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l’engagement syndical
publié le jeudi 18 mai 2006

Isabelle Avran, Pour la Palestine n°49
 
A côté d’une campagne de cartes postales du collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, la CGT et l’Union syndicale Solidaires s’engagent pour le respect de la légalité internationale.

Préempter l’avenir de Jérusalem, conforter son annexion par Israël : tels sont les principaux enjeux du projet de tramway qui, à l’horizon 2008, doit relier la partie occidentale de la ville à deux colonies en Cisjordanie, French Hill et Pisgat Zeev. Deux entreprises françaises sont engagées sur ce chantier : Alstom, et Connex. Le gouvernement français, officiellement, relègue ses prérogatives et obligations -singulièrement celle qui consiste à faire respecter le droit international- derrière une prétendue autonomie des relations entre partenaires commerciaux. Mais il se dément luimême. C’est ainsi que le responsable de la mission économique de l’ambassade de France à Tel-Aviv, on s’en souvient, se félicitait en juin dernier d’un succès diplomatique conçu comme une promesse de nouveaux contrats : « Je souhaitais surtout que les entreprises françaises soient présentes sur les grands projets d’infrastructures. (...) Pour s’en tenir au tangible et à ce qui a été signé, on peut citer (...) la construction et l’exploitation du tramway de Jérusalem par Alstom et Connex. Après Jérusalem, nous sommes en course pour l’appel d’offres pour le tramway de Tel-Aviv », commentait-il alors.

Une telle violation du droit international n’a pas laissé les organisations syndicales indifférentes, en tout cas la CGT, l’Union syndicale Solidaires et la FSU. En jeu, notamment, la construction de relations internationales fondées sur la légalité. Un tel engagement n’est pas simple pour autant. Ainsi, par exemple, les salariés d’Alstom ont subi, depuis deux ans, la suppression de 11.400 emplois ; un nouveau contrat peut dès lors apparaître comme une promesse de développement-ou de maintien- des activités. Mais, dans une planète de plus en plus interdépendante, il s’agit aussi de substituer à une logique de mise en concurrence des salariés, des citoyens, des individus et de leurs droits, une autre logique, fondée sur la solidarité. Un principe fondateur du mouvement syndical.

C’est ainsi que les élues de la CGT d’Alstom ont abordé ce dossier, le 13 décembre dernier, lors de la séance plénière du comité européen de l’entreprise à Budapest. Au-delà de l’activité des élues, et d’éventuelles démarches juridiques, d’autres questions se posent ; celles du débat à mener avec les salariés et de l’activité des syndicats d’entreprise  ; mais également celle de l’élargissement de véritables mobilisations syndicales unitaires, tant à l’échelle nationale qu’au niveau européen. C’est aussi dans cette perspective que l’AFPS et la CGT ont organisé une conférence de presse commune en février. Une convergence de travail nouvelle entre associations de solidarité et organisations syndicales, chacune à partir de sa vocation spécifique, indispensable à la constitution d’un réseau de solidarité audible et efficace. L’Union syndicale Solidaires, pour sa part, entend « s’inscrire dans les luttes qui seront menées » contre la construction de ce tramway et singulièrement contre la participation de ces deux entreprises françaises. « Nous nous inscrivons dans la démarche de lutte contre la colonisation israélienne en Palestine  », précise l’organisation syndicale qui souhaite également, « par les voies syndicales habituelles, porter auprès des travailleurs d’Alstom et de Véolia l’information concernant ce projet ».

Un chantier s’est donc ouvert : celui de coopérations nouvelles, sur le terrain d’une solidarité qui concerne tous les citoyens.

Isabelle Avran

Une campagne de cartes postales Le collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israliens a lancé une campagne de cartes postales adressées à M. Jacques Chirac, ainsi qu’aux directions d’Alstom et de la Connex, pour réclamer l’arrêt de la construction du tramway colonial en Palestine. Les cartes postales peuvent être retirées à l’AFPS (30 centimes d’euros la plaquette de 4 cartes).
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