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Echec au Sommet
publié le mardi 9 octobre 2007 Texte de Daoud Kuttab - Pour la Palestine n°54 Daoud Kuttab retient
certes les responsabilités
israéliennes et
internationales dans la
crise politique
palestinienne actuelle,
mais il appelle également
à regarder en face celle
des dirigeants
palestiniens. Il rappelle le
paradoxe de la
construction d’un Etat
avant même
l’aboutissement de la
lutte nationale. Et
considère que
l’engagement du peuple
est la voie de l’unité.
C’est en général dans les moments de forte pression ou de crise grave que se révèlent les dirigeants. Jusqu’à présent, les dirigeants palestiniens ont lamentablement échoué. Il est facile de faire porter la responsabilité à d’autres. On peut sans aucun doute pointer du doigt l’occupation ininterrompue depuis quarante ans. L’échec du processus d’Oslo ne peut être non plus écarté et l’état de siège injuste que subit la Palestine, tout particulièrement Gaza, a certainement contribué à cette grave crise. De fortes attentes sont tout autant responsables. Les Palestiniens manifestaient de fortes attentes après leur rejet du Fatah, affaibli par un niveau de corruption jamais atteint et une absence de partage du pouvoir. Le peuple avait ensuite fondé beaucoup d’espoirs dans la signature de l’accord de la Mecque, qui faisait advenir le gouvernement d’unité nationale. La communauté internationale, qui avait fait de nombreuses promesses au président palestinien Mahmoud Abbas et à son autorité modérée, n’a pas réussi à forcer les Israéliens à concrétiser ces promesses. Au contraire, les Israéliens ont vu en Abbas un pouvoir faible (ce qu’il ne nie pas lui-même) et par conséquent n’ont pas jugé utile de le soutenir. Mais tout ceci ne dédouane pas des dirigeants qui n’ont pas eu le courage d’affronter les problèmes en face. Abbas est un type sympathique qui détestait la militarisation de l’Intifada, a rompu les ponts avec la base militante et ne se préoccupait pas du militant lambda du Fatah. Il passait le plus clair de son temps à rencontrer les dirigeants du monde et à voyager dans les capitales internationales. Une situation dont on aurait pu s’accommoder si la Palestine avait été libérée et si la bande de Gaza avait fait partie de l’Union européenne. Mais la réalité est bien différente et ne peut être traitée par un discours de pure forme. Abbas a fait une analyse majeure de la situation. Il a déclaré que tous ceux qui détiennent et utilisent des armes à feu sont responsables. Une analyse qui semble sortir de la bouche d’un observateur de la vie politique. Mais un président qui n’est autre que le commandant en chef des forces armées palestiniennes ne doit pas donner une analyse de la situation, il doit définir et mettre en oeuvre une politique en accord avec un Etat de droit. Yasser Arafat refusait de se débarrasser de son costume de révolutionnaire parce qu’il jugeait que l’occupation ne s’arrêtait pas simplement parce qu’il avait été élu et qu’il avait accédé à la présidence d’une autorité palestinienne non souveraine. En dépit des critiques, Yasser Arafat avait compris qu’il devait préserver des liens forts avec les militants, même s’il devait pour cela acheter leur soutien. Si la situation est critique, des solutions existent, même si elles sont désormais difficiles à mettre en oeuvre. Le président palestinien doit montrer sa détermination et mettre fin à des mois d’atermoiements. Soit l’état de droit est rétabli, soit l’anarchie armée règne. Si le commandant en chef est incapable d’ordonner à ses forces de faire respecter l’état de droit, il n’a plus d’autre solution que de prendre la seule décision valable et de passer la main. Une telle décision renverrait la balle dans le camp israélien. Ils se sont accaparé la terre mais sans en endosser les responsabilités. Ce sont des occupants distants, qui ne sont pas contraints à payer le prix de l’occupation. Ils doivent choisir entre mettre réellement fin à l’occupation ou endosser entièrement la responsabilité de son devenir. Les Israéliens ont aussi une alternative. Ils peuvent libérer des prisonniers modérés de premier plan comme Marwan Barghouti et laisser les Palestiniens être dirigés par un leader affirmé, qui bénéficie du fort soutien de la base nécessaire pour permettre le rétablissement de l’état de droit en Palestine. La communauté internationale ne peut pas nier sa responsabilité d’avoir poussé à l’état de fait actuel. Mais comme pour tout mouvement de libération crédible, le facteur clé, c’est le peuple. Depuis longtemps désormais, le peuple palestinien a perdu tout intérêt pour les deux camps majeurs (le Fatah et le Hamas). Les courageux Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie qui ont défié les militants armés (certains l’ayant payé de leurs vies) sont les vrais héros. Ce mouvement populaire durera-t-il longtemps ? Les jours à venir nous le diront. Nb : Ceci a été écrit avant la décision du président Abbas de dissoudre le gouvernement Haniyeh et de déclarer l’état d’urgence (avertissement de l’auteur). Texte de Daoud Kuttab Source The Jordan Times, 15 juin 2007. Disponible en anglais sur le blog de l’auteur : http://www.daoudkuttab. com/ Traduction de Bertrand Declercq, AFPS |
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