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Netanyahou, le Thatcher israélien
publié le mardi 8 décembre 2009

Michel Warschawski
 
Revenu au pouvoir, le Premier ministre achève ce qu’il avait commencé il y a dix ans : massacrer l’Etat social dont Israël était si fier. Adva, le Centre de recherche sur l’égalité et la justice sociale en Israël, vient de publier son rapport annuel sur le budget national. Ce rapport est accablant.

Dans le résumé distribué hier à la presse, on peut lire : « Si l’on analyse l’ensemble des coupes [dans les budgets sociaux], on peut affirmer que la dernière décennie se caractérise par un recul social …. Il s’agit véritablement d’une décennie perdue pour la société israélienne. » Si en 2001 l’Etat consacrait 13301 shekels ( un peu moins de 2500 euros) par habitant aux dépenses sociales (éducation, santé, logement, etc.) , aujourd’hui il n’y accorde plus que 11680 shekels.

Le rapport d’Adva aborde aussi largement les effets de la guerre au Liban (2006) sur les budgets sociaux : »Le ministère des finances évalue le coût de la guerre à 13-14 milliards de shekels, et une partie importante de cette somme est provenue des coupes dans les budgets sociaux. » Comme chaque fois depuis dix ans qu’il est publié, le rapport ne se contente pas d’analyser le budget mais fait également des propositions : « Plutôt que de réduire les dépenses sociales, on peut cesser de réduire l’impôt sur les revenus pour les plus riches qui sont, en fait, les seuls à bénéficier de ces réductions, voire augmenter les impôts sur les sociétés, comme l’ont fait d’autres pays en période de crise. » Bien dit, mis totalement utopique avec le gouvernement en place.

Benjamin Netanyahou a été, lors de son premier mandat il y a plus de dix ans, le « Margaret Thatcher israélien », l’homme qui a massacré l’Etat social dont Israël tirait, avant cela, une légitime fierté. Il avait perdu les élections, entre autres, à cause de la brutalité de son programme économique et du cynisme idéologique néo-libéral qui l’accompagnait. De retour au pouvoir, il récidive et tente de parachever ce qu’il n’avait pas réussi à mener à bien il y a une décennie.

La question reste, évidemment, de savoir si les centaines de milliers de laissés-pour-compte de cette politique économique ultra-libérale vont accepter sans broncher de perdre leur emploi et leurs revenus. L’absence d’une opposition de gauche et le fait qu’il ait le soutien du président du parti travailliste, Ehoud Barak, n’augure pas bien de l’avenir.

publié par Siné hebdo

http://www.sinehebdo.eu/

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