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Sarkozy et Berlusconi aiment les colonies
publié le jeudi 17 décembre 2009 Michel Warschawski La suède a voulu que la fin de sa présidence de l’Union européenne ne passe pas inaperçue, et a fait adopter par le Conseil de l’Union une déclaration sur le statut de Jérusalem qui a fait l’effet d’une bombe. La déclaration européenne ne devrait pourtant pas surprendre.
Le gouvernement israélien a décidé, d’une façon provocatrice, de renforcer la colonisation de Jérusalem (plusieurs milliers de nouvelles unités de logements, en particulier dans la colonie de Guilo, au sud de la ville occupée) et de mettre en œuvre toute une série de politiques visant à renforcer ce qu’on appelle la « judaïcisation » de la ville : démolition de maisons palestiniennes, suppression du droit de résidence pour plus de 4.500 Palestiniens au cours de l’année 2009, fermetures d’institutions palestiniennes dans la ville, répression de la résistance à la colonisation dans le quartier de Silwan. Une nouvelle preuve que le battage médiatique sur le gel de la colonisation n’est qu’un écran de fumée qui ne trompe que les medias étrangers. A Jérusalem, il suffit d’ouvrir sa fenêtre pour voir tout autour la poursuite des constructions. En décidant d’exclure du gel (qui lui-même est limité à 6 mois) Jérusalem et ses environs, mais aussi les immeubles déjà en construction, les autorités israéliennes indiquent clairement que leur « gel » est totalement fictif. De la poudre aux yeux de Bernard Kouchner. Face à cette offensive, une réaction internationale était prévisible. Et la déclaration européenne ne dit rien de nouveau et réaffirme les positions de principe de l’Union européenne et, plus généralement, de la communauté internationale : le rejet de l’unification unilatérale de la ville, la reconnaissance du caractère palestinien de Jérusalem-Est qui devra être la capitale de l’Etat palestinien à venir. C’est une position défendue par les divers Etats européens depuis l’annexion par Israël de la partie orientale de la ville. On se souvient pourtant du sort réservé au rapport sur Jérusalem, rédigé il y a trois ans par la représentation officielle de la Commission européenne, qui montrait les effets dévastateurs de la politique dite de « judaïcisation » de la ville. Ce rapport avait été immédiatement rangé, l’UE refusant d’en discuter ? Confrontée à une nouvelle offensive de la part des autorités israéliennes, l’Europe a décidé de réagir, verbalement en tout cas. Elle ne pouvait pas faire moins que les Etats-Unis qui, par la bouche du président Obama, ont exprimé à plusieurs reprises leur opposition à la poursuite de la colonisation en Cisjordanie occupée, et donc également à Jérusalem Est. Mais alors que la Grande-Bretagne s’est immédiatement jointe à la Suède pour faire aboutir le projet de résolution, deux pays ont tenté de le saboter, ou du moins d’en amender le contenu : l’Italie de Berlusconi …. et la France de Nicolas Sarkozy. Une fois de plus, la France, qui, à l’époque de Mitterand et de Chirac, avait su être la locomotive d’une politique européenne critique envers la colonisation israélienne et gagner ainsi un respect certain dans la région arabe, se révèle, depuis la victoire de Sarkozy, être l’une des meilleures alliées de la coalition de droite au pouvoir en Israël. Le gouvernement israélien, qui se vante d’avoir réussi à édulcorer la motion de la présidence suédoise, a d’ailleurs salué la position franco-italienne. On a les amis qu’on mérite… publié sur Siné hebdo |
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