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Une victoire de la Non Violence
publié le jeudi 5 janvier 2006 ISM La lutte à Bil’in force les autorités israéliennes à prendre une mesure concrète et à limiter l’expansion de la colonie illégale.
Suite à la campagne permanente d’actions directes non-violentes et de protestation des villageois de Bil’in, une mesure sans précédent a été prise aujourd’hui par l’Administration Civile au sujet de l’avant-poste illégal de la colonie de Matityahu Mizrah, qui est construit sur la terre de Bil’in. L’Administration Civile a émis un ordre d’arrêt du travail, renvoyant ainsi les ouvriers du bâtiment de l’avant-poste. Cette décision prise par l’Administration Civile au sujet de la construction dans les colonies est rare. Malgré cela, le travail illégal est autorisé à continuer à l’intérieur des bâtiments où ont déjà emménagés des locataires. Cet événement peu commun fait suite à la publication par le journal israélien Haaretz d’un rapport écrit récemment par Akiva Eldar, "Le véritable crime organisé", et des documents révélant le projet de construction illégal en Cisjordanie. Toutes les colonies israéliennes sont illégales en vertu du droit international. Cependant, l’article démontre que l’Administration Civile Israélienne n’a rien fait pour arrêter ou restreindre la construction et l’expansion de la colonie de Mod’iin Illit, tout en admettant que même selon les standards israéliens, la construction illégale avait eu lieu à grande échelle. L’article montre également comment l’Administration Civile est utilisée pour blanchir la terre prise illégalement aux propriétaires palestiniens, principalement en la déclarant Terre d’Etat et puis en la transférant à des sociétés privées. Dans le cas de Bil’in, en particulier, l’avocat Moshe Glick, qui est connu pour avoir été impliqué dans d’autres scandales immobiliers identiques, a déposé à la place du Muhktar de Bil’in, en témoignant que la terre appartenait à un habitant de Bil’in qui avait été payé par les colons. M. Glick a justifié son témoignage sous serment à la place du Muhktar parce que "tout Juif qui entrerait dans Bil’in serait tué" et parce qu’il a affirmé que les Israéliens étaient interdits d’entrer dans le secteur "B" par un ordre militaire. Ces deux déclarations sont, naturellement, totalement fausses lorsqu’on voit comment, chaque jour, des Israéliens viennent légalement et sans risque à Bil’in (situé dans le secteur B). En clair, il était impossible que M. Glick puisse savoir à qui appartenait la terre qui intéressait ses clients puisqu’il n’était jamais allé à Bil’in. Pourtant l’Administration Civile a affirmé que la vente supposée de terre était légitime. Les villageois de Bil’in protestent contre le vol de leur terre par la barrière d’annexion, qui permet l’expansion de la colonie de Mod’iin Illit, et depuis ces dix derniers mois, les manifestations sont devenues un symbole de la résistance non-violente palestinienne et de la lutte commune avec les activistes israéliens et internationaux. Le tracé du mur passe à quelques mètres des dernières maisons de Bil’in et à des kilomètres des dernières maisons de l’agrandissement de la colonie illégale, permettant ainsi une future expansion de la colonie. Lors d’une récente action directe non violente, les gens de Bil’in ont construit un avant-poste palestinien sur leur propre terre de l’autre côté de la colonie et du côté israélien de la barrière d’annexion. Les autorités israéliennes ont répondu en enlevant les deux caravanes installées et en publiant immédiatement un ordre d’arrêt du travail pour la dernière structure que les Palestiniens ont érigée. L’avant-poste palestinien est depuis sous surveillance 24h sur 24h par les militaires israéliens afin d’assurer qu’aucun autre construction n’ait lieu. Le contraste entre la rapide mesure concrète prise pour stopper les villageois de Bil’in de construire sur leur propre terre, et le manque d’action prise contre l’expansion rapide de la colonie a mis l’Administration Civile Israélienne dans une position embarrassante. C’est un exemple clair de la façon dont les actions non-violentes des villageois et de leurs nombreux supporters ont finalement forcé les autorités israéliennes à prendre une mesure concrète et à limiter l’expansion de la colonie illégale afin de sauver la face. Mais la véritable victoire doit encore venir le 1er février 2006, quand la Cour Suprême israélienne entendra une pétition déposée par des villageois contre le tracé du mur sur leur terre. Traduction ISM Source : http://www.palsolidarity.org/ |
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