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Bachar al-Assad oppose une fin de non recevoir à Israël
publié le dimanche 15 novembre 2009 Emmanuel Jarry Le président syrien Bachar al-Assad a accusé vendredi Israël de "jouer sur les mots" et opposé une fin de non recevoir au Premier ministre israélien, qui s’est dit prêt à le rencontrer sans condition préalable.
"La Syrie n’a pas de conditions, la Syrie a des droits et la Syrie ne cèdera jamais sur ces droits", a-t-il déclaré à l’issue d’un entretien et d’un déjeuner de travail avec le président français Nicolas Sarkozy, au Palais de l’Elysée. "Tous ces jeux sur les mots de la part des Israéliens visent à ce qu’il n’y ait ni exigence ni droits qui pourraient être récupérés ou restitués", a-t-il ajouté. "Mais cela ne pourra qu’accentuer l’instabilité dans la région." Bachar al-Assad a expliqué que des discussions israélo-syriennes devaient porter sur la restitution des territoires occupés par Israël dans le Golan depuis 1967. "Pour ce sujet, il y a un cadre de référence, il y a également des mécanismes qui existent", a-t-il poursuivi, en renvoyant ces discussions au niveau des experts. Il faisait allusion aux négociations indirectes engagées en mai 2008 entre la Syrie et Israël par l’intermédiaire de la Turquie et interrompues à la suite de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza, fin décembre 2008-début janvier 2009. "Ce sont les négociateurs qui sont spécialisés dans ces négociations qui connaissent et maîtrisent ce mécanisme. Ce n’est ni moi ni M. Netanyahu", a-t-il dit. "Si M. Netanyahu est sérieux, il peut envoyer son équipe d’experts, nous enverrons notre équipe d’experts en Turquie, ils pourront alors parler, s’ils sont vraiment intéressés par la paix." Benjamin Netanyahu, qui a été reçu mercredi par Nicolas Sarkozy, avait fait savoir, après cet entretien, qu’il était prêt à rencontrer le président syrien n’importe où et n’importe quand, pourvu qu’il n’y ait pas de conditions préalables. Bachar al-Assad a émis le souhait que la France soutienne la Turquie dans ses efforts de médiation et essaye de convaincre Israël de reprendre les négociations par le truchement turc. FAIRE CONVERGER LES EFFORTS "Ce qui nous manque c’est un partenaire israélien qui est prêt à aller de l’avant et à parvenir à un résultat", dit-il [1]. Dans une interview publiée jeudi par le quotidien syrien Al-Watan, Nicolas Sarkozy plaide en faveur d’une convergence de tous les efforts en faveur de la paix au Proche-Orient. "Sur la question du processus de paix, il ne s’agit sûrement pas de mettre en concurrence les uns et les autres mais au contraire de conjuguer leurs efforts", dit-il. Il estime également que l’Union pour la Méditerranée (UPM), lancée le 13 juillet 2008 à l’initiative de la France mais aujourd’hui en panne, pourrait fournir un cadre à ces efforts sur les différents volets - palestinien, libanais, syrien. "Une réunion de l’Union pour la Méditerranée, élargie aux autres grands acteurs concernés, pourrait offrir une opportunité", explique-t-il. Bachar al-Assad était venu à Paris en 2008, pour le lancement de l’UPM et la fête nationale française du 14 juillet. Nicolas Sarkozy est allé deux fois à Damas depuis son arrivée à l’Elysée - le 4 septembre 2008 et en janvier 2009. Son conseiller diplomatique, Jean-David Levitte, et le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, s’y rendent régulièrement. Claude Guéant devait participer vendredi soir à un dîner de Bachar al-Assad avec des chefs d’entreprises français dans un hôtel particulier voisin du Palais de l’Elysée. Christine Lagarde doit aller d’ici la fin de l’année en Syrie pour évoquer les échanges économiques franco-syriens. Selon l’Elysée, la visite président Assad devait aussi être l’occasion de faire le point sur les relations entre la Syrie et l’Union européenne. L’UE a proposé à la Syrie un accord d’association, que Damas a cependant refusé jusqu’ici de signer. "Il faut d’abord éliminer un certain nombre de points économiques et administratifs qui sont, pour nous, négatifs", explique Bachar al-Assad dans une interview publiée vendredi par Le Figaro. [1] voir aussi la Presse, quotidien tunisien qui relaie l’AFP : D’après Bachar Al-Assad « Pas de partenaire israélien prêt à aller de l’avant »Le Président syrien Bachar Al-Assad a estimé hier (13 novembre) à Paris qu’il n’y avait pas de "partenaire israélien prêt à aller de l’avant", deux jours après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu eut proposé un dialogue direct avec Damas. "Aujourd’hui, la Syrie veut la paix. Il existe un médiateur qui est la Turquie et qui est prêt à reprendre sa médiation. Il existe également un soutien français et européen à ce processus. Ce qui nous manque, c’est un partenaire israélien qui soit prêt à aller de l’avant et prêt à parvenir à un résultat", a-t-il poursuivi. "Si M. Netanyahu est sérieux, il peut envoyer son équipe d’experts, nous enverrons notre équipe d’experts en Turquie. Alors ils pourront parler s’ils sont vraiment intéressés", a insisté le Président syrien à l’issue d’un déjeuner à l’Elysée avec le Président français Nicolas Sarkozy. "Le médiateur turc a annoncé qu’il était tout à fait prêt à reprendre son rôle (...) si les Israéliens sont sérieux, ils pourraient aller dans cette direction", a-t-il répété. Le processus de discussions entre la Syrie et Israël "ne peut pas repartir avec une seule partie", a encore dit M. Assad. Nicolas Sarkozy a rencontré mercredi à Paris le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Ce dernier, lors de cet entretien, s’est déclaré "prêt à rencontrer le président syrien à tout moment et où que ce soit pour reprendre les négociations de paix, sans aucune condition préalable", selon un haut responsable israélien qui accompagnait M. Netanyahu à Paris. Israël et la Syrie sont formellement en état de guerre depuis 1948 mais ont signé des accords d’armistice et de cessez-le-feu. En échange de la paix, la Syrie exige la restitution intégrale du plateau du Golan occupé par l’armée israélienne en juin 1967 et annexé en 1981. Après un gel de huit ans, les deux pays avaient repris en mai 2008 des négociations indirectes, sous l’égide de la Turquie, afin de parvenir à un accord de paix. Mais ces négociations avaient été interrompues lors de l’opération israélienne "Plomb durci" (décembre 2008-janvier 2009) dans la bande de Gaza contrôlée par les islamistes du Hamas. Toutefois, depuis plusieurs semaines, des signaux, venus aussi bien d’Israël que de la Syrie, montrent que les deux pays sont ouverts à une reprise des discussions. "La Syrie n’a pas de conditions, la Syrie a des droits et la Syrie ne cèdera jamais sur ces droits", a souligné hier M. Assad dans une allusion au plateau du Golan dont Damas réclame la restitution intégrale, ce qu’Israël refuse. Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse. Reuters 13 novembre, relayé par Yahoo |
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