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Les Droits de l’Homme dans les Territoires palestiniens occupés
publié le lundi 16 octobre 2006 John Dugard Palestine - 14-10-2006 Déclaration du Professeur John Dugard, Rapporteur Spécial des Nations unies sur la situation des Droits de l’Homme dans les Territoires Palestiniens Occupés. Seconde Session du Conseil des Droits de l’Homme - 26 Septembre 2006 Les Palestiniens ont été soumis aux sanctions économiques : c’est la première fois qu’un peuple occupé est traité ainsi. Cela continue, malgré le fait qu’Israël se trouve lui-même en violation de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale et qu’il n’a pas mis en application l’avis consultatif de la Cour Internationale de Justice du 9 juillet 2004. Le Quartet lui-même n’a pas respecté l’avis consultatif et il n’y fait même pas référence dans ses déclarations publiques. Le Sécrétaire Général a l’honneur de communiquer aux membres du Conseil des Droits de l’Homme le rapport sur les violations du droit humanitaire international et des Droits de l’Homme dans les Territoires Palestiniens Occupés depuis 1967, soumis par John Dugard, rapporteur spécial, conformément à la décision 1/106 du Conseil des Droits de l’Homme. Le Sécrétaire Général attire l’attention des membres du Conseil des Droits de l’Homme sur le fait que ce rapport est basé sur une visite entreprise par le rapporteur spécial du 9 au 17 juin 2006, avant l’adoption de la décision mentionnée ci-dessus par le Conseil. Sommaire :
Le 25 juin 2006, suite à la capture du caporal Gilad Shalit par des militants palestiniens et à l’augmentation des roquettes artisanales Qassam sur Israël, Israël a démarré des incursions militaires répétées dans Gaza et a bombardé régulièrement Gaza, entraînant de nombreux décès et blessés, la destruction de maisons, de terres agricoles et de l’infrastructure, ayant pour résultat de très nombreuses violations des droits humains et du droit humanitaire international. En particulier, Israël a violé l’interdiction sur l’utilisation aveugle de la force militaire contre des civils et les biens des civils. La situation en Cisjordanie s’est également sensiblement détériorée.
Quand le Mur sera achevé, 60.500 Palestiniens de Cisjordanie vivant dans 42 villes et villages seront enfermés dans la zone fermée entre le Mur et la Ligne Verte. Les 500.000 Palestiniens vivant près du Mur ont besoin d’autorisations pour le franchir et on estime que 40% des demandes d’autorisations sont refusées.
Le mur est construit de façon à placer environ un quart des 230.000 Palestiniens de Jérusalem-Est en Cisjordanie. A l’avenir, ces gens auront besoin d’autorisations pour accéder à leurs emplois et rendre visite à leurs amis, aux hôpitaux et aux sites religieux de Jérusalem.
La population des colons en Cisjordanie et à Jérusalem-Est s’élève à plus de 440.000.
Les autorisations pour circuler entre les différentes régions de Cisjordanie sont accordées avec modération et obligent les Palestiniens à se soumettre aux procédures bureaucratiques arbitraires. Naplouse et Jénine, en particulier, ont été gravement affectés par des checkpoints, et sont aujourd’hui véritablement des villes emprisonnées. Il semble que l’objectif principal de nombreux checkpoints est de rappeler constamment aux Palestiniens le contrôle de leurs vies par les Israéliens et de les humilier.
C’est maintenant devenu la pratique de détruire des maisons au cours des arrestations lors des opérations de police. La destruction des maisons pour d’autres raisons que la nécessité militaire est interdite par le droit humanitaire international.
Récemment, la cour Suprême israélienne a confirmé une loi qui interdit aux Arabes israéliens qui épousent des Palestiniens de vivre avec eux en Israël. Le mur à Jérusalem a également eu comme conséquence la séparation des familles
Au moins 4 Palestiniens sur 10 vivent sous le seuil de pauvreté officiel qui est de 2,10 dollars américains par jour et le chômage est au moins de 40%. Pour aggraver les choses, le secteur public, qui représente 23% de l’ensemble des emplois dans les Territoires Palestiniens, est utilisé sans être payé en raison de la retenue des sommes dues par le gouvernement israélien à l’Autorité Palestinienne, qui représente entre 50 à 60 millions de dollars par mois. En outre, les Etats-Unis et l’Union Européenne ont arrêté le versement des fonds à l’Autorité Palestinienne parce que le Hamas, le parti élu au gouvernement en janvier 2006, est sur leurs listes des organisations terroristes. Des organisations non gouvernementales travaillant avec l’Autorité Palestinienne ont été affectées également par les restrictions aux financements.
Cela continue, malgré le fait qu’Israël se trouve lui-même en violation de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale et qu’il n’a pas mis en application l’avis consultatif de la Cour Internationale de Justice du 9 juillet 2004.
Principaux points du rapport
Ces Etats et leurs dirigeants considèrent que toutes les actions, peu importe si elles sont brutales, sont permises dans la soi-disant guerre contre le terrorisme. En conséquence, ils ont peu de sympathie pour les appels au respect des droits des militants politiques. Ces convictions sont tellement ancrées que peu de choses sont faites pour tenter de convaincre ces personnes qu’elles ne comprennent pas les droits de l’Homme et le droit humanitaire international. Cela explique pourquoi aujourd’hui je ne vais pas parler des actions israéliennes contre les militants et les politiciens palestiniens. Au lieu de cela, je parlerai seulement des actions israéliennes contre les Palestiniens ordinaires, non-militants et non-activistes qui veulent tout simplement vivre normalement avec leurs familles et leurs amis, qui souhaitent éduquer leurs enfants pour avoir une vie meilleure et qui aimeraient jouir des petits plaisirs de la vie. J’espère que ma description des difficultés éprouvées par ces gens troublera les consciences de ceux qui sont habitués à fermer les yeux et les oreilles face à la souffrance des Palestiniens.
D’une perspective des droits de l’Homme, la situation s’est détériorée tous les ans jusqu’à aujourd’hui, ce qui est intolérable, effroyable, tragique - appelez ça comme vous le voulez - pour le Palestinien ordinaire. Pour illustrer ceci, laissez-moi décrire certaines des actions, des pratiques et des lois israéliennes qu’affrontent les Palestiniens ordinaires. A Gaza, depuis la capture du Caporal Gilad Shalit le 25 juin, la population a été sujette à des bombardements continues et à des invasions militaires au cours desquels plus de 100 civils ont été tués et nombreux ont été blessés. Ce qu’Israël choisit de décrire comme des "dégâts collatéraux" pour la population civile est en fait un massacre aveugle interdit par le droit international. Puis, il y a les bangs supersoniques réguliers qui terrorisent la population la nuit.
En conséquence, plus de la moitié de l’approvisionnement en électricité a été coupée et les Gazaouis resteront sans énergie pendant au moins un an. Cela a un impact non seulement sur le chauffage et la cuisine dans la maison mais également sur l’approvisionnement en eau puisque les pompes à eau n’ont pas d’électricité.
Beaucoup de médicaments de base sont indisponibles. Le personnel de l’hôpital ne peut pas venir travailler alors que leurs salaires ne sont pas rémunérés et parce qu’ils n’ont pas les moyens de payer le transport pour venir jusqu’à leur lieu de travail. Les patients ne peuvent pas voyager à l’étranger pour un meilleur traitement en raison de la fermeture du passage de Rafah.
Les prix des denrées alimentaires ont augmenté ; le poisson n’est plus disponible en raison du blocus naval d’Israel qui interdit la pêche ; les produits périssables sont perdus en raison du manque d’électricité.
Gaza est une prison ; et Israel semble avoir jeté la clef.
L’impact humanitaire du mur est grave. Les Palestiniens vivant entre la Ligne Verte et le mur, dans la prétendue zone fermée, ne peuvent pas accéder librement aux écoles, aux hôpitaux et aux lieux où se trouve le travail en Cisjordanie. Ceux qui vivent le long du mur en Cisjordanie ne peuvent pas accéder à leurs fermes situées dans la zone fermée sans autorisation ; et les autorisations sont fréquemment refusées pour de fausses raisons par les bureaucrates israéliens déterminés à humilier les fermiers palestiniens. Par désespoir, beaucoup de fermiers palestiniens ont abandonné leurs terres. Ceci a eu comme conséquence une nouvelle catégorie de personnes déplacées intérieurement. Dans d’autres pays, ce processus pourrait être décrit comme un nettoyage ethnique mais le politiquement correct interdit un tel langage quand ’Israel est concerné.
Les marchandises ne peuvent pas être transportées librement en Cisjordanie. Et les individus possédant des autorisations de passage pour les checkpoints sont harcelés et humiliés par les soldats de l’IDF qui semblent considérer tous les Palestiniens comme des terroristes. Dans la plupart des cas, les checkpoints n’ont aucun objectif de sécurité. Par contre, ils ont pour but de rappeler continuellement aux Palestiniens le pouvoir des Israéliens.
Le manque d’obtention de permis de construire, des opérations de police, la proximité du mur. Le bulldozer Caterpillar est devenu un symbole de l’occupation.
Certains sont relégués en Cisjordanie tandis que d’autres conservent leurs privilèges en tant qu’habitants de Jérusalem-Est. Franchir le mur est devenu un cauchemar. Des familles ont été séparées.
Un petit mur est construit entre les maisons palestiniennes et les terres agricoles et les pâturages : conçu, comme d’habitude, pour faciliter la circulation des colons.
Les Palestiniens qui n’habitent pas dans la Vallée du Jourdain ne peuvent plus entrer dans le secteur sans autorisation. Les checkpoints isolent la vallée. Et les colonies s’agrandissent.
Environ 40% de la population vit sous du seuil de pauvreté et dépend de l’aide alimentaire. Le chômage est d’environ 40% tandis que les fonctionnaires représentant 23% de la population palestinienne travaillent sans être payés.
Israël retient illégalement les droits de TVA et les recettes douanières s’élevant à 50-60 millions de dollars par mois et les Etats-Unis, le Canada et l’Union européenne ont stoppé le financement des projets liés à l’Autorité Palestinienne. Le mécanisme provisoire au niveau international de l’Union européenne conçu pour soulager le secteur de la santé et pour fournir des allocations de base aux plus pauvres de la communauté a soulagé, mais est insatisfaisant pour améliorer la situation d’une grosse partie de la population. Depuis 1994, les Territoires palestiniens Occupés sont devenus fortement dépendants du financement étranger. L’interruption de ce financement a affecté gravement la société palestinienne.
Israël viole le droit international comme l’ont exposé le Conseil de sécurité et la Cour Internationale de Justice mais il reste impuni. Par contre, les Palestiniens sont punis pour avoir élu démocratiquement un régime inacceptable pour Israël, les Etats-Unis et l’Union Européenne.
Tout comme les mesures de sécurité, tout cela est excessivement disproportionné et aveugle. Cela constitue une punition collective, pas envers un gouvernement, mais envers un peuple - en violation flagrante de l’article 33 de la Quatrième Convention de Genève.
Mais d’autres Etats et institutions ne sont pas irréprochables. Les Etats-Unis, le Canada et l’Union européenne ont contribué sensiblement à la crise humanitaire en retirant le financement non seulement de l’Autorité Palestinienne mais également des Palestiniens.
Permettez moi de conclure en disant, comme je l’ai dit au cours des cinq dernières années, que les actions d’Israël, et maintenant celles d’autres Etats, contre le peuple de la Palestine défient l’engagement de la communauté internationale envers les droits de l’Homme. Si les Etats et les institutions de la communauté internationale ne peuvent pas reconnaître ce qui se passe dans les Territoires Palestiniens Occupés et agir, qu’ils ne soient pas étonnés si la population de la planète ne croit plus en leur engagement sérieux dans la promotion des droits de l’Homme et la protection d’un peuple en danger. D’après traduction de MG pour ISM http://www.droitshumains.org/ONU_GE/conseilddh/06/is-pal01.htm |
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