|
Accueil
>>
Informations
>>
Actualités
>>
Deux ans de lutte non violente contre le Mur à Bil’in
publié le samedi 24 février 2007 Saed Bannoura Des centaines de manifestants ont commémoré vendredi 23 février deux années de combat non violent contre le mur d’annexion illégal qu’Israël construit dans la région de Bil’in, à l’ouest de Ramallah, alors que la Cour suprême israélienne rejette un recours de plusieurs villages.
Dans le village de Bil’in, la manifestation, l’une des plus importantes depuis des mois, a subi la violence des forces israéliennes, qui ont utilisé des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes, un canon à eau et des munitions réelles contre les militants palestiniens, israéliens et internationaux. Plusieurs militants israéliens ont été arrêtés de même que des Palestiniens.
Tous les vendredi depuis deux ans, des manifestants de Palestine, d’Israël et de l’étranger se retrouvent à Bil’in pour protester contre le tracé du mur et l’annexion des terres des villages palestiniens par les colonies israéliennes établies à proximité. Le mur qui s’insinue en Cisjordanie, a été déclaré illégal par la Cour internationale de Justice en 2004, mais la construction continue sans relâche. [1] Les manifestants sont souvent confrontés à de nouvelles sortes d’armes qui sont expérimentées par les forces israéliennes stationnées à Bil’in. Une vingtaine de personnes ont été blessées ce vendredi 23 people, dont un Palestinien âgé visé par le canon à eau israélien.
L’an dernier les villageois ont gagné un répit auprès de la Cour suprême israélienne, qui a ordonné d’interrompre l’expansion de l’une des trois colonies israéliennes qui ont à ce jour annexé plus de 50% des oliveraies et des ressources agricoles e Bil’in Les accords d’ Oslo stipulent que "aucune des parties ne peut entreprendre la moindre action pour modifier le statut des territoires occupés ", pourtant, dans toute la Cisjordanie, les colonies israéliennes continuent à s’étendre, annexant les terres palestiniennes et imposant de restrictions aux déplacement des citoyens palestiniens. Et la Haute Cour de Justice israélienne a jugé le 22 février 2007 que l’armée israélienne avait la permission de construire des sections du mur d’Annexion autour des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, même si le mur pénètre dans des terres agricoles qui sont la propriété privée d’habitants palestiniens. [2] Selon un quotidien israélien online (Haaretz) les juges Dorit Beinisch, Eliezer Rivlin et Edmond Levi, ont rejeté un recours contre la construction du mur autour des colonies. Cette pétition a été soumise à la Cour il y a deux ans par les responsables des conseils locaux des villages de Beit Leed, Ramin, Shufa et Al Lubbad afin de protester contre la construction du mur sur des terres palestiniennes dans le but d’entourer les colonies de Avnei Hefetz et Einav Hashomron. Selon le rapport, le mur autour de Avnei Hefetz , érigé à 1.5 kilomètre de maisons d’habitations, sur des terrains privés appartenant à des Palestiniens, isole les habitants de leurs vergers. Dans cette zone, le mur devait à l’origine entourer un avant-poste illégal que les colons avaient établi à l’est de la colonie. La Cour israélienne a interdit la construction du mur autour de cet avant-poste mais a autorisé sa construction autour des « colonies reconnues ». [3]. Selon le même quotidien les juges de la Cour suprême ont décidé de rejeter la pétition quand l’armée a remplacé des sections du mur par une barrière électronique. La barrière contrôle les déplacements des Palestiniens qui habitent là, mais, dit la Cour, « elle ne présente pas d’obstacles pour eux ». Les juges ont déclaré dans leur jugement qu’ils “acceptent la position qui affirme que le mur et ses systèmes de défense sont nécessaire pour protéger les colons de Avnei Hefetz et Einav ». En fait ce jugement est une reconnaissance officielle que les colonies font partie des frontières permanentes d’Israël, bien que les colonies en Cisjordanie soient construites sur des terres qu ’Israël a confisquées illégalement à leurs habitants palestiniens.
[1] voir aussi el-Watan : "Pour empêcher un fait accompli colonial : Opposition des Palestiniens au mur de l’apartheid Depuis plus de deux ans, le 9 juillet 2004, et en réponse à une demande de l’assemblée générale de l’ONU, la Cour internationale de justice a rendu son avis sur la construction du mur de séparation érigé par Israël en Cisjordanie occupée. Elle a affirmé dans sa réponse que « l’édification du mur qu’Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupé, y compris à l’intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, et le régime, qui lui est associé, sont contraires au droit international ». Le 20 juillet 2004, l’assemblée générale des Nations unies a adopté la résolution ES-10/15, après avoir pris acte de l’avis consultatif de la Cour internationale de justice. La résolution « exige qu’Israël, puissance occupante, s’acquitte de ses obligations juridiques telles qu’elles sont énoncées dans l’avis consultatif ». Depuis plus de deux ans, chaque semaine, après la prière de vendredi, les habitants de Balaâïn, un village palestinien situé près de la ville de Ramallah, organisent des manifestations de protestation contre cet édifice qui confisque près de 60% des terres agricoles de ce village. Des pacifistes israéliens et occidentaux participent à ces manifestations, tout aussi régulièrement réprimées par les forces israéliennes. Ce village palestinien est en somme devenu le symbole d’une lutte populaire contre l’édification de ce mur, qualifié de mur de la honte par les pacifistes israéliens et étrangers ou mur de séparation raciste par les Palestiniens. Lors de la manifestation de vendredi dernier, 16 manifestants ont été blessés. Chaque vendredi, les Israéliens utilisent leurs moyens de répression contre des civils désarmés qui mènent une autre forme de résistance contre l’oppression et l’occupation. Ici, les seuls à faire usage de leurs armes sont les soldats israéliens. En plus des balles en caoutchouc, les Israéliens utilisent les gaz lacrymogènes et les jets d’eau. Chaque semaine, l’armée israélienne arrête des manifestants que les soldats se plaisent à passer à tabac. Toutes les mesures répressives n’ont pu venir à bout de la volonté de ces résistants que l’on ne peut qu’admirer et qui reviennent chaque semaine au même endroit crier leur mécontentement et leur désapprobation envers cet édifice dont la longueur finale avoisinera les 750 km. D’une hauteur de 10 m à certains endroits, plus du double de la hauteur du mur de Berlin, ce mur qui pénètre en profondeur des terres palestiniennes et annexe de facto à Israël plus de la moitié de la superficie de la Cisjordanie alors qu’il divise le reste en plusieurs îlots isolés qualifiés de bantoustans par les Palestiniens. Comme les colonies bâties sur des terres confisquées aux Palestiniens, en certains endroits, le mur sépare des villages de leurs terres cultivables, ou les prive de leur eau en les séparant de leurs puits, ou les enclave entre la ligne verte (ligne de frontière d’avant la guerre de 1967) et le mur, les séparant de leur entourage palestinien. Isolés, les habitants ne peuvent se rendre ni en Cisjordanie ni en Israël, alors que d’autres sont totalement ceinturés. Leur existence est rendue totalement invivable. Pour survivre, il faudra partir, abandonner les maisons, les villages et les terres. C’est le but de l’opération. Dans une société privée de tous ses moyens de survie, déstructurée, la population asphyxiée n’a pas d’autre choix que de partir. Une fois achevé, le mur de séparation doté de tours de contrôle, de portails que l’on ne peut franchir qu’à l’aide de laissez-passer très difficiles à obtenir, sera certainement la future frontière de l’Etat palestinien, lequel se rend-on compte, ne sera pas le fruit de négociations de paix mais un fait accompli à l’image des ensembles de colonies gigantesques bâties en Cisjordanie occupée. Le mur finira par avaler la ville sainte d’Al Qods et isolera plus de 400 000 Palestiniens qui devront survivre pour le reste de leur vie prisonniers entre la ligne verte et le mur ou, comme le souhaite Israël, partir, laisser leurs maisons et leurs terres comme ont été forcés de le faire des centaines de milliers de Palestiniens en 1948. Tout cela se fait en plein jour devant les yeux d’une communauté internationale qui se dit attachée à la démocratie et aux droits de l’homme". Fares Chahine www.elwatan.com/spip.php ?page=article&id_article=61736 [2] voir aussi en anglais : http://www.imemc.org/article/47180 Imemc [3] Cette distinction est strictement israélienne et contredit le droit international qui stipule que toutes les colonies sont illégales. Ma’an news 23 et 24 février 2007 http://www.maannews.net/en/index.php ?opr=ShowDetails&ID=19805 traduction, notes et choix de photos : CL, Afps |
ImpressionEnvoyer par mail Sur le même sujet : Sylviane de Wangen - Pour La Palestine n°43 |
1er juillet 2005
communiqué de l’AFPS |
11 juillet 2004
Communiqué de la Cour Internationale de Justice |
10 juillet 2004
10 avril 2004
Plateforme des ONG françaises pour la Palestine / PENGON |
6 janvier 2004
2 août 2003
Mahsanmilim (Aya Kaniuk & Tamar Goldschmidt) |
10 octobre 2008
Noémie Debot-Ducloyer |
4 août 2008
AP |
29 juillet 2008
AFP |
21 juillet 2008
Comité populaire de Nil’in, dépêches et CL |
13 juillet 2008
J. Kissous |
17 juin 2008
Irin |
11 mars 2008
Mohammed Khatib |
12 novembre 2007
Gideon Lévy |
9 novembre 2007
|
|
L'AFPS soutient le peuple Palestinien
dans sa lutte pour la réalisation de ses droits nationaux. Elle agit
pour une paix réelle et durable, fondée sur l'application du droit international.
Lire la charte
|
||
|
Dans une volonté d'information large, afin que nos lecteurs puissent
avoir des outils d'analyse de la situation en Palestine et aussi en Israël, l'Afps traduit et publie des auteurs divers.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle de l'Afps.
|
||
|
Site conçu avec le logiciel libre SPIP.
|