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Israel-Palestine : les réponses au rapport Goldstone
publié le mardi 2 février 2010

René Backmann
 
A cinq jours de l’expiration du délai fixé par les Nations Unies à Israël et aux Palestiniens pour qu’ils s’engagent à ouvrir des investigations sur les accusations portées par le rapport Goldstone, le gouvernement israélien s’interroge toujours sur l’opportunité d’enquêter sur des accusations qu’il a rejetées en dénonçant la partialité du rapport des Nations-Unies. Selon ce document, l’armée israélienne et les combattants du Hamas se seraient rendus coupables pendant l’offensive lancée par Israël contre la bande de Gaza, il y a un an, de « crimes de guerre » voire de « crimes contre l’humanité ».

Le 5 novembre, l’Assemblée générale des Nations Unies avait décidé à une large majorité de donner à Israël et aux Palestiniens un délai de trois mois [s’achevant donc le 5 février] pour mettre en œuvre des « investigations crédibles » sur les accusations portées par le rapport Goldstone

D’après des collaborateurs du premier ministre israélien qui se sont confiés au quotidien Haaretz, Benyamin Netanyahou envisagerait désormais de ne pas se limiter à communiquer aux Nations Unies les résultats de l’enquête interne, conduite au sein de l’armée israélienne, mais d’ouvrir une investigation sur les faits qui ont été qualifiés de « crimes de guerre » voire de « crimes contre l’humanité » par le rapport Goldstone.

Le ministère de la Défense et l’Armée, dont les investigations ne confirment pas ou contredisent les affirmations du rapport Goldstone seraient hostiles à une enquête destinée à établir si l’armée a eu recours à des « tirs délibérés contre les civils ».

La décision finale du gouvernement israélien sera probablement rendue publique vendredi lorsque le secrétaire général de l’ONU, Ban ki-Moon informera l’Assemblée générale des Nations Unies de l’application par les deux parties des recommandations du rapport Goldstone.

Le cabinet Netanyahou est devant un choix difficile : écarter toute enquête sur les faits contestés, c’est-à-dire ne pas appliquer les recommandations du rapport Goldstone, c’est choisir de se placer en marge de la communauté internationale, laisser entendre qu’Israël a des choses à cacher, et assumer une position diplomatique difficile.

Ouvrir une enquête, c’est aller à l’encontre de la volonté des militaires et d’une bonne partie de l’opinion publique israélienne qui a soutenu l’opération « plomb durci ». C’est aussi courir le risque de voir une instance officielle reconnaitre certaines des « bavures » dénoncées par les organisations de défense des droits de l’homme, et affaiblir le crédit de l’Etat d’Israël et de son armée.

Dans le camp d’en face, le représentant de la Palestine à l’ONU, Riyad Mansour a annoncé vendredi dernier qu’il avait remis un rapport initial à l’ONU dessinant les grandes lignes que l’enquête que l’Autorité palestinienne - qui n’a pas pris part aux combats de la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas - entend mener sur les crimes imputés aux palestiniens. Signée par le premier ministre de l’Autorité palestinienne Salam Fayyad, ce document comporte plusieurs annexes. L’une contient le décret présidentiel ordonnant la formation d’une commission d’enquête composé de cinq juges et juristes qui examineront les accusations du rapport Goldstone.

Le Hamas, qui a été accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité a fait savoir qu’il était, de son côté, en train de terminer un document de 52 pages qui sera communiqué à l’ONU dans les jours qui viennent.

publié sur le blog du NouvelObs " Israël-Palestine le CHRONOBLOG"

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