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Libérez les femmes de Gaza !
publié le mardi 13 février 2007 Anne Collet "Quand vous libérez une Palestinienne vous contribuez à libérer la Palestine". Dans un pays livré à la violence, les Palestiniennes sont de plus en plus nombreuses à vouloir sortir de l’ombre et, dans certains cas, prendre part au combat.
"Longtemps laissées à l’écart dans une société dominée par les hommes, leur participation croissante à la vie publique, sociale, militaire ou politique est le signe d’un changement significatif", précise NPR, la radio publique américaine, qui rapporte que des femmes en colère, lasses d’avoir à redouter des coups de feu en allant faire leurs courses ou en accompagnant leurs enfants à l’école, ont manifesté il y a peu dans le centre de Gaza. "Les femmes de Palestine se battent sur deux fronts, d’un côté le problème israélien et de l’autre leur place dans la société", précise BBC News. Dans une société patriarcale suffocante, où une majorité d’hommes sont au chômage, les femmes sont les premières à souffrir. Les violences conjugales ont augmenté de 154 % depuis 1999, et 60 % d’entre elles en sont aujourd’hui victimes. "Les hommes, frustrés par la situation politique inextricable et par des difficultés économiques sans fin, projettent leur colère sur les femmes et les enfants", analyse Hala Al-Sarrag, psychologue au Women’s Empowerment Project (WEP), une des rares associations féminines existant à Gaza. "Libérez les femmes et vous libérerez le pays tout entier", titre le quotidien britannique The Independent, qui est allé à la rencontre d’Oum Ahmad, une défenseuse des droits des femmes revenue à Gaza il y a quinze ans, après des décennies passées à défendre les femmes dans le monde entier. "La position des Palestiniennes est la pire de tout le monde arabe", dit-elle pour expliquer sa présence à Gaza, où elle a créé une association. Le quotidien britannique a choisi en 2006 de soutenir celle-ci financièrement, ce qui permet à Oum Ahmad d’entretenir une permanence où elle peut accueillir les femmes. Oum Ahmad sait qu’il n’y a qu’une seule façon de les libérer du double joug qui les opprime : leur trouver du travail. A l’époque de son retour, sa proposition d’aider les femmes dans leurs démarches avait essuyé le refus des autorités israéliennes, mais cela ne n’a pas arrêté Oum Ahmad dans sa détermination. Risquant la prison, elle lança alors un réseau de fabrication et de vente de confitures à domicile. "Faire des confitures était devenu un acte de subversion", précise-t-elle. La priorité d’Oum Ahmad était de donner aux femmes un moyen de gagner de l’argent et leur indépendance. C’est dans cet objectif qu’elle a créé une usine de fabrication de vêtements et une boulangerie, où ne sont employées que des femmes. Aujourd’hui, trente y travaillent. Toutes peuvent témoigner des améliorations intervenues dans leur vie depuis leur embauche. "Quand les femmes arrivent la première fois chez nous pour travailler, elles ne parlent pas, parce qu’on leur a appris à rester silencieuses. Puis elles prennent la parole et se mettent à donner leur avis, elles veulent consulter Internet, voir à quoi ressemble le monde. "C’est comme une personne enfermée dans une pièce, à qui l’on offre un jour une fenêtre, et qui veut en voir plus." Oum Ahmad aimerait bien ouvrir de plus en plus de fenêtres, mais pour cela, elle a besoin d’argent. "Quand vous aidez une femme palestinienne, vous aidez ses enfants, quand vous libérez une Palestinienne vous contribuez à libérer la Palestine." |
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