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Villages non reconnus
publié le samedi 5 mars 2005 Environ cent mille Palestiniens citoyens d’Israël (10 % de la population
palestinienne) résident dans des villages qui ont été déclarés « illégaux
» par l’État et qui de ce fait ne se trouvent sur aucune carte, n’ont
pas de conseil municipal ni de représentation nationale et ne bénéficient
d’aucun service public. On les appelle « les villages non reconnus ».
La lutte pour la reconnaissanceLes résidants des villages non reconnus, soixante-dix mille personnes dans le Néguev et trente mille dans le Nord, se battent pour survivre en tant que citoyens d’un État qui leurs dénie leurs droits et besoins les plus fondamentaux. Il y a quarante-cinq villages non reconnus dans le Néguev et neuf dans le Nord. Il y a aussi des dizaines de quartiers tant dans le Nord que dans le Sud qui nécessiteraient d’être reliés à des villages déjà existants. La plupart de ces communautés existaient avant 1948. Grâce aux efforts du secteur arabe non gouvernemental, la reconnaissance a été officiellement obtenue pour les neuf villages antérieurement non reconnus dans le Nord. Ce « résultat », pourtant, n’a été que formel - l’État n’a fourni ni l’infrastructure ni les services qui sont la marque d’une reconnaissance réelle. Fondement juridique de la discriminationEn 1965, la Knesset israélienne a adopté la Loi de planification et de construction, un schéma directeur national pour le développement futur. Des dizaines de villages palestiniens n’ont pas obtenu la reconnaissance officielle prévue par cette loi et donc ont été exclus des plans de développement. L’espace sur lequel les villages se trouvent a été reclassifié comme terre agricole non résidentielle. Du jour au lendemain, tous les immeubles dans les villages non reconnus sont devenus rétroactivement « illégaux » et « non autorisés » et, par conséquent, ils risquent à tout moment d’être démolis. En même temps, les autorités qui décident des plans d’urbanisme peuvent programmer des projets à plus ou moins brève échéance sur ces terres « non résidentielles » où étaient domiciliées tant de personnes. Des colonies juives ont été installées sur ces mêmes « terres agricoles », près de nombreux villages non reconnus : non seulement l’État n’a pas fait obstacle au développement de ces colonies mais il l’a encouragé. Il est de notoriété publique que le but de l’État est de dépeupler les villages non reconnus et de transférer les résidants de leurs maisons vers des concentrations urbaines construites par le gouvernement, ce qui permet à celui-ci de confisquer leurs terres. Que signifie vivre dans un village non reconnu ?L’absence de services publics dans les villages non reconnus affecte presque tous les aspects de la vie. Parmi les défis auxquels doivent faire face les résidants :
Étant donné que le gouvernement interdit tout développement d’infrastructure matérielle dans les villages non reconnus, les résidants ne peuvent pas construire ni réparer maisons, routes, équipements scolaires et de santé, système d’égouts. Ceux qui construisent sur leur propre terre vivent dans la crainte constante de l’expulsion, redoutant que leur maison « illégale » soit démolie. Cette crainte empêche de nombreux résidants des villages non reconnus d’agrandir leurs logements ou d’en construire de nouveaux. Le résultat inévitable en est une très forte densité de population ; sou- vent plusieurs familles vivent dans un seul logement, entassées dans des maisons comportant peu ou pas de confort moderne. Article diffusé sur le site de langue anglaise Ittijah
(Union des organisations de base de la communauté arabe).
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