur un dosage entre proportionnelle et élection par liste (la moitié des membres du Parlement -66 sur 132- étant élus dans seize circonscriptions de Cisjordanie et de la bande de Gaza et l’autre moitié au scrutin proportionnel de listes). Cela permettrait de pouvoir disposer d’élus sans présenter forcément des candidats pour la bande de Gaza ou pour la Cisjordanie. Second principe : la nécessité pour les candidats de respecter le programme de l’OLP ainsi que les accords signés avec Israël. Certains observateurs considèrent que de telles dispositions excluraient de facto le Hamas du scrutin. D’autres notent à l’inverse que les candidats peuvent défendre des programmes électoraux qui n’épousent pas, au moins dans la forme, ceux de leurs partis.

On s’en doute, le Hamas n’y est pas favorable. Protestant contre le contournement de sa victoire électorale de 2006, il a aussi ou surtout rejeté toute modification de la loi électorale : il n’appartient pas légalement au président d’apporter des modifications à la Loi palestinienne, prérogative qui revient au Parlement, insiste le mouvement islamique.

Interviewée par Bitterlemons le 6 août dernier, Hanan Ashrawi (« Troisième Voie »), affirme son soutien au principe d’élections comme instrument de démocratie, comme moyen de sortir des différends et plaide pour que les élus soient responsables devant leurs électeurs. Concernant spécifiquement la possibilité d’élections anticipées, elle avance l’idée selon laquelle il est plus positif de sortir d’une situation de crise qui conduit à l’impasse en retournant devant les électeurs que par des démonstrations de force. Pour autant, elle appelle à être attentif au calendrier de telles élections. Car si un parti ne participe pas au scrutin, toute la crédibilité du processus est remise en cause, dit-elle. Dans l’actuelle situation, celle d’un perdant-perdant, chacun est cependant appelé à prendre ses responsabilités. En faisant confiance au soutien de ses électeurs, dans le respect du pluralisme... L’avenir plus ou moins proche lui donnera- t-il raison ?

Dans le contexte de préparation d’une rencontre internationale prévue à l’automne sur le Proche-Orient, qui témoigne du fossé entre le droit international et les attentes du peuple palestinien d’un côté -Mahmoud Abbas plaidant pour que soient abordés la définition des frontières d’un futur Etat palestinien, la colonisation, le statut de Jérusalem, le droit des réfugiés et l’ensemble des dossiers au conflit sans période dite « transitoire »...- et celles des Etats-Unis et de Tel-Aviv de l’autre, l’absence d’unité nationale palestinienne risque en tout cas de peser lourdement.

Après le succès de sa pièce à Gaza, Saïd Souirki souhaite, lui, organiser une tournée dans tous les territoires palestiniens. Mais le bouclage de la bande de Gaza par Israël se poursuit. Le 24 août dernier, un petit garçon âgé de 11 ans, Mahmoud Ibrahim Karnawi, était tué lors d’une opération des forces israéliennes dans le nord de la Cisjordanie. Rappelant l’urgence d’une solution.


Isabelle Avran, le 27 août 2007

[1] Il s’agit notamment du clan des Doghmouch qui, après des affrontements sanglants le 14 mars avec la Force exécutive (Hamas), lui aurait remis le 16 août des armes automatiques et se serait engagé à lui remettre également les membres du clan impliqués dans les affrontements.

[2] Cité par RFI, 11 août 2007.

[3] Voir notamment Le Monde du 14 août 2007.

[4] AFP.

[5] Au-delà des mesures officielles, des militants du Fatah ont par ailleurs engagé des représailles contre ceux du Hamas en Cisjordanie.

[6] Voir sur le site d’al-Haq toute son analyse : « al-Haq position on the presidential decree of 6 July 2007 concerning the jurisdiction of the military judiciary under the state of emergency » (traduction en anglais du texte original en arabe publié le 9 juillet 2007). (« La position d’al-Haq sur le décret présidentiel du 6 juillet 2007 concernant la juridiction de la justice militaire sous l’état d’urgence »). Voir également : International Crisis Group, « After Gaza, Middle East Report N°68 », 2 août 2007.

[7] Cité par Associated Press, 28 août 2007.

[8] Voir notamment : International Crisis Group, « After Gaza, Middle East Report N°68 », 2 août 2007.

[9] Discours cité par le Jerusalem Media Communication Center.

[10] AFP

[11] Plateforme citée par le Jerusalem Media Communication Center.

[12] Lire notamment à ce sujet Salah Odallah : « The Arab countries and the ‘Hamas-Fatah Struggle’..... ! », Arabic Media and Information Center, 22 juillet 2007 et Hanna Siniora : « This week in Palestine... Behind the news », Jerusalem Times, 13 août 2007.

[13] Entretien pour Bitterlemons, 20 août 2007. Khalida Jarrar est également à la tête du comité pour les prisonniers du conseil législatif.

L’isolement de Gaza Le 19 septembre, le gouvernement israélien a proclamé la bande de Gaza, déjà assiégée, « entité hostile ». Un acte d’une extrême gravité. L’expression « entité hostile » se veut une non reconnaissance de la réalité politique, juridique, territoriale, humaine, de la bande de Gaza et une justification préalable à l’hypothèse d’une guerre totale contre la population palestinienne. En réalité, Israël a des obligations de puissance occupante au titre de la Quatrième Convention de Genève. En dépit de ses dénégations, les Hautes Parties contractantes ont toujours réaffirmé l’applicabilité des Conventions de Genève dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. La décision israélienne constitue en outre une punition collective, c’est-à-dire une violation grave du droit international. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki- Moon, a appelé Israël à revenir sur sa décision, l’estimant contraire aux obligations du pays envers les civils au regard du droit international. La Haute commissaire des Nations unies pour les droits de l’Homme, Louise Arbour, a exprimé sa « grande préoccupation » et l’Union européenne a appelé Israël à revenir sur sa décision. Il s’agit en fait pour Tel- Aviv de tout faire pour ancrer la division territoriale et politique en Palestine occupée, par une escalade dans la guerre permanente contre le peuple palestinien. Une déclaration dénoncée par tous, en Palestine. Pour le président palestinien, cette décision « compliquera encore une situation déjà tendue sur le terrain ».
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