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Une récolte d’olives faible mais plus pacifique que l’année dernière
publié le lundi 28 décembre 2009

IRIN
 
Cette année, la récolte des olives est mauvaise dans les Territoires Palestiniens Occupés. Dans certaines zones, la récolte a été réduite encore davantage en raison du manque d’accès aux oliveraies.

Sur les terres de Shaer, à côté du village de Jit, dans la région de Nablus en Cisjordanie, les quelque 300 oliviers ne portent presque aucune olive : cette année, il y aura à peine assez d’olives pour sa famille, sans même parler des ventes.

« Nous allons prier pour que la pluie tombe, et attendre », a-t-il dit. D’après lui, sa récolte de cette année atteindra moins d’un quart de celle de l’année dernière, « et l’année dernière, elle n’était pas bonne du tout ».

Ahmed, qui cultive des olives dans la région de Qalqilayah, à une demi-heure de route de Tel-Aviv, a dit que la maigre récolte ne valait pas la peine d’être ramassée. « Je ne peux qu’espérer pour l’avenir », a-t-il dit.

Les oléiculteurs palestiniens sont confrontés à une récolte mauvaise ou médiocre pour la troisième fois consécutive. Normalement, dans cette région, la récolte est bonne une année, puis moins bonne l’année suivante, mais ces cycles de deux ans semblent ne plus fonctionner – et la situation a été aggravée par un hiver sec en 2008-2009, d’après des experts.

D’après un rapport sur la récolte des olives en Cisjordanie et à Gaza publié en 2008 par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), quelque 10 millions d’oliviers ont été plantés sur 45 pour cent des terres agricoles des territoires palestiniens occupés – ce qui correspond à un potentiel de production de 32 000-35 000 tonnes d’huile d’olive.

D’après le rapport, la récolte est utilisée à environ 93 pour cent pour produire de l’huile d’olive, et les moyens de subsistance de jusqu’à 100 000 familles dépendraient, d’une manière ou d’une autre, des olives.

En 2006, une récolte excellente a permis de produire quelque 36 000 tonnes d’huile d’olive ; 2007 a été une mauvaise année, conformément à la règle des cycles de deux ans, et la récolte de 2008 a permis une production de seulement 23 000 tonnes.

Selon des experts du Conseil oléicole d’Israël, beaucoup d’arbres ont perdu leurs fleurs prématurément à cause de la sécheresse, ce qui a considérablement réduit le rendement de 2008 et 2009.

Le directeur du Conseil oléicole d’Israël Nabih Ath-Thib a dit en octobre qu’il s’attendait à ce que la récolte totale d’olives en 2009 permette de produire environ 5 000 tonnes d’huile d’olive, c’est-à-dire bien moins que le volume nécessaire pour couvrir les besoins des Palestiniens, qu’il a estimé à 15 000 tonnes.

Restrictions d’accès

Cette année, la récolte des olives est mauvaise dans les TPO Dans certaines zones, la récolte a été réduite encore davantage en raison du manque d’accès aux oliveraies.

D’après l’ONG israélienne Rabbis for Human Rights (Rabbins pour les droits humains, RHR), « bien que les Forces de défense israéliennes [FDI] affirment le contraire », les restrictions d’accès aux champs ont été renforcées, en particulier le long de la « zone fermée » entre la barrière de sécurité et la ligne d’armistice de 1949, connue sous le nom de « Ligne verte ».

Cependant, la récolte de cette année s’est déroulée sans incident majeur – un progrès par rapport aux années précédentes : les FDI ont mobilisé des centaines de soldats et d’agents de la police des frontières afin d’empêcher les colons de perturber la récolte.

Les autorités palestiniennes et israéliennes ont conjointement coordonné l’accès des agriculteurs palestiniens aux zones concernées par les restrictions, autour des implantations et au-delà de la barrière de séparation avec la Cisjordanie. Le Comité international de la Croix-Rouge a surveillé la récolte mais n’a jamais eu à intervenir comme les années précédentes, par exemple lorsque les grilles des oliveraies restaient fermées.

Ce changement, d’après des sources liées aux FDI, a suivi plusieurs mois de harcèlement délibéré et l’incendie volontaire de plusieurs centaines d’oliviers palestiniens par des colons, en « représailles » contre les efforts des FDI visant à évacuer certains avant-postes mineurs de colons dans les collines de Samarie. Dans les oliveraies de Jit, plusieurs oliviers ont été brûlés ou taillés en pièces par des colons.

Le lieutenant-colonel Fares Attila, directeur du Bureau de la coordination du district (DCO) de Nablus, a mené en 2008 une enquête approfondie, prenant en compte tous les oléiculteurs palestiniens, afin de répartir de manière appropriée les forces des FDI pendant la récolte de 2009. Les cultivateurs ont été informés à l’avance, le cas échéant, que leur oliveraie serait gardée pour assurer leur sécurité, d’après des responsables du DCO.

Le rabbin Eric Asherman, de l’organisation RHR, a dit à IRIN qu’il se réjouissait de l’initiative des FDI, ajoutant cependant que l’on n’accordait pas assez de temps aux Palestiniens pour effectuer leur récolte – seulement deux jours.

D’après des témoignages adressés à l’ONG israélienne B’Tselem et des rapports de RHR et OCHA, les FDI étaient mieux préparées cette année à protéger les cultivateurs palestiniens de la violence des colons durant la récolte des olives, mais n’ont pas réussi à l’empêcher complètement.

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