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Se former en interne ?
publié le jeudi 12 janvier 2006 Mado Hervy et Daniel Coutant, AFPS Nantes, Palestine Solidarité n°15 À la demande de ses militants, le groupe local de Nantes a mis sur pied, en avril, une journée de formation,
consacrée à quelques points de l’histoire palestinienne, à ses mythes et à ses résurgences sur l’actualité.
Une initiative censée donner à chacun les outils pour porter un discours clair et conscientisé,
et peut-être susceptible de faire école.
Pourquoi la formation est-elle indispensable ? Militer pour la Palestine exige des convictions, mais suppose aussi un minimum de connaissances, notamment sur le plan historique. D’une part, le conflit israélo-palestinien porte en France une forte charge émotionnelle : il faut donc savoir s’en détacher pour se positionner clairement sur le plan politique. D’autre part, il est l’objet d’une forte propagande : il est donc nécessaire de reconnaître et démonter les idées fausses, abondamment répétées, de repérer les positions idéologiques et de lutter contre les confusions volontairement entretenues... Les présences sur les lieux publics sont l’occasion d’être questionnés par des gens bienveillants mais peu ou mal informés, ou font courir le risque d’être pris à partie par des militants sionistes. La formation est alors indispensable. À Nantes, le groupe local s’est étoffé d’un nombre significatif d’adhérents, avec parmi eux des militants de la société civile, voire des élus municipaux. Ils ont exprimé un besoin de formation, besoin déjà évoqué mais pas réellement pris en considération. A leur demande une journée a été organisée le samedi 16 avril de 10 heures à 16 heures. 25 personnes y ont participé. Comment a-t-elle été organisée à Nantes ? Plusieurs principes ont été retenus. D’une part, prévoir un temps suffisant, dans la journée et pas en soirée. D’autre part, utiliser les ressources locales (les connaissances des militants par exemple). Quant aux thèmes, en retenir deux ou trois, et les aborder sous plusieurs angles. Enfin, nous nous sommes rendus compte de la nécessité de fournir des supports et de l’intérêt d’ouvrir le débat. À l’occasion de cette journée, deux thèmes ont été choisis
par les militants :
Un autre l’a été par le conseil d’administration : les mythes les plus courants sur la Palestine et les Palestiniens (départ volontaire des réfugiés en 48 à l’appel des chefs arabes, guerre de 48 déclenchée par les pays arabes, "offre généreuse" de Camp David, manuels scolaires antisémites...). Ce choix nous a semblé fondamental car derrière ces idées fausses, ressassées à l’envi, il y a la machine de propagande israélienne. Pour les démonter, il faut s’assurer qu’elles sont mensongères et donc chercher la véritable information ; c’est l’occasion d’observer le sérieux ou les parti pris dans les médias, d’intervenir auprès de ces derniers pour protester ; c’est apprendre à résister à l’intimidation que représente cette propagande ; et c’est l’occasion d’affirmer qu’une des guerres que mène Israël est la guerre de l’information. Il s’agit donc là, d’un angle d’attaque essentiel pour former des militants. Chaque thème a été pris en charge par une personne pour une présentation de vingt minutes, suivie d’un débat d’environ une heure. Deux thèmes ont été traités le matin et un l’aprèsmidi, avec une pause pour un pique-nique convivial le midi. Quels enseignements en tirer ?
Mado Hervy et Daniel Coutant, AFPS Nantes |
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