|
Accueil
>>
Informations
>>
Actualités
>>
L’accord sur un gouvernement d’union nationale
publié le samedi 10 février 2007 Fares Chahine Le prochain gouvernement palestinien, qui sera présidé par l’actuel Premier ministre, Ismaïl Haniyeh issu du Hamas, sera une coalition qui comportera des ministres du Hamas, du Fatah, des autres formations représentées au Conseil législatif palestinien, ainsi que de certains indépendants.
Les dirigeants du mouvement Hamas et du mouvement Fatah sont parvenus, dans la nuit de jeudi à vendredi, à un accord de principe sur la formation d’un gouvernement d’union nationale. Selon l’accord, le mouvement islamiste Hamas, qui refuse de reconnaître l’Etat d’israël, s’engage à « respecter » les accords de paix signés avec l’Etat hebreu. Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, du Fatah, et le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaâl, ont signé l’accord lors d’une cérémonie à La Mecque dans un palais dominant la Kaâba, le plus haut Lieu Saint de l’Islam, en présence du roi saoudien Abdallah.
Le prochain gouvernement palestinien, qui sera présidé par l’actuel Premier ministre, Ismaïl Haniyeh issu du Hamas [1], sera une coalition qui comportera des ministres du Hamas, du Fatah, des autres formations représentées au Conseil législatif palestinien, ainsi que de certains indépendants. L’acceptation par ce gouvernement de reconnaître les accords signés entre l’olp et Israël devrait aider à lever l’embargo international imposé au peuple palestinien depuis la formation de l’actuel gouvernement par le mouvement Hamas en mars dernier. Cet embargo, qui a plongé les territoires palestiniens dans une crise économico-financière grave [2]a directement contribué à envenimer les relations entre le Fatah et le Hamas dont les partisans ont fini par s’entretuer dans les rues de Ghaza et ailleurs. En annonçant l’accord, Nabil Amr, conseiller du président Abbas, a lu une lettre dans laquelle le président palestinien désigne le Premier ministre Ismal Haniyeh, pour former le nouveau gouvernement dans les cinq semaines à venir. L’accord va « satisfaire notre peuple (...) et nous conduire sur les rives de la paix », a souligné le président Abbas. « Cette initiative a été couronnée de succès ». Khaled Mechaâl a estimé, pour sa part, que cet accord allait « unir nos rangs ». Il a juré en son nom et en celui des dirigeants du Hamas de contribuer à la réussite de cet accord qui survient à l’issue des affrontements les plus sanglants qu’ont vécus les territoires palestiniens. Le gouvernement d’union nationale sera formé par 8 ministres du Hamas, majoritaire au CLP, 5 ministres du Fatah, la deuxième force du CLP, 4 ministres répartis entre les différents mouvements palestiniens et de 5 ministres indépendants. Les ministères des Affaires étrangères, des Finances et de L’Intérieur, sujets de controverse dans les précédents dialogues entre les deux mouvements rivaux seront dirigés par des personnalités qui n’appartiennent à aucun des deux mouvements [3]. Malgré le froid glacial et l’heure tardive, la population palestinienne clouée devant les écrans de télévision durant la cérémonie, est descendue en masse dans les rues des villes de la bande de Ghaza et de la Cisjordanie occupée, dans des manifestations spontanées de joie, fêter l’accord. Dans la ville de Ghaza, qui a vécu des jours difficiles lors des récents affrontements entre les partisans des deux principaux mouvements palestiniens qui ont fait 35 morts et des centaines de blessés en 4 jours, des dizaines de milliers de personnes ont déferlé dans les rues, portant les emblèmes jaunes du Fatah, verts du Hamas, en plus des drapeaux palestiniens et scandant des slogans qui appellent à l’unité. De longues files de voitures, dont les klaxons assourdissants s’entremêlaient aux rafales de tirs en l’air, bouchaient les principales artères de la ville. Les familles qui, quelques jours auparavant, dès la nuit tombée, se terraient de leur plein gré dans leurs maisons, sont descendues dans la rue. Cette longue nuit, qualifiée de nuit de l’union par certains, restera marquée dans la mémoire des enfants, des femmes et des vieilles personnes qui ont tenu à marquer cet événement de leur présence, dans ces endroits où il était très dangereux de s’aventurer.
Même s’il ne semble pas satisfaire les Etats-Unis et Israël qui ne veulent pas d’Ismaïl Haniyeh ni des autres membres du Hamas au gouvernement [5], l’accord interpalestinien a fait prévaloir les intérêts nationaux plus qu’autre chose.Il est clair qu’ils ont décidé pour une fois de parler le même langage, de suivre une stratégie commune et de respecter au maximum les résultats du processus démocratique qu’ils ont instauré, espérant réussir à faire face à l’occupant israélien et de briser l’embargo international qui les étouffe depuis près d’une année. Pour une fois, les agendas particuliers semblent avoir été délaissés au profit de celui de la nation palestinienne.
[1] voir Alain Gresh : Accord entre le Fath et le Hamas. Les deux organisations palestiniennes ont signé un accord qui devrait mettre fin aux affrontements armées et déboucher sur la création d’un gouvernement d’union nationale. Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, a nommé Ismaïl Haniyeh comme premier ministre et lui a transmis la lettre suivante : « En tant que président du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et président de l’Autorité palestinienne, et en accord avec la loi fondamentale (basic law) et les pouvoirs qui me sont conférés :» a) Je vous charge de former le prochain gouvernement palestinien dans les délais prévus par la loi fondamentale (cinq semaines) ; b) Après avoir formé le gouvernement et nous l’avoir soumis, il doit être présenté devant le Conseil législatif pour obtenir la confiance ; c) Je vous demande en tant que prochain chef du gouvernement de vous soumettre aux intérêts supérieurs du peuple palestinien, de préserver ses droits et ses conquêtes et de les développer et de travailler pour atteindre ses objectifs nationaux tels qu’ils ont été approuvés par le Conseil national palestinien, par la loi fondamentale, par le document de réconciliation nationale et par les décisions du sommet arabe. » « Sur cette base, je vous appelle à respecter les résolutions internationales et les accords signés par l’OLP. » sur le blog du Diplo : http://blog.mondediplo.net/2007-02-09-Philippe-Val-et-les-conflits-du-Proche-Orient [2] crise alimentée encore par les pratiques honteuses de certaines banques. voir Alain Gresh : Quand les banques s’enrichissent au détriment des Palestiniens. L’organisation Oxfam vient de publier un communiqué « L’aide européenne à la Palestine gaspillée en frais bancaires ». Selon l’organisation, tous les mois, la banque HSBC prélève un million de dollars sur les fonds versés par l’Union européenne aux Palestiniens. L’Union a, en effet, mis en place un mécanisme compliqué pour contourner le gouvernement palestinien appelé Mécanisme temporaire international. Oxfam appelle à « l’abandon du “Mécanisme Temporaire International” et à la reprise par les Etats européens de leur financement aux services essentiels fournis par les autorités palestiniennes au niveau local et national. » Ce mécanisme qui remplace l’aide aux autorités par une aide aux individus rappelle étrangement celui que la communauté internationale avait mis en place contre l’Irak. Pendant plus de dix ans, on a appliqué un embargo contre ce pays, embargo qui a affaibli les structures étatiques. Celles-ci se sont effondrées lors de l’invasion américaine d’avril 2003 ; désormais, l’Etat irakien est évanescent et la région en paie les conséquences. [3] Il y aurait aux dernières informations 8 ministres issus du Hamas et 6 issus du Fatah. Le ministère des finances irait à l’indépendant Salam Fayad, les Affaires étrangères à Ziad abu Amer et pour l’Intérieur le président Abbas choisira un nom dans une liste présentée par le Hamas. [4] Dans les décisions de l’Accord de la Mecque :
[5] voir Imemc, en anglais, qui indique qu’Israël rejette l’Accord mais ne publiera de réaction officielle que dimanche : http://www.imemc.org/article/46961et une dépêche sur les réaction du Quartette http://fr.news.yahoo.com/10022007/290/ le-quartet-reserve-son-jugement-sur-l-accord-de-la.html ou encore fr.news.yahoo.com/09022007/290/ l-accord-palestinien-hamas-fatah-peut-attenuer-les-sanctions.html el-Watan, http://www.elwatan.com/spip.php ?page=article&id_article=60532 voir aussi : l’Orient le Jour http://www.lorientlejour.com/page.aspx ?page=article&id=333758 notes et choix de photos (Yahoo) : CL, Afps |
ImpressionEnvoyer par mail Sur le même sujet : Pierre Puchot |
28 février 2010
Makram Mohamad Ahmad |
13 février 2010
Wahid Abdel-Méguid |
10 février 2010
Agnès Rotivel |
7 février 2010
Alain Gresh |
7 janvier 2010
Souhaïl Karam |
3 janvier 2010
l’Orient le Jour |
18 décembre 2009
Hassane Zerrouky |
17 décembre 2009
L’Orient le Jour (+ el Watan) |
16 décembre 2009
|
|
L'AFPS soutient le peuple Palestinien
dans sa lutte pour la réalisation de ses droits nationaux. Elle agit
pour une paix réelle et durable, fondée sur l'application du droit international.
Lire la charte
|
||
|
Dans une volonté d'information large, afin que nos lecteurs puissent
avoir des outils d'analyse de la situation en Palestine et aussi en Israël, l'Afps traduit et publie des auteurs divers.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle de l'Afps.
|
||
|
Site conçu avec le logiciel libre SPIP.
|