Accueil >> Informations >> Actualités >>
Hébron sous l’agression des colons
publié le dimanche 8 août 2004

mission civile
 
De retour de Palestine l’une des membres d’une mission civile témoigne sur le vif.

"Voici quelques exemples de la tyrannie israélienne à Hébron.400 colons occupent la ville et sont protégés par 1600 soldats. Toutes les entrées de la vieille ville sont fermées par des gros cubes ( 1mètre x 1mètre) de béton + des jeeps + des soldats en armes + des caméras.

Les colons veulent toute la vieille ville, et donc tyrannisent les derniers habitants de la vieille ville.

Exemples de leur harcèlement :

-  frapper toutes les nuits dans la porte d’ entrée (qui est souvent en fer),imaginez le bruit !

-  diffuser par haut parleur des bruits de relations sexuelles. ( !)

-  entrer dans les maisons (sans frapper évidemment) et s’y installer,s’asseoir, jouer aux cartes ...

Voici ce qui est arrivé à une famille que nous avons rencontrée : porte d’entrée fermée pendant 5 jours, la famille enfermée dans le salon 3 jours( avec une poubelle pour faire ses besoins), réveil en pleine nuit avec obligation de regarder un film porno. On leur a proposé 1 million de dollars pour partir. Ils restent.

Voici ce qui est arrivé à notre jeune guide qui habite dans la vieille ville : il doit présenter ses papiers pour aller et sortir de chez lui , et le matin où nous avions rendez-vous à 9h, il n’est arrivé qu’à 10h30 : le soldat l’a fait attendre une heure et demie avant de l’autoriser à sortir de la vieille ville après lui avoir fait éteindre son portable ( nous ne pouvions le joindre).

A quoi ressemble la vieille ville

à une ville fantôme. Des enchevêtrements de ruelles avec de chaque côté des portes de magasins ( en fer vert, style porte de garage chez nous ) fermées et surtout : nous seuls à déambuler...pas âme qui vive ! rien, le soleil et nous ! sur des mètres et des mètres .... D’autres rues barrées avec du barbelé jusqu’en haut, dans d’autres rues du grillage au-dessus de nos têtes : là habitent des colons dans les étages et ils ont l’habitude de jeter n’importe quoi par la fenêtre [1].

La ville nouvelle

la vie grouille, une ville avec ses embouteillages, son marché, ses hôtels, ses restaurants, les commerces qui se suivent, les gens qui nous interpellent pour nous dire bonjour, merci...( et « vive Chirac ! »).

Il y a une université mais les étudiants qui habitent dans les villages autour d’Hébron ne peuvent pas toujours s’y rendre, c’est difficile surtout les jours d’examens qui sont reportés ou organisés dans les villages ... partout, on nous l’a dit et redit, l’accent est mis sur l’éducation des enfants.

Visite chez une agricultrice

Un comité ( dont j’ai oublié le nom et mes notes voyagent en ce moment entre Israël et la France par la poste) aide les agriculteurs à rester sur leurs terres et à se défendre contre les colons. Nous avons vu une femme ( 40/45 ans , un mari qui a un autre travail, 10 enfants ) dont la maison et la terre sont coincées entre une colonie et la route qui mène à la colonie.

Sur sa terre , entre 1/2 et 1 hectare pas plus, des tomates, de la vigne avec de grosses grappes de raisins et quelques oliviers et aussi une grande parcelle non cultivée avec plein de tuyaux dessus : c’est le système d’irrigation que les colons sont venus arracher. Il manquait aussi quelques pieds de tomates que les colons avaient arrachés, quelques oliviers sont couchés par terre.

Les raisins sont encore là mais tôt ou tard les colons ( surtout les femmes et les jeunes filles, les hommes palestiniens n’osent rien leur dire )viendront couper les grappes et les piétiner ..

Ces tracas ne sont rien au vu de la maison : toutes les vitres cassées par les colons ( et l’hiver il fait froid, il neige parfois). La maison a 3 pièces (peut-être 4) : une petite cuisine que nous n’avons pas vue, un petit salon avec un modeste canapé et des chaises en plastique et une grande pièce vide très propre : des matelas empilés dans un coin et des couvertures dans un autre, ce doit être la chambre commune, pas un meuble : ils ont tous été volés par les colons !

Cette famille n’a pas le droit d’avoir une voiture, les enfants doivent aller à l’école à pied ( 4km), pas le droit de prendre le bus... et ils s’accrochent à cette terre, nous offrent un jus de fruit... On repart tout chose ...

Visite chez d’autres agriculteurs

( 2 frères), toujours avec le comité. Ils produisent des fruits : prunes, raisins, olives, noix, un grand verger de plusieurs hectares ( 4 si je me souviens bien). Mais le tout est traversé par la route ! 1/3 de la terre est avec la maison, 2/3 de l’autre côté de la route. Il faut traverser la route à pied ou faire un grand détour avec le tracteur. Tracteur que les Israéliens ont déjà confisqué 4 mois et cassé 2 fois. Ils ont aussi cassé la voiture. Ils ont aussi une parcelle avec des amandiers mais depuis peu , ils n’ont plus le droit d’y aller ! Là aussi nous sommes reçus comme des hôtes de marque : de l’eau fraîche, des fruits, du thé à la menthe.

Nous repartons , admiratifs de leur patience, peut-être honteux de notre impuissance ...

J.

Pardon d’avoir été aussi longue, et il y a autant à dire sur Qalqilia, Naplouse où l’on tire puis achève de 15 balles les jeunes de 17 ans ...."

[1] les grillages servent en fait à protéger la population palestinienne qui travaille et passe dans ces ruelles des immondices que les colons leur jettent.

Jocelyne, de Vendée .....

Titre, note et légère remise en forme : CL, Afps

imrimer cet article Impression
Envoyer par mail
Destinataire  :
(email du destinataire)

De la part de 
(entrez votre nom)

(entrez votre email)



Actualités :

Baudouin Loos | 20 mars 2010

R.I. | 20 mars 2010

al Ahram | 20 mars 2010

Michel Warschawski | 19 mars 2010

Fares Chahine | 19 mars 2010

Conseil oecuménique des Eglises | 19 mars 2010

Alain Gresh | 18 mars 2010

Yves Jardin | 18 mars 2010

Claude Angeli | 18 mars 2010

entretien avec Hanna Amireh, du CE de l’OLP | 17 mars 2010


L'AFPS soutient le peuple Palestinien dans sa lutte pour la réalisation de ses droits nationaux. Elle agit pour une paix réelle et durable, fondée sur l'application du droit international. Lire la charte
Dans une volonté d'information large, afin que nos lecteurs puissent avoir des outils d'analyse de la situation en Palestine et aussi en Israël, l'Afps traduit et publie des auteurs divers. L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle de l'Afps.
Site conçu avec le logiciel libre SPIP.